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Compte-rendu du 18/04/94

Visite du Centre d'Etudes Atomiques de Cadarache




Ont participé à la visite du Centre d'Etudes Atomiques de Cadarache

Marc Beauchain, Marcel Benarroche, Jacques Brochier, Michel Carréno, Edith Chouraqui, Jean Ecochard, Thierry Felīman, Lucien Gai las, Jacques Garnier, Gabrielle Guye, Joel Herbulot, Philippe Langevin, Bernard Morel, Dominique Orsolini, Didier Picheral, Anne Pignol, Marie-Claire Rubinstein, Pierre Saracino, Jean-Pierre Si mon, Etienne Tusiane, Jean Vaillant, Jean-Benoīt Zimmermann

Ce compte rendu a été élaboré par Marie-Claire Rubinstein


VISITE DE CADARACHE

I. Présentation du centre d'études de Cadarache.

Après une brève présentation des thèmes de réflexion du club par Edith Chouraqui, Mr Suscillon présente le Centre d'Etudes du Commissariat à 'Energie Atomique "CEA'' de Cadarache, qui se révèle être bien souvent le grand oublié des Bouches du Rhône.

Le Centre a été créé en 1959 à une quarantaine de kilomètres au nord-est d'Aix en Provence, aux confins des Alpes de Haute Provence, du Var et du Vaucluse, dans une zone à faible densité de population et sur un site de grande superficie (1625 hectares, dont plus de 1000 hectares clos).

Sur le Centre de Cadarache travaillent environ 4500 personnes, 2600 appartiennent au CEA/Recherche, auxquels s'ajoutent 300 collaborateurs étrangers, conseillers scientifiques, CDD, médecins vacataires ou collaborateurs divers. Mille autres personnes environ, appartiennent à des filiales du CEA/Industrie; les autres personnes dépendent d'entreprises dites "extérieures", qui prennent en charge les travaux divers, la restauration du personnel, les services bancaires, ceux des PTT, etc....

I. a Organisation du CEA.

Pour bien saisir les différents intervenants sur le centre, quelques précisions préalables sur l'organisation du CEA semblent nécessaires.

Le CEA/INDUSTRIE est né, en Décembre 1983, de la volonté forte du Commissariat à 'Energie Atomique et des pouvoirs publics de regrouper dans une même holding les sociétés créées par le CEA pour valoriser, au stade industriel, les recherches et les procédés développés par ses laboratoires. Cette holding regroupe près de 300 sociétés qui interviennent dans les domaines du nucléaire, de l'ingénierie et des services, du biomédical et des "composants" (ce dernier secteur d'activité est le plus récent du groupe).

Le Commissariat à l'Energie Atomique lui-même, appelé CEA/RECHERCHE, est un établissement public de recherche et de développement à vocation scientifique, technique et industrielle. Ses structures comportent trois niveaux hiérarchiques, la direction générale, les directions opérationnelles et les départements. Les directions opérationnelles et les départements sont implantés dans douze centres d'études (dont le siège du CEA) répartis sur le territoire français, soit six centres pour la partie militaire et cinq autres pour la partie civile; ce sont ces directions opérationnelles qui proposent les objectifs de recherche et qui sont responsables des actions à mener. Au niveau local (ou horizontal dans l'organisation), les directions des centres apportent aux directions opérationnelles (situées dans l'organisation verticale) le soutien logistique et assurent une mission administrative générale; elles sont chargées de la sécurité physique des installations et des laboratoires, de la radioprotection, de la surveillance médicale des personnels et de la gestion des déchets.

En outre, les centres doivent être le lieu d'échanges et de concertation avec le tissu économique local, les acteurs sociaux et les milieux universitaires. Le chef de centre exerce les responsabilités d'exploitant nucléaire, il est le garant de la sûreté des installations de son centre et assume les prérogatives de l'action régionale.

Les Directions Opérationnelles sont au nombre de six, auxquelles viennent s'ajouter deux Instituts: Toutes ces directions ou instituts sont présents sur le centre de Cadarache, à l'exception cependant de la "DAM" et de "DTA".

l.b Le Centre d'Etudes de Cadarache.

Sur le centre, les filiales suivantes sont implantées:

En ce qui concerne les directions opérationnelles, un rapide tour d'horizon permettra de se faire une idée des installations existantes. Ce centre, dans les années 60 à 90, avait une grande partie de ses activités orientée vers la conception et la sûreté des réacteurs à neutrons rapides, depuis ces dernières années cette filière ayant été mise en veilleuse, le centre a diversifié ses activités vers la fusion (avec l'installation de Tore-Supra) et vers les déchets.

2 Les faits marquants de la présentation de M.Suscillon

L'accident de Rapsodie

Le 31 mars dernier, une explosion s'est produite sur le Centre d'études du CEA à Cadarache; plus précisément, dans un local adjacent au réacteur expérimental Rapsodie, en cours de démantèlement. Cet accident s'est produit lors du nettoyage du réservoir de sodium, qui contenait entre cent et deux cents kilos de sodium, reliquat des opérations de vidange et de traitement commencées en 1985. Année où le circuit primaire de refroidissement de Rapsodie a été vidangé de ses trente sept tonnes de sodium, qui ont été purifiées de l'essentiel de leur contamination radioactive. Le sodium , entreposé ensuite pendant huit ans dans dans le réservoir en a été extrait courant 1993. Avant de démanteler le réservoir, il convenait de le nettoyer et d'enlever le sodium qui restait au fond. Le procédé retenu avait déjà été utilisé, il consistait à introduire un alcool lourd (l'éthyl-carbitol), en surveillant la réaction avec des mesures de température et de pression. C'est durant ce travail que l'accident est arrivé; les premiers résultats font apparaītre que le réservoir a éclaté suite à une surpression.

Une commission d'enquête mandatée par l'Administrateur Général du CEA est chargée d'établir les circonstances de l'accident. Il ne s'agit pas d'un accident nucléaire, mais d'une réaction chimique violente.

La radioactivité résiduelle, présente dans le réservoir était très faible et au voisinage du lieu de l'accident la contamination était à la limite de la détection. Au delà, les mesures effectuées jusqu'à quatre kilomètres du lieu de l'accident ont permis de constater que la situation était normale. L'annonce internationale de cet accident a mis en évidence les problèmes de médiatisation spécifiques au nucléaire ainsi que, la difficulté de jouer le jeu de la transparence; pourtant "cette transparence est absolument indispensable Si l'on veut faire passer une communication digne de ce nom entre les citoyens et le CEA".

Le futur bâtiment d'accueil du CE Cadarache

La plupart des bâtiments situés à l'extérieur du centre proviennent du chantier EDF Donzère-Mondragon, ils ont permis d'accueillir provisoirement, au début des années 60, les "pionniers" de Cadarache. Ces locaux préfabriqués sont actuellement utilisés pour l'enseignement (lNSTN), la formation professionnelle, l'hébergement des stagiaires, des activités culturelles et sportives. L'Administrateur Général du CEA vient de donner son accord pour la mise en route du projet qui conserve les mêmes objectifs d'enseignement-formation-hébergement, avec une vocation supplémentaire: l'accueil du public.
Selon M.Suscillon, "il y a beaucoup de gens qui passent devant Cadarache, ils ne savent pas ce qu'on y fait, il faut donc éveiller puis satisfaire leur curiosité: un bâtiment visible de la route , libre d'accès, avec des parkings. A l'intérieur, sont prévues une salle d'exposition, où seront présentées des généralités sur le nucléaire et les activités spécifiques de Cadarache, et une salle-vidéo où seront projetés des films courts et attractifs sur les différents thèmes de compétence du CEA".

La majeure partie du bâtiment sera réservée à l'enseignement et à la formation qui seront donnés par l'lNSTN et par le Centre Européen d'Etudes, de Recherches et de transfert sur l'environnement (CEERTE). Le dernier a été créé à Manosque, en 1991, dans le cadre du pôle technologique Manosque-Cadarache.

Ce bâtiment enseignement-accueil est évalué à environ vingt millions de francs, qui seront payés, moitié chacun, par la région et par l'lNSTN.
Par ailleurs, des discussions sont en cours avec la Sovakle, le gérant des logements destinés aux agents du CEA, et des sociétés d'HLM pour l'aménagement des logements pour les étudiants et stagiaires.

Le Comité Local d'information

Un comité Local d'Information doit être mis en place courant Mai, sous la présidence du Président du Conseil Général des Bouches du Rhône; il doit être composé de 36 membres, dont 18 représentants des collectivités territoriales, les autres membres seront des syndicalistes, un médecin, des experts, des représentants d'associations, etc... Ce comité doit constituer un des canaux de la transparence voulue par le CEA.

Le projet international d'un réacteur expérimental de fusion ITER

La fusion, en raison du coût des recherches est un programme aujourd'hui complètement mondialisé, au sens où toutes les informations sont partagées et que les outils de recherche sont mis en commun (voir ci-après le point 3.b).
Amoyen terme, soit vers 1998, doit intervenir le choix d'un site pour le réacteur international de fusion "ITER". Le CEA de Cadarache est candidat, il offre une localisation de premier choix par le site, le potentiel de recherche et l'infrastructure existante. Il pourrait être l'un des sites retenu par l'Europe, le budget prévu est d'environ six milliards de dollars. M.Suscillon insiste sur la nécessité pour la région d'être prête à l'accueil d'un tel projet, ceci implique en effet un lycée et des écoles internationales situées dans une proximité assez grande de Cadarache, un aéroport international, des infrastructures de type international, des possibilités de logement Il suggère également, une fédération des PME-PMI de manière à ce qu'elles aient en commun toute l'infrastructure permettant l'établissement de contrats internationaux et une connaissance du droit international.

Le plateau de l'Arbois.

Pour le plateau de l'Arbois, le directeur du CE Cadarache suggère l'idée d'un centre de formation de très, très haut niveau, où viendraient enseigner les plus hautes sommités internationales, une sorte d'université ouverte ou "la faculté de l'ouverture". En effet, les responsables d'entreprise et de centre de recherche savent aujourd'hui que la formation de leur personnel est vitale pour leurs établissements, mais celle ci doit être bien ciblée et de très bon niveau. La réalisation de ce projet supposerait d'y intéresser une cinquantaine de "holdings". Il lui semble évident, qu'il faille démarrer par un projet ambitieux, quitte à le réaliser par étapes.

L'esprit "centre"

Les meilleurs vecteurs de l'information sur le nucléaire et la vie du centre sont les agents eux-mêmes, ceci suppose qu'ils soient correctement informés; or vu la pluralité des activités, la dispersion des agents sur le centre, cette tâche n'est pas simple. Par la création d'un journal du centre, de matinées d'information sur les grands thèmes généraux du CEA, de réunions d'information faisant suite à des événements particuliers, la situation devrait s'améliorer sur ce terrain.

Les thèses et le transfert de technologie

Le CEA a atteint et même légèrement dépassé le chiffre de mille thésards en 1993 (comparé à 650 en 1989), il faut cependant réussir à augmenter le nombre de thèses cofinancées par le CEA d'une part et Région ou Industrie d'autre part, de manière à favoriser l'insertion des thésards dans le tissu économique local.
Il faut par ailleurs relancer et redynamiser le transfert de technologie, ceci sera explicité durant la présentation du CETREM prévue dans l'après-midi (voir ci-après point 4).

3. Présentation de deux grandes installations.

3.a L'installation" PHEBUS PF".

André Arnaud, ingénieur à l'Institut de Protection et de Sûreté, présente le programme expérimental PHEBUS dans son contexte général. En effet, après les accidents de Three Misle lsland "TMI" et de Tchernobyl, des programmes de recherches sur des accidents très sévères ont été lancés un peu partout dans le monde; PHEBUS est un de ceux là avec cependant des spécificités particulières dans la mesure où les conditions de représentativité du réacteur y sont largement privilégiées.

L'état du réacteur après l'accident de TMI, montrait un coeur sévèrement dégradé accompagné d'un fort relâchement de produits de fission dans l'enceinte du réacteur, mais un relâchement faible dans l'environnement. Les populations ont été évacuées non pour des raisons de contamination nucléaire, mais en raison d'un risque d'explosion d'hydrogène.
Sur le plan de la recherche, ce type d'accident a surtout conduit à améliorer les salles de commande et à établir des procédures simples pour les opérateurs. En effet, lors de l'accident le tableau de la salle de commande ressemblait à un arbre de Noel accompagné de sonneries et d'alarmes de toutes sortes, ce qui a rendu impossible la réflexion des opérateurs et surtout la discrimination entre les informations importantes et les secondaires.

Par contre, un accident du type de Tchernobyl, dans la mesure où un tel accident ne peut se produire en Europe, (type de réacteurs différents et surtout existence systématique d'une enceinte de confinement), a conduit à essayer d'améliorer les informations auprès du public (elles ont, en effet, été particulièrement caricaturales lors de Tchernobyl où le nuage s arrêtait à la frontière, car même Si ces informations provenaient du "SCPRI" service relevant du Ministère de la santé, le CEA n'avait pas non plus une réelle politique d'ouverture), à faire des essais en vraie grandeur, avec la préfecture et les forces de police, d'évacuation de la population et à établir au niveau européen un programme de soutien à la sûreté pour les Pays de l'Est. Programme dans lequel l'lPSN joue un rôle très actif, en effet , à Cadarache une demi-douzaine d'ingénieurs des pays de l'est apprennent à se servir des outils de sûreté, développés au CEA, qui sont ensuite mis à leur disposition.


A. Arnaud rappelle que la définition de la sûreté en vigueur au CEA, doit être telle que l'ensemble des dispositions techniques et d'organisation prises à tous les stades de la vie d'une installation assure un "risque acceptable" pour le personnel, le public et l'environnement. Pour ce faire, toute la sûreté est régie par trois principes: la "défense en profondeur", l'existence de trois barrières entre les produits actifs et l'environnement et enfin un critère de défaillance unique.
On appelle "défense en profondeur" les mesures prises pour prévenir les accidents, et si, malgré ces mesures des accidents surviennent les actions à mener pour en limiter les conséquences. Les moyens sont la prévention, la surveillance et la protection, la sauvegarde en cas de situation accidentelle (pour éviter d'aller plus loin), les procédures pour gérer au mieux une situation accidentelle et enfin un plan d'intervention.
Les trois barrières sont les gaines du combustible, la cuve du réacteur et enfin l'enceinte de confinement autour de l'ensemble.
Enfin, le critère de défaillance unique implique que la fonction des systèmes importants pour la sûreté, soit assurée de façon suffisante même en cas de défaillance d'un quelconque de ses composants.

En cas d'accident grave, la définition des plans de secours et d'évacuation des populations nécessite des connaissances approfondies sur les produits de fission relâchés hors du bâtiment réacteur, ceci est une des raisons d'existence du programme "PHEBUS PF", où bien évidemment les produits de fission ne sont pas relâchés à l'extérieur mais dans un bidon qui simule l'environnement.

Les accidents du nucléaire sont classés sur une échelle dite "échelle de gravité" qui s'échelonne de l"anomalies de fonctionnement" à 6 "accidents majeurs". Le bilan de l'année 1993 en France, pour les 77 réacteurs en fonctionnement, en y incluant 23 réacteurs divers ou expérimentaux, conduit à 148 anomalies de fonctionnement classées I et à 2 incidents de niveau 2, c'est à dire susceptibles de développement ultérieur; et o pour les niveaux plus élevés. Le bilan de 1992 était sensiblement identique.

3.b L'installation"TORE-SUPRA".

Deux types de réactions nucléaires permettent de produire de l'énergie à grande échelle:
Au "coeur" d'un réacteur de fusion la température doit atteindre et dépasser 100 millions de degrés. A de telles températures, la matière n'est plus composée d'atomes car les électrons sont détachés des ions et l'on obtient un gaz d'électrons négatifs et de noyaux positifs intimement mêlés, l'ensemble étant probablement neutre. Cet état de la matière est appelé plasma, c'est le quatrième état de la matière, après les états solide, liquide et gazeux.
Dans un plasma suffisamment "chaud", les noyaux sont animés de très grande vitesse, ce qui leur permet de fusionner par collisions. Dans la nature, les plasmas se rencontrent dans les étoiles, et constituent de loin la forme la plus répandue de la matière. Le plasma a tendance à se disperser donc à se refroidir, il faut donc le confiner soit par confinement inertie grâce aux faisceaux laser ou aux faisceaux de particules très puissants, soit par confinement magnétique.

Le "TOKAMAK', est un type de machine inventé par les soviétiques, où le plasma est confiné par des tores magnétiques. C'est actuellement le type de machine le plus performant.

La coordination des recherches sur la fusion nucléaire contrôlée en Europe est née en 1957 avec l'institution d'Euratom, qui, par associations avec les centres de recherche des différents états, s'engagea à promouvoir et coordonner les recherches par une aide financière et le détachement de personnel. Deux pays extérieurs à la communauté, la Suède et la Suisse, se sont associés à ce programme Fusion dont une grande partie des recherches sont développées dans le cadre du Joint European Toms (JET).

Le JET est une entreprise commune, indépendante, financée à 80% par Euratom, à 10% par l'Atomic Energy Authority (GB) et 10% par les organismes nationaux associés. Le JET est le plus grand Tokamak actuellement en service dans le monde; installé à Culham en Grande-Bretagne, il est en fonctionnement depuis 1983. Son objectif essentiel est d'obtenir ou d'approcher l'ignitīon et d'étudier le plasma dans les conditions et avec les dimensions voisines de celle d'un réacteur à fusion.

En parallèle, un programme de recherche dans les domaines de la physique et de la technologie des Tokamaks et de leurs chauffages additionnels s'est révélé nécessaire. C'est dans cette direction que s'inscrit le programme TORE SUPRA: réalisé dans le cadre de l'association Euratom-CEA. Sa réalisation a démarré en 1981 et la mise en service s'est faite en 1988, sa caractéristique essentielle réside dans l'utilisation de bobines supra-conductrices destinées à l'établissement d'un champ magnétique toroidal. La supra-conductivité est la propriété qu'ont certains métaux ou alliages métalliques (dans Tore-Supra, c'est un alliage niobium-titane), de présenter à très basse température (-270C C), une résistance nulle au passage du courant électrique; propriété très intéressante, dans la mesure où elle permet de diminuer considérablement la consommation d'énergie électrique d'alimentation des bobines.

Le programme de recherche du futur est mondial, c'est l'International Thermonuclear Experimental Reactor (ITER), dont le second protocole d'étude d'ingénierie vient d'être signé à Vienne (mars 1994); il devrait permettre de qualifier les solutions techniques et les spécifications des différents composants. En 1988, les quatre partenaires, à savoir l'Europe (à laquelle est associée le Canada), les Etats-Unis, la Fédération de Russie et le Japon doivent décider de la construction de ITER et de son lieu d'implantation. Le coût de l'investissement prévu est de 5,6 milliards de dollars. Le site d'études du CEA à Cadarache pourrait être l'un des sites retenus par l'Europe, car il présente nombre de qualités requises pour accueillir u n tel projet. Pour plus de précisions sur ce sujet vous pouvez consulter l'article "pleins feux", extrait de la revue "les défis du CEA" de Mai 1994 ci-jointe.

4. Le Service d'Etudes et de Recherches sur les transferts dans l'Environnement (SERE).

Après un bref rappel des missions de l'IPSN dans le domaine de l'évaluation et de l'expertise de la sécurité nucléaire en France, M.Picat, chef de service, présente les domaines de compétence de la radioécologie du SERE et rappelle la volonté de transparence du CEA aujourd'hui très fortement affirmée, même Si elle n'est pas toujours simple à mettre en oeuvre.

Ce service possède des laboratoires sur le site de Cadarache évidemment, mais aussi à Orsay, La Hague, Toulon et Pierrelatte, et ce, de manière à mesurer par des méthodes spécifiques les concentrations en radionucléides dans l'environnement air, eau, sol), de préférence près des centres nucléaires, à y observer les niveaux de radioactivité, à prévoir les conséquences d'un rejet radioactif à la fois sur l'environnement et sur les populations et enfin à mettre au point des techniques de réhabilitation et des modèles permettant de gérer au mieux des zones contaminées suite à un accident nucléaire. Les sources étudiées sont les rejets atmosphériques et liquides, les déchets solides, sachant que les transferts se font par l'air, l'eau, les végétaux, les animaux et les sols et que l'irradiation humaine peut être soit interne (par ingestion ou inhalation de produits radioactifs), soit externe par panache ou dépôts de particules radioactives, le domaine à étudier est très vaste.

5. Le transfert de technologie.

Le CEA diffuse à l'ensemble des industriels les technologies qu'il développe dans ses laboratoires de recherche et de développement au travers de trois offres adaptées aux besoins spécifiques des industriels: les conseils technologiques, expertises et prestations; le transfert technologique proprement dit, à savoir les cessions de licence et de savoir faire; enfin la recherche et développement en partenariat.

Les domaines d'excellence technologique proposés vont de la micro-électronique au traitement du signal et de l'image, ou au génie des procédés en passant par la mécanique des solides et des fluides thermiques.... etc.; pour bien préciser ce domaine un fichier des compétences va être mis à la disposition du secteur industriel.

Dans chaque Direction Opérationnel le et au niveau de chaque Centre d'Etudes (dont Cadarache), des ingénieurs sont chargés d'assurer et de suivre le contact entre les entreprises et le les équipes du CEA.
Depuis 1989, le CEA a renforcé sa présence régionale à la suite d'un accord de participation aux actions de diffusion technologique avec 'ANVAR; il existe à ce jour un représentant du CEA dans douze régions françaises (pour PACA, c'est prévu pour 1994).
En 1993, y compris expertises et prestations, environ 1200 contrats ont été conclu pour des projets hors des programmes de développement nucléaire.

A Cadarache, le Centre Technique de la Région Méditerranée (CETREM) est chargé de diffuser les compétences du CEA vers le secteur industriel au travers des actions suivantes:
Les personnes à contacter au CETREM sont:
Pierre DUFOUR, tel: 42253576 et Liliane RECH, tel:42257394