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Préalable L'Aire Toulonnaise : rappel historique Coup d'œil sur Toulon A propos de Toulon Ville Centre ville : une "reconquête" sans effets Le centre Mayol : un point d'ancrage Le Port de passagers A propos de la Marine : au centre de la Ville et de l'Aire.... Une emprise symbolique, spatiale et économique DGA-DCN les activités industrielles de l'armement A propos de la Rade.... Vers un Contrat de Baie A propos des pôles d'activités dans l'espace.... Rappel général Le Pôle est Zones d'activités: industries - commerces De grands équipements publics Le Pôle ouest La Seyne sur mer : un vaste théâtre d'opérations Les activités portuaires et maritimes La ZAC des Playes : La Seyne, Six Fours, Ollioules La Zone franche L'Hôpital: un équipement à vocation structurante DSU : la ZUP Berthe A propos de l'environnement de formation, de recherche et de l'animation économique.... Infrastructures et acteurs L'université de Toulon importance et rayonnement Acteur et animateur désigné TVT Un animateur économique déclaré Un acteur garant du territoire varois A propos de l'industrie touristique et de loisirs.... Plus importante que reconnue Des pistes de développement A propos de l'espace agricole de l'Aire Toulonnaise.... Rappel Le marché au cadran d'Hyères : premier de France A propos de transports et de déplacements.... Plus importante que reconnue Des pistes de développement A propos de protection des espaces naturels... Une méthodologie liée au contexte et à l'urgence Le Faron La Grande Rade Questions : la quadrature du cercle ? A propos de questions, hypothèses, remarques.... Et quelques remarques en liberté A propos de nos difficultés d'observation et de compréhension de l'aire toulonnaise... Une réalité sans masque qui nous a secoué Paradoxe de l'aire toulonnaise : des données et performances positives... mais manquant de visibilité pour ses proches voisins Lectures de l'espace dans l'aire toulonnaise A propos de la lisibilité territoriale... Des modes de communication symptomatiques Le déficit de volonté : le poids de l'histoire politique Le terrain économique : des acteurs et des réserves de dynamisme et d'attractivité Nouvelles volontés, nouveau modes d'action A propos de l'échelle de l'aire toulonnaise et des rapports avec l'AMM... L'évolution d'un vaste complexe socio-historique Des relations de fait, des interdépendances à mesurer Port de commerce : une dépendance sans collaboration L'aire toulonnaise dans le développement régional |
Préalable
L'Aire Toulonnaise : rappel historique
La morphologie physique de l'aire toulonnaise est contraignante : les Maures à l'ouest, au milieu la Plaine agricole d'Hyères, au Nord les Massifs (Faron Coudon etc.), et à l'Est Bandol.
La réalité de l'aire toulonnaise a historiquement une grande permanence. Elle est composée de plusieurs bourgs.
A l'est, Hyères, riche au plan agricole émerge au Moyen-âge, elle a alors plus d'importance que Toulon. Au 19ème siècle, avec l'arrivée du chemin de fer, elle voit un tourisme aristocratique et hivernal se développer ; l'organisation urbaine en conserve les traces qui sont le fait de promoteurs privés. De nombreux hôtels, des villas, le casino s'implantent. Le principe des lotissements de villas donnent à Hyères une image de "cité jardin". C'est aujourd'hui un espace agricole dynamique.
La création du port militaire de Toulon date de 1595. Henri IV en est l'initiateur. Le pouvoir royal finance l'agrandissement du port et l'Arsenal. Plus tard la création de la nouvelle darse Vauban multiplie par deux la taille de l'arsenal. Au milieu de 19ème siècle, on crée l'arsenal du Mourillon. Le port se développe ensuite vers l'ouest dans les années 1870.
A l'ouest, les "limites" de l'aire toulonnaise fluctue selon l'influence de Marseille, qui, entre autres, a résisté 20 ans pour empêcher que les galères s'installent à Toulon...En 1852, il y a un essai de partenariat avec Marseille pour contrebalancer la concurrence Gênes-Trieste sur le commerce.
Toulon ayant besoin de place pour son activité maritime, la réparation navale se développe alors à La Seyne qui émerge à partir de 1800. Une forte population d'immigrés italiens travaillant pour ces chantiers civils s'y installe. Tandis que les chantiers militaires, eux, n'emploient qu'une main-d'œuvre française.
Au 19ème siècle, le tourisme hivernal aristocratique génère, sur le littoral et les collines de la commune, les aménagements d'un quai-débarcadère ainsi que de lotissements (ex : villa tamaris-Pacha) destinés à cette riche clientèle : villas de type mauresque ou colonial, une architecture balnéaire d'hôtels, de casino, au milieu de la végétation.
A partir de 1970, avec les chantiers qui périclitent et les infrastructures routières qui se développent, Toulon se tourne à l'est, vers La Valette et La Garde. Une nouvelle centralité semble se constituer entre les deux pôles d'origine, Hyères et Toulon. A partir des années 80, le pôle d'activités et commercial de l'est se développe fortement ; il accueille entre autres l'installation de l'Université de Toulon-Var.
L'aire toulonnaise est aujourd'hui la 9ème agglomération de France, regroupant 30 à 35 communes. L'agglomération compte 550 000 habitants. La commune de Toulon compte 175 000 habitants et couvre 3600 ha.
Coup d'œil sur Toulon
Petit itinéraire à partir du sud, le front de mer ...
Le terre-plein du Port de commerce a été construit sur le bassin du port civil comblé après la guerre. C'est une particularité de Toulon ; des grands ensembles d'habitations (quartiers de la reconstruction) ont été construits dans ce périmètre sur le front de mer, tout proche du centre-ville. La ZUP de la Rode est une opération entièrement menée par la commune de Toulon.
Le stade Mayol est construit sur une zone non aedificandi des remparts. Attenant au Centre Mayol, le Palais des Congrès date de l'opération 1985-1990. La Maison des Technologies construite en 1990 fait partie de l'opération ZAC. Le bâtiment de la Faculté de Droit a été construit dans ce périmètre pour rééquilibrer le tissu urbain et ramener les étudiants en centre-ville.
Sous la Porte d'Italie se trouvent les vestiges des remparts de Vauban. Les vestiges des anciennes fortifications sont très rares en surface...mais les travaux du Tunnel s'y heurtent en sous-sol..
En remontant vers le centre-ville, on longe l'îlot de la Visitation qui a bénéficié d'une procédure de Résorption de L'Habitat Insalubre, un des premiers programmes en centre-ville. Les bâtiments administratifs occupés par la DDE, ainsi que le Centre des Impôts datent de Napoléon III. La Cité Administrative est située au dessus de la limite des anciens remparts.
Quelque peu anachroniques, les remparts de Napoléon III ont été terminés en 1870. Dès 1921, leur déclassement est demandé. Sur la limite ouest, ces remparts ont été complètement arasés.
L'extension napoléonienne (Napoléon III) de la ville se fait avec une artère principale: le boulevard de Strasbourg qui concentre tous les grands équipements publics: le Lycée (alors) Impérial, le Collège (alors) de Jeunes filles, le Théâtre, l'Hôtel de la Sous-Préfecture * (1860), aujourd'hui propriété du Conseil Général, la Chambre de Commerce, le Musée et la Bibliothèque et des bâtiments d'allure haussmanienne. Ils n'ont pas d'entresol et comprennent un seul appartement par niveau. Au plan architectural, les îlots sont traités par unité de couronnement. Longée par le boulevard de Strasbourg, la Place de la Liberté est la plus grande de cet aménagement. A l'extrémité du boulevard se trouvent les "jardins de la Ville", dont les plantations ont été alimentées par la Marine et les essences ramenées de voyages.
Au Sud de la place de la Liberté, jouxtant l'Arsenal et correspondant à un agrandissement civil de Vauban se trouve la Place d'Armes. A son angle ouest se trouve l'entrée d'un bâtiment de 300 mètres, parallèle au littoral et qui abritait la Corderie (plus grande que celle célèbre de Rochefort). Ce bâtiment non valorisé est longé par la route à sens unique qui traverse la ville. En partie disparu, l'ensemble monumental des bâtiments de type néo-classique qui entourait la Place d'Armes a perdu son unité, d'autant plus que, pour aménager un parking sous la Place, celle-ci a été surélevée...
*Cas unique : le transfert de la Préfecture du Var de Draguignan vers Toulon.
A l'origine l'arrière-pays pesait au plan industriel (bauxite, tanneries etc.) et rural. Monsieur Soldani, le maire de Draguignan était une figure politique très importante. A la crise des activités économiques s'est ajoutée la conjoncture politique de l'amitié Arreckx - Giscard (le premier a été secrétaire d'État au
3ème âge d'un cabinet Giscard). Les élus du littoral ont également pris un poids considérable. Ce qui a abouti au transfert
...jusqu'au Faron au Nord
Les remparts napoléoniens et la voie ferrée ont freiné le développement de l'urbanisation au nord de la ville. La partie nord était occupée par des casernes et des bâtiments de l'armée. Peu à peu récupérés dans les années 80, on y a installé l'École Municipale des Beaux-Arts (habilitée par le Ministère de la Culture pour les diplômes nationaux : DNAP et DNAT, bac +3), le Conservatoire et le Zenith Oméga (salle de concert-spectacles). Cette zone est enclavée dans le système viaire entre routes et voie ferrée. Elle se trouve "loin" -relativement- du centre pour le commerce et le logement.
Particularité de Toulon, un habitat résidentiel s'est développé très tôt au-delà des remparts enserrant la ville civile. C'est un tissu hétérogène de petites maisons (années 30) et de petits immeubles de rapport.
Les restes de remparts sont aménagés en jardins. La Préfecture a été construite derrière la partie nord des remparts, non loin du nouveau siège du Conseil Général. Dans ce quartier se trouve l'Hôpital Militaire Ste-Anne (datant de l'époque coloniale), très important à l'échelle de Toulon, également accessible aux civils.
En montant vers le Faron, on croise la "Corniche" Marius Escartefigue : l'action de ce maire dans les années 30 a marqué fortement l'aménagement urbain.
Aux alentours du téléphérique, la zone résidentielle date des années 50. A cette époque Toulon a fait la promotion du tourisme local et s'est battue pour obtenir le droit d'utiliser la dénomination "Côte-d'Azur".
Plus haut, sur le Faron se trouve le Mémorial du Débarquement de Provence, ainsi qu'un zoo spécialisé dans la reproduction des félins.
au-delà s'étend un espace boisé, naturel, protégé.
A propos de Toulon-ville....
Jusqu'à la fin du 19ème siècle, Toulon est enfermée dans des remparts.
Le boom démographique des années 1920 et la spéculation produisent un fort besoin de logements. C'est une explosion urbaine qui se traduit par l'apparition des faubourgs (Pont du Las).
En 1920, 1950, 1969, les Plans Urbains successifs posent bien les problèmes cruciaux: celui du franchissement de Toulon et ceux des faubourgs éloignés. Mais ils ne sont pas véritablement appliqués.
Avec la reconstruction des années 50, de grands ensembles (barres etc) s'implantent sur le proche centre-ville.
La Planification freine les opérations loin du centre: c'est une particularité de l'aire toulonnaise que de n'avoir pas généré de périphérie ni de pôle d'habitat social loin du centre.
Avec le développement du tourisme estival, un secteur résidentiel se développe dans les communes voisines. La Seyne voit ainsi un fort développement des lotissements.
La "reconquête du centre" a commencé avant 1991. La vieille ville comptait 12 000 habitants dont une forte proportion de population étrangère (immigrés) et de personnes seules (et âgées).
Le Contrat de Ville a porté sur 4 quartiers : 2 quartiers de cités à l'ouest de la ville (la Beaucaire et le Jonquet ), un à l'est le quartier Sainte Musse (cités) ainsi que le centre ancien. Il représente 26 millions de francs, dont 1,5 millions de francs consacrés par l'État chaque année pour des investissements.
Centre ville: une "reconquête"... sans effets ?
Le centre ancien
Dans le Cadre du Contrat de Plan 90-93, un lycée hôtelier de 600 élèves a été aménagé dans le périmètre (îlot des Riaux). Devant le lycée, une place a été ouverte par démolition de la moitié d'un immeuble des années 50. Le financement de l'État (1992 et 1993) a été suivi par celui du contrat de ville.
L'emplacement de cet établissement semble peu judicieux, eu égard à son activité de production de repas nécessitant une activité de livraisons et à l'impossibilité d'une quelconque extension sur place..
L'important îlot de l'Église Saint-Louis a fait l'objet de la réhabilitation au cours de plusieurs OPAH successives. Elles concernent 2000 logements, ainsi qu'un aménagement piétonnier et un aménagement public. La construction de La Maison de l'Etudiant à proximité des rues commerçantes a été financée par le Plan de Relance. Une "Place du Globe" a été créée de toute pièce dans le cadre du Contrat de Ville en 94 ; elle jouxte un futur (et improbable) "Musée du Globe": elle est très peu fréquentée, malgré les "efforts"...
La trame de Toulon est orientée nord-sud vers le port. Des "passages" ont été ouverts pour "irriguer le centre ancien" ; ils sont aujourd'hui complètement fermés : des problèmes de sécurité sont invoqués. Pour la création de certains d'entre eux, on évoque des dédommagements financiers plus que confortables pour des élus commerçants...
Des efforts ont été faits pour encourager l'installation d'associations en centre-ville.
En 1995, la Ville a fait l'acquisition de commerces qu'elle a équipé et mis à disposition d'artisans ("d'art"), dans le cadre d'un contrat de ville. La rue reste très peu animée.
On a également cherché à faire venir des étudiants en centre-ville avec des petits logements...Une étude a montré qu'il y a pléthore de logements pour étudiants : en effet les étudiants qui fréquentent la faculté de Droit -la seule en centre-ville- habitent à 90 % chez leurs parents !
Quant à l'îlot des Riaux où l'on a réhabilité des logements pour des grandes familles, ceux-ci sont largement sous-occupés : le manque, entre autres, d'espaces ludiques est un handicap évident.
C'est également le cas pour un îlot de 500 logements que la Mairie a acheté : un immeuble de grands appartements conçus pour attirer les familles de militaires n'a pas séduit le public visé. La Marine avait retenu 120 logements dans cet îlot, elle n'a pas donné suite: l'absence de stationnements, d'écoles, d'espaces verts à proximité sont rédhibitoires.
On touche là les limites de l'hypothèse de la réhabilitation des vieux quartiers par l'installation des classes moyennes...
Le caractère peu convaincant des effets structurants de ces opérations de réhabilitation peut être mis en rapport avec le fait qu'elles sont intervenues à un moment de conjoncture atone de la Ville. Il semble que ce sont des générations de conduites politiques qui aient ainsi fermé le Centre.
Des ouvertures rêvées, amorcées et impossibles...
De 1850 à 1950, on note une constante frappante: les toulonnais ont toujours rêvé d'avoir "leur Canebière". Une "Avenue de la Rade" devait mener du Théâtre jusqu'à la mer (axe nord-sud). Le projet a été régulièrement examiné et voté par les conseils municipaux successifs, mais jamais réalisé. Des achats de terrains et des démolitions ont été faites dans ce sens pour relier le front de mer à la place du théâtre, des trouées ont été prévues. Elles se sont arrêtées...en cours de route.
Aujourd'hui, quand on parle d'ouvrir une voie dans le centre, des voix s'élèvent :"ça va défigurer la vieille ville !". En même temps on a démoli pour créer des "places" que personne ne fréquente (avec Raimu pour figure tutélaire à répétition...).
Le long du quai du port, la Reconstruction a généré un ensemble original, orienté est-ouest : c'est un renversement de la trame de la vieille Ville. En outre, l'exposition du bâtiment, les modénatures de type méditerranéen, les loggias, l'entresol destiné aux commerces, un 6ème étage en retrait témoignent d'une conception moderne de qualité. De plus, dans le projet d'origine, des passages larges, déambulatoires orientés vers le sud, aèrent l'ensemble et sont destinés à irriguer le port et les rues au dos... Ce souci et cette logique sont aujourd'hui bien moins lisibles dans la mesure où nombre de ces passages ont été fermés pour en faire des boutiques. C'est d'autant plus regrettable que le caractère piétonnier du quai du port est objectivement un atout du centre-ville...
Dans l'ensemble, le patrimoine toulonnais -somme toute très modeste- n'est pas mis en valeur. Ainsi sur la rue de la République -qui longe le port- à l'angle du cours Lafayette, un ancien couvent, devenu halle aux grains, puis bibliothèque et conservatoire, est aujourd'hui à l'abandon montrant une longue façade grise à moins de 50 mètres d'une entrée du centre commercial Mayol sur le même côté ...
Le Centre Mayol: un point d'ancrage
Le Centre Mayol est un aménagement très important. Il comporte une importante galerie marchande avec la Fnac ainsi qu'un Carrefour. C'est une originalité pour une enseigne de ce type d'être située dans un grand complexe commercial en centre ville.
Cette implantation correspond à la réalité sociologique du centre, caractérisé par une grande proportion de revenus faibles ou modestes. Carrefour permet le maintien d'une vie commerciale au centre ville. Il a un faible rayonnement à l'extérieur de la ville.
La trame commerciale traditionnelle a beaucoup de difficulté à se maintenir.
Un nombre grandissant de magasins sont en vente dans les rares rues commerçantes du centre. La rue d'Alger, la seule artère importante ne s'étend que sur 250 mètres...
Le Palais des congrès (Palais Neptune) attenant au Centre Mayol est très peu visible de l'extérieur : sa face sud donne sur des arrières d'immeubles...
Son chiffre d'affaires moyen est de 4 à 6 millions de francs par an. 75 % de son rayonnement est liée aux activités locales et régionales. 2 ou 3 congrès (500 à 800 personnes) s'y tiennent chaque année. Au delà de 600 congressistes, les problèmes de capacité hôtelière de la ville font obstacle.
Une dizaine de salons thématiques s'y déroulent (Défense et Industrie, habitat confort, ) Les secteurs d'activité les plus représentés sont l'armement, la recherche et le médical.
Ces activités attirent 100 à 150 000 visiteurs par an. La fréquentation internationale représente 17 %.
Le Port de passagers
Le Plan d'eau civil accueille le port de passagers. Celui-ci fait partie du Port d'Intérêt National (établissement maritime "Toulon Commerce") et a le même statut que le port de Nice ou La Rochelle. Il est géré par la Chambre de Commerce.
Depuis 1979, il est dédié aux passagers. Il comporte 3 quais de 170 m, 345 m et 160 m.
Un terminal passagers de 900 m2 a été créé en 1991. Il peut accueillir en même temps trois ferries et recevoir des navires de croisière. Le trafic a été en 1994 -une bonne année- de 300 000 passagers dont 90 % de "continuité territoriale" (Corse) et 10 % de croisière.
Le trafic a fortement baissé en 1997 avec 130 000 passagers. 19 000 croisiéristes seulement ont touché Toulon en 1997, alors que Nice et Marseille progressent fortement dans la même période: 180 000 croisièristes pour l'un et pour l'autre 62 000 (et 150 000 prévus en 98).
Une toute relative paix sociale sur le Port de Marseille et les aménagements pour les passagers qu'il a réalisé expliquent en partie la chute de trafic toulonnais...
La SNCM choisit par ailleurs de redéployer sa flotte sur Marseille et Nice. Ce client représentait pour Toulon 7 millions de frs par an. Ce chiffre est maintenant divisé par trois. La rentabilité est difficile à atteindre dans ces conditions, où les investissements doivent croître en même temps que le trafic diminue...
A propos de la Marine: au centre de la ville et au centre de l'aire....
La Marine Nationale: une emprise symbolique, spatiale et économique
Jusqu'en 1947, La Marine occupe 95 % du bord de mer. Caractéristique forte et incontournable, élément majeur de la problématique de l'aire toulonnaise, sa présence historique marque le tissu industriel (sous-traitance) avec un fort impact. Son emprise géographique est très marquante pour Toulon ville.
Le port militaire : les bassins Vauban présentent 2 quais de 400 m de long, adaptés à la taille du futur porte-avion Charles de Gaulle. La carcasse métallique de celui-ci a été moulé à La Seyne et transporté dans ce bassin. Trois darses sont consacrées à l'entretien des navires.
La Marine est propriétaire de 5% de la superficie du Var ; sur Toulon cela représente 380 ha (8% du territoire communal), 418 ha sur le Revest, 256 ha à Saint-Mandrier + 1567 ha ... Elle couvre 267 ha arsenal ouest et 47 ha arsenal du Mourillon.
Au Nord de Toulon : 800 ha pour la pyrotechnie, les munitions.
La Marine a échangé avec la Ville de Toulon des terrains dont celui où est implanté la DDE.
La fonction militaire
La "Marine Nationale" c'est d'une part la Marine, l'Armée de Mer et d'autre part des organismes dépendants : DGA (Direction Générale de l'Armement), Direction des Services de Santé, Direction des Travaux Maritimes etc.
La Marine est affectée à la défense des côtes. Toulon est un"Port de Projection de puissance". Il le fut en tant que point de départ des "expéditions" vers l'Egypte, l'Indochine, il le reste.
La "Force d'Action Navale" y est basée ; comptant 2 porte-avions, elle représente 6 à 7000 personnes et peut intervenir partout dans le monde.
Toulon est à la fois port-base et zone industrielle importante où sont entretenus des bâtiments et où on fait de la conception. (Il y a 20 ans il y avait encore 10 000 ouvriers)
Le budget de la Défense diminue et entraîne la diminution du nombre de navires. Le Budget de la Direction Générale de l'Armement diminue également, ce qui pose des problèmes d'emploi à Toulon.
Le poids économique sur l'Aire
La Marine représente environ 30 000 actifs dont 20 000 militaires et 10 000 civils, ainsi qu'environ 25 000 retraités installés sur l'Aire. Au total sur l'Aire Toulonnaise, 55 000 personnes sont payées par la Défense. La masse salariale représente 6000 millions de F/an.
On estime que les armées injectent environ 7792 millions F/an dans l'économie (1997). Ce qui est l'équivalent de la consommation touristique du Var.
Les personnels militaires engagés ont un niveau de vie plus élevé que les appelés. De plus avec la diminution du nombre d'appelés (15 000 appelés de moins), la Marine va devoir engager des civils (6000 environ).
Le patrimoine historique de la Marine est important avec entre autres 20 forts sur le littoral. Soucieuse de son implication dans l'économie de l'aire, la Marine étudie un projet de valorisation touristique avec le CDT du Var. (cf. $ activités touristiques).
L'Hôpital Militaire Sainte-Anne deviendra bientôt Hôpital Ste ANNE 2000 (350 lits).
DGA-DCN: les activités industrielles de l'armement
Au sein de la Délégation de l'Armement au Ministère de la Défense, la Direction de la Construction Navale (DCN) est la plus importante Direction. Toulon est l'un des sites les plus importants avec Brest et Lorient.
La DGA est la deuxième entreprise industrielle de PACA, devant Sollac.
Elle comprend:
- DCN Ingénierie (intégration des systèmes d'armements -études- également installée à Saint-Tropez (1500 personnes)
- Centre technique des systèmes navals
- Atelier industriel d'aéronautique (1200 pers) à Cuers
- Centre d'essais de la Méditerranée (au Levant)
La DGA représente 8000 personnes (plutôt des civils) dont 4000 personnes sur Toulon.
Activités de la DCN Toulon et perspectives
La DCN Toulon est spécialisée dans l'entretien et la réparation des bâtiments de la Marine Nationale (tandis que Brest, Lorient, Cherbourg sont des ports constructeurs.) Cette flotte représente 22 bâtiments de surface (dont le porte-avion Foch, remplacé en 1999 par le Charles de Gaulle) ainsi que 6 sous-marins d'attaque à propulsion nucléaire composant l'escadrille de sous-marins de la Méditerranée.
Pour mémoire : l'entretien d'un sous-marin représente 14 mois de travail. Le carénage du Foch dans les grands bassins Vauban a demandé 14 mois.
85% de l'activité de la DCN provient de l'entretien et la réparation.
La production de la DCN à Toulon est évaluée à environ 2 800 Millions de frs pour 1996. En 1997 elle sera de 2 400 Millions de frs. Les prévisions pour le futur sont de 1 940 Millions de frs, diminution liée à celle des budgets de l'armée.
Le Programme Mouette (entretien et réparation de la flotte militaire royale saoudienne) représente une charge de travail intéressante pour la DCN ( contrat de 95 à fin 99)
La DCN Toulon a également en charge l'entretien des munitions et la pyrotechnie.
Au plan économique, sur un chiffre d'affaires équivalent à 2000 Millions de frs, on estime que la moitié est reversé dans l'économie locale (salaires, traitements et prestations).
En terme de politique industrielle: la DCN tend à se recentrer sur son métier de base "une tradition de 400 ans" : le travail à bord, l'entretien et la réparation.
La DCN Toulon travaille avec environ 3500 fournisseurs. D'où l'inquiétude des sous-traitants quand la DCN se recentre sur ses savoir-faire internes pour rester productive...
L'effectif de 4000 personnes se répartit en 3500 employés, ouvriers techniciens et 500 cadres. L'effectif global devrait passer à 2500/3000 personnes. Des discussions avec les syndicats sont en cours sur le programme de cette réduction.
Pour maintenir ces personnels, un nouveau souci de diversification apparaît*. L'entretien et la réparation des bâtiments de commerce pourraient bénéficier des installations et des structures de l'arsenal.
La particularité de la DCN est d'être un industriel sans outil industriel: les bassins et les quais appartiennent à la Marine. La DCN est propriétaire des "bateaux-portes" et des stations de pompages.
*Pour se diversifier, la DCN de Brest a mené une réflexion similaire il y a trois ans: elle s'est concrétisée par le développement de la construction de plates-formes offshore...
A propos de la Rade....
Vers un Contrat de Baie
La question de l'aménagement propre aux secteurs maritimes fait l'objet de traitement spécifique, selon des règles anciennes, dans lequel interviennent de nombreux services. La problématique principale des autorités publiques est celle de la protection et des pollutions.
Les problèmes d'assainissement sont importants. Le grand émissaire de la station d'épuration rejette loin en mer les eaux traitées ; celles-ci ne sont pas complètement dépolluées. Quelques pratiques de rejets sauvages subsistent encore.
L'occupation domaniale du littoral fait également partie des préoccupations des autorités. La demande pour des eaux de baignade de qualité est sans cesse croissante et pressante.
Commencé à la fin des années 60, l'aménagement des plages du Mourillon, qui appartiennent au domaine public communal, est considéré comme une réussite. .
Le secteur-est des plages reste encore à aménager, il fait l'objet d'hypothèses très diverses: port de plaisance, base nautique, équipements lourds pour des sports de haut-niveau, etc.
Il fait actuellement fonction de garage à bateaux, sans vie. L'objectif serait d'en faire plutôt un espace de vie avec des fonctions de base nautique.
Le Port Saint-Louis du Mourillon pose des problèmes importants vu le très mauvais état de sa digue (la carapace et l'enrochement sont très insuffisants). Les usagers ne sont pas d'accord pour une augmentation des tarifs avec l'aménagement en port de plaisance.
Le sentier du littoral (chemin des douaniers) en grande partie propriété privée est difficile à aménager. Il n'y a pas de financement de la Ville, mais un financement du Conseil Général est acquis. Le juridisme ambiant ne facilite pas le projet.
De gros problèmes se posent sur la petite rade pour faire protéger le domaine public : les eaux d'un port relèvent du domaine public. Il y a des usagers, des squatts, des ports "sauvages" qui, d'une certaine façon, en assurent une protection. Ils sont demandeurs pour la légalisation d'états de fait. D'un autre côté, on se heurte à des blocages pour faire appliquer la réglementation. Les différents régimes juridiques doivent être mis en cohérence et ensuite appliqués.
La multiplicité des activités qui se pratiquent sur la rade entraîne beaucoup de conflits d'usage.
La mytiliculture (à l'ouest) concerne une dizaine d'exploitation familiales traditionnelles, dont la rentabilité est relativement faible. De plus, la qualité des eaux et les problèmes de sédiments menacent la qualité et la conformité de la production. Les sédiments sont fortement pollués en métaux lourds. En 1996, le classement des eaux a situé Toulon au niveau C, c'est à dire très médiocre. Les moules produites ont du subir des traitements particuliers supplémentaires pour être propres à la consommation.
Plus saine économiquement, l'aquaculture se développe (élevage de loups) sur Saint-Mandrier et produit 20 tonnes par an. Un centre de lavage à grande eau a été créé pour elle sur financement public.
L'isthme des Sablettes (espace fragile) a fait l'objet d'un projet de promotion immobilière dans les années 60. Celui-ci a été heureusement abandonné à la fin des années 70. L'Etat va céder les terrains dont il est propriétaire à la Seyne, afin de réaliser un parc paysager sur cet isthme ; son financement proviendra à 50% de l'Union Européenne.
Le Port de Toulon est une entité administrative qui couvre la petite rade et des terrains qui abritent les installations du port civil. Sa caractéristique, sa difficulté, est de regrouper à la fois des espaces naturels et des ports de plaisance.
Le Port de Commerce est adossé à un port de plaisance, et voisin également des bateaux du SITCAT (navettes : 100 000 passagers transportés annuellement) L'ensemble produit des dysfonctionnements. Les différents acteurs présents sur le site se sont concertés pour mener une réflexion commune sur le réaménagement de l'ensemble du port afin de définir une faisabilité économique. La perte de trafic (passagers) est au cœur d'une réflexion ville-Port.
Une fédération de 70 associations s'active pour que soit relancé le travail de préparation d'un Contrat de Baie et pour que celui-ci concerne à la fois la Petite et la Grande Rade. Onze communes du bassin versant sont directement concernées. Les premières études ont été lancées (pour 1,2 et 1,5 millions de francs). Pour l'heure le périmètre du contrat de Baie n'est pas encore arrêté.
A propos des pôles d'activités dans l'espace....
Rappel
Les espaces d'activités à proximité de l'Aire Toulonnaise
Des espaces d'activités existent sur Cuers, Solliès, Hyères et le Plateau de Signes. La zone défiscalisée de Signes s'étend sur 180 ha. 60 ha sont prévus pour des espaces communs et une réserve avec la volonté d'un aménagement de qualité. 60 ha sont occupés (Yves Rocher, Coca Cola) . Les qualités de l'eau et de l'air ont eu de l' importance dans le type d'implantation (cosmétiques, boissons) -économie de filtres à air, pureté de l'eau-.
La commercialisation de la zone s'est fortement ralentie à la fin de la période de défiscalisation, parallèlement à un marasme général. Elle redémarre à nouveau. Des entreprises trouvent repreneurs avec des potentiels de création d'emplois. Le site compte 800 emplois.
On peut faire une hypothèse sur les raisons du rapprochement Coca-Cola/Orangina. Pour Coca, le bénéfice de la défiscalisation s'arrête fin 1999 : l'entreprise pourrait alors choisir de délocaliser la fabrication du concentré dans un autre site défiscalisé d'Europe et profiter de la défiscalisation d'Orangina (jusqu'à 2001) pour maintenir sur place les autres marques...
L'équipement commercial
C'est un des plus dense de France avec 1100 m2 de surface commerciale par habitant.
On peut définir plusieurs bassins de chalandise : de Saint-Cyr à Toulon, Toulon-La Seyne et la Rade, Hyères.
L'Aire Toulonnaise compte un grand nombre de magasins de plus de 800 m2. On a constaté une augmentation de plus de 50 % en nombre d'établissements.
Autour de ces grands établissements et de ces complexes commerciaux, des commerces plus petits s'installent. Il y a accentuation de l'évasion du centre-ville.
A l'ouest, la densité commerciale est moindre (du moins en taille d'établissement): elle est plus élevé en nombre d'établissements.
D'un point de vue général, on peut déplorer un déficit de relation entre l'équipement commercial et la politique urbaine.
Le pôle est
En continuité directe avec Toulon et la zone dense de Saint Jean-du-Var, liée à la desserte autoroutière de La Valette, La Garde et au-delà, une nouvelle centralité se manifeste à l'est: pôle d'activités, commerces, loisirs, universités. Il s'agit du regroupement de zones monofonctionnelles mais ceintes par une vaste zone d'habitation ce qui en fait la singularité.
Zones d'activités Toulon-Est : industries et commerces
La Zone Industrielle Toulon-Est
Elle couvre une superficie d'environ 190 ha, à cheval entre les communes de La Garde (100 ha) et celle de La Farlède. Elle accueille aujourd'hui 350 entreprises et représente environ 6000 emplois. Nombre de ces entreprises sont liées au négoce. Les établissements industriels sont liés à des savoir-faire traditionnels (en particulier la sous-traitance DCN).
Eka, entreprise de robotique sous-marine, connue mondialement (150 salariés), la société Hobicat (catamarans) y sont implantées. Cependant, dans l'ensemble la ZI accueille peu d'entreprises de production. Le "Centre de Vie" a été aménagé en 1991 : il accueille des banques, des entreprises du tertiaire, de formation, des organismes et institutions (DRIRE, services sociaux de l'Université) ainsi que le siège de l'association des entreprises de la zone (AFUZI).
La Zone d'entreprises de la Farlède regroupe des entreprises de fabrication dans des secteurs de pointe (prothèses, hautes technologies...)
La ZI "gagne" autant d'entreprises qu'elle en "perd". Actuellement environ 70 partants ont été remplacés; mais ce roulement voit s'installer en général des entreprises plus petites que les précédentes...
Une dernière tranche de 4 ha, extension de la ZI, sous forme de ZAC est à commercialiser : la Sernam y est déjà installée.
Le campus de la Chambre de Commerce
A cheval sur les communes de La Garde, La Farlède, La Crau et accueillant environ un millier de personnes, le campus de la Grande Tourrache appartient à la Chambre de Commerce qui y a implanté plusieurs établissements d'enseignement : École supérieure de Commerce, École de Design (I.E.D), Centre de Formation du Bâtiment ainsi qu'une résidence universitaire. L'Union Patronale y a ses installations sportives.
Gestion de la zone
La zone est commercialisée à 100 %. Des années 70 à 90, les terrains ont été vendus par petites tranches, sans critères particuliers, ce qui a des conséquences négatives; des activités peu compatibles entre elles se retrouvent voisines (agrégats et mécanique de précision....
Le cahier des charges de la Chambre de Commerce n'a pas été très draconien quant aux traitements des clôtures, des enseignes, des espaces verts etc.
L'AFUZI est l'association syndicale créée dés l'origine de la ZI par la Chambre de Commerce qui a stipulé dans les statuts que chaque propriétaire de terrain en faisait partie de droit. Dès le début, elle a souhaité apporter des services aux entreprises du site, comme la création d'une agence postale (originale dans une ZI gérée par du personnel privé). L'AFUZI emploie 6 salariés et a un rôle de concierge, de mairie, d'information, d'accueil" et d'animation. Des bornes d'information (informatique) sont remises à jour régulièrement (liste exhaustive des entreprises).
L'AFUZI assiste les adhérents (signalisation, projet d'amélioration des accès et de la voirie etc.)et promeut la zone. Elle n'a pas fonction de la commercialiser: elle gère le locatif : de 20 à 30 f/m2 pour l'entreposage, de 60 à 70 f le m2 de bureau. Le prix moyen du terrain est de 300 f/m2 viabilisé.
Un des gros problèmes du site est sa desserte médiocre par les transports en commun : ceux qui circulent sont, en outre, peu utilisés. Les lignes d'autobus n'atteignent pas le secteur de La Farlède, alors que c'est un pôle d'emplois important.
L'AFUZI examine une hypothèse de réutilisation de la gare de La Pauline à 3 km et d'une navette.
La Zone est traversée par une seule artère principale dans laquelle débouche des voies pénétrantes en cul -de -sac. Tout le trafic transite par cette artère centrale unique.
Une des voies, ex grand'route de la ZI a été déclassée...mais pas reclassée : elle n'appartient à personne. Un chemin d'entrée de la Zone comporte un pont autoroutier trop bas, interdisant le dégagement des camions. L'AFUZI tente d'obtenir l'aménagement de ce passage pour la circulation des véhicules particuliers.
La zone commerciale
Elle couvre 130 ha. Elle a été initiée en 1965. Le pôle Grand Var est né il y a 20 ans.
Rôle de l'industrie des loisirs: un exemple d'attractivité et de développement
Le Complexe Cinémas Pathé implanté à Grand Var est un multiplexe de 20 000m2, inauguré en juin 93. C'est une SA, filiale à 100 % : son capital est détenu par le groupe Pathé-Lagardère. C'est le premier multiplexe de France. Concept importé des USA par Jérôme Seydoux, il est conçu comme un supermarché du cinéma : un vaste parking, un grand hall d'accueil (avec vente de produits dérivés etc.), douze salles très confortables avec grands écrans, son numérique et digital.
Il attire une très grande clientèle.
L'investissement a été de 70 millions de francs. Le complexe fait 1 million d'entrées par an et se classe dans les 20 premiers de France. Le chiffre d'affaires est d'environ 60 millions de francs. Cette formule a été copiée un peu partout par les autres distributeurs tels que Gaumont, etc.
L'activité du ciné Pathé multiplex représente 35 temps plein. (70 personnes).
Son ouverture a déclenché une énorme polémique avec les cinémas du centre-ville. auquel il a pris 40 % de la clientèle...Mais au niveau de l'Aire Toulonnaise, on mesure que la fréquentation a augmenté de 60 % : ce qui veut dire que le Pathé a créé une nouvelle clientèle dans l'aire et à l'extérieur. Il est allé chercher une clientèle nouvelle : c'est le cas des spectateurs de Brignoles, Draguignan, Hyères, Le Lavandou, situés à environ 40 minutes en voiture.
La clientèle moyenne du multiplex est différente de celles des centres-villes. Elle est plus jeune : 80 % des spectateurs ont entre 15 et 25 ans ( lié à la proximité entre autres de l'Université, des Écoles).
Pendant les vacances scolaires, il y a des séances de 11 h du matin jusqu'au soir. En période normale, le multiplex propose aussi des séances tous les samedi matin et le dimanche matin au tarif unique de 27 frs. Le plein tarif est de 52 frs. La programmation ne présente pas de VO. Les salles démarrent de 5 en 5 minutes.
Il faut donc gérer des flux importants. Pour le film "Titanic", présenté dans trois salles en même temps, sur trois séances par jour (complet tous les jours au moment de la sortie) ; le hall accueille jusqu'à 1500 personnes.
A l'ouverture du complexe Pathé, seuls Mac Do et Carrefour étaient implantés sur le site, aujourd'hui de nombreux restaurants (de tous types) ainsi que Virgin l'entourent : les spectateurs peuvent passer l'après-midi et la soirée complète sur le site.
A proximité, dans le centre Barnéoud, se trouve la plus grande surface de vente de livres neufs à prix réduits et d'occasion d'Europe (annoncent-ils). Ouverte aux quatre vents, avec un minimum d'aménagement mais beaucoup de dynamisme commercial, elle offre un choix très large de documents de toutes sortes.
De grands équipements publics
L'université de Toulon et du Var
L'Université de Toulon et du Var est implantée sur le campus de La Garde/la Valette à l'est de Toulon depuis 1989 (voir & Environnement formation).
Le campus accueille environ 6000 étudiants (Faculté des Sciences Économiques et de Gestion, IUT, Faculté des Sciences, Faculté des Lettres, École d'ingénieurs, filières Sciences et Techniques des activités sportives, Formation Continue)
La Délégation Régionale CNFPT
Antérieurement située à Toulon (10 salariés en 1972) la Délégation Régionale PACA du Centre National de la Fonction Publique Territoriale est installée dans cette zone est depuis 1984 et emploie 120 personnes.
La Délégation CNFPT est dotée d'un budget de 68 millions, provenant de la cotisation 1% (masse salariale de la FT) et des partenariats avec les collectivités territoriales, établissements publics, CCAS etc.
C'est un gros organisme de formation. Pour mémoire le Var compte 18 751 fonctionnaires pour 815 000 habitants. 240 métiers différents ont été recensés dans les collectivités locales.
En 1996, elle a organisé 694 actions de formation. Elles ont généré 3500 journées de formation et concerné 10 742 stagiaires pour des stages qui peuvent durer de 1 jour, à 3 fois 5 jours. Cela représente également 38 000 repas et 7000 nuitées (via 45 chambres sur place et hôtellerie sous-traitée).
Les intervenants-formateurs peuvent être des cadres de la Fonction Territoriale, des professions libérales, des professionnels ou encore des intervenants d'organismes de formation locaux (300 prestataires).
60 % des stages sont organisés à la demande des collectivités, selon les besoins recensés. 30 % sont des stages reconduits régulièrement. 10 % sont des stages proposés par la Délégation, compte-tenu des évolutions des contextes et des compétences.
Depuis 20 ans des conventions lient le CNFPT avec les 4 grandes universités régionales, notamment pour la préparation aux examens et concours (la PEC représente 30 % de l'activité du CNFPT)
En termes d'impulsion et de choix dans le développement des compétences, on convient de faire une distinction entre Fonction d'État et Fonction Territoriale. En effet dans un cas il y a un seul et unique employeur -l'État- dans l'autre, il y a 80 000 employeurs différents... En terme de formation, il n'y a pas, dans ce dernier cas de tutelle véritable ni de chef de file pour une politique d'ensemble...
à l'est quoi de nouveau ?
A partir des années 70 tout le secteur est de l'Aire Toulonnaise était facile à commercialiser et il s'est fortement développé. Aujourd'hui, les responsables constatent une certaine stagnation, avec un taux de turn-over des entreprises plutôt élevé (La Farlède). Même si les critères d'accès autoroutier sont séduisants, le tarif de 300 f/m2 semble trop élevé et fait reculer les candidats à l'implantation. Depuis deux ans la dernière tranche peine à être commercialisée.
Néanmoins on constate qu'elle intéresse toujours sur le principe des entreprises de logistique : pour l'heure, ces entreprises semblent attendre un prix plus avantageux.
Le pôle ouest
Les quartiers de l'ouest de l'Aire Toulonnaise sont plus anciens que ceux de l'est, tant en terme d'urbanisation que d'activités.
Après une période de plus forte attractivité et dynamisme de l'est, une tendance inverse se manifeste et on assiste aux prémices d'un nouveau basculement vers l'Ouest.
L'aire toulonnaise semble confirmer par là sa bipolarité : ainsi, certaines entreprises, déjà implantées au centre ou à l'est de l'aire, souhaitent une deuxième implantation à l'ouest.
Par ailleurs la taille des lots recherchés par les candidats à l'installation diminue régulièrement: cela témoigne probablement d'une volonté de faire en priorité des investissements productifs...
La Seyne-sur-mer : un vaste théâtre d'opérations
La Seyne-sur-mer a une double identité : d'un côté elle est ouvrière, de l'autre touristique et résidentielle. Il faut tendre à marier ses caractères: les services, le cadre de vie et la plaisance semblent des axes intéressants pour une dynamique de développement.
Les activités portuaires et maritimes
Marépolis: une hypothèse pas totalement confirmée
Marépolis a été créé sur le site des anciens chantiers navals, dans la logique de reconversion.
Au début des années 90, on a rêvé d'y créer des emplois en nombre équivalent à ceux qui avaient disparu. 63 millions de frs ont été consacrés à la zone. Le site a été dépollué, une ZI a été aménagée. Le site dispose de grandes formes et de bassins à fort tirant d'eau (9 m) aptes à accueillir de très grands navires tels que le paquebot Norway (une éventualité). Le Chantier Bénéteau est l'une des très rares entreprises à s'y être installée. Peu de projets sont encore finalisés.
Si les grands principes sont posés, on est très loin du succès espéré et attendu.
Il semble qu'on a aujourd'hui commencé le travail de deuil de l'idée initiale. Les projets d'implantation examinés au départ étaient jugés selon des critères de densité d'emplois créés : il faut probablement changer ces critères.
C'est un débat crucial : Marépolis est un point-clé de la réflexion sur l'Aire Toulonnaise, autour de l'idée d'un pôle de hautes technologies de la mer.
L'ensemble industrialo-portuaire et Brégaillon : une dynamique
Il couvre 30 ha environ. La plate-forme de Brégaillon occupe 10 ha. Des chantiers navals spécialisés, Ifremer et la CNIM y sont également installés.
Le terminal marchandises de Brégaillon représente un gros investissement s'étend sur 215 m, dispose de 2 grues (25 t/25m) et de 10 000 m2 de terre-plein. Les hangars de stockage (pour du vrac) occupent 3000 m2 . 2000 m2 sont dédiés à d'autres hangars pour les marchandises diverses et des espaces destinés à recevoir des conteneurs (ligne régulière).
Le trafic est diversifié : fin 1997 il s'élève à 380 000 tonnes. 1996 a été une année record avec 450 000 tonnes.
L'objectif de cet équipement est de 500 000 tonnes par an (vrac, à faible valeur ajoutée). Le trafic conteneur offrirait lui, une plus grande valeur ajoutée.
La force du terminal Brégaillon est d'être relié au réseau ferré. Sa petite taille, un bon climat social, lui permet une grande flexibilité. Son succès commercial peut entraîner des problèmes pour répondre efficacement aux demandes : comment servir trois bateaux en même temps.
En terme de développement, la réflexion en cours met l'accent sur l'effort de redressement financier, sur la faisabilité commerciale du port, sur la dynamique d'investissement et les conditions d'organisation du travail. La Chambre de Commerce est responsable de la main d'oeuvre portuaire : une négociation tripartite est en cours pour négocier les conditions de rémunération afin que seules soient payées les heures travaillées (et non les heures d'attente).
La "Base Marine Méditerranée" de France Télécom est installée sur la Darse des câbliers. Cette entreprise pose et répare des câbles téléphoniques sous-marins. Elle compte 75 salariés et 2 navires câbliers basés à La Seyne (sur 4 existants). Les laboratoires seynois ont une fonction de veille technologique, permettant la formation des personnels qui travaillent sur les bateaux: chaque liaison sous-marine présente en effet des particularités et des spécificités. La société exploite également deux sous-marins utilisés pour enfouir les câbles, ainsi qu'une charrue sous-marine (construite par une entreprise toulonnaise) et une roue trancheuse.
L'activité de pose de câbles est en forte progression. L'entreprise travaille en ce moment sur le câble entre la Chine, le Japon, Singapour, l'Australie et l'Europe (42 pays concernés).
Sur le site, un chantier de Grande Plaisance (International Marine Service) fonctionne : il peut accueillir des bâtiments importants. Il dispose d'un hangar atelier permettant de mettre le bateau sous cocon. (cf ? industrie de loisirs).
A proximité, des chantiers traditionnels réparent, construisent ou entretiennent des bateaux de 10 à 15 mètres. L'extension de cette zone est freinée par son exposition au nord qui peut entraîner des dégâts importants par vents de nord-ouest. Il faudrait y construire un aménagement.
Ifremer: des profondeurs au pinacle
L'établissement Ifremer implanté à La Seyne est l'un des 5 centres français (Boulogne, Tahiti, Nantes, Brest). Il a statut d' établissement public à caractère industriel et commercial et dépend de plusieurs tutelles: Éducation et Recherche, Agriculture et Pêche, Transports -au titre des Gens de Mer-Environnement (contrats).
L'entreprise emploie 120 personnes sur La Seyne et environ 150 personnes travaillent dans différentes antennes (CEA, Université, Centre Océanographique de Marseille).
Le budget s'élève à 1 milliard de francs : 800 millions sont des subventions de l'État, 200 millions sont des ressources propres (expertises, études d'impacts, affrètements). Il y a une volonté de la structure pour que cette part augmente.
Ifremer occupe 2 ha et dispose de 180 m de quai. La société est équipée d'un navire polyvalent (laboratoire et porte-engin) le "Suroît" et d'un catamaran (30 m) pour la recherche côtière.
L'établissement de La Seyne a une double activité :
Il est spécialisé dans les technologies sous-marines. Cette spécificité est liée à la présence de la Marine Nationale et aux hautes compétences de ses sous-traitants. De plus, l'étroitesse du plateau continental permet d'atteindre très vite les eaux profondes, ce qui est très pratique pour la réalisation de tests.
Par ailleurs, Ifremer travaille dans les domaines de l'environnement. Un laboratoire se consacre à la chimie des contaminants afin de comprendre les processus de pollution : comment les agents se répandent, se modifient, quels impacts successifs ont-ils. Il travaille à partir de simulations et de prélèvements en réel.
Le laboratoire côtier est chargé, lui, de gérer un réseau de surveillance des ressources et des activités marines. Pour l'aquaculture, il veille aux qualités microbiologiques etc. C'est un rôle difficile à assumer. Si le laboratoire repère des planctons ou des substances dangereuses, les résultats sont transmis aux autorités qui peuvent décider d'interrompre les productions, l'exploitation, la commercialisation.
Pour ses activités, Ifremer a conçu et exploite quatre engins dont elle est la seule société à disposer. Ils sont le "haut du pavé" de l'équipement pour l'exploration sous-marine dans le monde.
Correspondant à quatre concepts différents, ce sont :
- Un sonar latéral remorqué (bonne résolution, pour les objets de plus de 50 cm).
- Le Cyana : un petit-sous-marin habité pouvant embarquer 3 personnes jusqu'à 3000 mètres de profondeur. Il dispose d'un bras télémanipulateur.
- Victor 6000 est le plus récent de ces engins. Il a été mis au point en collaboration avec des sous-traitants locaux (EKA à La Garde).Il prendra à terme le relais du sous-marin habitable. C'est un véhicule télécommandé depuis la surface; comme une camionnette, on peut le charger de modules différents selon le type d'exploration à conduire: un module "biologie" ou "géologie" ou "physico-chimie". Il permet des observations qui n'étaient pas possibles avec les deux autres engins: en particulier pour des phénomènes à forte variabilité (sources thermales sous-marines par exemple) Victor peut rester au fond pendant des mois pour des inventaires ou des mesures longs et recueillir des données stockées puis transmises à bord. Il reçoit l'énergie du navire-support. C'est une station automatique de mesures.
En collaboration avec la Comex, un engin (type clark) a été réalisé pour transporter la station automatique. Les deux entreprises collaborent également sur "Saga" le projet d'un sous-marin "crache-plongeurs".
Ifremer développe des applications communes pour la navigation de plaisance. Elle prend des brevets "mais pas assez" aux dires de son directeur. Les brevets sont en général mixtes entre les ingénieurs et l'Ifremer.
Ifremer fournit essentiellement des prestations et des expertises : au Japon l'analyse de la sismicité, l'évaluation des stocks de poisson pour l'Erythrée, le sondage des épaves aux USA (l'exploration de l'épave du Titanic), la cartographie sous-marine... Un système sondeur à faisceaux multiples a été mis au point (162 ondes émises simultanément et à des fréquences différentes) permettant de dessiner la carte au fur et à mesure, à bord du navire. 9000 km2 peuvent être cartographiés en une journée. Comme de très nombreux pays sont intéressés, la Société a du mal à répondre à la demande.
Le Bassin de Houle, enfin à flots (?)
C'est dans le cadre de la fermeture des chantiers de la Seyne que les collectivités locales ont réfléchi à ce projet de Bassin de Génie Océanique. La décision de création par le Ministère de la Recherche date de 1984.
Après de longues années sans fonctionner, divers aléas techniques et financiers, le BGO FIRST a commencé à fonctionner en décembre 97 .
Cet équipement a reçu 90 millions de francs d'argent public : principalement de l'Etat, de l'Europe, du Conseil Régional, de la ville de Toulon, de La Seyne.
Il est construit sur le Domaine Public Maritime (avec autorisation de la Chambre de Commerce) et représente 2500 m2 de surface utile et 800 m2 de bureaux.
Le bassin mesure 24 m de long, 16 m de large, sa profondeur moyenne est de 5 m et sa profondeur maximum de 10 m. Son fond est mobile. Les essais portent sur la houle régulière, irrégulière, les courants contraires. Il s'agit de chercher expérimentalement des solutions.
La particularité du BGO, son créneau commercial, c'est la simulation en eaux profondes pour la recherche pétrolière (jusqu'à 1500 m). 5 ou 6 bassins de ce type existent dans le monde. En Afrique Occidentale, au Mexique, en Australie on trouve du pétrole à cette profondeur: la demande en tests devrait augmenter. Actuellement dans le monde 5 millions de dollars sont dépensés par an dans ces expériences en bassins.
Au début 1998, une commande de 4 semaines de travail est passée par une Société Pétrolière pour une plate-forme off-shore en Afrique.
remarque
On se demande quelle peut être la rentabilité financière d'un tel équipement ; la demande mondiale est-elle aussi pressante et aussi importante ? les possibilités et l'intérêt même des simulations en bassin et des expérimentations ne sont-elles pas limitées (miniaturisation des maquettes vs viscosité de l'eau, hydrodynamique) ?.
Il faut se demander plutôt quel est le sens d'un tel projet, quelle est sa logique...
La ZAC des Playes : La Seyne, Six-Fours et Ollioules
La zone s'étend sur trois communes. Elle a bénéficié du dispositif Zone d'Entreprises (86-87). La partie seynoise de la ZAC bénéficie en plus du statut zone franche.
Elle représente 350 entreprises sur 50 ha. Le prix du m2 est en moyenne de 295 F. HT (valeur de base). La charge foncière représente 60 f/ m2 pour les acquisitions.
Première entreprise installée sur le site et créée par un varois en 1991, la Société Emaver a bénéficié du statut ZE. Son CA est de 5,5 Millions de francs (avec 4% de résultats). En PACA c'est la première entreprise qui fait exclusivement du façonnage de produits verriers (miroiterie d'art, approche qualité). Cette niche de la miroiterie a connu en 1997 une baisse de 15 % en Paca, du fait entre autres d'un recul de la construction et des architectures modernes ou innovantes.
Si le statut ZE a aidé l'entreprise à s'installer, son PDG déplore le fait que ce dispositif interdise de recevoir des subventions sur les investissements industriels. Il a par ailleurs du mal a recruter.
Des entreprises de production très spécialisées affichent une bonne santé : PIP Prothèses mammaires (export vers USA), Terrabel (tout son chiffre d'affaires se fait à l'exportation vers la Belgique), Coral (luminaires urbains).
La première grosse implantation est celle de Métro. Var-Matin est installé dans la zone : c'est un des plus gros employeurs de l'Aire Toulonnaise. Le tissu industriel se développe dans le BTP et les services.
La société Provelec, installée sur la ZAC n'a pas été éligible à la Zone Franche, ce qui a été mal vécu par ses responsables "dans la mesure où elle sera créatrice d'emplois en 98". Elle emploie 45 salariés et fait un chiffre d'affaires de 27 millions de francs.
La gestion de la zone : difficile et indispensable
Le PDG de Provelec préside l'ADETO, association des entreprises de la zone, récemment créée pour la gérer. Il est par ailleurs président de la commission aménagement du Territoire et Industrie à la Chambre de Commerce.
L'ensemble des entreprises est d'accord pour cette unicité de gestion mais des problèmes se posent du fait des trois communes qui se comportent parfois de façon concurrente. Chaque commune a un point d'information différent sur la zone. Le statut Zone franche appliqué à la partie seynoise de la zone a pu faire craindre une disparité d'attraction au profit de la Seyne. De fait, c'est la "partie" Six-Fours qui connait actuellement le développement le plus important.
Certains entrepreneurs sont déçus des lenteurs d'aménagement de la ZAC. Ces problèmes se posent de façon urgente. Un "centre de vie" (accueil, convivialité, antenne de la Chambre de Commerce) est projeté sur la partie Six-Fours.
Au vu de ce qui est considéré parfois comme des ratages dans le développement de la ZAC, certains pensent qu'il ne faut pas perdre de temps : à trop vouloir bien sélectionner les candidats, on risque de prendre encore du retard.
La commercialisation est plutôt bonne. En bordure de la zone, une population de nomades s'est installée dans les parties en friches. Les animateurs de l'ADETO considèrent que c'est préjudiciable à l'image de la zone..
La Zone Franche (sur la commune de la Seyne)
La Zone franche propose des terrains nus à bâtir: une douzaine d'entreprises y sont installées.
La dynamique de la ZF est basée sur des exonérations conséquentes (impôts sociétés, taxe professionnelle et foncière sur le bâti et 3/4 des charges patronales, ). Un comité technique est en place pour sélectionner les dossiers et, par souci d'efficacité dans le montage des dossiers, se réunit tous les 15 jours.
Des démarches de prospection ont été menées : mailing en direction de 1800 entreprises de l'agro-alimentaire, contacts pris dans l'industrie pharmaceutique.
Force est de constater que lorsqu'on s'adresse à des PME/PMI jusqu'à 50 salariés, elles ont beaucoup de mal ou de réticence à quitter leur agglomération ou leur région.
L' Hôpital de La Seyne : un équipement à vocation structurante
L'aménagement de l'Hôpital vise à faire de cet ensemble un point d'évolution du quartier. Il a porté sur la réhabilitation de deux bâtiments, l'ancien hôpital et l'hospice et la construction du nouvel Hôpital.
Face à la verticalité des immeubles (cités) à proximité, le nouvel Hôpital a une forme horizontale très nette sur deux étages. Le parti-pris architectural est très affirmé : longitudinalement, un des 2 côtés, formant 4 "bateaux" (avancées saillantes par rapport à l'axe central de circulation et de desserte) abrite la partie hébergement (chambres, 200 lits) pour les courts séjours médicaux, la maternité et la chirurgie. L'autre côté du bâtiment est consacré aux plateaux techniques. Le souci et la simplicité d'organisation permet une très grande lisibilité de l'espace à l'intérieur, c'était un souci du cahier des charges. En effet dans la large rue centrale qui sépare les deux côtés, il est parfaitement aisé d'indiquer visuellement -jusqu'au dernier étage- et d'un seul geste, aux patients et accompagnants leurs lieux de destination. Tous les escaliers et coursives surplombant la "rue" sont visibles.
Le nouvel hôpital occupe 17 000 m2. Mais en rapport, son parking est trop petit.
Le bâtiment de l'ancien hôpital (financement d'État et de la Région) est en cours de réhabilitation et deviendra un centre pour les personnes âgés (longs et moyens séjours). L'ancien hospice accueillera fin 98 deux services de psychiatrie de l'Hôpital Chalucet (centre de Toulon).
L'Hôpital de la Seyne est un établissement de proximité (ouest de Toulon). Les courts séjours y concernent essentiellement la population locale. Son taux d'occupation est fort sur La Seyne. La fréquentation des urgences a augmenté de 50 % (cf. la fonction des urgences pour les populations modestes). Le nombre de consultations augmente également (type dispensaire). Les disciplines correspondent aux besoins sur place. L'hôpital ne dispose pas de scanner, ni de service de réanimation.
Les Hôpitaux de La Seyne et de Toulon ont fusionné en 1988, dans un objectif de rationalisation et de complémentarité. A terme, on peut se poser la question d'un éventuel processus de spécialisation. Des problèmes techniques se posent sur l'hôpital de Font-Pré à Toulon. En outre, il est difficile en pratique, de transférer certaines activités sur un seul établissement (telle la maternité): en terme de retombées sociales et politiques, on sait que ce sont des sujets sensibles.
DSU : La ZUP Berthe à La Seyne
Le périmètre retenu au titre du DSU concerne 50 % de la population seynoise.
Le quartier concerné par le DSU comprend 7 cités distinctes construites à partir des années 60. Il compte 12000 habitants. Dans certaines cités, les bâtiments ont commencé à être réhabilités dés les années 70. Deux grandes tours ont été démolies en 1990. L'enquête INSEE de 1990 indiquait un taux de chômage de 40 % pour la ZUP Berthe. Ce n'est pas un quartier isolé du reste, il se trouve à proximité du centre commercial Auchan et de Leclerc. Au nord les équipements sont moins nombreux.
Entre 94 et 98, le Contrat de Ville a donné lieu à un certain nombre d'opérations:
- la réhabilitation urbaine
- l'atelier pédagogique personnalisé d' Ouest Var ( intercommunal) : outil d'autoformation
- le soutien aux associations pour la vie locale: PLIE, Missions Locales...
- le soutien aux associations de proximité (locataires, etc.)
- les efforts pour faciliter la vie sociale, les médiations, appréhender l'environnement
Le Projet Urbain s'appuie sur le passage du TCSP dans le quartier Berthe : ce programme d'infrastructures d'un Transport en Commun en Site Propre va être réalisé. La route départementale qui passe dans le quartier reçoit des gabarits et un trafic importants. Le Transport en Site Propre empruntera cette voie, ce qui va demander de revoir la voirie interne aux cités. La commune a souhaité que le trajet du TCSP fasse une boucle permettant de desservir de la ZUP Berthe jusqu'à l'Hôpital .
Des liaisons nord-sud dans la ZUP et des liaisons vers le centre vont être aménagées.
Par ailleurs le Conseil Général va financer pour 60 millions de francs la construction d'un collège qui va doter ce quartier d'un équipement fort (collège expérimental, sur le principe de filière d'excellence, le projet est soutenu par le Professeur neurobiologiste Hubert Montagné). Autant que cet effort d'infrastructure, il faudrait mener un travail avec l'Éducation Nationale pour faire en sorte que des populations scolaires d'autres quartiers viennent dans cet établissement.
Dans 5 ans, le quartier devrait être profondément modifié.
Politique de la ville et Projet Urbain: suites et...fin ?
En 1996, le Pacte de relance pour la Ville de Juppé a abouti à une accentuation encore plus forte d'une "géographie"des quartiers, selon une hiérarchisation par niveau: Zone Urbaine Sensible, Zone de Redynamisation Urbaine, Zone Franche.
(Depuis 1997 et les échauffourées qui s'y sont déroulées, la ZUP Berthe est "remontée" dans l'étalonnage national des quartiers chauds...)
Dans le cadre du Pacte, La Seyne a eu 4 quartiers concernés. La Délégation Interministérielle à la ville a classé en ZUS le quartier Berthe. Des élus l'ont accepté et il y a eu appel à projets pour la zone franche (sur le périmètre ZUS), afin de soutenir les commerces, faciliter l'installation d'entreprises. Le dossier Zone Franche-Zac des Playes a été traité du point de vue économique et ce dispositif est en fait déconnecté du dispositif Politique de La Ville.
Sur le terrain on perçoit et on peut déplorer des empilements administratifs.
Pour l'heure, on ne sait pas ce que va devenir la Politique de La Ville.
L'outil contractuel est le Contrat de Ville. Pour les contrats de Villes en Paca, les diagnostics sont-ils bien faits et les moyens suffisamment calés ? Les données évoluent: on a de la peine à le mettre en œuvre. Comment le rendre opérationnel ?
L'outil financier va prendre fin en décembre 98: des questions se posent: que deviennent les principes de discrimination positive ? C'est l'exemple des "emplois de ville" (30 h/semaine) réservés aux personnes issus des quartiers "Politique de la Ville"...
En 1998, d'ailleurs, avec les emplois-jeunes, il n'y a plus de principe qui les lient à un lieu de résidence. Va-t-on continuer à marquer des territoires et en conséquence, à les stigmatiser ?
Le Projet Urbain s'efforce de mettre en perspective toutes les opérations différentes afin qu'elles ne restent pas de micro-opérations. A l'évidence, le schéma de réflexion doit se faire à l'échelle de toute la ville -et au delà-. Faudrait-il se contenter de faire de la ZUP Berthe un quartier "politique de la Ville" ou au contraire en faire un véritable quartier intermédiaire entre les Sablettes et le Centre ?
A propos de l'environnement de formation, de recherche et de l'animation économique....
L'Université de Toulon et du Var : importance et rayonnement
Crée en 1970, l'Université se répartit sur plusieurs sites varois pour un effectif global d'environ 8500 étudiants auxquels s'ajoutent 380 enseignants et 230 personnels ATOS. Le budget de l'Université s'élève à 80 millions de francs, hors rémunération des personnels (160 millions). La dotation totale du Ministère pour la Recherche se limite, toutes disciplines confondues, à 3 millions de francs.
Les contrats de recherche représentent environ 5 millions de francs ; comme dans beaucoup d'autres établissements universitaires, cette part contractuelle est nettement supérieure à celle de l'État.
Dans le cadre des contrats quadriennaux, l'Université a été créée en périphérie. En même temps, la municipalité du Docteur Trucy souhaitait réanimer le Centre-Ville par la présence d'étudiants. L'Etat a accepté la construction de la Faculté de Droit à Toulon qui accueille ainsi 2300 étudiants en centre ville. Une antenne Droit se trouve à Draguignan qui accueille aussi un département de l'IUT. Un autre département de l'IUT est également implanté à Saint Raphaël.
Le campus de la Garde/la Valette
Le campus de La Garde/la Valette comprend :
-la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion (730 étudiants)
-un IUT (1700 étudiants)
-la Faculté des Sciences (1450 étudiants)
-la Faculté des Lettres (1400 étudiants)
- l'Ecole d'ingénieurs (environ 270 étudiants)
-les filières Sciences et Techniques des activités sportives
Le campus accueille également des activités de Formation Continue, le bâtiment de la Présidence, une cafétéria, la Maison de l'Étudiant
Le recrutement des étudiants dépend des filières. Les filières de premier cycle généraliste ou peu spécialisées (Sciences Économiques, Droit, Gestion) ont un recrutement essentiellement "local" (entre Bandol et Hyères). Les filières plus professionalisées (IUT par exemple) ont un recrutement qui dépasse largement le Var.
80 à 90 % des étudiants de l'École d'Ingénieurs viennent de l' extérieur.
Impact local et perspectives de développement
En 10 ans l'effectif étudiant a considérablement augmenté : de 3000 il est passé à 9000. Il n'y avait pas d'École d'ingénieurs, il y en a trois aujourd'hui...
Pour les responsables, il s'agit d'accroître le nombre de filières professionnalisées. Dès sa création, l'Université du Var a fait le choix d'un nombre important de ces filières dans un souci de positionnement par rapport à l'offre niçoise et à l'offre marseillaise. Des formations, qui n'existaient pas dans ces deux grands pôles universitaires, ont été mises sur pied. On y a ajouté des filières classiques, généralistes.
Le Ministère fait en sorte d'ailleurs de ne pas autoriser des formations équivalentes sur des sites trop proches. S'il y a très peu de coordination institutionnelle entre les Universités, au niveau des équipes pédagogiques et des chercheurs, il y a des relations effectives, naturelles. La géographie pousse les personnes à avoir des relations privilégiées avec le pôle Marseille-Aix. L''Université de Toulon et du Var dépend du Recteur de Nice.
Le secteur recherche est à développer : il ne bénéficie pas encore d'une reconnaissance suffisante au plan financier. Avec pas mal de retard, l'Etat et la Région ont finalement inscrit au Contrat de Plan la construction d'un bâtiment spécifique pour accueillir les activités de recherche.
Des partenariats sont en place avec les entreprises. L'Université bénéficie également des aides du Conseil Général et de la structure Toulon-Var-Technologies.
Un système de Bourses octroyées par la Région est en place pour les thésards ; il a beaucoup d'importance car la difficulté de rémunération des jeunes chercheurs est un véritable obstacle. Les financements par les entreprises sont classiques dans des environnements économiquement très développés et dynamiques ; dans le Var, les entreprises -même performantes ou innovantes- ont très rarement les moyens de financer la recherche dont elles ont besoin.
Sur des filières pointues (DESS, Ingénieurs), le "suivi de cohorte" montre des éléments intéressants: les jeunes ingénieurs placés en stage à l'étranger ont tous trouvé un emploi à l'étranger dans un délai très court (3 ou 4 mois). On commence également à voir un certain nombre de jeunes ingénieurs créer des PME, des TPE localement. Ils commencent à fertiliser l'environnement immédiat. Pour les autres jeunes repérés, leur temps d'insertion professionnelle est relativement court de 5 à 8 mois.
Au plan de l'espace urbain, le souhait d'animer le centre-ville par la présence de logements étudiants semble se révéler peu judicieux vu les pratiques résidentielles de ceux-ci (vivent chez leurs parents) et le coût foncier.
Quant à la place des établissements universitaires toulonnais-varois dans la réorganisation générale de la carte universitaire, dont Marseille-Aix sont les pôles les plus lisibles au plan international, les responsables souhaitent être inscrits dans la dynamique. Ils soulignent le risque de reproduire, au profit d'Aix-Marseille, un centralisme dangereux, qui y concentrerait tous les équipements scientifiques importants et mobiliserait une trop grande part des ressources financières de la Région, au détriment des autres zones...
Acteur et animateur désigné
: Toulon-Var-TechnologiesToulon-Var-Technologies est une association loi 1901 dont l'objectif est de favoriser le développement des entreprises varoises, innovantes et "technologiques", devant faire face à des problèmes d'innovation, de reconversion, de diversification.
Elle fonctionne avec 11 salariés temps-plein. Avec la municipalité Front National, Toulon-Var Technologies ne bénéficie plus du financement de la Ville de Toulon. D'autres communes sont devenues partenaires financiers : La Valette, La Garde, La Seyne.
Origine de la structure
La spécificité de Toulon-Var-Technologies est d'être née d'un partenariat entre 30 entreprises (grandes et petites) de type "technologique" implantées à Toulon et dans le Var, l'Université, l'École d'Ingénieurs, l'École Supérieure de Commerce, l'École de Design. La structure est cogérée par ces partenaires et des institutions (État, Europe, Région, Département, Communes ).
A l'origine, il y a dix ans, dans le contexte de la crise de la construction navale, le Préfet a eu le mérite d'impulser une démarche prospective.
Le constat d'alors soulignait l'environnement culturel faible pour les entreprises, l'environnement de formation très médiocre (seulement 3000 étudiants pour 455 000 habitants), pas d'école d'ingénieurs, malgré un enseignement de très bon niveau. Parallèlement, il existait le "terreau DGA" et des besoins en matière grise. Mais il n'y avait pas de transfert technologique, pas de partenaire scientifique...
Toulon-Var-Technologies a engrangé cette réflexion prospective pour faire vivre des projets.
En effet la visibilité de Toulon sur ses savoir-faire était très faible ((DCN, recherche acoustique, génie océanique etc). Aucune filière n'était liée à ces compétences.
De petites entreprises dépendaient complètement d'un seul donneur d'ordre, la DCN. Quant à celle-ci, elle n'avait pas de souci de compétitivité, n'en ayant ni l'habitude, ni la culture. Par contre, une véritable culture d'accompagnement de l'action de l'État existait.
Le Var n'était pas positionné dans la Région sur certaines activités, alors même qu'elles existaient à des niveaux intéressants. Sur l'impulsion du Conseil Général, Toulon-Var-Technologies a eu mission de constituer une communauté scientifique varoise et de s'attacher aux donneurs d'ordre locaux.
Éléments de bilan : la qualité des formations
En 10 ans d'activités, le paysage a changé. Les capacités de dialogue et de négociation au niveau Régional se sont accrues.
Sur la formation, le bilan est positif tant au plan quantitatif qu'au plan qualitatif.
Un groupe de travail a lancé un projet de collaboration avec la DCN en tant que partenaire industriel fort. La réflexion sur les besoins de formation est menée au niveau régional, non plus seulement local.
En lien avec les compétences locales ont été créées des Maîtrises de Sciences et Techniques spécialisées (sciences de la Mer), premières de ce type en France.
L'Institut Supérieur d'Électronique de la Méditerranée (ISEM : établissement privé) s'est implanté et travaille avec un réseau national (Paris, Brest, Lille) et européen. Le taux de placement de ses étudiants est de 100 %. L'École Supérieure des Techniques Industrielles également implantée est le deuxième établissement national dépendant de l'Université de Saint-Ouen.
L'Etat et la Chambre de Commerce ont créé l'Institut Méditerranéen de la Qualité que coordonne et dirige Toulon-Var-Technologies.
L'animation de réseaux par technologies et actions innovantes
L'action de Toulon-Var-Technologies est régionale ; elle s'appuie sur le principe qu'il n'y pas d'avancée réelle possible sans une vision globale, d'ensemble.
La structure participe à la Route des Hautes Technologies, ce qui permet l'accès aux bourses Cifre, Cortex etc.
Toulon-Var-Technologies anime par ailleurs 6 réseaux par thématiques technologiques; ils concernent 140 entreprises et laboratoires. Ce sont des groupements réunis sur la base du volontariat. Ces structures de travail et de réflexion sont une incitation à développer en commun des projets de recherche dans le cadre de budgets d'Etat et de programmes européens. Les projets industriels se font, par ailleurs, entre industriels, sans qu'on le sache.
Le G.I.P.I. est un groupement constitué par de grands donneurs d'ordre - dont la présence est caractéristique en PACA : Eurocopter, CEA, DCN- et des entreprises. Il s'appuie sur le savoir faire en matière de conduite de projet et sur les compétences locales en matière de management des projets industriels (École d'Ingénieurs, DGA, lycées, etc). Ce travail débouche sur des projets de formations et de conseil.
Un autre groupement travaille sur le thème de la robotique sous-marine (DCN, Ifremer, etc). Il a crée son propre label de recherche. Des équipes se sont mises en quête de fonds de recherche. Des fonds ont été drainés: une moitié auprès d'entreprises locales, une autre auprès des entreprises régionales. Ce groupement a été baptisé "Groupement robotique Sud Méditerranée" : il a élargi son champ de recherche aux milieux hostiles ou extrêmes (nucléaire etc).
Après une période marquée par des efforts d'infrastructures (600 millions de francs dont 400 millions financés par le Conseil Général et 50 millions par l'Etat et par l'Europe), Toulon-Var-Technologies s'oriente vers des actions innovantes.
La structure anime IRIS depuis 1991 et essaie en collaboration avec la DRIRE, de faire entrer Internet dans les PME.
Elle s'efforce de mettre en place des équipes pluridisciplinaires sur des projets. Chaque année, en moyenne 7 équipes de ce type sont montées, constituées de 2 à 4 étudiants. Ce principe est très bien perçu par les entreprises, qui avaient tendance à se méfier des sur-diplômés.
L'accompagnement des entreprises, la valorisation des compétences
Toulon-Var-Technologies fait de l'accompagnement individualisé d'entreprise et du suivi de projet. De 1990 à 1995, elle a traité 70 créations d'entreprises. Le taux de survie de celles-ci est de 70 %. Depuis 2 ans un problème de financement du développement se pose : le Département manque de capital-risque.
La structure suit 200 contacts-industrie par an.
Le Conseil Général a incité Toulon-Var-Technologies à avoir une "politique" varoise. Dans un conglomérat de territoires hétérogènes, la logique "Bassin de vie" imposée par le Conseil général, il y a trois ans, s'est avérée finalement utile. Un essai de diversification au niveau européen est entamé.
Par ailleurs, dans le contexte de la baisse des crédits militaires, des actions sont à mener au quotidien pour soutenir les entreprises qui en souffrent directement. Dans une logique de pôle de compétences globales bien définies (traitement du signal, robotique milieux extrêmes, etc) il s'agit de valoriser ces savoir-faire (militaire et civil) à l'extérieur .
Le travail de mise en réseau des compétences locales est important. La structure s'efforce de mettre en relation des entreprises et de les faire coopérer pour répondre aux appels d'offre de la DGA, qui souhaite avoir en face d'elle des groupements.
Un animateur économique déclaré...
Selon son directeur, "Ifremer est un animateur économique". La société estime injecter dans le tissu régional 150 millions de frans ; (sous-traitants, achats, salaires). Le développement de la rade sur le thème "technologies de la mer" a le soutien de l'entreprise. "Pour peu que Marépolis devienne Technopôle de la mer, avec le fort potentiel de recherche disponible, on aura un rôle national." En la matière, "il faut aller plus vite que Marseille qui se positionne aussi sur les technologies marines.".
Ifremer opère des transferts technologiques classiques. La plupart des procédés, technologies mises au point ne relèvent pas du secret, hormis quelques brevets (Défense). Les résultats des recherches sont en général publics. Ces savoir-faire sont récupérés par l'industrie qui va produire et commercialiser des équipements et des systèmes: tous les engins réalisés par Ifremer à La Seyne l'ont été en collaboration avec des entreprises locales. Les clients d'Ifremer ne sont pas des clients pour ces engins, mais pour des prestations d'études, des expertises.
Un acteur garant du territoire varois...
Une volonté de comprendre et d'agir sur le territoire
Le Conseil Général n'a pas compétences directes en matière de développement économique ou d'aménagement du territoire. Néanmoins il y a un sentiment d'être garant des équilibres territoriaux et la conscience du défaut d'intercommunalité.
En 1994, les techniciens en charge du Développement Économique au Conseil Général décident de réfléchir à ces questions et ce, dans un contexte caractérisé par:
-un développement démographique intense : 10 à 12 000 habitants de plus dans le Var
chaque année.
- la marge est du département offre des espaces encore libres, avec des coûts fonciers
intéressants
-à la marge ouest, la "colonisation" de l'espace est limitée par le développement des
zones d'Aubagne, de Marseille, de Rousset.
-à l'occasion du débat national sur l'Aménagement du Territoire et des discussions aux différents niveaux, le Var fait valoir qu'il est autre chose qu'une zone de transition. Certains ont le sentiment que la vision de l'État n'est alors pas garante de la cohésion du territoire.
De plus alors que les processus de périurbainsation et de suburbanisation se généralisent, rien n'existe pour la maîtriser, hormis 153 POS, et l'intercommunalité est quasi-nulle.
Peut-on infléchir le cours des choses, comment éviter la concentration sur l'aire toulonnaise, la colonisation des zones NB autour des villes moyennes: telles sont quelques unes des questions que se posent alors les techniciens.
Il s'agit de définir des parties du département où l'on va encourager l'installation des arrivants. A certaines échelles, des investissements peuvent se révéler contreproductifs et empêcher le développement d'autres zones. Il s'agit de développer certains pôles afin de rééquilibrer certains flux et de tendre à produire un ensemble multipolaire...
Ce questionnement est validé politiquement en 1995, avec le financement d'une étude de 1 million de francs. Face à des exemples extérieurs, l'assemblée plénière souhaite que le développement varois se démarque du modèle "création de technopôle", comme Sophia par exemple.
Démarche d'analyse pour un projet de territoire
Le Bureau d'études consulté a fait une approche fonctionnelle pour déterminer des stratégies de développement. Parallèlement il a réalisé une analyse démographique fine, une approche sociologique sur les motivations des migrations. Une enquête Credoc a été également menée sur 1500 personnes.
Ces études ont confirmé les 2 pôles :
- l'est varois avec un niveau économique assez élevé et une progression démographique qui pourrait aboutir à une population de 200 000 habitants dans 20 ans.
- le centre-ouest: Brignoles-Saint-Maximin forment le bassin d'emplois qui a le plus fort taux de croissance démographique : la population de 90 000 habitants pourrait passer rapidement à 150 000.
Si le département doit gagner 300 000 habitants d'ici 20 ans, il est difficile de les accueillir sur le littoral, et on ne peut pas développer excessivement l'attractivité résidentielle de l'agglomération toulonnaise.
La question de l'évolution démographique était un prétexte pour concevoir et conduire un projet de territoire. A partir de ces études, il fallait trouver des moyens pour créer ou faire émerger ces territoires de développement.
Les moyens et les perspectives
Le Conseil Général devrait consacrer une part significative des 4 milliards de francs de son budget annuel, à ces actions : en réorientant les moyens qui en général vont dans le sens de la concentration, vers d'autres territoires ne peut-on pas produire du développement ?.
Des structures intercommunales ont été mises en place au niveau des techniciens pour traiter différents projets (habitat, espace agricole etc).
C'est le cas sur l'est pour 15 communes représentant 160 000 habitants (dont Fréjus, Draguignan, Saint Raphaël).
Un syndicat mixte d'études pour le développement économique a été mis en place avant les dernières municipales et perdure avec succès (qualité et intérêts de la réflexion, contribution pertinente des élus). Il a la charge de faire un projet de territoire au plan économique et urbanistique. Quatre commissions de travail fonctionnent : elles portent sur la stratégie de développement du territoire, l'accueil des investisseurs, l'accès aux nouvelles technologies, la fiscalité...
Dans le centre-ouest Var, un syndicat mixte a été créé en juin 1997. Il représente une population de 90 000 habitants. Cet espace se caractérise par une relative pauvreté au plan économique et une forte dynamique résidentielle. Les pratiques sociales s'orientent vers les Bouches-du-Rhône. Il s'agit de recréer sur cet espace des Services aux populations : en particulier, il faut relever le niveau scolaire. Une étude faite sur l'arrondissement de Brignoles (sur 1000 élèves) a souligné la forte proportion de retard scolaire. La construction d'un lycée est en projet.
La partie nord du département a vu la création du syndicat mixte des Gorges du Verdon et d'une Agence de Développement Local implantée à Aups. Le Conseil Général y a un service déconcentré avec un chargé de mission.
Concernant l'aire toulonnaise, le Conseil Général souhaite une agglomération qualitativement plus forte (Toulon). La stratégie de développement de la qualité doit être poursuivie (Toulon-Var-Technologies), financement de l'Université, Écoles d'ingénieurs, extension de l'aéroport...). Le principe du Conseil Général est de financer de la qualité d'équipement dans l'agglomération.
A propos de l'industrie touristique et de loisirs....
Plus importante que reconnue
Le poids touristique de l'Aire Toulonnaise est important par rapport au Var : elle représente en effet
46 % de sa capacité d'accueil : 20 % à l'ouest de l'aire, 20 % à l'est, et 6 % sur la rade. La production est de 1,6 million de séjours, 21 millions de nuitées.
L'économie touristique est peu lisible. Le littoral est une ressource importante. Toulon a une fonction d'accueil de séminaires et de congrès (dans les limites de sa capacité hôtelière).
Depuis 2 ans, le Palais des Congrès est en perte de vitesse et le nombre de croisiériste médiocres. L'image de la ville y-est-elle pour quelque chose ?.
Des pistes de développement
Patrimoine de la Marine et industriel
Le patrimoine architectural de la Marine est l'objet d'un projet d'animation et de valorisation, s'appuyant sur les 500 000 personnes visitant la rade par bateau chaque année. Quatre de ses sites importants sont en effet reliables par mer : Forts de l'Eguillette et de Balaquier sur La Seyne, Musée de la Marine, Tour Royale (1514) premier ouvrage fortifié de Toulon, construite pour garder l'entrée de la rade. Elle est classée monument historique. Dans cette logique, l'archéologie sous-marine est un thème à développer.
Vu l'importance de ce patrimoine, c'est un atout touristique indéniable. Les collectivités locales et la Marine ont chargé le CDT de la maîtrise d'ouvrage d'une étude sur ce sujet. A terme il faudra créer la structure de gestion de ce projet à la fois culturel et économique.
Implanté sur le domaine public maritime, à la Seyne, le pont levant, utilisé à l'époque des chantiers navals pour permettre la desserte des quais par les locomotives, a été inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques...
Dans le sillage doré de la grande plaisance
La "Grande Plaisance"(voiliers de plus de 30, 60 ou 80 m) est sans doute un créneau à développer. En effet, il y a environ 3000 bateaux de ce type dans le monde...dont la moitié est basée en Méditerranée. 600 d'entre eux sont ancrés aux alentours de Cannes et Mandelieu. Des besoins en terme d'accueil et d'entretien ne sont pas satisfaits.
La rade présente un intérêt par la forte notoriété internationale de la côte jusqu'à Saint Tropez.
Elle offre, en outre, déjà une plate-forme technique et des compétences de haut niveau dans ces domaines. Cet axe de développement bénéficie d'une forte crédibilité.
Une partie des voiliers de grande plaisance font annuellement migration vers les Caraïbes : cela demande de la préparation, des services de réparation, du convoyage.
On estime à 10 % de la valeur du bateau, les sommes dépensées sur place par les grands voiliers.
On évalue que ce type d'activités peut générer entre 900 et 1200 emplois pour le Var et rapporter 350 Millions de francs.
En plus des clubs nautiques, la plaisance classique représente 2400 postes de bateaux dans la rade auxquels s'ajoutent les mouillages "sauvages". On estime à 25 000 le nombre de nuits de passage dans la rade. La liste d'attente pour une place de bateau compte 1600 demandes non satisfaites. (Le port d'Hyères dispose de 1500 postes et le Port de Saint-Mandrier dispose de 700 places).
A propos de l'espace agricole de l'Aire Toulonnaise....
Rappel
L'espace agricole occupe une grande place dans l'aire toulonnaise: avec une composante horticole très forte à l'est et à l'ouest la composante vinicole (vignobles AOC, Bandol).
En terme de valorisation économique, cet espace est également important au plan du paysage, du tourisme, du résidentiel.
Le potentiel agricole total de l'Aire Toulonnaise est estimé à 7000/8000 emplois.
Le potentiel d'emplois de l'industrie horticole est évalué à 3000.
En termes d'activités induites, l'évolution des conditions de commercialisation des productions (connexion entre les places internationales) entraîne des évolutions logistiques et technologiques.
Le départ de la compagnie Air-Inter vers l'aéroport de Marseille-Provence laisse un manque pour le fret (expédition des fleurs). Le gabarit et les conditionnements plus restreints posent une problème d'adaptation aux producteurs horticoles.
Le Marché au Cadran d'Hyères : premier de France
Après une première implantation du marché à Ollioules -solution peu judicieuse aux yeux de la profession (la DDE en avait aussi critiqué le montage)- et qui "a fait perdre quelques années de développement", le marché d'Ollioules et celui d'Hyères ont fusionné pour devenir le premier Marché National de production en France (fleurs coupées). Au plan européen il occupe la 4 ème place.
L'apport de productions florales d'Ollioules au Marché d'Hyères représente 8 %.
Une partie de la production se fait en plein champ, mais la plus grande part, en chiffres d'affaires, se fait en serres.
L'essentiel du bassin de production drainé par le Marché se situe dans un rayon de 15 km.
Le Marché d'Hyères couvre 4 ha dont 18 000 m2 de bâtiments (dont chambres froides) et 9000 m2 qui sont dédiés à la logistique. Il offre 244 places dans la salle de vente au cadran.
Il est géré par une SICA dans laquelle les producteurs représentent 80 % et le négoce 20 %. Il emploie 44 salariés dont 14 vendeurs spécialisés par produits connaissant bien les cours et les marchés extérieurs.
120 de ses adhérents font 40 % du chiffre d'affaires du marché. 390 sociétés et 400 producteurs fréquentent le marché. 100 à 150 acheteurs y viennent chaque jour.
99% des fleurs à la vente proviennent de la région.
Derrière les bouquets, un système industriel
Le marché de la fleur est un système industriel, à considérer comme tel. L'objectif de l'établissement hyérois est de rationaliser la production en fonction du marché.
Le marché de la Fleur se trouve aux Pays-Bas. Ce sont les Néerlandais qui font les cours.
Le Marché d'Hyères permet une concentration de l'offre et des services. Il doit garantir aux acheteurs (beaucoup viennent régulièrement de Belgique en avion) d'être approvisionnés le mieux possible et d'avoir des compétences pointues sur la vente. Il est l'objet d'investissements permanents.
C'est aujourd'hui une Bourse qui prend en compte en temps réel, les événements du monde entier. La vente au cadran est une des formes les plus évoluées de vente. Les temps de vente se raccourcissent au rythme des technologies : il faut aller vite et de façon transparente.
Le principe de la vente au cadran : il s'agit de vendre le plus vite possible, afin d'éviter l'entente entre acheteurs. La vente a lieu pendant une heure chaque matin de 7 à 8 h. (Les Néerlandais ouvrent leur marché à 6 heures du matin). Les acheteurs, qui connaissent en général très bien les prix mondiaux, sont assis à des pupitres dans la salle face à trois cadrans où s'affichent les caractéristiques des lots mis en vente. Le premier acheteur qui appuie sur la touche emporte le lot. Les prix sont dégressifs dans le temps. Si le vendeur estime que le cours est à 4 francs, il va mettre en vente à 4,5 francs. Dans la même journée, il faut essayer de maintenir la fourchette la plus serrée possible.
Si le marché est tendu ou a tendance à baisser, on augmente les quantités vendues (la taille des lots). Tous les producteurs assistent à la vente. Le vendeur doit être très attentif, il peut décider de ne pas vendre si les cours sont trop bas.
Le rôle du marché est de tout vendre, tous les jours. Toute la production passe par les cadrans. Pour certains produits, c'est seulement un échantillonnage qui passe sur le cadran, dans la mesure où la production est sortie des frigos à 3 heures du matin et que les acheteurs ont pu voir les lots.
6 % des ventes se font sur des contrats de vente, qui peuvent être établis à la semaine, à l'année : ils fixent des régularités de volume, de qualité, de prix. Ces contrats sont en général le fait de la grande distribution, qui achète également des lots au cadran. Ils concernent des produits permettant de gros volumes, homogènes en qualité et en type (roses, glaïeuls, oeillets etc).
Le Marché fait de gros efforts pour développer et assurer ce type de vente par contrats, auprès de la grande distribution, des chaînes de Fleuristes, à l'export.
Des performances...périssables : une concurrence mondiale
Le chiffre d'affaires du Marché est de 260 millions de francs (vente de fleurs). Depuis huit ans ce chiffre d'affaires a été multiplié par 6.
Il se positionne sur le marché national (grande distribution, détaillants) et sur le marché international. En terme de négoce: 80 % de la production est vendu hors PACA, dont 15 % à l'export (USA, Europe du Nord, Japon). Des négociants Italiens viennent sur le Marché d'Hyères acheter certains produits d'appel (1 mois par an).
L'exportation concerne des produits spécifiques (ex : le mimosa). Seuls des produits originaux sont exportés vers les Pays-Bas. C'est le cas de la tulipe précoce de Carqueirane (micro-climat de type californien) dont 70 % sont exportés ou d'une nouvelle variété de rose par exemple. L'attractivité de certains produits à l'export peut être liée à leur époque de production : d'octobre à janvier 70 % des anémones et des renoncules s'exportent bien vers les Pays-Bas et les USA. Le reste du temps, l'Italie entre en forte concurrence. A ce moment-là la baisse des prix hyérois de ces produits devient intéressante sur le marché national...
Avec les climats équivalents du Chili, Californie, Nouvelle Zélande, la concurrence est mondiale et se développe considérablement.
Questions d'avenir : Cherche horticulteurs
Les problèmes de rentabilité sont pressants. L'activité est très saisonnière avec des flux très importants à certaines courtes périodes (Saint-Valentin etc). La nécessité de concentration de l'offre semble incontournable.
Le bassin d'Hyères compte environ 1000 horticulteurs...Seulement 40 % de la production est écoulée via le Marché. (Les autres horticulteurs se basent sur les cours établis par le Marché pour vendre leur production directement.). Les responsables déplorent cet état de fait et associent cette réticence à entrer dans le marché, à une tradition individualiste du Sud. Des efforts ont été faits par le Marché en direction des producteurs d'Ollioules et vers le Marché de Nice. En vérité, ce qui est très préjudiciable à la filière est le système de vente sans facture. Une réflexion sur les systèmes d'imposition est à mener pour neutraliser ces pratiques courantes.
Par ailleurs, les responsables se demandent comment le Marché pourrait prendre intelligemment des participations dans des entreprises de production en difficulté.
On sait que des investisseurs hollandais ont acheté des exploitations dans le bassin. Une dizaine de ces horticulteurs néerlandais fréquentent le marché et en sont satisfaits. Ils sont aidés par les banques hollandaises ; aux Pays-Bas les groupes écologistes sont très actifs et les contraintes pour les producteurs sont fortes, d'où des choix de se délocaliser dans des zones moins difficiles. De plus le terrain agricole rare aux Pays-bas est plus cher et la politique nationale encourage plutôt l'élevage que l'horticulture.
En matière horticole comme viticole, on constate la même tendance des investisseurs étrangers à acheter ici. Cependant le foncier disponible est limité, ne serait-ce que pour des raisons de micro-climat et de terroirs. La mobilisation de ce foncier est pourtant le fait de nouveaux venus...les derniers horticulteurs restant à Ollioules sont-ils le symbole de la fin d'une époque ?
A propos de transports et de déplacements....
En matière de transports, il manque une politique d'agglomération pour l'Aire Toulonnaise.
Cependant des pistes se dégagent et des volontés se manifestent. Ainsi pou