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Préalable L'Aire Toulonnaise : rappel historique Coup d'œil sur Toulon A propos de Toulon Ville Centre ville : une "reconquête" sans effets Le centre Mayol : un point d'ancrage Le Port de passagers A propos de la Marine : au centre de la Ville et de l'Aire.... Une emprise symbolique, spatiale et économique DGA-DCN les activités industrielles de l'armement A propos de la Rade.... Vers un Contrat de Baie A propos des pôles d'activités dans l'espace.... Rappel général Le Pôle est Zones d'activités: industries - commerces De grands équipements publics Le Pôle ouest La Seyne sur mer : un vaste théâtre d'opérations Les activités portuaires et maritimes La ZAC des Playes : La Seyne, Six Fours, Ollioules La Zone franche L'Hôpital: un équipement à vocation structurante DSU : la ZUP Berthe A propos de l'environnement de formation, de recherche et de l'animation économique.... Infrastructures et acteurs L'université de Toulon importance et rayonnement Acteur et animateur désigné TVT Un animateur économique déclaré Un acteur garant du territoire varois A propos de l'industrie touristique et de loisirs.... Plus importante que reconnue Des pistes de développement A propos de l'espace agricole de l'Aire Toulonnaise.... Rappel Le marché au cadran d'Hyères : premier de France A propos de transports et de déplacements.... Plus importante que reconnue Des pistes de développement A propos de protection des espaces naturels... Une méthodologie liée au contexte et à l'urgence Le Faron La Grande Rade Questions : la quadrature du cercle ? A propos de questions, hypothèses, remarques.... Et quelques remarques en liberté A propos de nos difficultés d'observation et de compréhension de l'aire toulonnaise... Une réalité sans masque qui nous a secoué Paradoxe de l'aire toulonnaise : des données et performances positives... mais manquant de visibilité pour ses proches voisins Lectures de l'espace dans l'aire toulonnaise A propos de la lisibilité territoriale... Des modes de communication symptomatiques Le déficit de volonté : le poids de l'histoire politique Le terrain économique : des acteurs et des réserves de dynamisme et d'attractivité Nouvelles volontés, nouveau modes d'action A propos de l'échelle de l'aire toulonnaise et des rapports avec l'AMM... L'évolution d'un vaste complexe socio-historique Des relations de fait, des interdépendances à mesurer Port de commerce : une dépendance sans collaboration L'aire toulonnaise dans le développement régional |
Préalable
L'Aire Toulonnaise : rappel historique
La morphologie physique de l'aire toulonnaise est contraignante : les Maures à l'ouest, au milieu la Plaine agricole d'Hyères, au Nord les Massifs (Faron Coudon etc.), et à l'Est Bandol.
La réalité de l'aire toulonnaise a historiquement une grande permanence. Elle est composée de plusieurs bourgs.
A l'est, Hyères, riche au plan agricole émerge au Moyen-âge, elle a alors plus d'importance que Toulon. Au 19ème siècle, avec l'arrivée du chemin de fer, elle voit un tourisme aristocratique et hivernal se développer ; l'organisation urbaine en conserve les traces qui sont le fait de promoteurs privés. De nombreux hôtels, des villas, le casino s'implantent. Le principe des lotissements de villas donnent à Hyères une image de "cité jardin". C'est aujourd'hui un espace agricole dynamique.
La création du port militaire de Toulon date de 1595. Henri IV en est l'initiateur. Le pouvoir royal finance l'agrandissement du port et l'Arsenal. Plus tard la création de la nouvelle darse Vauban multiplie par deux la taille de l'arsenal. Au milieu de 19ème siècle, on crée l'arsenal du Mourillon. Le port se développe ensuite vers l'ouest dans les années 1870.
A l'ouest, les "limites" de l'aire toulonnaise fluctue selon l'influence de Marseille, qui, entre autres, a résisté 20 ans pour empêcher que les galères s'installent à Toulon...En 1852, il y a un essai de partenariat avec Marseille pour contrebalancer la concurrence Gênes-Trieste sur le commerce.
Toulon ayant besoin de place pour son activité maritime, la réparation navale se développe alors à La Seyne qui émerge à partir de 1800. Une forte population d'immigrés italiens travaillant pour ces chantiers civils s'y installe. Tandis que les chantiers militaires, eux, n'emploient qu'une main-d'œuvre française.
Au 19ème siècle, le tourisme hivernal aristocratique génère, sur le littoral et les collines de la commune, les aménagements d'un quai-débarcadère ainsi que de lotissements (ex : villa tamaris-Pacha) destinés à cette riche clientèle : villas de type mauresque ou colonial, une architecture balnéaire d'hôtels, de casino, au milieu de la végétation.
A partir de 1970, avec les chantiers qui périclitent et les infrastructures routières qui se développent, Toulon se tourne à l'est, vers La Valette et La Garde. Une nouvelle centralité semble se constituer entre les deux pôles d'origine, Hyères et Toulon. A partir des années 80, le pôle d'activités et commercial de l'est se développe fortement ; il accueille entre autres l'installation de l'Université de Toulon-Var.
L'aire toulonnaise est aujourd'hui la 9ème agglomération de France, regroupant 30 à 35 communes. L'agglomération compte 550 000 habitants. La commune de Toulon compte 175 000 habitants et couvre 3600 ha.
Coup d'œil sur Toulon
Petit itinéraire à partir du sud, le front de mer ...
Le terre-plein du Port de commerce a été construit sur le bassin du port civil comblé après la guerre. C'est une particularité de Toulon ; des grands ensembles d'habitations (quartiers de la reconstruction) ont été construits dans ce périmètre sur le front de mer, tout proche du centre-ville. La ZUP de la Rode est une opération entièrement menée par la commune de Toulon.
Le stade Mayol est construit sur une zone non aedificandi des remparts. Attenant au Centre Mayol, le Palais des Congrès date de l'opération 1985-1990. La Maison des Technologies construite en 1990 fait partie de l'opération ZAC. Le bâtiment de la Faculté de Droit a été construit dans ce périmètre pour rééquilibrer le tissu urbain et ramener les étudiants en centre-ville.
Sous la Porte d'Italie se trouvent les vestiges des remparts de Vauban. Les vestiges des anciennes fortifications sont très rares en surface...mais les travaux du Tunnel s'y heurtent en sous-sol..
En remontant vers le centre-ville, on longe l'îlot de la Visitation qui a bénéficié d'une procédure de Résorption de L'Habitat Insalubre, un des premiers programmes en centre-ville. Les bâtiments administratifs occupés par la DDE, ainsi que le Centre des Impôts datent de Napoléon III. La Cité Administrative est située au dessus de la limite des anciens remparts.
Quelque peu anachroniques, les remparts de Napoléon III ont été terminés en 1870. Dès 1921, leur déclassement est demandé. Sur la limite ouest, ces remparts ont été complètement arasés.
L'extension napoléonienne (Napoléon III) de la ville se fait avec une artère principale: le boulevard de Strasbourg qui concentre tous les grands équipements publics: le Lycée (alors) Impérial, le Collège (alors) de Jeunes filles, le Théâtre, l'Hôtel de la Sous-Préfecture * (1860), aujourd'hui propriété du Conseil Général, la Chambre de Commerce, le Musée et la Bibliothèque et des bâtiments d'allure haussmanienne. Ils n'ont pas d'entresol et comprennent un seul appartement par niveau. Au plan architectural, les îlots sont traités par unité de couronnement. Longée par le boulevard de Strasbourg, la Place de la Liberté est la plus grande de cet aménagement. A l'extrémité du boulevard se trouvent les "jardins de la Ville", dont les plantations ont été alimentées par la Marine et les essences ramenées de voyages.
Au Sud de la place de la Liberté, jouxtant l'Arsenal et correspondant à un agrandissement civil de Vauban se trouve la Place d'Armes. A son angle ouest se trouve l'entrée d'un bâtiment de 300 mètres, parallèle au littoral et qui abritait la Corderie (plus grande que celle célèbre de Rochefort). Ce bâtiment non valorisé est longé par la route à sens unique qui traverse la ville. En partie disparu, l'ensemble monumental des bâtiments de type néo-classique qui entourait la Place d'Armes a perdu son unité, d'autant plus que, pour aménager un parking sous la Place, celle-ci a été surélevée...
*Cas unique : le transfert de la Préfecture du Var de Draguignan vers Toulon.
A l'origine l'arrière-pays pesait au plan industriel (bauxite, tanneries etc.) et rural. Monsieur Soldani, le maire de Draguignan était une figure politique très importante. A la crise des activités économiques s'est ajoutée la conjoncture politique de l'amitié Arreckx - Giscard (le premier a été secrétaire d'État au
3ème âge d'un cabinet Giscard). Les élus du littoral ont également pris un poids considérable. Ce qui a abouti au transfert
...jusqu'au Faron au Nord
Les remparts napoléoniens et la voie ferrée ont freiné le développement de l'urbanisation au nord de la ville. La partie nord était occupée par des casernes et des bâtiments de l'armée. Peu à peu récupérés dans les années 80, on y a installé l'École Municipale des Beaux-Arts (habilitée par le Ministère de la Culture pour les diplômes nationaux : DNAP et DNAT, bac +3), le Conservatoire et le Zenith Oméga (salle de concert-spectacles). Cette zone est enclavée dans le système viaire entre routes et voie ferrée. Elle se trouve "loin" -relativement- du centre pour le commerce et le logement.
Particularité de Toulon, un habitat résidentiel s'est développé très tôt au-delà des remparts enserrant la ville civile. C'est un tissu hétérogène de petites maisons (années 30) et de petits immeubles de rapport.
Les restes de remparts sont aménagés en jardins. La Préfecture a été construite derrière la partie nord des remparts, non loin du nouveau siège du Conseil Général. Dans ce quartier se trouve l'Hôpital Militaire Ste-Anne (datant de l'époque coloniale), très important à l'échelle de Toulon, également accessible aux civils.
En montant vers le Faron, on croise la "Corniche" Marius Escartefigue : l'action de ce maire dans les années 30 a marqué fortement l'aménagement urbain.
Aux alentours du téléphérique, la zone résidentielle date des années 50. A cette époque Toulon a fait la promotion du tourisme local et s'est battue pour obtenir le droit d'utiliser la dénomination "Côte-d'Azur".
Plus haut, sur le Faron se trouve le Mémorial du Débarquement de Provence, ainsi qu'un zoo spécialisé dans la reproduction des félins.
au-delà s'étend un espace boisé, naturel, protégé.
A propos de Toulon-ville....
Jusqu'à la fin du 19ème siècle, Toulon est enfermée dans des remparts.
Le boom démographique des années 1920 et la spéculation produisent un fort besoin de logements. C'est une explosion urbaine qui se traduit par l'apparition des faubourgs (Pont du Las).
En 1920, 1950, 1969, les Plans Urbains successifs posent bien les problèmes cruciaux: celui du franchissement de Toulon et ceux des faubourgs éloignés. Mais ils ne sont pas véritablement appliqués.
Avec la reconstruction des années 50, de grands ensembles (barres etc) s'implantent sur le proche centre-ville.
La Planification freine les opérations loin du centre: c'est une particularité de l'aire toulonnaise que de n'avoir pas généré de périphérie ni de pôle d'habitat social loin du centre.
Avec le développement du tourisme estival, un secteur résidentiel se développe dans les communes voisines. La Seyne voit ainsi un fort développement des lotissements.
La "reconquête du centre" a commencé avant 1991. La vieille ville comptait 12 000 habitants dont une forte proportion de population étrangère (immigrés) et de personnes seules (et âgées).
Le Contrat de Ville a porté sur 4 quartiers : 2 quartiers de cités à l'ouest de la ville (la Beaucaire et le Jonquet ), un à l'est le quartier Sainte Musse (cités) ainsi que le centre ancien. Il représente 26 millions de francs, dont 1,5 millions de francs consacrés par l'État chaque année pour des investissements.
Centre ville: une "reconquête"... sans effets ?
Le centre ancien
Dans le Cadre du Contrat de Plan 90-93, un lycée hôtelier de 600 élèves a été aménagé dans le périmètre (îlot des Riaux). Devant le lycée, une place a été ouverte par démolition de la moitié d'un immeuble des années 50. Le financement de l'État (1992 et 1993) a été suivi par celui du contrat de ville.
L'emplacement de cet établissement semble peu judicieux, eu égard à son activité de production de repas nécessitant une activité de livraisons et à l'impossibilité d'une quelconque extension sur place..
L'important îlot de l'Église Saint-Louis a fait l'objet de la réhabilitation au cours de plusieurs OPAH successives. Elles concernent 2000 logements, ainsi qu'un aménagement piétonnier et un aménagement public. La construction de La Maison de l'Etudiant à proximité des rues commerçantes a été financée par le Plan de Relance. Une "Place du Globe" a été créée de toute pièce dans le cadre du Contrat de Ville en 94 ; elle jouxte un futur (et improbable) "Musée du Globe": elle est très peu fréquentée, malgré les "efforts"...
La trame de Toulon est orientée nord-sud vers le port. Des "passages" ont été ouverts pour "irriguer le centre ancien" ; ils sont aujourd'hui complètement fermés : des problèmes de sécurité sont invoqués. Pour la création de certains d'entre eux, on évoque des dédommagements financiers plus que confortables pour des élus commerçants...
Des efforts ont été faits pour encourager l'installation d'associations en centre-ville.
En 1995, la Ville a fait l'acquisition de commerces qu'elle a équipé et mis à disposition d'artisans ("d'art"), dans le cadre d'un contrat de ville. La rue reste très peu animée.
On a également cherché à faire venir des étudiants en centre-ville avec des petits logements...Une étude a montré qu'il y a pléthore de logements pour étudiants : en effet les étudiants qui fréquentent la faculté de Droit -la seule en centre-ville- habitent à 90 % chez leurs parents !
Quant à l'îlot des Riaux où l'on a réhabilité des logements pour des grandes familles, ceux-ci sont largement sous-occupés : le manque, entre autres, d'espaces ludiques est un handicap évident.
C'est également le cas pour un îlot de 500 logements que la Mairie a acheté : un immeuble de grands appartements conçus pour attirer les familles de militaires n'a pas séduit le public visé. La Marine avait retenu 120 logements dans cet îlot, elle n'a pas donné suite: l'absence de stationnements, d'écoles, d'espaces verts à proximité sont rédhibitoires.
On touche là les limites de l'hypothèse de la réhabilitation des vieux quartiers par l'installation des classes moyennes...
Le caractère peu convaincant des effets structurants de ces opérations de réhabilitation peut être mis en rapport avec le fait qu'elles sont intervenues à un moment de conjoncture atone de la Ville. Il semble que ce sont des générations de conduites politiques qui aient ainsi fermé le Centre.
Des ouvertures rêvées, amorcées et impossibles...
De 1850 à 1950, on note une constante frappante: les toulonnais ont toujours rêvé d'avoir "leur Canebière". Une "Avenue de la Rade" devait mener du Théâtre jusqu'à la mer (axe nord-sud). Le projet a été régulièrement examiné et voté par les conseils municipaux successifs, mais jamais réalisé. Des achats de terrains et des démolitions ont été faites dans ce sens pour relier le front de mer à la place du théâtre, des trouées ont été prévues. Elles se sont arrêtées...en cours de route.
Aujourd'hui, quand on parle d'ouvrir une voie dans le centre, des voix s'élèvent :"ça va défigurer la vieille ville !". En même temps on a démoli pour créer des "places" que personne ne fréquente (avec Raimu pour figure tutélaire à répétition...).
Le long du quai du port, la Reconstruction a généré un ensemble original, orienté est-ouest : c'est un renversement de la trame de la vieille Ville. En outre, l'exposition du bâtiment, les modénatures de type méditerranéen, les loggias, l'entresol destiné aux commerces, un 6ème étage en retrait témoignent d'une conception moderne de qualité. De plus, dans le projet d'origine, des passages larges, déambulatoires orientés vers le sud, aèrent l'ensemble et sont destinés à irriguer le port et les rues au dos... Ce souci et cette logique sont aujourd'hui bien moins lisibles dans la mesure où nombre de ces passages ont été fermés pour en faire des boutiques. C'est d'autant plus regrettable que le caractère piétonnier du quai du port est objectivement un atout du centre-ville...
Dans l'ensemble, le patrimoine toulonnais -somme toute très modeste- n'est pas mis en valeur. Ainsi sur la rue de la République -qui longe le port- à l'angle du cours Lafayette, un ancien couvent, devenu halle aux grains, puis bibliothèque et conservatoire, est aujourd'hui à l'abandon montrant une longue façade grise à moins de 50 mètres d'une entrée du centre commercial Mayol sur le même côté ...
Le Centre Mayol: un point d'ancrage
Le Centre Mayol est un aménagement très important. Il comporte une importante galerie marchande avec la Fnac ainsi qu'un Carrefour. C'est une originalité pour une enseigne de ce type d'être située dans un grand complexe commercial en centre ville.
Cette implantation correspond à la réalité sociologique du centre, caractérisé par une grande proportion de revenus faibles ou modestes. Carrefour permet le maintien d'une vie commerciale au centre ville. Il a un faible rayonnement à l'extérieur de la ville.
La trame commerciale traditionnelle a beaucoup de difficulté à se maintenir.
Un nombre grandissant de magasins sont en vente dans les rares rues commerçantes du centre. La rue d'Alger, la seule artère importante ne s'étend que sur 250 mètres...
Le Palais des congrès (Palais Neptune) attenant au Centre Mayol est très peu visible de l'extérieur : sa face sud donne sur des arrières d'immeubles...
Son chiffre d'affaires moyen est de 4 à 6 millions de francs par an. 75 % de son rayonnement est liée aux activités locales et régionales. 2 ou 3 congrès (500 à 800 personnes) s'y tiennent chaque année. Au delà de 600 congressistes, les problèmes de capacité hôtelière de la ville font obstacle.
Une dizaine de salons thématiques s'y déroulent (Défense et Industrie, habitat confort, ) Les secteurs d'activité les plus représentés sont l'armement, la recherche et le médical.
Ces activités attirent 100 à 150 000 visiteurs par an. La fréquentation internationale représente 17 %.
Le Port de passagers
Le Plan d'eau civil accueille le port de passagers. Celui-ci fait partie du Port d'Intérêt National (établissement maritime "Toulon Commerce") et a le même statut que le port de Nice ou La Rochelle. Il est géré par la Chambre de Commerce.
Depuis 1979, il est dédié aux passagers. Il comporte 3 quais de 170 m, 345 m et 160 m.
Un terminal passagers de 900 m2 a été créé en 1991. Il peut accueillir en même temps trois ferries et recevoir des navires de croisière. Le trafic a été en 1994 -une bonne année- de 300 000 passagers dont 90 % de "continuité territoriale" (Corse) et 10 % de croisière.
Le trafic a fortement baissé en 1997 avec 130 000 passagers. 19 000 croisiéristes seulement ont touché Toulon en 1997, alors que Nice et Marseille progressent fortement dans la même période: 180 000 croisièristes pour l'un et pour l'autre 62 000 (et 150 000 prévus en 98).
Une toute relative paix sociale sur le Port de Marseille et les aménagements pour les passagers qu'il a réalisé expliquent en partie la chute de trafic toulonnais...
La SNCM choisit par ailleurs de redéployer sa flotte sur Marseille et Nice. Ce client représentait pour Toulon 7 millions de frs par an. Ce chiffre est maintenant divisé par trois. La rentabilité est difficile à atteindre dans ces conditions, où les investissements doivent croître en même temps que le trafic diminue...
A propos de la Marine: au centre de la ville et au centre de l'aire....
La Marine Nationale: une emprise symbolique, spatiale et économique
Jusqu'en 1947, La Marine occupe 95 % du bord de mer. Caractéristique forte et incontournable, élément majeur de la problématique de l'aire toulonnaise, sa présence historique marque le tissu industriel (sous-traitance) avec un fort impact. Son emprise géographique est très marquante pour Toulon ville.
Le port militaire : les bassins Vauban présentent 2 quais de 400 m de long, adaptés à la taille du futur porte-avion Charles de Gaulle. La carcasse métallique de celui-ci a été moulé à La Seyne et transporté dans ce bassin. Trois darses sont consacrées à l'entretien des navires.
La Marine est propriétaire de 5% de la superficie du Var ; sur Toulon cela représente 380 ha (8% du territoire communal), 418 ha sur le Revest, 256 ha à Saint-Mandrier + 1567 ha ... Elle couvre 267 ha arsenal ouest et 47 ha arsenal du Mourillon.
Au Nord de Toulon : 800 ha pour la pyrotechnie, les munitions.
La Marine a échangé avec la Ville de Toulon des terrains dont celui où est implanté la DDE.
La fonction militaire
La "Marine Nationale" c'est d'une part la Marine, l'Armée de Mer et d'autre part des organismes dépendants : DGA (Direction Générale de l'Armement), Direction des Services de Santé, Direction des Travaux Maritimes etc.
La Marine est affectée à la défense des côtes. Toulon est un"Port de Projection de puissance". Il le fut en tant que point de départ des "expéditions" vers l'Egypte, l'Indochine, il le reste.
La "Force d'Action Navale" y est basée ; comptant 2 porte-avions, elle représente 6 à 7000 personnes et peut intervenir partout dans le monde.
Toulon est à la fois port-base et zone industrielle importante où sont entretenus des bâtiments et où on fait de la conception. (Il y a 20 ans il y avait encore 10 000 ouvriers)
Le budget de la Défense diminue et entraîne la diminution du nombre de navires. Le Budget de la Direction Générale de l'Armement diminue également, ce qui pose des problèmes d'emploi à Toulon.
Le poids économique sur l'Aire
La Marine représente environ 30 000 actifs dont 20 000 militaires et 10 000 civils, ainsi qu'environ 25 000 retraités installés sur l'Aire. Au total sur l'Aire Toulonnaise, 55 000 personnes sont payées par la Défense. La masse salariale représente 6000 millions de F/an.
On estime que les armées injectent environ 7792 millions F/an dans l'économie (1997). Ce qui est l'équivalent de la consommation touristique du Var.
Les personnels militaires engagés ont un niveau de vie plus élevé que les appelés. De plus avec la diminution du nombre d'appelés (15 000 appelés de moins), la Marine va devoir engager des civils (6000 environ).
Le patrimoine historique de la Marine est important avec entre autres 20 forts sur le littoral. Soucieuse de son implication dans l'économie de l'aire, la Marine étudie un projet de valorisation touristique avec le CDT du Var. (cf. $ activités touristiques).
L'Hôpital Militaire Sainte-Anne deviendra bientôt Hôpital Ste ANNE 2000 (350 lits).
DGA-DCN: les activités industrielles de l'armement
Au sein de la Délégation de l'Armement au Ministère de la Défense, la Direction de la Construction Navale (DCN) est la plus importante Direction. Toulon est l'un des sites les plus importants avec Brest et Lorient.
La DGA est la deuxième entreprise industrielle de PACA, devant Sollac.
Elle comprend:
- DCN Ingénierie (intégration des systèmes d'armements -études- également installée à Saint-Tropez (1500 personnes)
- Centre technique des systèmes navals
- Atelier industriel d'aéronautique (1200 pers) à Cuers
- Centre d'essais de la Méditerranée (au Levant)
La DGA représente 8000 personnes (plutôt des civils) dont 4000 personnes sur Toulon.
Activités de la DCN Toulon et perspectives
La DCN Toulon est spécialisée dans l'entretien et la réparation des bâtiments de la Marine Nationale (tandis que Brest, Lorient, Cherbourg sont des ports constructeurs.) Cette flotte représente 22 bâtiments de surface (dont le porte-avion Foch, remplacé en 1999 par le Charles de Gaulle) ainsi que 6 sous-marins d'attaque à propulsion nucléaire composant l'escadrille de sous-marins de la Méditerranée.
Pour mémoire : l'entretien d'un sous-marin représente 14 mois de travail. Le carénage du Foch dans les grands bassins Vauban a demandé 14 mois.
85% de l'activité de la DCN provient de l'entretien et la réparation.
La production de la DCN à Toulon est évaluée à environ 2 800 Millions de frs pour 1996. En 1997 elle sera de 2 400 Millions de frs. Les prévisions pour le futur sont de 1 940 Millions de frs, diminution liée à celle des budgets de l'armée.
Le Programme Mouette (entretien et réparation de la flotte militaire royale saoudienne) représente une charge de travail intéressante pour la DCN ( contrat de 95 à fin 99)
La DCN Toulon a également en charge l'entretien des munitions et la pyrotechnie.
Au plan économique, sur un chiffre d'affaires équivalent à 2000 Millions de frs, on estime que la moitié est reversé dans l'économie locale (salaires, traitements et prestations).
En terme de politique industrielle: la DCN tend à se recentrer sur son métier de base "une tradition de 400 ans" : le travail à bord, l'entretien et la réparation.
La DCN Toulon travaille avec environ 3500 fournisseurs. D'où l'inquiétude des sous-traitants quand la DCN se recentre sur ses savoir-faire internes pour rester productive...
L'effectif de 4000 personnes se répartit en 3500 employés, ouvriers techniciens et 500 cadres. L'effectif global devrait passer à 2500/3000 personnes. Des discussions avec les syndicats sont en cours sur le programme de cette réduction.
Pour maintenir ces personnels, un nouveau souci de diversification apparaît*. L'entretien et la réparation des bâtiments de commerce pourraient bénéficier des installations et des structures de l'arsenal.
La particularité de la DCN est d'être un industriel sans outil industriel: les bassins et les quais appartiennent à la Marine. La DCN est propriétaire des "bateaux-portes" et des stations de pompages.
*Pour se diversifier, la DCN de Brest a mené une réflexion similaire il y a trois ans: elle s'est concrétisée par le développement de la construction de plates-formes offshore...
A propos de la Rade....
Vers un Contrat de Baie
La question de l'aménagement propre aux secteurs maritimes fait l'objet de traitement spécifique, selon des règles anciennes, dans lequel interviennent de nombreux services. La problématique principale des autorités publiques est celle de la protection et des pollutions.
Les problèmes d'assainissement sont importants. Le grand émissaire de la station d'épuration rejette loin en mer les eaux traitées ; celles-ci ne sont pas complètement dépolluées. Quelques pratiques de rejets sauvages subsistent encore.
L'occupation domaniale du littoral fait également partie des préoccupations des autorités. La demande pour des eaux de baignade de qualité est sans cesse croissante et pressante.
Commencé à la fin des années 60, l'aménagement des plages du Mourillon, qui appartiennent au domaine public communal, est considéré comme une réussite. .
Le secteur-est des plages reste encore à aménager, il fait l'objet d'hypothèses très diverses: port de plaisance, base nautique, équipements lourds pour des sports de haut-niveau, etc.
Il fait actuellement fonction de garage à bateaux, sans vie. L'objectif serait d'en faire plutôt un espace de vie avec des fonctions de base nautique.
Le Port Saint-Louis du Mourillon pose des problèmes importants vu le très mauvais état de sa digue (la carapace et l'enrochement sont très insuffisants). Les usagers ne sont pas d'accord pour une augmentation des tarifs avec l'aménagement en port de plaisance.
Le sentier du littoral (chemin des douaniers) en grande partie propriété privée est difficile à aménager. Il n'y a pas de financement de la Ville, mais un financement du Conseil Général est acquis. Le juridisme ambiant ne facilite pas le projet.
De gros problèmes se posent sur la petite rade pour faire protéger le domaine public : les eaux d'un port relèvent du domaine public. Il y a des usagers, des squatts, des ports "sauvages" qui, d'une certaine façon, en assurent une protection. Ils sont demandeurs pour la légalisation d'états de fait. D'un autre côté, on se heurte à des blocages pour faire appliquer la réglementation. Les différents régimes juridiques doivent être mis en cohérence et ensuite appliqués.
La multiplicité des activités qui se pratiquent sur la rade entraîne beaucoup de conflits d'usage.
La mytiliculture (à l'ouest) concerne une dizaine d'exploitation familiales traditionnelles, dont la rentabilité est relativement faible. De plus, la qualité des eaux et les problèmes de sédiments menacent la qualité et la conformité de la production. Les sédiments sont fortement pollués en métaux lourds. En 1996, le classement des eaux a situé Toulon au niveau C, c'est à dire très médiocre. Les moules produites ont du subir des traitements particuliers supplémentaires pour être propres à la consommation.
Plus saine économiquement, l'aquaculture se développe (élevage de loups) sur Saint-Mandrier et produit 20 tonnes par an. Un centre de lavage à grande eau a été créé pour elle sur financement public.
L'isthme des Sablettes (espace fragile) a fait l'objet d'un projet de promotion immobilière dans les années 60. Celui-ci a été heureusement abandonné à la fin des années 70. L'Etat va céder les terrains dont il est propriétaire à la Seyne, afin de réaliser un parc paysager sur cet isthme ; son financement proviendra à 50% de l'Union Européenne.
Le Port de Toulon est une entité administrative qui couvre la petite rade et des terrains qui abritent les installations du port civil. Sa caractéristique, sa difficulté, est de regrouper à la fois des espaces naturels et des ports de plaisance.
Le Port de Commerce est adossé à un port de plaisance, et voisin également des bateaux du SITCAT (navettes : 100 000 passagers transportés annuellement) L'ensemble produit des dysfonctionnements. Les différents acteurs présents sur le site se sont concertés pour mener une réflexion commune sur le réaménagement de l'ensemble du port afin de définir une faisabilité économique. La perte de trafic (passagers) est au cœur d'une réflexion ville-Port.
Une fédération de 70 associations s'active pour que soit relancé le travail de préparation d'un Contrat de Baie et pour que celui-ci concerne à la fois la Petite et la Grande Rade. Onze communes du bassin versant sont directement concernées. Les premières études ont été lancées (pour 1,2 et 1,5 millions de francs). Pour l'heure le périmètre du contrat de Baie n'est pas encore arrêté.
A propos des pôles d'activités dans l'espace....
Rappel
Les espaces d'activités à proximité de l'Aire Toulonnaise
Des espaces d'activités existent sur Cuers, Solliès, Hyères et le Plateau de Signes. La zone défiscalisée de Signes s'étend sur 180 ha. 60 ha sont prévus pour des espaces communs et une réserve avec la volonté d'un aménagement de qualité. 60 ha sont occupés (Yves Rocher, Coca Cola) . Les qualités de l'eau et de l'air ont eu de l' importance dans le type d'implantation (cosmétiques, boissons) -économie de filtres à air, pureté de l'eau-.
La commercialisation de la zone s'est fortement ralentie à la fin de la période de défiscalisation, parallèlement à un marasme général. Elle redémarre à nouveau. Des entreprises trouvent repreneurs avec des potentiels de création d'emplois. Le site compte 800 emplois.
On peut faire une hypothèse sur les raisons du rapprochement Coca-Cola/Orangina. Pour Coca, le bénéfice de la défiscalisation s'arrête fin 1999 : l'entreprise pourrait alors choisir de délocaliser la fabrication du concentré dans un autre site défiscalisé d'Europe et profiter de la défiscalisation d'Orangina (jusqu'à 2001) pour maintenir sur place les autres marques...
L'équipement commercial
C'est un des plus dense de France avec 1100 m2 de surface commerciale par habitant.
On peut définir plusieurs bassins de chalandise : de Saint-Cyr à Toulon, Toulon-La Seyne et la Rade, Hyères.
L'Aire Toulonnaise compte un grand nombre de magasins de plus de 800 m2. On a constaté une augmentation de plus de 50 % en nombre d'établissements.
Autour de ces grands établissements et de ces complexes commerciaux, des commerces plus petits s'installent. Il y a accentuation de l'évasion du centre-ville.
A l'ouest, la densité commerciale est moindre (du moins en taille d'établissement): elle est plus élevé en nombre d'établissements.
D'un point de vue général, on peut déplorer un déficit de relation entre l'équipement commercial et la politique urbaine.
Le pôle est
En continuité directe avec Toulon et la zone dense de Saint Jean-du-Var, liée à la desserte autoroutière de La Valette, La Garde et au-delà, une nouvelle centralité se manifeste à l'est: pôle d'activités, commerces, loisirs, universités. Il s'agit du regroupement de zones monofonctionnelles mais ceintes par une vaste zone d'habitation ce qui en fait la singularité.
Zones d'activités Toulon-Est : industries et commerces
La Zone Industrielle Toulon-Est
Elle couvre une superficie d'environ 190 ha, à cheval entre les communes de La Garde (100 ha) et celle de La Farlède. Elle accueille aujourd'hui 350 entreprises et représente environ 6000 emplois. Nombre de ces entreprises sont liées au négoce. Les établissements industriels sont liés à des savoir-faire traditionnels (en particulier la sous-traitance DCN).
Eka, entreprise de robotique sous-marine, connue mondialement (150 salariés), la société Hobicat (catamarans) y sont implantées. Cependant, dans l'ensemble la ZI accueille peu d'entreprises de production. Le "Centre de Vie" a été aménagé en 1991 : il accueille des banques, des entreprises du tertiaire, de formation, des organismes et institutions (DRIRE, services sociaux de l'Université) ainsi que le siège de l'association des entreprises de la zone (AFUZI).
La Zone d'entreprises de la Farlède regroupe des entreprises de fabrication dans des secteurs de pointe (prothèses, hautes technologies...)
La ZI "gagne" autant d'entreprises qu'elle en "perd". Actuellement environ 70 partants ont été remplacés; mais ce roulement voit s'installer en général des entreprises plus petites que les précédentes...
Une dernière tranche de 4 ha, extension de la ZI, sous forme de ZAC est à commercialiser : la Sernam y est déjà installée.
Le campus de la Chambre de Commerce
A cheval sur les communes de La Garde, La Farlède, La Crau et accueillant environ un millier de personnes, le campus de la Grande Tourrache appartient à la Chambre de Commerce qui y a implanté plusieurs établissements d'enseignement : École supérieure de Commerce, École de Design (I.E.D), Centre de Formation du Bâtiment ainsi qu'une résidence universitaire. L'Union Patronale y a ses installations sportives.
Gestion de la zone
La zone est commercialisée à 100 %. Des années 70 à 90, les terrains ont été vendus par petites tranches, sans critères particuliers, ce qui a des conséquences négatives; des activités peu compatibles entre elles se retrouvent voisines (agrégats et mécanique de précision....
Le cahier des charges de la Chambre de Commerce n'a pas été très draconien quant aux traitements des clôtures, des enseignes, des espaces verts etc.
L'AFUZI est l'association syndicale créée dés l'origine de la ZI par la Chambre de Commerce qui a stipulé dans les statuts que chaque propriétaire de terrain en faisait partie de droit. Dès le début, elle a souhaité apporter des services aux entreprises du site, comme la création d'une agence postale (originale dans une ZI gérée par du personnel privé). L'AFUZI emploie 6 salariés et a un rôle de concierge, de mairie, d'information, d'accueil" et d'animation. Des bornes d'information (informatique) sont remises à jour régulièrement (liste exhaustive des entreprises).
L'AFUZI assiste les adhérents (signalisation, projet d'amélioration des accès et de la voirie etc.)et promeut la zone. Elle n'a pas fonction de la commercialiser: elle gère le locatif : de 20 à 30 f/m2 pour l'entreposage, de 60 à 70 f le m2 de bureau. Le prix moyen du terrain est de 300 f/m2 viabilisé.
Un des gros problèmes du site est sa desserte médiocre par les transports en commun : ceux qui circulent sont, en outre, peu utilisés. Les lignes d'autobus n'atteignent pas le secteur de La Farlède, alors que c'est un pôle d'emplois important.
L'AFUZI examine une hypothèse de réutilisation de la gare de La Pauline à 3 km et d'une navette.
La Zone est traversée par une seule artère principale dans laquelle débouche des voies pénétrantes en cul -de -sac. Tout le trafic transite par cette artère centrale unique.
Une des voies, ex grand'route de la ZI a été déclassée...mais pas reclassée : elle n'appartient à personne. Un chemin d'entrée de la Zone comporte un pont autoroutier trop bas, interdisant le dégagement des camions. L'AFUZI tente d'obtenir l'aménagement de ce passage pour la circulation des véhicules particuliers.
La zone commerciale
Elle couvre 130 ha. Elle a été initiée en 1965. Le pôle Grand Var est né il y a 20 ans.
Rôle de l'industrie des loisirs: un exemple d'attractivité et de développement
Le Complexe Cinémas Pathé implanté à Grand Var est un multiplexe de 20 000m2, inauguré en juin 93. C'est une SA, filiale à 100 % : son capital est détenu par le groupe Pathé-Lagardère. C'est le premier multiplexe de France. Concept importé des USA par Jérôme Seydoux, il est conçu comme un supermarché du cinéma : un vaste parking, un grand hall d'accueil (avec vente de produits dérivés etc.), douze salles très confortables avec grands écrans, son numérique et digital.
Il attire une très grande clientèle.
L'investissement a été de 70 millions de francs. Le complexe fait 1 million d'entrées par an et se classe dans les 20 premiers de France. Le chiffre d'affaires est d'environ 60 millions de francs. Cette formule a été copiée un peu partout par les autres distributeurs tels que Gaumont, etc.
L'activité du ciné Pathé multiplex représente 35 temps plein. (70 personnes).
Son ouverture a déclenché une énorme polémique avec les cinémas du centre-ville. auquel il a pris 40 % de la clientèle...Mais au niveau de l'Aire Toulonnaise, on mesure que la fréquentation a augmenté de 60 % : ce qui veut dire que le Pathé a créé une nouvelle clientèle dans l'aire et à l'extérieur. Il est allé chercher une clientèle nouvelle : c'est le cas des spectateurs de Brignoles, Draguignan, Hyères, Le Lavandou, situés à environ 40 minutes en voiture.
La clientèle moyenne du multiplex est différente de celles des centres-villes. Elle est plus jeune : 80 % des spectateurs ont entre 15 et 25 ans ( lié à la proximité entre autres de l'Université, des Écoles).
Pendant les vacances scolaires, il y a des séances de 11 h du matin jusqu'au soir. En période normale, le multiplex propose aussi des séances tous les samedi matin et le dimanche matin au tarif unique de 27 frs. Le plein tarif est de 52 frs. La programmation ne présente pas de VO. Les salles démarrent de 5 en 5 minutes.
Il faut donc gérer des flux importants. Pour le film "Titanic", présenté dans trois salles en même temps, sur trois séances par jour (complet tous les jours au moment de la sortie) ; le hall accueille jusqu'à 1500 personnes.
A l'ouverture du complexe Pathé, seuls Mac Do et Carrefour étaient implantés sur le site, aujourd'hui de nombreux restaurants (de tous types) ainsi que Virgin l'entourent : les spectateurs peuvent passer l'après-midi et la soirée complète sur le site.
A proximité, dans le centre Barnéoud, se trouve la plus grande surface de vente de livres neufs à prix réduits et d'occasion d'Europe (annoncent-ils). Ouverte aux quatre vents, avec un minimum d'aménagement mais beaucoup de dynamisme commercial, elle offre un choix très large de documents de toutes sortes.
De grands équipements publics
L'université de Toulon et du Var
L'Université de Toulon et du Var est implantée sur le campus de La Garde/la Valette à l'est de Toulon depuis 1989 (voir & Environnement formation).
Le campus accueille environ 6000 étudiants (Faculté des Sciences Économiques et de Gestion, IUT, Faculté des Sciences, Faculté des Lettres, École d'ingénieurs, filières Sciences et Techniques des activités sportives, Formation Continue)
La Délégation Régionale CNFPT
Antérieurement située à Toulon (10 salariés en 1972) la Délégation Régionale PACA du Centre National de la Fonction Publique Territoriale est installée dans cette zone est depuis 1984 et emploie 120 personnes.
La Délégation CNFPT est dotée d'un budget de 68 millions, provenant de la cotisation 1% (masse salariale de la FT) et des partenariats avec les collectivités territoriales, établissements publics, CCAS etc.
C'est un gros organisme de formation. Pour mémoire le Var compte 18 751 fonctionnaires pour 815 000 habitants. 240 métiers différents ont été recensés dans les collectivités locales.
En 1996, elle a organisé 694 actions de formation. Elles ont généré 3500 journées de formation et concerné 10 742 stagiaires pour des stages qui peuvent durer de 1 jour, à 3 fois 5 jours. Cela représente également 38 000 repas et 7000 nuitées (via 45 chambres sur place et hôtellerie sous-traitée).
Les intervenants-formateurs peuvent être des cadres de la Fonction Territoriale, des professions libérales, des professionnels ou encore des intervenants d'organismes de formation locaux (300 prestataires).
60 % des stages sont organisés à la demande des collectivités, selon les besoins recensés. 30 % sont des stages reconduits régulièrement. 10 % sont des stages proposés par la Délégation, compte-tenu des évolutions des contextes et des compétences.
Depuis 20 ans des conventions lient le CNFPT avec les 4 grandes universités régionales, notamment pour la préparation aux examens et concours (la PEC représente 30 % de l'activité du CNFPT)
En termes d'impulsion et de choix dans le développement des compétences, on convient de faire une distinction entre Fonction d'État et Fonction Territoriale. En effet dans un cas il y a un seul et unique employeur -l'État- dans l'autre, il y a 80 000 employeurs différents... En terme de formation, il n'y a pas, dans ce dernier cas de tutelle véritable ni de chef de file pour une politique d'ensemble...
à l'est quoi de nouveau ?
A partir des années 70 tout le secteur est de l'Aire Toulonnaise était facile à commercialiser et il s'est fortement développé. Aujourd'hui, les responsables constatent une certaine stagnation, avec un taux de turn-over des entreprises plutôt élevé (La Farlède). Même si les critères d'accès autoroutier sont séduisants, le tarif de 300 f/m2 semble trop élevé et fait reculer les candidats à l'implantation. Depuis deux ans la dernière tranche peine à être commercialisée.
Néanmoins on constate qu'elle intéresse toujours sur le principe des entreprises de logistique : pour l'heure, ces entreprises semblent attendre un prix plus avantageux.
Le pôle ouest
Les quartiers de l'ouest de l'Aire Toulonnaise sont plus anciens que ceux de l'est, tant en terme d'urbanisation que d'activités.
Après une période de plus forte attractivité et dynamisme de l'est, une tendance inverse se manifeste et on assiste aux prémices d'un nouveau basculement vers l'Ouest.
L'aire toulonnaise semble confirmer par là sa bipolarité : ainsi, certaines entreprises, déjà implantées au centre ou à l'est de l'aire, souhaitent une deuxième implantation à l'ouest.
Par ailleurs la taille des lots recherchés par les candidats à l'installation diminue régulièrement: cela témoigne probablement d'une volonté de faire en priorité des investissements productifs...
La Seyne-sur-mer : un vaste théâtre d'opérations
La Seyne-sur-mer a une double identité : d'un côté elle est ouvrière, de l'autre touristique et résidentielle. Il faut tendre à marier ses caractères: les services, le cadre de vie et la plaisance semblent des axes intéressants pour une dynamique de développement.
Les activités portuaires et maritimes
Marépolis: une hypothèse pas totalement confirmée
Marépolis a été créé sur le site des anciens chantiers navals, dans la logique de reconversion.
Au début des années 90, on a rêvé d'y créer des emplois en nombre équivalent à ceux qui avaient disparu. 63 millions de frs ont été consacrés à la zone. Le site a été dépollué, une ZI a été aménagée. Le site dispose de grandes formes et de bassins à fort tirant d'eau (9 m) aptes à accueillir de très grands navires tels que le paquebot Norway (une éventualité). Le Chantier Bénéteau est l'une des très rares entreprises à s'y être installée. Peu de projets sont encore finalisés.
Si les grands principes sont posés, on est très loin du succès espéré et attendu.
Il semble qu'on a aujourd'hui commencé le travail de deuil de l'idée initiale. Les projets d'implantation examinés au départ étaient jugés selon des critères de densité d'emplois créés : il faut probablement changer ces critères.
C'est un débat crucial : Marépolis est un point-clé de la réflexion sur l'Aire Toulonnaise, autour de l'idée d'un pôle de hautes technologies de la mer.
L'ensemble industrialo-portuaire et Brégaillon : une dynamique
Il couvre 30 ha environ. La plate-forme de Brégaillon occupe 10 ha. Des chantiers navals spécialisés, Ifremer et la CNIM y sont également installés.
Le terminal marchandises de Brégaillon représente un gros investissement s'étend sur 215 m, dispose de 2 grues (25 t/25m) et de 10 000 m2 de terre-plein. Les hangars de stockage (pour du vrac) occupent 3000 m2 . 2000 m2 sont dédiés à d'autres hangars pour les marchandises diverses et des espaces destinés à recevoir des conteneurs (ligne régulière).
Le trafic est diversifié : fin 1997 il s'élève à 380 000 tonnes. 1996 a été une année record avec 450 000 tonnes.
L'objectif de cet équipement est de 500 000 tonnes par an (vrac, à faible valeur ajoutée). Le trafic conteneur offrirait lui, une plus grande valeur ajoutée.
La force du terminal Brégaillon est d'être relié au réseau ferré. Sa petite taille, un bon climat social, lui permet une grande flexibilité. Son succès commercial peut entraîner des problèmes pour répondre efficacement aux demandes : comment servir trois bateaux en même temps.
En terme de développement, la réflexion en cours met l'accent sur l'effort de redressement financier, sur la faisabilité commerciale du port, sur la dynamique d'investissement et les conditions d'organisation du travail. La Chambre de Commerce est responsable de la main d'oeuvre portuaire : une négociation tripartite est en cours pour négocier les conditions de rémunération afin que seules soient payées les heures travaillées (et non les heures d'attente).
La "Base Marine Méditerranée" de France Télécom est installée sur la Darse des câbliers. Cette entreprise pose et répare des câbles téléphoniques sous-marins. Elle compte 75 salariés et 2 navires câbliers basés à La Seyne (sur 4 existants). Les laboratoires seynois ont une fonction de veille technologique, permettant la formation des personnels qui travaillent sur les bateaux: chaque liaison sous-marine présente en effet des particularités et des spécificités. La société exploite également deux sous-marins utilisés pour enfouir les câbles, ainsi qu'une charrue sous-marine (construite par une entreprise toulonnaise) et une roue trancheuse.
L'activité de pose de câbles est en forte progression. L'entreprise travaille en ce moment sur le câble entre la Chine, le Japon, Singapour, l'Australie et l'Europe (42 pays concernés).
Sur le site, un chantier de Grande Plaisance (International Marine Service) fonctionne : il peut accueillir des bâtiments importants. Il dispose d'un hangar atelier permettant de mettre le bateau sous cocon. (cf ? industrie de loisirs).
A proximité, des chantiers traditionnels réparent, construisent ou entretiennent des bateaux de 10 à 15 mètres. L'extension de cette zone est freinée par son exposition au nord qui peut entraîner des dégâts importants par vents de nord-ouest. Il faudrait y construire un aménagement.
Ifremer: des profondeurs au pinacle
L'établissement Ifremer implanté à La Seyne est l'un des 5 centres français (Boulogne, Tahiti, Nantes, Brest). Il a statut d' établissement public à caractère industriel et commercial et dépend de plusieurs tutelles: Éducation et Recherche, Agriculture et Pêche, Transports -au titre des Gens de Mer-Environnement (contrats).
L'entreprise emploie 120 personnes sur La Seyne et environ 150 personnes travaillent dans différentes antennes (CEA, Université, Centre Océanographique de Marseille).
Le budget s'élève à 1 milliard de francs : 800 millions sont des subventions de l'État, 200 millions sont des ressources propres (expertises, études d'impacts, affrètements). Il y a une volonté de la structure pour que cette part augmente.
Ifremer occupe 2 ha et dispose de 180 m de quai. La société est équipée d'un navire polyvalent (laboratoire et porte-engin) le "Suroît" et d'un catamaran (30 m) pour la recherche côtière.
L'établissement de La Seyne a une double activité :
Il est spécialisé dans les technologies sous-marines. Cette spécificité est liée à la présence de la Marine Nationale et aux hautes compétences de ses sous-traitants. De plus, l'étroitesse du plateau continental permet d'atteindre très vite les eaux profondes, ce qui est très pratique pour la réalisation de tests.
Par ailleurs, Ifremer travaille dans les domaines de l'environnement. Un laboratoire se consacre à la chimie des contaminants afin de comprendre les processus de pollution : comment les agents se répandent, se modifient, quels impacts successifs ont-ils. Il travaille à partir de simulations et de prélèvements en réel.
Le laboratoire côtier est chargé, lui, de gérer un réseau de surveillance des ressources et des activités marines. Pour l'aquaculture, il veille aux qualités microbiologiques etc. C'est un rôle difficile à assumer. Si le laboratoire repère des planctons ou des substances dangereuses, les résultats sont transmis aux autorités qui peuvent décider d'interrompre les productions, l'exploitation, la commercialisation.
Pour ses activités, Ifremer a conçu et exploite quatre engins dont elle est la seule société à disposer. Ils sont le "haut du pavé" de l'équipement pour l'exploration sous-marine dans le monde.
Correspondant à quatre concepts différents, ce sont :
- Un sonar latéral remorqué (bonne résolution, pour les objets de plus de 50 cm).
- Le Cyana : un petit-sous-marin habité pouvant embarquer 3 personnes jusqu'à 3000 mètres de profondeur. Il dispose d'un bras télémanipulateur.
- Victor 6000 est le plus récent de ces engins. Il a été mis au point en collaboration avec des sous-traitants locaux (EKA à La Garde).Il prendra à terme le relais du sous-marin habitable. C'est un véhicule télécommandé depuis la surface; comme une camionnette, on peut le charger de modules différents selon le type d'exploration à conduire: un module "biologie" ou "géologie" ou "physico-chimie". Il permet des observations qui n'étaient pas possibles avec les deux autres engins: en particulier pour des phénomènes à forte variabilité (sources thermales sous-marines par exemple) Victor peut rester au fond pendant des mois pour des inventaires ou des mesures longs et recueillir des données stockées puis transmises à bord. Il reçoit l'énergie du navire-support. C'est une station automatique de mesures.
En collaboration avec la Comex, un engin (type clark) a été réalisé pour transporter la station automatique. Les deux entreprises collaborent également sur "Saga" le projet d'un sous-marin "crache-plongeurs".
Ifremer développe des applications communes pour la navigation de plaisance. Elle prend des brevets "mais pas assez" aux dires de son directeur. Les brevets sont en général mixtes entre les ingénieurs et l'Ifremer.
Ifremer fournit essentiellement des prestations et des expertises : au Japon l'analyse de la sismicité, l'évaluation des stocks de poisson pour l'Erythrée, le sondage des épaves aux USA (l'exploration de l'épave du Titanic), la cartographie sous-marine... Un système sondeur à faisceaux multiples a été mis au point (162 ondes émises simultanément et à des fréquences différentes) permettant de dessiner la carte au fur et à mesure, à bord du navire. 9000 km2 peuvent être cartographiés en une journée. Comme de très nombreux pays sont intéressés, la Société a du mal à répondre à la demande.
Le Bassin de Houle, enfin à flots (?)
C'est dans le cadre de la fermeture des chantiers de la Seyne que les collectivités locales ont réfléchi à ce projet de Bassin de Génie Océanique. La décision de création par le Ministère de la Recherche date de 1984.
Après de longues années sans fonctionner, divers aléas techniques et financiers, le BGO FIRST a commencé à fonctionner en décembre 97 .
Cet équipement a reçu 90 millions de francs d'argent public : principalement de l'Etat, de l'Europe, du Conseil Régional, de la ville de Toulon, de La Seyne.
Il est construit sur le Domaine Public Maritime (avec autorisation de la Chambre de Commerce) et représente 2500 m2 de surface utile et 800 m2 de bureaux.
Le bassin mesure 24 m de long, 16 m de large, sa profondeur moyenne est de 5 m et sa profondeur maximum de 10 m. Son fond est mobile. Les essais portent sur la houle régulière, irrégulière, les courants contraires. Il s'agit de chercher expérimentalement des solutions.
La particularité du BGO, son créneau commercial, c'est la simulation en eaux profondes pour la recherche pétrolière (jusqu'à 1500 m). 5 ou 6 bassins de ce type existent dans le monde. En Afrique Occidentale, au Mexique, en Australie on trouve du pétrole à cette profondeur: la demande en tests devrait augmenter. Actuellement dans le monde 5 millions de dollars sont dépensés par an dans ces expériences en bassins.
Au début 1998, une commande de 4 semaines de travail est passée par une Société Pétrolière pour une plate-forme off-shore en Afrique.
remarque
On se demande quelle peut être la rentabilité financière d'un tel équipement ; la demande mondiale est-elle aussi pressante et aussi importante ? les possibilités et l'intérêt même des simulations en bassin et des expérimentations ne sont-elles pas limitées (miniaturisation des maquettes vs viscosité de l'eau, hydrodynamique) ?.
Il faut se demander plutôt quel est le sens d'un tel projet, quelle est sa logique...
La ZAC des Playes : La Seyne, Six-Fours et Ollioules
La zone s'étend sur trois communes. Elle a bénéficié du dispositif Zone d'Entreprises (86-87). La partie seynoise de la ZAC bénéficie en plus du statut zone franche.
Elle représente 350 entreprises sur 50 ha. Le prix du m2 est en moyenne de 295 F. HT (valeur de base). La charge foncière représente 60 f/ m2 pour les acquisitions.
Première entreprise installée sur le site et créée par un varois en 1991, la Société Emaver a bénéficié du statut ZE. Son CA est de 5,5 Millions de francs (avec 4% de résultats). En PACA c'est la première entreprise qui fait exclusivement du façonnage de produits verriers (miroiterie d'art, approche qualité). Cette niche de la miroiterie a connu en 1997 une baisse de 15 % en Paca, du fait entre autres d'un recul de la construction et des architectures modernes ou innovantes.
Si le statut ZE a aidé l'entreprise à s'installer, son PDG déplore le fait que ce dispositif interdise de recevoir des subventions sur les investissements industriels. Il a par ailleurs du mal a recruter.
Des entreprises de production très spécialisées affichent une bonne santé : PIP Prothèses mammaires (export vers USA), Terrabel (tout son chiffre d'affaires se fait à l'exportation vers la Belgique), Coral (luminaires urbains).
La première grosse implantation est celle de Métro. Var-Matin est installé dans la zone : c'est un des plus gros employeurs de l'Aire Toulonnaise. Le tissu industriel se développe dans le BTP et les services.
La société Provelec, installée sur la ZAC n'a pas été éligible à la Zone Franche, ce qui a été mal vécu par ses responsables "dans la mesure où elle sera créatrice d'emplois en 98". Elle emploie 45 salariés et fait un chiffre d'affaires de 27 millions de francs.
La gestion de la zone : difficile et indispensable
Le PDG de Provelec préside l'ADETO, association des entreprises de la zone, récemment créée pour la gérer. Il est par ailleurs président de la commission aménagement du Territoire et Industrie à la Chambre de Commerce.
L'ensemble des entreprises est d'accord pour cette unicité de gestion mais des problèmes se posent du fait des trois communes qui se comportent parfois de façon concurrente. Chaque commune a un point d'information différent sur la zone. Le statut Zone franche appliqué à la partie seynoise de la zone a pu faire craindre une disparité d'attraction au profit de la Seyne. De fait, c'est la "partie" Six-Fours qui connait actuellement le développement le plus important.
Certains entrepreneurs sont déçus des lenteurs d'aménagement de la ZAC. Ces problèmes se posent de façon urgente. Un "centre de vie" (accueil, convivialité, antenne de la Chambre de Commerce) est projeté sur la partie Six-Fours.
Au vu de ce qui est considéré parfois comme des ratages dans le développement de la ZAC, certains pensent qu'il ne faut pas perdre de temps : à trop vouloir bien sélectionner les candidats, on risque de prendre encore du retard.
La commercialisation est plutôt bonne. En bordure de la zone, une population de nomades s'est installée dans les parties en friches. Les animateurs de l'ADETO considèrent que c'est préjudiciable à l'image de la zone..
La Zone Franche (sur la commune de la Seyne)
La Zone franche propose des terrains nus à bâtir: une douzaine d'entreprises y sont installées.
La dynamique de la ZF est basée sur des exonérations conséquentes (impôts sociétés, taxe professionnelle et foncière sur le bâti et 3/4 des charges patronales, ). Un comité technique est en place pour sélectionner les dossiers et, par souci d'efficacité dans le montage des dossiers, se réunit tous les 15 jours.
Des démarches de prospection ont été menées : mailing en direction de 1800 entreprises de l'agro-alimentaire, contacts pris dans l'industrie pharmaceutique.
Force est de constater que lorsqu'on s'adresse à des PME/PMI jusqu'à 50 salariés, elles ont beaucoup de mal ou de réticence à quitter leur agglomération ou leur région.
L' Hôpital de La Seyne : un équipement à vocation structurante
L'aménagement de l'Hôpital vise à faire de cet ensemble un point d'évolution du quartier. Il a porté sur la réhabilitation de deux bâtiments, l'ancien hôpital et l'hospice et la construction du nouvel Hôpital.
Face à la verticalité des immeubles (cités) à proximité, le nouvel Hôpital a une forme horizontale très nette sur deux étages. Le parti-pris architectural est très affirmé : longitudinalement, un des 2 côtés, formant 4 "bateaux" (avancées saillantes par rapport à l'axe central de circulation et de desserte) abrite la partie hébergement (chambres, 200 lits) pour les courts séjours médicaux, la maternité et la chirurgie. L'autre côté du bâtiment est consacré aux plateaux techniques. Le souci et la simplicité d'organisation permet une très grande lisibilité de l'espace à l'intérieur, c'était un souci du cahier des charges. En effet dans la large rue centrale qui sépare les deux côtés, il est parfaitement aisé d'indiquer visuellement -jusqu'au dernier étage- et d'un seul geste, aux patients et accompagnants leurs lieux de destination. Tous les escaliers et coursives surplombant la "rue" sont visibles.
Le nouvel hôpital occupe 17 000 m2. Mais en rapport, son parking est trop petit.
Le bâtiment de l'ancien hôpital (financement d'État et de la Région) est en cours de réhabilitation et deviendra un centre pour les personnes âgés (longs et moyens séjours). L'ancien hospice accueillera fin 98 deux services de psychiatrie de l'Hôpital Chalucet (centre de Toulon).
L'Hôpital de la Seyne est un établissement de proximité (ouest de Toulon). Les courts séjours y concernent essentiellement la population locale. Son taux d'occupation est fort sur La Seyne. La fréquentation des urgences a augmenté de 50 % (cf. la fonction des urgences pour les populations modestes). Le nombre de consultations augmente également (type dispensaire). Les disciplines correspondent aux besoins sur place. L'hôpital ne dispose pas de scanner, ni de service de réanimation.
Les Hôpitaux de La Seyne et de Toulon ont fusionné en 1988, dans un objectif de rationalisation et de complémentarité. A terme, on peut se poser la question d'un éventuel processus de spécialisation. Des problèmes techniques se posent sur l'hôpital de Font-Pré à Toulon. En outre, il est difficile en pratique, de transférer certaines activités sur un seul établissement (telle la maternité): en terme de retombées sociales et politiques, on sait que ce sont des sujets sensibles.
DSU : La ZUP Berthe à La Seyne
Le périmètre retenu au titre du DSU concerne 50 % de la population seynoise.
Le quartier concerné par le DSU comprend 7 cités distinctes construites à partir des années 60. Il compte 12000 habitants. Dans certaines cités, les bâtiments ont commencé à être réhabilités dés les années 70. Deux grandes tours ont été démolies en 1990. L'enquête INSEE de 1990 indiquait un taux de chômage de 40 % pour la ZUP Berthe. Ce n'est pas un quartier isolé du reste, il se trouve à proximité du centre commercial Auchan et de Leclerc. Au nord les équipements sont moins nombreux.
Entre 94 et 98, le Contrat de Ville a donné lieu à un certain nombre d'opérations:
- la réhabilitation urbaine
- l'atelier pédagogique personnalisé d' Ouest Var ( intercommunal) : outil d'autoformation
- le soutien aux associations pour la vie locale: PLIE, Missions Locales...
- le soutien aux associations de proximité (locataires, etc.)
- les efforts pour faciliter la vie sociale, les médiations, appréhender l'environnement
Le Projet Urbain s'appuie sur le passage du TCSP dans le quartier Berthe : ce programme d'infrastructures d'un Transport en Commun en Site Propre va être réalisé. La route départementale qui passe dans le quartier reçoit des gabarits et un trafic importants. Le Transport en Site Propre empruntera cette voie, ce qui va demander de revoir la voirie interne aux cités. La commune a souhaité que le trajet du TCSP fasse une boucle permettant de desservir de la ZUP Berthe jusqu'à l'Hôpital .
Des liaisons nord-sud dans la ZUP et des liaisons vers le centre vont être aménagées.
Par ailleurs le Conseil Général va financer pour 60 millions de francs la construction d'un collège qui va doter ce quartier d'un équipement fort (collège expérimental, sur le principe de filière d'excellence, le projet est soutenu par le Professeur neurobiologiste Hubert Montagné). Autant que cet effort d'infrastructure, il faudrait mener un travail avec l'Éducation Nationale pour faire en sorte que des populations scolaires d'autres quartiers viennent dans cet établissement.
Dans 5 ans, le quartier devrait être profondément modifié.
Politique de la ville et Projet Urbain: suites et...fin ?
En 1996, le Pacte de relance pour la Ville de Juppé a abouti à une accentuation encore plus forte d'une "géographie"des quartiers, selon une hiérarchisation par niveau: Zone Urbaine Sensible, Zone de Redynamisation Urbaine, Zone Franche.
(Depuis 1997 et les échauffourées qui s'y sont déroulées, la ZUP Berthe est "remontée" dans l'étalonnage national des quartiers chauds...)
Dans le cadre du Pacte, La Seyne a eu 4 quartiers concernés. La Délégation Interministérielle à la ville a classé en ZUS le quartier Berthe. Des élus l'ont accepté et il y a eu appel à projets pour la zone franche (sur le périmètre ZUS), afin de soutenir les commerces, faciliter l'installation d'entreprises. Le dossier Zone Franche-Zac des Playes a été traité du point de vue économique et ce dispositif est en fait déconnecté du dispositif Politique de La Ville.
Sur le terrain on perçoit et on peut déplorer des empilements administratifs.
Pour l'heure, on ne sait pas ce que va devenir la Politique de La Ville.
L'outil contractuel est le Contrat de Ville. Pour les contrats de Villes en Paca, les diagnostics sont-ils bien faits et les moyens suffisamment calés ? Les données évoluent: on a de la peine à le mettre en œuvre. Comment le rendre opérationnel ?
L'outil financier va prendre fin en décembre 98: des questions se posent: que deviennent les principes de discrimination positive ? C'est l'exemple des "emplois de ville" (30 h/semaine) réservés aux personnes issus des quartiers "Politique de la Ville"...
En 1998, d'ailleurs, avec les emplois-jeunes, il n'y a plus de principe qui les lient à un lieu de résidence. Va-t-on continuer à marquer des territoires et en conséquence, à les stigmatiser ?
Le Projet Urbain s'efforce de mettre en perspective toutes les opérations différentes afin qu'elles ne restent pas de micro-opérations. A l'évidence, le schéma de réflexion doit se faire à l'échelle de toute la ville -et au delà-. Faudrait-il se contenter de faire de la ZUP Berthe un quartier "politique de la Ville" ou au contraire en faire un véritable quartier intermédiaire entre les Sablettes et le Centre ?
A propos de l'environnement de formation, de recherche et de l'animation économique....
L'Université de Toulon et du Var : importance et rayonnement
Crée en 1970, l'Université se répartit sur plusieurs sites varois pour un effectif global d'environ 8500 étudiants auxquels s'ajoutent 380 enseignants et 230 personnels ATOS. Le budget de l'Université s'élève à 80 millions de francs, hors rémunération des personnels (160 millions). La dotation totale du Ministère pour la Recherche se limite, toutes disciplines confondues, à 3 millions de francs.
Les contrats de recherche représentent environ 5 millions de francs ; comme dans beaucoup d'autres établissements universitaires, cette part contractuelle est nettement supérieure à celle de l'État.
Dans le cadre des contrats quadriennaux, l'Université a été créée en périphérie. En même temps, la municipalité du Docteur Trucy souhaitait réanimer le Centre-Ville par la présence d'étudiants. L'Etat a accepté la construction de la Faculté de Droit à Toulon qui accueille ainsi 2300 étudiants en centre ville. Une antenne Droit se trouve à Draguignan qui accueille aussi un département de l'IUT. Un autre département de l'IUT est également implanté à Saint Raphaël.
Le campus de la Garde/la Valette
Le campus de La Garde/la Valette comprend :
-la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion (730 étudiants)
-un IUT (1700 étudiants)
-la Faculté des Sciences (1450 étudiants)
-la Faculté des Lettres (1400 étudiants)
- l'Ecole d'ingénieurs (environ 270 étudiants)
-les filières Sciences et Techniques des activités sportives
Le campus accueille également des activités de Formation Continue, le bâtiment de la Présidence, une cafétéria, la Maison de l'Étudiant
Le recrutement des étudiants dépend des filières. Les filières de premier cycle généraliste ou peu spécialisées (Sciences Économiques, Droit, Gestion) ont un recrutement essentiellement "local" (entre Bandol et Hyères). Les filières plus professionalisées (IUT par exemple) ont un recrutement qui dépasse largement le Var.
80 à 90 % des étudiants de l'École d'Ingénieurs viennent de l' extérieur.
Impact local et perspectives de développement
En 10 ans l'effectif étudiant a considérablement augmenté : de 3000 il est passé à 9000. Il n'y avait pas d'École d'ingénieurs, il y en a trois aujourd'hui...
Pour les responsables, il s'agit d'accroître le nombre de filières professionnalisées. Dès sa création, l'Université du Var a fait le choix d'un nombre important de ces filières dans un souci de positionnement par rapport à l'offre niçoise et à l'offre marseillaise. Des formations, qui n'existaient pas dans ces deux grands pôles universitaires, ont été mises sur pied. On y a ajouté des filières classiques, généralistes.
Le Ministère fait en sorte d'ailleurs de ne pas autoriser des formations équivalentes sur des sites trop proches. S'il y a très peu de coordination institutionnelle entre les Universités, au niveau des équipes pédagogiques et des chercheurs, il y a des relations effectives, naturelles. La géographie pousse les personnes à avoir des relations privilégiées avec le pôle Marseille-Aix. L''Université de Toulon et du Var dépend du Recteur de Nice.
Le secteur recherche est à développer : il ne bénéficie pas encore d'une reconnaissance suffisante au plan financier. Avec pas mal de retard, l'Etat et la Région ont finalement inscrit au Contrat de Plan la construction d'un bâtiment spécifique pour accueillir les activités de recherche.
Des partenariats sont en place avec les entreprises. L'Université bénéficie également des aides du Conseil Général et de la structure Toulon-Var-Technologies.
Un système de Bourses octroyées par la Région est en place pour les thésards ; il a beaucoup d'importance car la difficulté de rémunération des jeunes chercheurs est un véritable obstacle. Les financements par les entreprises sont classiques dans des environnements économiquement très développés et dynamiques ; dans le Var, les entreprises -même performantes ou innovantes- ont très rarement les moyens de financer la recherche dont elles ont besoin.
Sur des filières pointues (DESS, Ingénieurs), le "suivi de cohorte" montre des éléments intéressants: les jeunes ingénieurs placés en stage à l'étranger ont tous trouvé un emploi à l'étranger dans un délai très court (3 ou 4 mois). On commence également à voir un certain nombre de jeunes ingénieurs créer des PME, des TPE localement. Ils commencent à fertiliser l'environnement immédiat. Pour les autres jeunes repérés, leur temps d'insertion professionnelle est relativement court de 5 à 8 mois.
Au plan de l'espace urbain, le souhait d'animer le centre-ville par la présence de logements étudiants semble se révéler peu judicieux vu les pratiques résidentielles de ceux-ci (vivent chez leurs parents) et le coût foncier.
Quant à la place des établissements universitaires toulonnais-varois dans la réorganisation générale de la carte universitaire, dont Marseille-Aix sont les pôles les plus lisibles au plan international, les responsables souhaitent être inscrits dans la dynamique. Ils soulignent le risque de reproduire, au profit d'Aix-Marseille, un centralisme dangereux, qui y concentrerait tous les équipements scientifiques importants et mobiliserait une trop grande part des ressources financières de la Région, au détriment des autres zones...
Acteur et animateur désigné
: Toulon-Var-TechnologiesToulon-Var-Technologies est une association loi 1901 dont l'objectif est de favoriser le développement des entreprises varoises, innovantes et "technologiques", devant faire face à des problèmes d'innovation, de reconversion, de diversification.
Elle fonctionne avec 11 salariés temps-plein. Avec la municipalité Front National, Toulon-Var Technologies ne bénéficie plus du financement de la Ville de Toulon. D'autres communes sont devenues partenaires financiers : La Valette, La Garde, La Seyne.
Origine de la structure
La spécificité de Toulon-Var-Technologies est d'être née d'un partenariat entre 30 entreprises (grandes et petites) de type "technologique" implantées à Toulon et dans le Var, l'Université, l'École d'Ingénieurs, l'École Supérieure de Commerce, l'École de Design. La structure est cogérée par ces partenaires et des institutions (État, Europe, Région, Département, Communes ).
A l'origine, il y a dix ans, dans le contexte de la crise de la construction navale, le Préfet a eu le mérite d'impulser une démarche prospective.
Le constat d'alors soulignait l'environnement culturel faible pour les entreprises, l'environnement de formation très médiocre (seulement 3000 étudiants pour 455 000 habitants), pas d'école d'ingénieurs, malgré un enseignement de très bon niveau. Parallèlement, il existait le "terreau DGA" et des besoins en matière grise. Mais il n'y avait pas de transfert technologique, pas de partenaire scientifique...
Toulon-Var-Technologies a engrangé cette réflexion prospective pour faire vivre des projets.
En effet la visibilité de Toulon sur ses savoir-faire était très faible ((DCN, recherche acoustique, génie océanique etc). Aucune filière n'était liée à ces compétences.
De petites entreprises dépendaient complètement d'un seul donneur d'ordre, la DCN. Quant à celle-ci, elle n'avait pas de souci de compétitivité, n'en ayant ni l'habitude, ni la culture. Par contre, une véritable culture d'accompagnement de l'action de l'État existait.
Le Var n'était pas positionné dans la Région sur certaines activités, alors même qu'elles existaient à des niveaux intéressants. Sur l'impulsion du Conseil Général, Toulon-Var-Technologies a eu mission de constituer une communauté scientifique varoise et de s'attacher aux donneurs d'ordre locaux.
Éléments de bilan : la qualité des formations
En 10 ans d'activités, le paysage a changé. Les capacités de dialogue et de négociation au niveau Régional se sont accrues.
Sur la formation, le bilan est positif tant au plan quantitatif qu'au plan qualitatif.
Un groupe de travail a lancé un projet de collaboration avec la DCN en tant que partenaire industriel fort. La réflexion sur les besoins de formation est menée au niveau régional, non plus seulement local.
En lien avec les compétences locales ont été créées des Maîtrises de Sciences et Techniques spécialisées (sciences de la Mer), premières de ce type en France.
L'Institut Supérieur d'Électronique de la Méditerranée (ISEM : établissement privé) s'est implanté et travaille avec un réseau national (Paris, Brest, Lille) et européen. Le taux de placement de ses étudiants est de 100 %. L'École Supérieure des Techniques Industrielles également implantée est le deuxième établissement national dépendant de l'Université de Saint-Ouen.
L'Etat et la Chambre de Commerce ont créé l'Institut Méditerranéen de la Qualité que coordonne et dirige Toulon-Var-Technologies.
L'animation de réseaux par technologies et actions innovantes
L'action de Toulon-Var-Technologies est régionale ; elle s'appuie sur le principe qu'il n'y pas d'avancée réelle possible sans une vision globale, d'ensemble.
La structure participe à la Route des Hautes Technologies, ce qui permet l'accès aux bourses Cifre, Cortex etc.
Toulon-Var-Technologies anime par ailleurs 6 réseaux par thématiques technologiques; ils concernent 140 entreprises et laboratoires. Ce sont des groupements réunis sur la base du volontariat. Ces structures de travail et de réflexion sont une incitation à développer en commun des projets de recherche dans le cadre de budgets d'Etat et de programmes européens. Les projets industriels se font, par ailleurs, entre industriels, sans qu'on le sache.
Le G.I.P.I. est un groupement constitué par de grands donneurs d'ordre - dont la présence est caractéristique en PACA : Eurocopter, CEA, DCN- et des entreprises. Il s'appuie sur le savoir faire en matière de conduite de projet et sur les compétences locales en matière de management des projets industriels (École d'Ingénieurs, DGA, lycées, etc). Ce travail débouche sur des projets de formations et de conseil.
Un autre groupement travaille sur le thème de la robotique sous-marine (DCN, Ifremer, etc). Il a crée son propre label de recherche. Des équipes se sont mises en quête de fonds de recherche. Des fonds ont été drainés: une moitié auprès d'entreprises locales, une autre auprès des entreprises régionales. Ce groupement a été baptisé "Groupement robotique Sud Méditerranée" : il a élargi son champ de recherche aux milieux hostiles ou extrêmes (nucléaire etc).
Après une période marquée par des efforts d'infrastructures (600 millions de francs dont 400 millions financés par le Conseil Général et 50 millions par l'Etat et par l'Europe), Toulon-Var-Technologies s'oriente vers des actions innovantes.
La structure anime IRIS depuis 1991 et essaie en collaboration avec la DRIRE, de faire entrer Internet dans les PME.
Elle s'efforce de mettre en place des équipes pluridisciplinaires sur des projets. Chaque année, en moyenne 7 équipes de ce type sont montées, constituées de 2 à 4 étudiants. Ce principe est très bien perçu par les entreprises, qui avaient tendance à se méfier des sur-diplômés.
L'accompagnement des entreprises, la valorisation des compétences
Toulon-Var-Technologies fait de l'accompagnement individualisé d'entreprise et du suivi de projet. De 1990 à 1995, elle a traité 70 créations d'entreprises. Le taux de survie de celles-ci est de 70 %. Depuis 2 ans un problème de financement du développement se pose : le Département manque de capital-risque.
La structure suit 200 contacts-industrie par an.
Le Conseil Général a incité Toulon-Var-Technologies à avoir une "politique" varoise. Dans un conglomérat de territoires hétérogènes, la logique "Bassin de vie" imposée par le Conseil général, il y a trois ans, s'est avérée finalement utile. Un essai de diversification au niveau européen est entamé.
Par ailleurs, dans le contexte de la baisse des crédits militaires, des actions sont à mener au quotidien pour soutenir les entreprises qui en souffrent directement. Dans une logique de pôle de compétences globales bien définies (traitement du signal, robotique milieux extrêmes, etc) il s'agit de valoriser ces savoir-faire (militaire et civil) à l'extérieur .
Le travail de mise en réseau des compétences locales est important. La structure s'efforce de mettre en relation des entreprises et de les faire coopérer pour répondre aux appels d'offre de la DGA, qui souhaite avoir en face d'elle des groupements.
Un animateur économique déclaré...
Selon son directeur, "Ifremer est un animateur économique". La société estime injecter dans le tissu régional 150 millions de frans ; (sous-traitants, achats, salaires). Le développement de la rade sur le thème "technologies de la mer" a le soutien de l'entreprise. "Pour peu que Marépolis devienne Technopôle de la mer, avec le fort potentiel de recherche disponible, on aura un rôle national." En la matière, "il faut aller plus vite que Marseille qui se positionne aussi sur les technologies marines.".
Ifremer opère des transferts technologiques classiques. La plupart des procédés, technologies mises au point ne relèvent pas du secret, hormis quelques brevets (Défense). Les résultats des recherches sont en général publics. Ces savoir-faire sont récupérés par l'industrie qui va produire et commercialiser des équipements et des systèmes: tous les engins réalisés par Ifremer à La Seyne l'ont été en collaboration avec des entreprises locales. Les clients d'Ifremer ne sont pas des clients pour ces engins, mais pour des prestations d'études, des expertises.
Un acteur garant du territoire varois...
Une volonté de comprendre et d'agir sur le territoire
Le Conseil Général n'a pas compétences directes en matière de développement économique ou d'aménagement du territoire. Néanmoins il y a un sentiment d'être garant des équilibres territoriaux et la conscience du défaut d'intercommunalité.
En 1994, les techniciens en charge du Développement Économique au Conseil Général décident de réfléchir à ces questions et ce, dans un contexte caractérisé par:
-un développement démographique intense : 10 à 12 000 habitants de plus dans le Var
chaque année.
- la marge est du département offre des espaces encore libres, avec des coûts fonciers
intéressants
-à la marge ouest, la "colonisation" de l'espace est limitée par le développement des
zones d'Aubagne, de Marseille, de Rousset.
-à l'occasion du débat national sur l'Aménagement du Territoire et des discussions aux différents niveaux, le Var fait valoir qu'il est autre chose qu'une zone de transition. Certains ont le sentiment que la vision de l'État n'est alors pas garante de la cohésion du territoire.
De plus alors que les processus de périurbainsation et de suburbanisation se généralisent, rien n'existe pour la maîtriser, hormis 153 POS, et l'intercommunalité est quasi-nulle.
Peut-on infléchir le cours des choses, comment éviter la concentration sur l'aire toulonnaise, la colonisation des zones NB autour des villes moyennes: telles sont quelques unes des questions que se posent alors les techniciens.
Il s'agit de définir des parties du département où l'on va encourager l'installation des arrivants. A certaines échelles, des investissements peuvent se révéler contreproductifs et empêcher le développement d'autres zones. Il s'agit de développer certains pôles afin de rééquilibrer certains flux et de tendre à produire un ensemble multipolaire...
Ce questionnement est validé politiquement en 1995, avec le financement d'une étude de 1 million de francs. Face à des exemples extérieurs, l'assemblée plénière souhaite que le développement varois se démarque du modèle "création de technopôle", comme Sophia par exemple.
Démarche d'analyse pour un projet de territoire
Le Bureau d'études consulté a fait une approche fonctionnelle pour déterminer des stratégies de développement. Parallèlement il a réalisé une analyse démographique fine, une approche sociologique sur les motivations des migrations. Une enquête Credoc a été également menée sur 1500 personnes.
Ces études ont confirmé les 2 pôles :
- l'est varois avec un niveau économique assez élevé et une progression démographique qui pourrait aboutir à une population de 200 000 habitants dans 20 ans.
- le centre-ouest: Brignoles-Saint-Maximin forment le bassin d'emplois qui a le plus fort taux de croissance démographique : la population de 90 000 habitants pourrait passer rapidement à 150 000.
Si le département doit gagner 300 000 habitants d'ici 20 ans, il est difficile de les accueillir sur le littoral, et on ne peut pas développer excessivement l'attractivité résidentielle de l'agglomération toulonnaise.
La question de l'évolution démographique était un prétexte pour concevoir et conduire un projet de territoire. A partir de ces études, il fallait trouver des moyens pour créer ou faire émerger ces territoires de développement.
Les moyens et les perspectives
Le Conseil Général devrait consacrer une part significative des 4 milliards de francs de son budget annuel, à ces actions : en réorientant les moyens qui en général vont dans le sens de la concentration, vers d'autres territoires ne peut-on pas produire du développement ?.
Des structures intercommunales ont été mises en place au niveau des techniciens pour traiter différents projets (habitat, espace agricole etc).
C'est le cas sur l'est pour 15 communes représentant 160 000 habitants (dont Fréjus, Draguignan, Saint Raphaël).
Un syndicat mixte d'études pour le développement économique a été mis en place avant les dernières municipales et perdure avec succès (qualité et intérêts de la réflexion, contribution pertinente des élus). Il a la charge de faire un projet de territoire au plan économique et urbanistique. Quatre commissions de travail fonctionnent : elles portent sur la stratégie de développement du territoire, l'accueil des investisseurs, l'accès aux nouvelles technologies, la fiscalité...
Dans le centre-ouest Var, un syndicat mixte a été créé en juin 1997. Il représente une population de 90 000 habitants. Cet espace se caractérise par une relative pauvreté au plan économique et une forte dynamique résidentielle. Les pratiques sociales s'orientent vers les Bouches-du-Rhône. Il s'agit de recréer sur cet espace des Services aux populations : en particulier, il faut relever le niveau scolaire. Une étude faite sur l'arrondissement de Brignoles (sur 1000 élèves) a souligné la forte proportion de retard scolaire. La construction d'un lycée est en projet.
La partie nord du département a vu la création du syndicat mixte des Gorges du Verdon et d'une Agence de Développement Local implantée à Aups. Le Conseil Général y a un service déconcentré avec un chargé de mission.
Concernant l'aire toulonnaise, le Conseil Général souhaite une agglomération qualitativement plus forte (Toulon). La stratégie de développement de la qualité doit être poursuivie (Toulon-Var-Technologies), financement de l'Université, Écoles d'ingénieurs, extension de l'aéroport...). Le principe du Conseil Général est de financer de la qualité d'équipement dans l'agglomération.
A propos de l'industrie touristique et de loisirs....
Plus importante que reconnue
Le poids touristique de l'Aire Toulonnaise est important par rapport au Var : elle représente en effet
46 % de sa capacité d'accueil : 20 % à l'ouest de l'aire, 20 % à l'est, et 6 % sur la rade. La production est de 1,6 million de séjours, 21 millions de nuitées.
L'économie touristique est peu lisible. Le littoral est une ressource importante. Toulon a une fonction d'accueil de séminaires et de congrès (dans les limites de sa capacité hôtelière).
Depuis 2 ans, le Palais des Congrès est en perte de vitesse et le nombre de croisiériste médiocres. L'image de la ville y-est-elle pour quelque chose ?.
Des pistes de développement
Patrimoine de la Marine et industriel
Le patrimoine architectural de la Marine est l'objet d'un projet d'animation et de valorisation, s'appuyant sur les 500 000 personnes visitant la rade par bateau chaque année. Quatre de ses sites importants sont en effet reliables par mer : Forts de l'Eguillette et de Balaquier sur La Seyne, Musée de la Marine, Tour Royale (1514) premier ouvrage fortifié de Toulon, construite pour garder l'entrée de la rade. Elle est classée monument historique. Dans cette logique, l'archéologie sous-marine est un thème à développer.
Vu l'importance de ce patrimoine, c'est un atout touristique indéniable. Les collectivités locales et la Marine ont chargé le CDT de la maîtrise d'ouvrage d'une étude sur ce sujet. A terme il faudra créer la structure de gestion de ce projet à la fois culturel et économique.
Implanté sur le domaine public maritime, à la Seyne, le pont levant, utilisé à l'époque des chantiers navals pour permettre la desserte des quais par les locomotives, a été inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques...
Dans le sillage doré de la grande plaisance
La "Grande Plaisance"(voiliers de plus de 30, 60 ou 80 m) est sans doute un créneau à développer. En effet, il y a environ 3000 bateaux de ce type dans le monde...dont la moitié est basée en Méditerranée. 600 d'entre eux sont ancrés aux alentours de Cannes et Mandelieu. Des besoins en terme d'accueil et d'entretien ne sont pas satisfaits.
La rade présente un intérêt par la forte notoriété internationale de la côte jusqu'à Saint Tropez.
Elle offre, en outre, déjà une plate-forme technique et des compétences de haut niveau dans ces domaines. Cet axe de développement bénéficie d'une forte crédibilité.
Une partie des voiliers de grande plaisance font annuellement migration vers les Caraïbes : cela demande de la préparation, des services de réparation, du convoyage.
On estime à 10 % de la valeur du bateau, les sommes dépensées sur place par les grands voiliers.
On évalue que ce type d'activités peut générer entre 900 et 1200 emplois pour le Var et rapporter 350 Millions de francs.
En plus des clubs nautiques, la plaisance classique représente 2400 postes de bateaux dans la rade auxquels s'ajoutent les mouillages "sauvages". On estime à 25 000 le nombre de nuits de passage dans la rade. La liste d'attente pour une place de bateau compte 1600 demandes non satisfaites. (Le port d'Hyères dispose de 1500 postes et le Port de Saint-Mandrier dispose de 700 places).
A propos de l'espace agricole de l'Aire Toulonnaise....
Rappel
L'espace agricole occupe une grande place dans l'aire toulonnaise: avec une composante horticole très forte à l'est et à l'ouest la composante vinicole (vignobles AOC, Bandol).
En terme de valorisation économique, cet espace est également important au plan du paysage, du tourisme, du résidentiel.
Le potentiel agricole total de l'Aire Toulonnaise est estimé à 7000/8000 emplois.
Le potentiel d'emplois de l'industrie horticole est évalué à 3000.
En termes d'activités induites, l'évolution des conditions de commercialisation des productions (connexion entre les places internationales) entraîne des évolutions logistiques et technologiques.
Le départ de la compagnie Air-Inter vers l'aéroport de Marseille-Provence laisse un manque pour le fret (expédition des fleurs). Le gabarit et les conditionnements plus restreints posent une problème d'adaptation aux producteurs horticoles.
Le Marché au Cadran d'Hyères : premier de France
Après une première implantation du marché à Ollioules -solution peu judicieuse aux yeux de la profession (la DDE en avait aussi critiqué le montage)- et qui "a fait perdre quelques années de développement", le marché d'Ollioules et celui d'Hyères ont fusionné pour devenir le premier Marché National de production en France (fleurs coupées). Au plan européen il occupe la 4 ème place.
L'apport de productions florales d'Ollioules au Marché d'Hyères représente 8 %.
Une partie de la production se fait en plein champ, mais la plus grande part, en chiffres d'affaires, se fait en serres.
L'essentiel du bassin de production drainé par le Marché se situe dans un rayon de 15 km.
Le Marché d'Hyères couvre 4 ha dont 18 000 m2 de bâtiments (dont chambres froides) et 9000 m2 qui sont dédiés à la logistique. Il offre 244 places dans la salle de vente au cadran.
Il est géré par une SICA dans laquelle les producteurs représentent 80 % et le négoce 20 %. Il emploie 44 salariés dont 14 vendeurs spécialisés par produits connaissant bien les cours et les marchés extérieurs.
120 de ses adhérents font 40 % du chiffre d'affaires du marché. 390 sociétés et 400 producteurs fréquentent le marché. 100 à 150 acheteurs y viennent chaque jour.
99% des fleurs à la vente proviennent de la région.
Derrière les bouquets, un système industriel
Le marché de la fleur est un système industriel, à considérer comme tel. L'objectif de l'établissement hyérois est de rationaliser la production en fonction du marché.
Le marché de la Fleur se trouve aux Pays-Bas. Ce sont les Néerlandais qui font les cours.
Le Marché d'Hyères permet une concentration de l'offre et des services. Il doit garantir aux acheteurs (beaucoup viennent régulièrement de Belgique en avion) d'être approvisionnés le mieux possible et d'avoir des compétences pointues sur la vente. Il est l'objet d'investissements permanents.
C'est aujourd'hui une Bourse qui prend en compte en temps réel, les événements du monde entier. La vente au cadran est une des formes les plus évoluées de vente. Les temps de vente se raccourcissent au rythme des technologies : il faut aller vite et de façon transparente.
Le principe de la vente au cadran : il s'agit de vendre le plus vite possible, afin d'éviter l'entente entre acheteurs. La vente a lieu pendant une heure chaque matin de 7 à 8 h. (Les Néerlandais ouvrent leur marché à 6 heures du matin). Les acheteurs, qui connaissent en général très bien les prix mondiaux, sont assis à des pupitres dans la salle face à trois cadrans où s'affichent les caractéristiques des lots mis en vente. Le premier acheteur qui appuie sur la touche emporte le lot. Les prix sont dégressifs dans le temps. Si le vendeur estime que le cours est à 4 francs, il va mettre en vente à 4,5 francs. Dans la même journée, il faut essayer de maintenir la fourchette la plus serrée possible.
Si le marché est tendu ou a tendance à baisser, on augmente les quantités vendues (la taille des lots). Tous les producteurs assistent à la vente. Le vendeur doit être très attentif, il peut décider de ne pas vendre si les cours sont trop bas.
Le rôle du marché est de tout vendre, tous les jours. Toute la production passe par les cadrans. Pour certains produits, c'est seulement un échantillonnage qui passe sur le cadran, dans la mesure où la production est sortie des frigos à 3 heures du matin et que les acheteurs ont pu voir les lots.
6 % des ventes se font sur des contrats de vente, qui peuvent être établis à la semaine, à l'année : ils fixent des régularités de volume, de qualité, de prix. Ces contrats sont en général le fait de la grande distribution, qui achète également des lots au cadran. Ils concernent des produits permettant de gros volumes, homogènes en qualité et en type (roses, glaïeuls, oeillets etc).
Le Marché fait de gros efforts pour développer et assurer ce type de vente par contrats, auprès de la grande distribution, des chaînes de Fleuristes, à l'export.
Des performances...périssables : une concurrence mondiale
Le chiffre d'affaires du Marché est de 260 millions de francs (vente de fleurs). Depuis huit ans ce chiffre d'affaires a été multiplié par 6.
Il se positionne sur le marché national (grande distribution, détaillants) et sur le marché international. En terme de négoce: 80 % de la production est vendu hors PACA, dont 15 % à l'export (USA, Europe du Nord, Japon). Des négociants Italiens viennent sur le Marché d'Hyères acheter certains produits d'appel (1 mois par an).
L'exportation concerne des produits spécifiques (ex : le mimosa). Seuls des produits originaux sont exportés vers les Pays-Bas. C'est le cas de la tulipe précoce de Carqueirane (micro-climat de type californien) dont 70 % sont exportés ou d'une nouvelle variété de rose par exemple. L'attractivité de certains produits à l'export peut être liée à leur époque de production : d'octobre à janvier 70 % des anémones et des renoncules s'exportent bien vers les Pays-Bas et les USA. Le reste du temps, l'Italie entre en forte concurrence. A ce moment-là la baisse des prix hyérois de ces produits devient intéressante sur le marché national...
Avec les climats équivalents du Chili, Californie, Nouvelle Zélande, la concurrence est mondiale et se développe considérablement.
Questions d'avenir : Cherche horticulteurs
Les problèmes de rentabilité sont pressants. L'activité est très saisonnière avec des flux très importants à certaines courtes périodes (Saint-Valentin etc). La nécessité de concentration de l'offre semble incontournable.
Le bassin d'Hyères compte environ 1000 horticulteurs...Seulement 40 % de la production est écoulée via le Marché. (Les autres horticulteurs se basent sur les cours établis par le Marché pour vendre leur production directement.). Les responsables déplorent cet état de fait et associent cette réticence à entrer dans le marché, à une tradition individualiste du Sud. Des efforts ont été faits par le Marché en direction des producteurs d'Ollioules et vers le Marché de Nice. En vérité, ce qui est très préjudiciable à la filière est le système de vente sans facture. Une réflexion sur les systèmes d'imposition est à mener pour neutraliser ces pratiques courantes.
Par ailleurs, les responsables se demandent comment le Marché pourrait prendre intelligemment des participations dans des entreprises de production en difficulté.
On sait que des investisseurs hollandais ont acheté des exploitations dans le bassin. Une dizaine de ces horticulteurs néerlandais fréquentent le marché et en sont satisfaits. Ils sont aidés par les banques hollandaises ; aux Pays-Bas les groupes écologistes sont très actifs et les contraintes pour les producteurs sont fortes, d'où des choix de se délocaliser dans des zones moins difficiles. De plus le terrain agricole rare aux Pays-bas est plus cher et la politique nationale encourage plutôt l'élevage que l'horticulture.
En matière horticole comme viticole, on constate la même tendance des investisseurs étrangers à acheter ici. Cependant le foncier disponible est limité, ne serait-ce que pour des raisons de micro-climat et de terroirs. La mobilisation de ce foncier est pourtant le fait de nouveaux venus...les derniers horticulteurs restant à Ollioules sont-ils le symbole de la fin d'une époque ?
A propos de transports et de déplacements....
En matière de transports, il manque une politique d'agglomération pour l'Aire Toulonnaise.
Cependant des pistes se dégagent et des volontés se manifestent. Ainsi pour mieux comprendre et analyser les déplacements sur l'AT, il a été demandé une extension de l'enquête-ménages aux communes de La Crau, La Garde et Solliès.
Un périmètre de transport urbain de la Rade regroupe 8 communes dont le Pradet (à l'est).
Le Syndicat Intercommunal de Transports en Commun de l'Aire Toulonnaise (SITCAT) regroupe 8 communes (Toulon et la 1ère couronne). Il représente un bon exemple d'intercommunalité. Les bateaux du SITCAT transportent 100 000 personnes par an dans la grande rade ; il est à ce titre le plus gros transporteur maritime de la région.
Le SITCAT est très favorable au projet de tramway (TCSP).
La fin du tunnel
Les 2/3 du tunnel sont réalisés. Un accord Etat-Région-Département a été signé pour les 920 mètres restant à réaliser. Le surcoût sera pris en charge. Le Conseil Général a accepté de participer à la suite du financement du tunnel à la condition que l'Etat prenne part au projet de tramway ("dossier pris en considération"), ce qu'il a fait.
La circulation autoroutière : la traversée par un goulot d'étranglement
L'autoroute en provenance de Marseille amène 100 000 véhicule/jour. L'autoroute en provenance de Nice aussi. Ces flux butent sur le réseau urbain, limité dans son extension.
Le tunnel c'est une autoroute de 3 km qui passe sous la ville :
60 000 véhicules emprunteront le tunnel chaque jour pour traverser Toulon.
En centre-ville, le trafic de surface est aujourd'hui de 300 000 véhicules/jour. Si on y soustrait les 60 000 véhicules qui emprunteront le tunnel, il est évident que les choses vont changer en surface...dans un premier temps.
L'objectif et l'enjeu en matière de circulation ne sont pas de gérer des flux de trafic, mais de reconquérir la qualité de vie au centre de Toulon.
Il faut donc empêcher qu'après la phase de diminution de trafic liée à l'ouverture du tunnel, le trafic en surface ne se remette à croître, ce qui est une tendance naturelle et bien connue. C'est pourquoi il est indispensable que d'autres mesures structurantes soient prises en surface. Il faut diminuer le nombre de voies, élargir les trottoirs, faire des pistes cyclables etc...
Le projet TCSP : un tramway à l'unanimité
L'Etat a, en 1997, acté la "prise en considération du dossier" : la traversée souterraine de Toulon doit être accompagnée d'une politique multimodale. C'est dans ce cadre que se situe le projet de TSCP (hypothèse probable tramway sur pneus).
Le tracé total du TSCP s'étend sur 8 communes (SITCAT) d'ouest en est, sur 30 km. L'objectif à terme est un temps de trajet de 15 minutes entre La Mairie de La Seyne et la Garde, avec des fréquences de 3 à 5 minutes.
La première phase devrait s'étendre sur 10 km et représenter 18 stations (Les Sablettes, La Seyne, Zup Berthe, Ollioules, La Beaucaire ; station et parking de persuasion). Pour la Seyne, l'itinéraire mène de la ZAC des Playes à l'Hôpital au BGO First et comprend 4 stations.
La partie suivante présente les difficultés du centre-ville de Toulon (une liaison avec la gare est à envisager) et à Saint-Jean du Var où il faudra faire des choix de redistribution de la circulation, déplacer des stationnements (le TSCP desservirait les commerces, les voitures passeraient au dos). C'est un véritable projet urbain qui doit s'amorcer à cette occasion.
Les deux extrémités ouest (Saint-Mandrier) et est (La Garde, La Valette et jusqu'au Pradet ) seront traitées dans une deuxième phase.
Le TCSP sera prioritaire dans tous les conflits de trafic.
Au sein du Sitcat (son Président actuel est adjoint du Maire de Toulon.) l'accord s'est fait entre tous les partenaires : sur la continuité du tracé, sur les deux phases ainsi que sur une phase de préfiguration (50 millions de frs) au niveau de La Seyne. La DDE est maître d'œuvre.
Fluidité et communication à l'horizon
A l'exception des rails, la préfiguration du TCSP viendra à échéance fin 2000.
Le premier tube du tunnel (sens Nice-Marseille) sera mis en service fin 2001. Les travaux du TCSP commenceront en 2002 avec objectif de mise en service en 2004.
Un fort accent est mis sur la communication et l'explication du projet : intégration dans l'infrastructure routière, dans l'environnement immédiat de la Ville, création d'emplois. Le projet va s'accompagner de transformations dans les quartiers avec implantation de commerces en pied d'immeubles, traversée et réaménagement de la place Berthe.
L'intercommunalité hospitalière est très concernée par la traversée de Toulon. La fusion des établissements a abouti à l'interrelation entre 4 sites différents : à l'est La Seyne, au centre de Toulon, Chalucet, l'Hôpital Principal Font-Pré et à l'ouest La Garde...Ils représentent 1500 lits et 3500 emplois. Les ressources humaines sont déplacées selon les critères de gestion entre les quatre sites. Par ailleurs, le surcoût occasionné par la dissémination et les distances (logistique) pose problème. En même temps il faut réduire les doublons médicaux en raison des coûts de structure...D'où l'intérêt de la mise en place de transports rapides comme le TCSP.
A propos de protection des espaces naturels
Une méthodologie liée au contexte et à l'urgence
A l'origine de la réflexion sur les espaces, le contexte était pressant: avec les grandes opérations touristiques dans le Var, 1 million de m2 était à construire, autant sur les POS. Au total trois millions de m2 arrivaient sur le marché. Il fallait pouvoir traiter les questions : est-ce acceptable au plan de l'urbanisation ? l'enjeu économique est-il pertinent ? comment transformer des espaces naturels en espaces construits le plus intelligemment possible ?
Le travail de réflexion a démarré sous l'impulsion du Préfet et de l'Administration Centrale. Les administrations concernées DDE, DDA, SDA, DIREN ont été réunies et aidées par des professionnels (bureau d'étude). Un travail d'inventaire a été mené dans un délai court du fait de l'urgence: la relance de loi date de 1989 tout comme les décrets d'application et la circulaire d'application. De ce fait, le "Porté à connaissance des communes" est intervenu en juin 90. Cela a représenté 6 mois de travail et 2 mois de validation. Dans cette rapidité, la pesanteur institutionnelle a été évitée, le Préfet a assuré l'arbitrage.
90 % "du porté à connaissance" a été appliqué. En plus des zones supplémentaires ont été "gagnées"sur le littoral (1500 ha). "On a travaillé sans tenir compte des impossibilités annoncées ; cela a permis que les choses se fassent"...
Le Faron
L'aire toulonnaise se situe à la frontière entre La Provence calcaire et la Provence cristalline.
Sur la partie nord de Toulon, Le Faron est symbole majeur de l'aire toulonnaise. C'est le poumon vert de la ville, un haut lieu de promenades, de pratiques de loisir familial et sportif pour les Toulonnais.
Cet espace structure le paysage et fait l'objet d'une double protection réglementaire (acquise ou en cours) : celle de la loi littoral et celle de l'inscription (et finalement) du classement de sites.
Le Faron présente des richesse géologiques, botaniques, et animales (Hibou Grand Duc, aigles de Bonelli...) historiques (forts). Le plateau abrite un zoo spécialisé dans la reproduction des lions. Ce massif a été artificiellement boisé de pins au siècle dernier (botanistes de la marine et forçats). Ces arbres étant arrivés à échéance d'âge, se pose le problème du renouvellement.
La protection d'un tel site présente des difficultés : la partie de l'agglomération installée sur la plaine alluviale s'est vite développée sur les pentes (ainsi que sur le plissement calcaire du Baou et du Coudon). Les pentes appartiennent à des sociétés privées (en général immobilières), qui y ont de fortes réserves. Le plateau appartient à la commune.
Dans les années 80, des projets d'urbanisme et de base de loisirs menaçaient le massif. Le sentiment d'urgence d'une protection a été porté par des associations très actives, s'appuyant sur l'importance du Faron dans les pratiques et les représentations. Elles ont joué un rôle primordial pour faire émerger la demande de protection ; elles ont multiplié ces demandes jusqu'à ce qu'un premier dossier en vue de classement soit étudié. Finalement, "à l'usure", a été obtenue la protection des espaces naturels du massif. En 1991, un périmètre de protection a été fixé sur 1000 ha: cette zone couvre l'essentiel des versants, le plateau, ainsi que les forêts communales. Une petite réserve supplémentaire a été inscrite également.
C'est un premier pas: il reste à régler les questions de gestion quotidienne et à créer un Comité de Gestion pour veiller sur les problèmes d'incendie, de grignotage, d'infractions, et améliorer l'accueil du public. La commune, les services de l'État, ainsi que les associations très vigilantes, s'y emploient.
La Grande Rade
Le grand paysage de la rade bénéficie de certaines dispositions de protection: par exemple (en 1989) le Cap Sicié à l'ouest, (en 1992) le Massif du Baou. A l'est, le massif de la Colle Noire, en indivision sur deux communes, a été acheté en partie par le Conservatoire du littoral. Il abrite une ancienne mine de cuivre, aménagée en musée de la mine, avec une importante collection de cristallographie.
A l'est, les falaises sont protégées par la loi littoral.
Des espaces remarquables ont été classés. D'autres secteurs sont en cours de classement.
Les sites militaires sont sites d'intérêt général non soumis aux contraintes urbanistiques de la loi littoral.
Sur les zones qualifiées "d'espaces proches du littoral", l'urbanisation ne peut pas être dense. Les extensions de l'urbanisation ne peuvent y être que limitées et après accord du Préfet et de la commission des sites.
Des coupures d'urbanisation séparent des zones urbaines homogènes; elles sont perpendiculaires au littoral, espaces souvent très convoités, elles n'ont "pas vocation à être grignotées".
Depuis 1988, dans l'aménagement du domaine public maritime, on applique des dispositions de protection (herbiers de posidonies, simodocées, ulsters...). Elles peuvent faire obstacle à
l'aménagement : les herbiers protégés sont opposables (carte ZNIEF marines).
Questions : la quadrature du cercle ?
A une échelle plus large, on peut se demander quelles sont les contreparties pour ces protections ? S'il y a protection sur ces espaces, on peut imaginer que la pression de l'urbanisation va croître sur l'arrière-pays et qu'il va y avoir densification des tissus existants...
Au Faron, par exemple, ce n'est pas le cas, puisqu'on ne peut densifier les zones classées.
Mais dans le tissu pavillonnaire, comment densifier ?
Cela doit se gérer dans les POS; c'est le droit commun qui s'applique alors. Dans les parties "U" ou NB, il y a des marges considérables. Dans les POS rien n'interdit les densifications...
On sait, par ailleurs, que le Tribunal Administratif de Nice a pu faire interdire la densification, saisi qu'il a été par des associations de particuliers. Est-on condamné à ce type de blocage ? Quels moyens a t-on de dire: il faut densifier ? Quels moyens a t-on de mobiliser les sols ?
On constate que peu de collectivités présente un littoral protégé. La sociologie locale aurait-elle rattrapé la loi littorale ? Est-elle pour le statu quo ?
La loi littorale semble avoir des effets sur le marché immobilier : elle a atténué la "logique cow-boy". On sait également qu'en phase de crise immobilière, la contrainte joue positivement sur la valeur...
En même temps, on se rend compte que les bons projets ont plus de difficultés à se développer que l'urbanisation rampante. N'y a-t-il pas là contradiction avec les bonnes intentions et les idées de départ ?.
On peut néanmoins dire que rien dans la loi n'empêche l'urbanisation concertée : "il faut simplement de la volonté politique".
Il y a un réel déficit d'espaces publics sur l'aire : dès qu'un tel espace est créé, il est très utilisé. C'est le cas, dans un secteur entre Hyères et Toulon, d'une piste cyclable installée sur l'emprise ancienne des chemins de fer de Provence qui est très fréquentée. Son entretien bénéficie de 2 à 3 millions de francs par an.
A propos de questions, hypothèses, remarques....
Un système urbain paradoxal
Sur l'Aire Toulonnaise, il se passe finalement les mêmes phénomènes qu'ailleurs, quand on va d'une première à une troisième couronne. Il y a la forte spécialisation résidentielle, la perte d'influence de la ville-centre, l'habitat collectif qui s'oppose au pavillonnaire, les quartiers jeunes, les quartiers plus âgés, le centre et la périphérie...
Mais la perte d'influence du centre est plus forte qu'ailleurs accompagnée d'une tendance à la paupérisation. De plus, on constate que Toulon est un lieu de transition* pour les jeunes ménages.
(*...Pour les marins, militaires qui plus est, n'est ce pas là le lot habituel, naturel ?).
Toulon a une attractivité fonctionnelle (travail, démarches administratives, etc...) mais ne génère pas franchement de fréquentation autre. Les grands équipements à Toulon ont une attractivité élargie au niveau départemental, mais très faible sur les communes voisines...
Hyères a une attractivité extra-régionale et une attractivité locale (santé, équipement), mais ce n'est pas véritablement un centre de vie. Hyères fonctionne beaucoup avec Toulon.
Des pôles secondaires émergent difficilement. Il y a diffusion des différentes fonctions dans les tissus communaux, mais pas de polarité forte.
Comme partout, on assiste à une redéfinition des centralités et les unités territoriales ne sont pas très strictement délimitées. Ces pôles multiples ont des rayonnements faibles.
Dans l'Aire Toulonnaise ces phénomènes semblent se radicaliser. Un nouveau système urbain semble rencontrer un ancien. C'est un système d'éclatement radical qui en même temps se complexifie... Tout ça contribue au fait qu'on a du mal à lire une ville.
Un tissu continu et maillé mais sans visibilité pour une ville brouillée
Une particularité de la morphologie urbaine toulonnaise est qu'on passe d'un quartier à l'autre en un tissu continu et qu'il n'y a pas de coupures entre quartiers.
Entre le 19 et le 20ème siècles, aucun grand tracé n'a été ouvert. Au 20ème siècle ce sont les lotissements qui ont permis de mailler les quartiers entre eux. Il n'y a en effet pas de grand boulevard mais il n'y a pas non plus de lotissements-"poches".
Avec la Planification, se met en place un système par lequel les infrastructures routières sont transformées en infrastructures autoroutières, qui pénètrent beaucoup dans le tissu urbain et s'arrêtent sur des remparts Napoléon III....
Une aire pas autarcique, qui encaisse les chocs et finalement les accepte...
On pense souvent que l'Aire Toulonnaise fonctionne essentiellement sur elle-même : il faut rappeler que l'Aire Toulonnaise représente 46 % de la fréquentation touristique du Var. L'aire dépend au contraire de l'extérieur, ses marchés sont extérieurs.
En interne et en externe, l'Aire Toulonnaise peut être perçue comme un espace de quiétude -voire assoupi- En fait il a vécu des ruptures et des événements forts depuis 20 ans: la chute de pans entiers de l'économie et à la fois des recompositions... La composition urbaine de l'aire semble à l'image de ces péripéties.
On peut souligner l'aptitude de ce territoire à accepter les changements.
Avec l'arrêt des chantiers civils en 1980, une partie de la population ouvrière avec statut particulier est partie : rupture économique et rupture sociologique forte.
Une partie de la société ouvrière avait eu jusque là un statut protégé : un tel changement a produit une onde de choc entre amertume, désillusion et frustrations. Politiquement, l'Aire Toulonnaise s'est souvent trouvée à contre temps de ce qui se passe autour d'elle : politiquement "rouge" quand les autres sont blancs et inversement...
"La sociologie politique et technocratique nivelle tout... mais sur le terrain des gens font vivre cette aire"
Actifs, Inactifs : ... et avec le regard sur la ligne bleue de la Royale
19 à 20 % des actifs sont au chômage.
Ce territoire crée des emplois surtout dans le tertiaire: cela s'accompagne donc d'une transformation complète de la trame professionnelle des actifs avec précarisation de l'emploi, féminisation.
Un tissu industriel persiste sur l'aire : il représente 20 000 emplois industriels. C'est un enjeu de maintenir ce socle.
Les inactifs sont une population qui pèsent sociologiquement: beaucoup ont choisi Toulon pour "finir leur vie" ou "terminer leur carrière", comme c'est aussi massivement le cas à Nice ou à Hyères...
La composante militaire (sociologiquement) de l'Aire Toulonnaise n'est pas anecdotique, elle est centrale: Toulon est bien loin de la Marseille dissipée, "sécessionniste", tenant tête au Pouvoir Royal. Toulon est loyale : la Marine Nationale ne se désigne t-elle pas comme "La Royale" (en opposition avec la Marine marchande), la discrète : (il ne faut pas oublier que la flotte s'est sabordée à Toulon).
Économiquement, les qualités de cette composante sont indéniables: savoir-faire, expertise, technologies de pointe, savoir-faire de projet etc. Elles sont largement relayées par le tissu PME-PMI.
Souquer ferme pour avancer
Sur place, les techniciens et les responsables tentent de faire en sorte d'éviter la marginalisation de l'aire au niveau fonctionnel (fonctions superstructurelles, université, culture) ainsi que d'éviter un basculement dans une sociologie fermée : 3ème âge, résidentiel...
Les stratégies communales se trouvent parfois en discordance avec les stratégies d'entreprises (ZAC des Playes). Il faut pourtant chercher à maîtriser les implantations (aller chercher des candidats dans l'agro-alimentaire, la pharmacie etc).
L'État doit également réfléchir sur les conditions possibles d'accueil. Avec les ZF, on est en droit de demander des garanties. On peut se demander par exemple dans quelle mesure le statut de zone d'Entreprises (les Playes) a infléchi et pu influer sur le développement de l'ouest par rapport à l'est.
S'il faut attirer des entreprises de l'extérieur, ("éviter de déshabiller Pierre pour habiller Paul..."), c'est avant tout pour réinjecter des actifs dans le tissu, pour éviter la fermeture sociologique, ce repli.
L'Etat lui-même ne devrait-il pas faire en sorte d'envoyer à Toulon, des fonctionnaires jeunes, en début de carrière ?...
Quelques remarques en liberté...
On a finalement le sentiment que l'Aire Toulonnaise produit beaucoup...mais ne produit pas d'image, pas de discours
Contrairement à ce que son implantation méridionale pourrait induire, Toulon n'a pas le Verbe haut*: mis à part Herrero (l'exception séduisante) qui "méridionalise" Toulon, et mis à part aussi les immigrés sur les marchés et dans les rues, et les "deuxième génération"...
(* seul "Le Théâtre" époumonne encore les opérettes et les grands opéras...)
Sur l'aire, il y a un endroit où un "discours" s'élève ( (et donc où "de l'Image" commence à se constituer) : c'est autour de l'industrie: quelque chose comme un discours épique ancré sur les savoir-faire de la Marine et les technologies de la mer. Discours en écho avec la grande culture ouvrière des chantiers. On l'entend à l'ouest très distinctement chez Ifremer entre autres...Le BGO, le bassin de houle, est l'équipement de cet imaginaire; l'entêtement à le faire exister est proportionnel à son importance symbolique.. Marépolis (son gigantisme, le rêve de recréer un outil de la même importance que les Chantiers) en a été la première manifestation: là où le désir s'est heurté au principe de réalité...
Dans les faits, ce discours a une assise forte: en effet il s'appuie sur des réalisations spécialisées prestigieuses (ifremer) au niveau mondial, des collaborations probantes (entre PME sous-traitantes, recherche, expérimentations etc), des exemples de réussites, d'invention, et la légitimation par le grand donneur d'ordre...
C'est un ressort dynamique fort au plan du développement réel.
L'aire a probablement à gagner de l'auto-visibilité, de l'auto-lisiblité à cette "héroïsation du civil"...
et d'où vient ce mutisme ?
Toulon est comme une ville de garnison : avec ses traditions de réserve, son passé de grandes et nobles missions, d'expéditions lointaines et guerrières. Aujourd'hui une grande part de l'imagerie que "le Toulonnais" l'organe municipal du Front National utilise est fortement chevillée à cette nostalgie.
La Marine Nationale : c'est un attachement indéfectible au corps, et non pas au port...Les attaches ne doivent pas prendre le dessus. A terre, on a besoin de repères et de conventions, simples, forts et stables et pas de mouvements !
Toulon est un port de Projection de puissance... quand on se consacre à la projection, quand la raison d'être là c'est de se préparer à partir au loin, ne risque-t-on pas d'être impuissant sur place ?
A Toulon, il faut être très "comme il faut". Ne pas parler trop fort. Etre discret. Surtout, ne pas porter de choses voyantes (cf "ces Dames de la marine", en bleu marine justement !).
Invisibilité de la ville...Mais comment lire une ville lorsqu'une grande zone centrale et en bord de mer est aveugle; l'emprise foncière du port militaire depuis si longtemps impénétrable à l'œil (celui des femmes, celui des civils, des passants)...
Comment ne pas intégrer l'habitude de l'invisible quand le cœur - même de la ville (l'Arsenal point aveugle) est littéralement invisible ou qu'il ne faut pas le regarder, qu'il ne faut pas "y aller voir" parce que c'est la "Basse-ville" et ses quelques rues "chaudes")...à part si on y travaille.
Toulon a un centre-ville encalminé. Où prendre l'air ?
On a évoqué le "développement en haltères" de l'Aire Toulonnaise...Avec le goulot d'étranglement au centre-ville (aveugle, immobile, figé), forcément la vie déborde avec entrain sur les côtés vers les zones commerciales et les zones d'activités à l'est (loisirs, commerces, culture) et à l'ouest. Le centre-ville est comme une banlieue de Grand Var, la province de Grand Var.
Contrairement à Marseille où les cagoles futées ont une impertinence, une extraordinaire vitalité, une créativité vestimentaire revendiquée et affichée au centre de la ville, le type de la dite "pouf toulonnaise"est plutôt triste .
La logique d'extension de Toulon s'arrête à Hyères (en concurrence pour le potentiel attractif) Avec les autres communes potentiel de tourisme et d'attraction des actifs agés.
Le Var a un modèle de développement propre qui a tendance à se faire un peu en opposition à la tendance bipolaire régionale (Marseille/Nice).Sur ce thème, les services locaux de l'Etat et ceux du Conseil Général étudient un mode de développement spécifique. Dans la relation à l'AMM, il cherche à ne pas être une couronne résidentielle.
L'aire toulonnaise est importante en poids mais souffre d'un déficit d'intercommunalité (quelques syndicats ponctuels) Il y a 15 ans un syndicat intercommunal pour un SDAU a été crée, il était en perte de vitesse. Il y a 5 ans il a été réactivé pour un volet Habitat: il a débouché sur un "livre blanc de l'habitat"; pour le moment les élus n'ont pas rebondit sur ce travail...
L'allure de l'échiquier politique ne facilite pas les choses: il s'étend de l'extrême gauche à l'extrême droite. Il n'y a pas d'organisation d'étude sur l'agglomération. Des efforts sont faits pour animer des réseaux d'acteurs institutionnels, techniciens, entrepreneurs et bâtir une réflexion; C'est un groupe informel l'équivalent du club AMM qui se réunit pour construire une base de données commune. Ces réunions débouchent sur le contrat de baie, un dossier de Voirie d'Agglomération. La Défense Nationale participe au groupe de réflexion.
A propos de nos difficultés d'observation et de compréhension de l'Aire Toulonnaise....
Une réalité sans masque qui nous a secoué
Pourquoi en sommes-nous restés apparemment à des idées préconçues ou du moins à nos impressions premières ? Pourquoi avons-nous du mal à interroger les modalités de fonctionnement de l'Aire Toulonnaise autrement que par manque, par déficit, par défaut, ou mystère ? Pourquoi sommes-nous perplexes face à son développement ? Pourquoi lisons-nous en partie l'Aire Toulonnaise comme un équivalent plus ou moins négatif de l'AMM et préfigurant peut-être les problèmes futurs de l'AMM ? Pourquoi ce sentiment d'un territoire "déprimé" à côté d'une AMM plus ou moins "déprimée" ? Pourquoi cette impression d'immobilisme...alors qu'on nous a montré du dynamisme économique (industriel, agricole) ?
Ces questions témoignent des difficultés d'observation de phénomènes complexes et concrets. Ces difficultés soulignent peut-être une déformation de notre regard, une rigidification de nos grilles de lecture après 8 ans d'activités... c'est probable.
Il n'en reste pas moins que ces questions émergent ainsi parce que ce territoire ne se "parle" pas beaucoup comme tel. Ce mutisme semble symptomatique.
L'Aire Toulonnaise nous a laissé perplexes... tel a été le choix remarquable et courageux des organisateurs : ce n'était pas une visite "marketing", pas une visite de communication, pas une visite de lobbying... rien de flatteur, d'ostentatoire ou de beau n'a été privilégié dans la présentation. Ni paillettes, ni "promo"... on a pu voir la ville et l'aire en situation...
Paradoxe de l'Aire Toulonnaise : des données et des performances positives... mais manquant de visibilité pour ses proches voisins
Démographie
Il faut rappeler que l'Aire Toulonnaise est la 8ème agglomération de France, ce qu'on ne réalise pas vraiment environ 500 000 habitants en 1994... Le dynamisme démographique du Var s'explique en grande partie par l'apport migratoire. Entre 1990 et 1995, l'aire toulonnaise a gagné 20 000 habitants, Brignoles 11 500, Draguignan 8000, Fréjus 14 000....
Les entrants sont à 50% des moins de 45 ans. 20 % ont entre 60 et 70 ans. Ils sont en outre un peu plus diplômés que la population en place.
Par ailleurs les sortants sont en grande partie des personnes de moins de 30 ans, en général des diplômés, ayant acquis ou pas leurs diplômes dans le Var.
Cet apport d'actifs atténue la tendance au vieillissement. Le nombre de nouveaux collèges qui sont à construire l'indique (un à deux par an).
Des gens sont donc attirés par le Var et s'y installent. Il y a certes des retraités mais aussi beaucoup de ménages avec enfants, ce qui prouve bien que le département est attractif à de nombreux points de vue, qu'il offre les services nécessaires et qu'il n'est pas déprimant ! (qualité de vie, grandes diversité des paysages...).
L'apport démographique est principalement le fait de gens du Nord, de la Région Parisienne, de Provence-Alpes-Côte d'Azur (dont Marseille) cette population nouvelle est très diversifiée...Par quel phénomène étrange cette population perdrait-elle toutes ses qualités et sa lucidité en choisissant le Var?
Structure et production de l'Emploi : évolutions
En PACA, la proportion de l'emploi privé dans l'emploi total est de 60%.
Dans le Var, à l'inverse, l'emploi privé représente 43% de l'emploi total, tandis que l'emploi public représente 67 %.
Il y a également dans le Var, moins d'emplois industriels qu'en moyenne en PACA.
Si cette représentation industrielle est moins forte dans le Var, la représentation agricole y est plutôt élevée. Un socle d'emploi industriel existe néanmoins.
Avec les dispositifs Zone d'Entreprises, 200 établissements se sont installées dans le Var et ont compensé dans l'absolu le nombre d'emplois perdus... A la Seyne, le niveau de la taxe professionnelle perdue au moment de la fermeture des chantiers a été récupéré rapidement dans les 2 années suivantes.
Le département du Var et l'aire toulonnaise sont restés des pourvoyeurs d'emplois, les derniers indicateurs soulignent la réalité d'une croissance de l'emploi que l'on trouve dans la dynamique des établissements.
Dans ce chiffre varois (démographie des établissements), le chiffre de l'emploi industriel connait également une augmentation alors qu'il baisse dans la moyenne nationale. Cette croissance concerne en particulier les secteurs de l'agro-alimentaire, de l'imprimerie-industries graphiques, de l'informatique, du textile...
Le potentiel agro-alimentaire est bien connu : ce secteur à large spectre s'étend en effet de la coopérative vinicole, à l'horticulture jusqu'aux établissements de type Coca-cola et Orangina.
On sait par ailleurs que ce n'est pas Coca-cola qui est responsable de cette progression: celle-ci s'appuie principalement sur un tissu de petites entreprises, diffuses dans l'espace.
En PACA, on constate qu'un rattrapage d'emplois industriels s'est opéré ; son chiffre est maintenant équivalent à la moyenne française. Dans la Région, l'emploi industriel se développe dans des domaines nouveaux ; c'est également le cas dans le Var. On peut penser que cette évolution est liée aux dispositifs Zone d'Entreprises et au travail d'animation réalisé en particulier par TVT.
Le secteur de la plaisance compte dans le Var 6% des établissements français : ce n'est pas étonnant vu sa situation littorale. De façon plus significative, il faut remarquer qu'on construit 6 fois plus de voiliers dans le Var que dans les Bouches-du-Rhône...
Le secteur BTP compte un grand nombre d'entreprises.
Le secteur des Services aux ménages est important, mais il est difficile à cerner dans la mesure où il est très émietté. Il y a par contre, un déficit en matière de Services aux Entreprises, des services qu'offre actuellement l'AMM...
Malgré les performances positives, le caractère peu lisible et diffus de ces évolutions sur le terrain peut s'expliquer par la taille des entreprises générant de l'emploi : ce sont surtout des PME et des TPE...
En outre, l'importance de la sous-traitance implique que beaucoup d'entreprises qui ont un savoir-faire et façonnent répondent à une demande déjà posée.
En matière d'emplois -directs et indirects- on constate une forte dépendance de l'Aire Toulonnaise vis à vis de la Marine et du Service Public... Si ces secteurs-là régressent sur le plan des effectifs, quel type d' emploi va prendre le relais ?
Comment exploiter les compétences disponibles en matière d'activités liées à la mer au delà des efforts et du soutien de la puissance publique ?
Importance des mobilités malgré une impression d'immobilisme et de repli
Si l'on s'en tient à un seul indicateur, comme celui du commerce et des déplacements vers les zones de chalandise, l'Aire Toulonnaise a l'air de vivre repliée sur elle-même.
Mais ce n'est pas le cas si on examine d'autres variables humaines. L'importance des flux touristiques et des flux migratoires est très significative: le territoire fonctionne fortement sur l'ouverture.
Il y a un renouvellement permanent des populations, y compris dans la Marine. Toulon a une grande force d'accueil et c'est à Toulon que beaucoup de nouveaux arrivants commencent leur installation dans le Var.
L'Aire Toulonnaise est une des rares aires urbaines de l'arc méditerranéen qui accueille ainsi des actifs (ménages avec enfants).
La Ville vit avec l'extérieur ; son économie des services dépend de l'extérieur.
Intercommunalité pour un projet intelligent et consensuel...
3 milliards de Frs dont 1/3 par l'Etat sont consacrés au projet de Transport en Commun en Site Propre, un tramway qui reliera l'est à l'ouest de l'Aire. De l'avis de tous c'est un beau projet.
En particulier sur la première tranche de réalisation et sa préfiguration à l'est de l'Aire, le projet de TCSP est accompagné d'un travail de réflexion très fin sur certaines zones
(cf. réaménagement, desserte de la ZUP Berthe à La Seyne).
Toutefois on peut se demander si des liens ont été véritablement pensés avec des projets de développement économique et urbain ?
En l'état actuel, le projet TCSP ne semble pas prendre en compte de façon spécifique la partie centrale du tracé : la ville de Toulon. Quels rapports le tramway va-t-il avoir avec le centre, comment va-t-il l'irriguer ?
On peut s'inquiéter du fait que seule la question de rapidité de la traversée du centre et de desserte des deux extrémités (est, ouest) soit explicite et ce, d'autant plus que la Ville de Toulon manifeste une certaine réticence à concevoir l'aménagement de son espace central.
La conception technique du TCSP est intelligente, mais quelle efficacité socio-urbaine peut avoir un système de transports sans projet économique et d'habitat ?
Remarques sur le rôle socio-urbain de l'hôpital de la Seyne
Contrairement à ce que, il y a 20 ans, des analyses ont pu constater sur l'hôpital comme facteur cloisonnant, l'aménagement de l'Hôpital de la Seyne se signale par sa volonté d'inscription dans le tissu urbain et dans son fonctionnement. Dans cette dynamique, il est d'ailleurs prévu que la ligne du TCSP le desserve.
Lectures de l'espace dans l'Aire Toulonnaise
Quelques comparaisons : AMM / Aire Toulonnaise
Des similitudes entre AMM et Aire Toulonnaise ont été relevées : centralités multiples, nombre et importance des zones d'activités, développements périphériques importants, difficultés des centres-villes.
A première vue, sur l'Aire Toulonnaise ces phénomènes semblent plus aigus...On a pu ressentir l'impression d'une déstructuration du tissu urbain, celui des espaces périphériques autant que celui du centre.
Comment l'expliquer ?
Est-ce du à la forte contrainte géographique, qui serait comparable à celle de Gênes ? Est-ce du à la présence socio-historique de la Marine, à son poids foncier ?
Un centre-ville désaffecté...avant Changement
Quelques remarques
Il faut rappeler que Toulon est une commune de très petite taille : du coup, dés que ses habitants se déplacent, ils sortent de la commune !
Le profil en "haltère" de l'Aire Toulonnaise ne peut être tenu comme explication mécanique du fait que son centre décline...
La perte de substance économique est évidente au centre-ville dans lequel le Centre Mayol fait figure d'îlot de richesse et de sociabilité: "aller à Carrouf ' " fait partie des pratiques des jeunes en centre-ville.
"Invisibilité" de la ville : comment lire une ville lorsqu'une grande zone centrale et en bord de mer est aveugle ? Depuis toujours, l'emprise foncière du port militaire le rend impénétrable au regard (celui des femmes, celui des civils, des passants), à part si on travaille dans son giron. Comment ne pas prendre l'habitude de l'invisible quand, soit le coeur-même de la ville est littéralement invisible (l'Arsenal : point aveugle), soit il ne faut pas le regarder, il ne faut pas "y aller voir" parce que c'est la "Basse-ville" et ses quelques rues "chaudes"?
A Toulon, il faut être très "comme il faut". Ne pas parler trop fort. Etre discret. Surtout, ne pas porter de choses voyantes (cf "Ces Dames de la marine" dit-on souvent d'une population aisément repérable).
Toulon a un centre-ville encalaminé : alors, où prendre l'air ? Avec le goulot d'étranglement du centre-ville (aveugle, immobile, figé), forcément la vie déborde avec entrain sur les côtés vers les zones commerciales et d'activités à l'est de l'aire (commerces, loisirs, culture) et à l'ouest. Le centre-ville est presque comme une banlieue de Grand Var, la province de Grand Var...
Espoir
Si les problèmes du Centre-Ville sont très importants, de l'avis de certains habitants il semble que "le pire est maintenant derrière nous", que cela ne va pas tarder à changer et ne peut que changer.
Certes les richesses sont parties à l'est et à l'ouest de la ville, mais elles existent. "Des forces vitales sont là, elles vont exploser". Mais on ne reviendra pas à un centre-ville "mythique", rêvé et qui n'a jamais existé.
L'aire-est et l'aire-ouest
Dans l'histoire de la composition urbaine de l'Aire Toulonnaise, des logiques urbanistiques fortes et liées à des fonctions contrastées ont joué un rôle marquant. Toulon : l'administration, le militaire, son élite nationale, ses ouvriers et ses techniciens. La Seyne et le "civil" : population ouvrière et courants d'immigration étrangère, Hyères : ville riche, bourgeoise, de villégiature aristocratique.
L'extension résidentielle a enserré le tout. L'aire Toulonnaise est avant tout un phénomènes résidentiel.
Comme sur l'AMM où existe une concurrence Aix-Marseille, la concurrence Toulon-Hyères est sensible dans l'Aire Toulonnaise. On perçoit un manque de relations entre les deux villes.
On est frappé par l'effort de protection des espaces naturels, mais qu'en est-il de la préservation des espaces agricoles, en particulier de l'espace horticole à l'est ? Cet espace n'est pas extensible et probablement convoité. La pression de l'urbanisation est forte et le développement de friches est un risque supplémentaire pour le maintien de ces zones horticoles. On peut se demander s'il y a une prise de conscience collective en la matière.
Globalement, on repère des tensions entre territoires "artificialisés" et territoires micro-organisés (espaces naturels, espaces horticoles, etc).
Comment jongler entre impératifs de développement et impératifs de protection ?
Apparemment, l'Aire Toulonnaise se développe vers l'est et le nord-est plutôt que vers l'AMM ; son hinterland se situe effectivement à l'est, qui fonctionne beaucoup avec le Var de l'intérieur.
Toulon est à la charnière entre deux systèmes, l'est et l'ouest.
La "fracture" urbaine dans l'espace semble correspondre à des différences sociologiques. Chacune des populations est très attachée à sa zone ; quand on habite l'ouest, on ne fréquente par l'est et inversement... Il y a des petites villes avec des mentalités de village, une qualité de vie propre (marché, etc) : "on est de" Sanary, du Pradet, d'Ollioules ou de Bandol. Une affectivité positive est liée au territoire.
A l'ouest, sur La Seyne, l'urbanisation est fortement liée à l'installation d'actifs, sur des parties probablement moins coûteuses au plan foncier.
Ce que l'on peut percevoir a priori comme une "coupure" à l'ouest, correspond en fait à un espace agricole à poids économique important (AOC Bandol).
A la lecture terrestre de l'Aire Toulonnaise, il est très éclairant d'ajouter la visite maritime de la Grande et Petite rade. La réversibilité de lecture du paysage permet de visibiliser des enjeux spatiaux au plan du développement socio-économique (industries de la mer, tourisme, qualité, protection et valorisation de l'espace collectif...)
L'Aire Toulonnaise est une aire qui a subi, sur des périodes très courtes, des bouleversements sociologiques (fermeture des chantiers, réduction annoncée des effectifs militaires etc.) et des recompositions de populations. Toute cette société formée dans l'Aire Toulonnaise est à étudier.
Le système de développement de l'Aire Toulonnaise semble s'être toujours fait selon un principe de balancier : entre des institutions fortes et une population relativement rebelle. Parallèlement, dans le système urbain, à des phases d'aménagements importants, prégnants ont succédé des phases d'apparent laisser-aller ou de laisser-faire.
Remarques:
Un parallèle entre Gênes et Toulon a pu être fait quand à la prégnance de la contrainte topographique. Pour autant, la présence et les caractéristiques du port sont très différentes dans les deux villes.
En terme d'intercommunalité "exemplaire", il faut rappeler qu'à Gênes, elle a été précoce, mais particulièrement forcée: elle fut le fruit de l'administration mussolinienne...
A propos de la lisibilité territoriale....
Des modes de communication symptomatiques
Quelques hypothèses "ethnologiques" sur Toulon
On constate que l'Aire Toulonnaise "produit" beaucoup, mais on a le sentiment qu'elle ne produit pas d'Image (positive), pas de "Discours".
A quoi relier ce mutisme relatif ?
Contrairement à ce que son implantation provençale pourrait laisser croire, Toulon n'a pas le verbe haut: Daniel Herrero est l'exception séduisante qui "méridionalise"la ville.
Toulon est une ville de garnison avec ses traditions de réserve, de retenue dans l'expression et en même temps, son passé de grandes et nobles missions, d'expéditions lointaines et guerrières: aujourd'hui, une grande part de l'imagerie que l'hebdomadaire "le Toulonnais"-organe municipal du Front National- utilise, est fortement chevillée à la nostalgie de l'histoire coloniale et de ses "hauts faits" (Mémoires, témoignages d'officiers).
Pour un Marin, la Marine Nationale, c'est un attachement indéfectible au Corps (d'armée), et non pas au Port... Les "attaches" personnelles ne doivent pas prendre le dessus. De plus, à terre il a besoin de repères simples, forts et de conventions stables plutôt que de mouvements et d'innovation...
Toulon est dit "port de Projection de puissance"...Quand on se consacre à une telle "projection", quand la raison d'être ici, c'est de se préparer à partir au loin, n'est-il pas logique, à quai, d'être inactif, en attente ? Comment dans ces conditions concevoir de grand projet sur place, hormis le projet "personnel", de type"familial" ?
Comme institution, La Marine manifeste concrètement, son souci, son intérêt pour le projet collectif, l'intérêt commun et économique de l'aire (gestion des RH et de la réduction des effectifs, des compétences, valorisation de son patrimoine, participation au développement, partenariats).
Sur la Rade et à l'ouest : un imaginaire et un discours porteur
Concrètement aujourd'hui, il y a dans l'Aire Toulonnaise un endroit où un "discours"émerge et donc, où "de l'Image" commence à se constituer...
C'est autour de l'industrie navale, quelque chose comme un discours épique, ancré sur les savoir-faire de la Marine et les technologies de la mer: discours qui fait écho avec la grande culture ouvrière des chantiers. On l'entend à l'ouest, et très distinctement chez Ifremer entre autres.
Le BGO, le bassin de houle, est l'équipement de cet imaginaire ; l'entêtement à le faire exister est à la mesure de son importance symbolique. Marépolis (rêve de recréer un outil de la même importance que les Chantiers) en a été la première manifestation et l'endroit où le désir s'est heurté au principe de réalité.
Dans les faits, ce discours a une assise forte : en effet il s'appuie sur des réalisations spécialisées prestigieuses (Ifremer) au niveau mondial, des collaborations probantes (entre PME sous-traitantes, recherche, expérimentation etc.), des exemples de réussite, d'invention, ainsi que sur la légitimation qualitative par le grand donneur d'ordre (DCN)...C'est un ressort dynamique fort au plan du développement réel.
L'aire a probablement à gagner de l'auto-visibilité, de l'auto-lisiblité à cette "héroïsation du civil"...
Le déficit de volonté : le poids de l'histoire politique
Les acteurs institutionnels sont peu visibles dans l'action... Y a-t-il un lien entre la faible implication de certaines institutions et collectivités locales et la médiocrité de la vie politique et de ces pratiques ? C'est aujourd'hui l'avis quasi-unanime des analystes et des responsables sur le terrain. La "chape" de l'histoire politique est en grande partie responsable d'une médiocrité générale de l'action.
Rappel historique
Il faut rappeler que Toulon a été une des premières municipalités socialistes, (aujourd'hui, tout le monde l'a oublié et aucune rue de la ville ne porte le nom de son maire socialiste Ferrero ).
Le Var et l'Aire Toulonnaise en particulier, ont une puissante et ancienne tradition associative (associations, coopératives, cercles, organisations maçonniques etc.).
Cette précoce vitalité associative en perdurant et en s'institutionnalisant a connu naturellement une dérive sous la forme de réseaux d'influences et de pratiques fortement clientélistes qui ont trouvé un domaine de prédilection dans le système politique.
Un huis-clos stérilisant
Le système s'est maintenu en circuit fermé dans un conformisme général et "a produit du silence", "une chape" au prix de "la médiocrité", de la faiblesse du débat démocratique et d'une frilosité face aux sollicitations d'un développement exogène et au prix de l'écrasement des dynamismes locaux (Ex: IBM, à l'étroit à La Gaude-06 voulait s'implanter à Toulon qui a refusé ; les activités culturelles repoussées systématiquement vers la périphérie...).
Dans le contexte général de ce huis-clos (de sous-préfecture), s'est développé d'un côté, un mode de fonctionnement et des comportements bureaucratiques (Fonction publique, Marine, Administration) et rigidifiants, tandis que de l'autre côté a pu fleurir une forme d'ultra-libéralisme dont l'urbanisation porte les traces : un développement "à l'américaine" avec de vastes espaces commerciaux, un centre qui se délite et s'appauvrit, des zones résidentielles de plus en plus spécialisées sociologiquement, la gestion de l'espace incontrôlée etc.
Ce qui s'est ainsi passé dans l'Aire semble être à l'image de la France : d'un côté le grand système jacobin, ou bureaucratique, de l'autre un laxisme plus important que dans d'autres pays, et laissant proliférer des formes anarchiques.
La crise de la société politique, c'est la crise d'un Toulon de préfecture...
L'image de la ville pâtit de son héritage politique : alors même que la Ville est équipée, elle n'a qu'une faible visibilité.
Le système politique, désormais ébranlé de toutes parts, a encore des effets sur "l'image" externe de l'Aire ( comme Tout cohérent, animé d'une volonté ).
Les paradoxes d'une sociabilité sans projet collectif ...
Il n'y a encore, semble-t-il, ni lieu collectif, ni espace de débat démocratique et de confrontations suffisamment puissant pour peser sur l'avenir de l'Aire... "il y a pourtant plein de petites "niches intelligentes", mais elles ne sont pas connectées."
Aujourd'hui, le foisonnement structurel de la vie associative s'accompagne en fait d'un émiettement des pratiques et des intérêts ; ces petites structures fonctionnent beaucoup en circuit fermé et les querelles intestines n'en sont que plus féroces. Elles stérilisent les possibilités d'actions communes...
Ce mode d'organisation par groupes d'intérêt peut être considéré comme une des formes de la "surmodernité" : d'un côté il signale une énergie autocentrée et la volonté farouche de l'initiative mais de l'autre, il induit une relative incapacité à penser et construire un projet d'ensemble connecté à la collectivité, un projet d'intérêt commun...
Le terrain économique : des acteurs et des réserves de dynamisme et d'attractivité
Des dynamismes se manifestent sur les terrains... L'exemple des groupements d'industriels (filière recherche) initiés par TVT est caractéristique de cette richesse de capacité de coordination. Les organismes consulaires fonctionnent aussi bien qu'ailleurs.
La réussite des zones d'entreprises semble frappante par rapport à la moyenne des actions volontaristes. Il n'y a peut-être pas de "moteur" économique mais il y a des acteurs qui s'activent...
Le territoire draine des richesses et des potentiels humains.
Si on se place dans la logique d'une stratégie individuelle, il est patent que le Var est bien perçu et effectivement attractif : on s'y installe avec sa famille pour y travailler, y construire sa maison, on y crée son affaire, son entreprise...
Toutefois l'implication institutionnelle semble parfois peu manifeste, vue de l'extérieur... soit parce qu'elle est peu pratiquée, soit parce qu'elle est trop peu "revendiquée". On a le sentiment d'une juxtaposition d'opérations qui se font de façon isolée dans l'espace, ou qui ont été conçues au fur et à mesure...
Pourquoi, en tant qu'observateur extérieur, n'a-t-on pas une vision globalement positive de l'Aire alors même que les chiffres sont positifs en terme de développement ?
C'est peut-être parce qu'on ne voit pas encore, (ou que l'on ne sait pas voir ?) de réelle dynamique structurante. On a du mal à percevoir des enjeux globaux en terme de politique publique, de communication. (Contrairement à l'AMM, où l'on peut aisément repérer les enjeux logistiques ou les enjeux portuaires...)
Si on se contente d'expliquer la réussite de l'Aire par le dynamisme et les stratégies propres des PME-PMI et TPE, ne risque-t-on pas d'en rester à une atomisation des projets et des actions ? Les acteurs économiques ont-ils capacité à générer du développement commun au-delà de leurs objectifs et de leurs stratégies de développement propres?
L'Aire Toulonnaise présente différentes "centralités". Par exemple, au plan mondial, Toulon est à la pointe en matière de techniques de pénétration sous-marine. Comment visibiliser ces centralités, s'appuyer sur les réussites pour générer un développement commun, collectif ?
Nouvelles volontés, nouveaux modes d'actions
Avant que de s'attaquer à une réflexion centrée sur l'Aire Toulonnaise, le Conseil Général et sa Direction du Développement économique ont fait le choix tactique de travailler sur le reste du Var, afin de tester des modes de réflexion et de s'appuyer sur des modalités de fonctionnement ayant produit concrètement de la dynamique. Disposant à l'heure actuelle d'exemples concrets et d'éléments de bilan de son action, le Conseil Général a des "arguments" pour s'adresser à l'Aire Toulonnaise, et lancer les prémices d'une réflexion globale avec l'agglomération.
Dans les mécanismes institutionnels mis en place (cf. TVT), le souci du développement économique est maintenant partout: au delà d'une politique qui lie le territoire au seul habitat, c'est une politique qui lie le territoire à l'économie, aux stratégies foncières etc. (POS, maîtrise du foncier etc.).
Quant aux techniciens des services de l'Etat ils s'efforcent de travailler projet par projet : cette méthode permet souvent de s'affranchir de certaines pressions et lourdeurs institutionnelles.
Par ailleurs, les services de l'État manifestent une volonté d'engager ou de reprendre de véritables travaux de prospective.
A propos de l'échelle de l'Aire Toulonnaise et des rapports avec l'AMM
L'évolution d'un vaste complexe socio-historique
Pour raisonner les relations à activer entre AMM et Aire Toulonnaise, il peut être utile de rappeler un phénomène auquel les deux aires sont redevables et qui peut permettre de problématiser leur devenir...
Entre Port-de-Bouc et Toulon s'étendait le vaste complexe socio-historique de la réparation et de la construction navales ; bassin d'emploi caractérisé par une main-d'oeuvre qualifiée et de techniciens, avec une même culture, structurée par les mêmes organisations syndicales, avec un imaginaire professionnel commun, un ensemble formant un marché du travail commun, ancré dans un tissu de fournisseurs et de sous-traitants communs. Ce système s'est effondré à partir des années 75.
Dans les repositionnements économiques actuels des deux aires, peut-on repérer des traits communs ?
On constate qu'en général le "centre" périclite tandis que la périphérie prospère ; on peut dire que c'est le cas pour le littoral (en tant qu'ancien "centre" de l'activité).
En effet un repositionnement industriel est à l'oeuvre, "à la périphérie", sur une bande intérieure (l'arrière-littoral) qui va d'Arles à Aix-les-Milles, vers Rousset, Signes et jusqu'à Sophia-Esterel. Une autoroute irrigue cette bande.
Signes et Rousset ont été des zones aidées. A cela se sont ajoutées les qualités d'un milieu attractif (qualité de vie, des sites) pour des populations qualifiées.
Plutôt que de notions de "centre" et de périphérie, il faudrait plutôt, en l'occurrence, parler d'une Aire pour laquelle les professionnalités industrielles passent par un arrière-pays et sont liées à des imaginaires socio-professionnels, des infrastructures, des hasards, de la qualité de vie.
Des relations de fait, des interdépendances à mesurer
En terme de proximité humaine, les relations entre l'AMM et l'Aire Toulonnaise se développent fortement...C'est le cas pour les flux touristiques également (tourisme et loisirs de proximité). Ces relations nombreuses et régulières minimisent les effets de coupure que l'on peut ressentir entre les deux espaces.
En terme économique, on remarque des pertes de solidarités entre les deux aires.
Il faut cependant analyser les dynamismes qui se manifestent dans les faces ouvertes de Marseille et de sa périphérie. En terme de production d'emplois, l'est de Marseille présente des taux proches des performances d'Aix et Montpellier*. Ce développement se dessine en partie avec l'ouest de l'Aire Toulonnaise et ses migrations alternantes. Il faut rappeler qu'Aubagne a perdu un point de chômage en un an. Il y a des gens qui travaillent à Aubagne et vivent dans l'ouest de l'Aire Toulonnaise. Quant à la partie intérieure du Var, elle est bien liée à l'AMM.
Que ce se passe-t-il exactement entre l'ouest toulonnais, Marseille, Aubagne ? Quels services aux entreprises offrent l'AMM à l'Aire Toulonnaise et où ?
L'Aire Toulonnaise est un sous-système appartenant à un système plus large dans lequel est incluse l'AMM. La relation entre ces deux aires, bien connectées par l'autoroute, est-elle une réalité de fait, ou bien constituent-elles deux systèmes bien distincts qu'il faudrait relier ?
Pour comprendre l'Aire Toulonnaise et agir, il faut probablement croiser deux types d'échelle : une échelle d'agglomération et l'échelle du territoire qui s'étend de Berre à Hyères en passant par Aix (et leurs bassins d'emplois).
Tout comme l'AMM, l'Aire Toulonnaise parait être un espace qui a besoin de se lier à d'autres territoires, dans de saines logiques de coopération et d'émulation.
* Aix et Montpellier sont les deux villes de l'arc méditerranéen qui produisent le plus d'emplois (avec une forte concentration de tertiaire à impact et également une forte production d'emplois industriels dans des domaines nouveaux).
Port de Commerce : une dépendance sans collaboration
Les dirigeants du Port de Toulon ont l'air très inquiets de l'avenir de l'outil -ayant nécessité des investissements lourds- et à la fois tablent sur un développement. Toutefois leurs espoirs ne paraissent réalisables que si l'activité de Toulon tient compte de Marseille. Le Port de Toulon dépend en effet beaucoup de celui de Marseille.
Son activité a bénéficié plusieurs années des difficultés sociales du port de Marseille (conflits dockers). Le Port de Toulon a récolté du trafic pour ces raisons conjoncturelles. Toutefois, remplacer Marseille quand il y a des problèmes, ce ne peut pas être une stratégie viable !
Compte-tenu de ses caractéristiques, de l'avis de spécialistes, certaines petites niches commerciales sont jouables pour ce port. Toutefois, Toulon a des difficultés à desservir son hinterland, il ne peut être que complémentaire à Marseille.
Côté Port Autonome, il semble que pour le moment aucun intérêt particulier ne soit porté à l'activité de son petit voisin de l'est.
L'Aire Toulonnaise dans le développement territorial régional
Un besoin de stratégie publique
Si l'Etat et la Région ne tiennent pas compte des réalités spécifiques de l'Aire Toulonnaise, il y a risque de marginalisation en termes de superstructures et d'infrastructures au niveau régional.
L'aéroport de Toulon-Hyères est le 12ème site de France. Qu'en est-il de son avenir face aux stratégies des compagnies et aux politiques publiques ?
Il représente 1 million de passagers par an. Quant à la capacité de l'espace aérien de Marseille ou de Nice, elle n'est pas extensible à l'infini (ces aéroports sont saturables). On pourrait imaginer que l'aéroport soit un site intéressant dans 8 ou 10 ans.
Sachant que l'aire ne bénéficiera probablement pas d'une desserte TGV, il y a urgence. En l'absence d'effort sur le port et sur l'aéroport, le risque de "décrochage" de l'aire toulonnaise semble sérieux.
Les équipements publics, l'Université : quelles perspectives ?
Passée une certaine quantité de population estudiantine devant quitter l'Aire Toulonnaise pour aller étudier à Marseille ou à Nice, il devenait important de disposer d' établissements universitaires sur place.
Dans les faits, pour le moment, il s'agit plutôt d'une université de "premier cycle" (l'équivalent des Junior universities américaines).
L'université ne doit pas être seulement un lieu de dispense de formation, elle doit remplir une vocation de recherche (En même temps, une tendance fait qu'elle recrute des agrégés qui ne sont pas des enseignants-chercheurs...).
Or, la plus grosse difficulté de l'Université de Toulon est précisément de trouver et mettre en place des axes de recherche. Les 8500 étudiants varois sont dispersés sur plusieurs sites (Toulon, La Garde, Draguignan, Saint Raphaël).
On peut se demander quel rôle d'animation peut jouer la Délégation Régionale du CNFPT implantée dans la zone Est et dont le bâtiment tourne le dos à l'Université. Une stratégie précise a-t-elle pu présider à une telle implantation ? Laquelle ?
Des aspirations solitaires ?
Du côté de l'Aire Toulonnaise, les rapports avec l'AMM ne semblent pas faire l'objet d'un questionnement très manifeste... Est-ce un hasard, lié au contexte de la visite, ou quelque chose de plus profond et lié à l'histoire urbaine forte et très ancienne du Département ?
Le Var n'a-t-il pas cherché à s'affirmer comme entité, identité spécifique ? N'est-ce pas là une tendance structurelle et naturelle ?
Au niveau du Contrat de Plan, les techniciens et les responsables varois rappellent qu'ils se sont battus pour l'idée de multipolarité afin que des fonds régionaux soient redéployés pour rééquilibrer le développement (en direction des services de "proximité" et de qualité).
Cette doléance ne consiste pas à tout partager, ni, par là même, à saupoudrer. Il est évident que certaines fonctions de commandement doivent rester dans la capitale régionale... Il s'agit d'encourager le développement d'un système urbain équilibré, avec une répartition de fonctions sur différents pôles, de travailler dans "un souci de métropolisation pour un territoire multipolaire à géométrie variable".
Ne faut-il pas des sous-systèmes urbains forts "armés", pour permettre ensuite des approches plus globales et les reliant de façon organique ?
En matière d'aménagement du territoire on sait bien que tout n'est pas affaire de "volonté", qu'il y a des "hasards", des conjonctions de phénomènes. Néanmoins on peut souhaiter que se mette en place une dynamique entre l'administration varoise, les services de l'Etat, la Préfecture de Région.
Quelques remarques pour conclure
Un effet positif de la visite a été souligné. Par le pouvoir performatif du Nom, l'Aire Toulonnaise existe au moins comme aire d'Etude.
Dans la mesure où des pratiques avant-coureuses, annonciatrices de phénomènes nouveaux s'y manifestent, c'est un laboratoire où se poser différentes questions nouvelles, afin d'informer, d'infléchir, de préparer la décision publique et les actions publiques...
C'est une "chance" de ne plus avoir de "centre" unique : cela permet de travailler sur l'ensemble du tissu, avec une démarche par scénarios. On peut isoler de nouvelles formes d'existence urbaine, qui ne sont pas encore le lieu d'une réflexion territoriale. C'est le moment et le lieu de penser différemment
Pour ce qui est du rapport entre fracture sociale et fracture spatiale, le système de l'Aire Toulonnaise semble radicaliser des formes urbaines que l'on voit aussi ailleurs : il n'y a pas de lieu fédérateur, en fait, on pratique la ville en la picorant...
Il y a des centralités qualitatives qui se forment autour d'un opéra, d'un stade, d'un aéroport, d'une galerie marchande qui ne recoupent pas forcément celles qui se jouent autour de la santé, de l'éducation, d'un marché, les night-clubs, le week-end, ou en semaine... Ces pratiques, génèrent des mobilités de toutes sortes...
C'est pourquoi il faut chercher à repérer l'efficacité sociale et économique des espaces et de leurs relations.