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Ont participe a cette réunion qui s'est déroulée
en Préfecture de Région
Dominique BECQUART, Marcel BENARROCHE, Jean BONNIER, Edith CHOURAQUI,
Nathalie DELPIERRE, Pricilla DE ROO, Evelyne DUDOGNON, Jean ECOCHARD,
Thierry FELLMANN, Jean-Paul FERRIER, Lucien GALLAS, Daniel GRANDE,
Michel GUTSATZ, Anne-Marie HENRIOT, Joèl HERBULOT, André
JOLLIVET, Jean-Paul LACAZE*, Philippe LANGEVIN, Michel LAURENT,
Arinna LATZ, Michel LORNE, Bernard MOREL, Catherine NAAR, Dominique
ORSOLINI, Didier PICHERAL, Guy RAVOUX, Marie RUBINSTEIN, Claire
SANJUAN, Jean VIARD, Jean-Benoit ZIMMERMANN
Ingénieur des Ponts et Chaussées. Jusqu'â
l'été 1992, Directeur de l'ANAH, après s'être
occupé de la ville nouvelle du Vaudreuil, de l'aménagement
touristique du Languedoc-Roussillon et de l'aménagement
du quartier de la Défense.
Cette première mutation s'est bien passée, avec
des efforts importants d'équipement, l'urbanisation nourrit
alors l'industrialisation et inversement. On est la dans une phase
de continuité de la croissance économique.
- En 1973 le choc pétrolier va casser cette euphorie.
On assiste a une redistribution de l'économie a l'échelle
mondiale et a une vague de désindustrialisation brutale
qui vont avoir un impact lourd sur les villes. En Lorraine et
dans le Nord, on va vivre une dizaine d'années de crise
dure et des programmes de restructuration (en I 950, I SO 000
mineurs travaillaient dans le bassin houiller du Nord-Pas-de-Calais
il n'y en a plus aujourd'hui).
La reprise qui a lieu dès l985 ne fut pas bien analysee
a son début. En l989, le Livre Blanc de l'Ile-de-France
prévoit une croissance nulle, alors que les résultats
du recensement montre que la croissance avait repris fortement.
Entre 1982 et 1990, la France a deux millions d'habitants en
plus, inégalement réparti :
1/6 en Méditerranée
La métropolisation est un phénomène que l'on
rencontre dans tous les pays développés ; depuis
la reprise économique de 1985, les populations se reconcentrent
dans les aires métropolitaines.
Si l'on observe les soldes de création d'emplois. on observe
* de 1962 a 1968, un gain en France de 150 000 emplois, dont 20%
en Ile-de-France 60 000 emplois surtout industriels sont allés
en Province.
* de 1968 a 1975. c'est le même gain d'emplois qu'on constate,
mais l'emploi industriel a totalement cessé de croître
a partir de 1965.
* de 1975 a 1981. la crise a induit un faible solde d'emplois,
affecté pour l'essentiel en Province.
* en 1981, on n 'observe plus de crise du logement en Ile-de-France.
* de 1981 a 1989, 40 000 emplois sont créés par
an, dont la moitié en région Ile-de-France.
Mais il faut savoir que de 1973 a .1987, l'Ile-de-France a perdu
325 000 postes de travail dans l'industrie, 110 000 emplois dans
le BTP et a gagné 425 000 emplois tertiaires. Cependant
la région parisienne reste le lieu de la plus grande concentration
d'industries françaises et le poids de Paris dans l'emploi
métropolitain national reste considérable.
On observe qu'en Ile-de-France, il n'y a pas d'étalement
dans l'espace des activites. Quand on remplace mille emplois industriels
par mille emplois tertiaires, on aboutit a une concentration des
lieux de travail et des plages horaires de travail a la Défense,
dans un site de 75 hectares, on a ~0 000 postes de travail, donc
près de mille postes a l'hectare, car ce type de tertiaire
exige des échanges inter-personnels qui contribuent a
la concentration spatiale. D'où des conséquences
préoccupantes de saturation du réseau de transport
en région pari sienne et un retour de la demande solvable
vers le centre.
En outre, la tertiarisation appelle une population de plus en
plus qualifiée, donc un "embourgeoisement de la population"
avec des conséquences sur la consommation de loisirs. Entre
1951 et 1955, on a assiste a une flambée des prix immobiliers
et fonciers.
On est aujourd'hui en situation de surproduction de bureaux avec
3M de m2 disponibles a la vente. Les municipalités poursuivent
a tort cette inflation et ne veulent plus augmenter le rythme
de construction de logements, malgré les réels besoins,
en particulier de logements HLM.
La hausse des prix a accéléré le phénomène de désindustrialisation
l'extension "en tache d'huile" est bloquée en
Ile-de-France pour des raisons structurelles tenant a trois phénomènes :
L 'hypothèse qui est faite aujourd'hui, c'est qu'une nouvelle
Vague de croissance éventuelle conduirait a une hyper-croissance
en région parisienne.
Si les entrepreneurs s installent en région parisienne,
ce n'est pas pour le plaisir de tout payer plus cher. Leur décision
est liée a la taille du marché du travail, les industriels
sachant qu'ils vont vivre des a-coups. Dès que le niveau
de qualification s'élève, les flux d'offres et de
demandes dans les petites villes sont insuffisants. En outre,
les licencements se remarquent moins quand on est dans une large
marché du travail. Notons que 243 000 personnes travaillent
en Ile-de-France tout en n'y résidant pas.
Les entrepreneurs sont surtout sensibles a la nécessité
d'adaptabilité ; ils ont besoin de réagir vite,
d'avoir des contacts, de sentir le marché, d'être
proche du système de branchement sur l'international, toutes
caractéristiques de ce système métropolitain.
La stratégie des grands groupes va dans ce sens
- il n'y a plus un seul ouvrier a Renault Billancourt mais seulement
la direction a Saint-Quentin en Yvelines sont regroupées
les fonctions de recherche et de création de prototypes
et c'est en Province que se fait la fabrication avec des exigences
de gains de productivité de 7% par an.
- Quant a Sony, il joue le jeu de la fabrication en France, avec
des usines "tournevis" au Pays Basque et en Normandie
au début, puis leur système s'est enrichi en y intégrant
la recherche, en adéquation avec le pays d'accueil.
Cet espace est constitué de 6 régions et 2 départements (La Sarthe et la Soane). C'est une partie de la France qui a comme lieu de service régional Paris, les chefs lieux de régions administratives n'ont aucun rayonnement. C'est une partie de la France qui a vécu un millénaire de centralisation.
Le Bassin Parisien est un révélateur intense de
tous les problèmes d'aménagement du territoire :
les problèmes qui se posent aux villes de la grande couronne,
au-delà de 50 Km. de Paris, sont similaires a ceux de la
Province. Rouen n a eu son université qu'en 1965. Paris
était si près... et on v a tous les services.
Hors Ile-de-France, le Bassin Parisien a 9 millions d'habitants
les prestataires de services ont alors un marché de près
de 20 millions d'habitants.
Le Bassin Parisien est traversé par beaucoup d'infrastructures
mais est en fait mal desservi ce phénomène est
aggravé par la priorité au TGV ; le TGV est fait
pour mettre en relation des centres villes a grande distance
les dessertes grandes banlieues sont moins fréquentes et
les petites villes moins bien desservies.
Même a population constante, le développement de
la maison individuelle se reporte a 50-60 Km. de Paris et les
populations vont consommer beaucoup plus d'espace-temps.
- On sait bien que les villes du Bassin Parisien ne vont pas concurrencer
l'hyper-croissance de Paris.
Ainsi le nombre d'étudiants pour 1000 habitants est de
:
- Le Bassin Parisien s'est industrialisé au coup par coup
sans créer un tissu industriel cohérent et cette
géographie fonctionnelle des emplois pari siens s'est accentuée
a l'occasion de la crise.
Certaines politiques publiques contribuent a accentuer la concentration
- Ainsi la 3ème rocade, la francilienne, qui reliera les
villes nouvelles, a encore attirer les activités. L'Etat
pouvait avoir d'autres choix, tel qu'une rocade hors Ile-de-France
; Dans la région de Londres. les maillages autoroutiers
se font en pleine zone verte, a 30-35 Km. de la ville centre.
- L'espace du Bassin Parisien représente un nouveau centralisme,
cet espace attend tout de Paris.
Il n'y a plus aujourd'hui dans le Bassin Parisien d'offre alternative
lisible et perceptible par les industriels comme l'ont été
en leur temps Orléans-la-Source et le Vaudreuil. Le
vide du Bassin Parisien commence aujourd'hui aux portes de l'agglomération
car les dynamismes commerciaux nécessaires pour attirer
les créateurs d'activités ne sont pas suffisants,
alors que Toulouse ou Montpellier ont su le faire.
Les régions administratives du Bassin Parisien n'ont pas
d'épaisseur. sont en recherche d'identité. kêne
frange est sous influence parisienne, le reste dans une problématique
identique aux autres régions de France.
Certains espaces du Bassin Parisien ont des atouts importants
L'approche par le marché dans la région parisienne
est essentiel. Quand on a voulu sortir du marché, on a
fait les UP. Or la vraie façon de faire du logement social,
c'est de prendre place sur le marché foncier, de trouver
des opérateurs, de faire une part de logements sociaux
et de revaloriser l'image des quartiers pour ses habitants et
ceux qui y passent.
Quand on concentre le logement social, on crée des images sociales "diaboliques" a modifier ensuite.
Le Bassin Parisien ne produit pas l'offre qui pourrait permettre
de dégager le centre de Paris. Le desserrement du tertiaire
n'a jamais dépassé Marly Le Roy (ex : la Société
Générale) car l'offre n'était pas valable
au delà, mais aussi parce que la logique du tertiaire n'est
pas la même que celle de l'industrie qui a accepté
d'éclater dans l'espace ses différentes activités.
"Le Livre Blanc a eu pour fonction de stimuler des réflexions
dans un espace ou il y en avait peu.
Le Livre blanc du Bassin Parisien -premier Livre Blanc de chantier
a être publié- a proposé trois scénarios
différenciés d'organisation spatiale. Sont joints,
a titre d'information, les trois schémas correspondants
resitués sur une carte de l'Hexagone. Au-delà de
l'exemple fourni par cette approche spatialisée, chacune
de ces esquisses fait apparaître un impact fort sur le maillage
urbain des autres grands chantiers : l'exemple du projet de réseau
métropolitain maillé contenu dans le Livre blanc
du Bassin parisien n'a de sens qu'en liaison avec des métropoles
de niveau européen a l'extérieur du Bassin Parisien.
Il y a donc intérêt a confronter les propositions
d'organisation urbaine spécifique a chacun des grands chantiers
pour parvenir a une cohérence et un renforcement de la
structure urbain de l'ensemble de l'hexagone." (cf. annexe).
Le premier scénario prolonge les tendance naturelles sur
les franges. Rien ne change,
Le deuxième scénario élargit le modèle
concentrique en intervenant dans toutes les villes,
Le troisième scénario aboutit a constituer des aires
polynucléaires plus fortes on métropolise et on
fait trois réseaux de villes.
Pour lutter contre la métropole concentrée du scénario
I, le Livre Blanc encourage la défense du scénario
2 tout en gardant "en ligne de mire" le scénario
3 qui risque de conduire a l'abandon de l'idée de communauté
urbaine. L'absence de leader dans le Bassin Parisien est pénalisante.
La DATAR considère deux niveaux d'aménagement du
territoire
- l'ensemble de la France et les aires métropolitaines,
- l'aménagement régional du Bassin Parisien dont
toutes les tentatives de desserrement restent très internes
a l'agglomération.
L'âge d'or de l'aménagement du territoire a reposé
sur l'industrie. Ainsi a Toulouse, 25 ans d'efforts de l'Etat
ont produit des résultats et la naissance de sous-traitance,
même Si l'industrie reste fragile par son marché
unique.
Aujourd'hui, la politique de délocalisation en France reste très marginale
50 000 personnes de la haute administration française,
c'est très peu, alors que l'Etat tient toutes les clefs
des grands systèmes d'innovation technologique, comme le
CEA... et que c'est la que les opérations de délocalisation
auraient des effets.
Le problème de fond reste le parisianisme, l'interpénétration
des élites...
L'Etat, qui a Paris sous les yeux, s'en occupe sans cesse, il
se sent en charge de l'urbanisme de Paris ; le déséquilibre
est incessant, d'autant que l'Etat avec la décentralisation
s'interdit de trop intervenir sur le terrain.
On peut observer. tout d'abord, que la délocalisation,
fer de lance du rapport Paris Province, ne s'appuie que sur les
fonctions les plus mobiles et les moins stratégique s,
la déconcentration d'emplois du seul secteur public, universités,
recherches ou fonctions banales des administrations, encore que
la recherche qui n'est plus un monopole parisien soit un succes
de l'Amenagement du Territoire.
Les fonctions les plus stratégiques manquent en Province
Les villes de province, telles que Milan, Barcelone, et Londres
développent des modèles de centralité fonctionnelle,
la région parisienne tente de déconcentrer tout
en se métropolisant, alors que l'Aire Métropolitaine
Marseillaise est la seule grande métropole qui se soit
démétropolisée.
C'est pourquoi la stratégie de l'Aire Métropolitaine
Marseillaise doit être
Le scénario 3 du Livre Blanc propose de rendre polycentrique
le Bassin Parisien, alors qu'il est aujourd'hui étale.
- L'Aire Métropolitaine Marseillaise doit inventer la grande
région économique de Provence-Alpes-Côte d'Azur
et Languedoc-Roussillon et développer pour cela une capacité
d'organisation entre les villes, compte tenu de son éclatement
fonctionnel et urbain. Il faut prendre acte de cette !!polycentricité",
conséquence de la désindustrialisation mais aussi
de la détertiarisation de Marseille.
Damette qualifie de métropole une ville qui a des emplois
métropolitains. Ceux-ci sont répartis dans l'Aire
Métropolitaine Marseillaise entre Marseille, Aix et l'Etang
de Berre.
Beaucoup s accordent a dire que le modèle décrit
correspond mal a la réalité, en particulier parce
qu'il est loin du "trajet des acteurs!!, loin de ,l'histoire
et de la culture locale, que les stratégies de développement
proposées comportent trop de déterminisme et de
volontarisme.
Il ne faudrait pas oublier qu'on se positionne ici entre Europe et Méditerranée, qu'on est a Marseille dans une ville port très marquée par l'histoire et que l'on y vit un conflit "a la Janus". La question qui se pose est de savoir comment utiliser ces caracteristique;5 pour en faire un moteur du développement, pour "entrer dans la modernité" ? Comment créer une identité collective, une cohésion sociale, en vivant les conflits et l'antagonisme entre deux cultures
Comment créer une communauté de villes en partant
des conflits existants ? Comment dire aux élus qu'ils sont
de fait dans la même métropole et n'ont pas d'autres
choix ?
On sait aujourd'hui que la métropole n'est plus une ville
(sauf pour Paris) ; c'est une région urbaine, c'est un
ensemble de villes entre lesquelles la mobilité est forte
et pose des problèmes de transport. Une vraie métropolisation
suppose que les villes gardent leur spécificité.
L'aire en cours de métropolisation sur la façade
méditerranéenne s'étend sans doute de Montpellier
a Toulon mais souffre d'absence de pouvoir économique.
Représente-t-elle la limite maximum du marché de
l'emploi ? Il ne faut pas dans ce contexte que l'opportunité
d'aménagement de la Joliette soit ratée car de l'hypercentre
dépendra l'image de la ville et de son hinterland.
Beaucoup souligne le rôle essentiel de l'action de l'Etat
dans la construction de cette région urbaine, action dont
on craint qu'elle ne soit pas suffisamment déterminée
et énergique.
En particulier, l'aménagement du territoire va-t-il permettre
de modifier les mécanismes de fond, a savoir la concentration
de la filière d'innovation technologique ? Certains n'imaginent
pas le développement économique sans industries
de pointe et sans services aux entreprises, sachant que les emplois
nouveaux dynamiques sont créés plutôt par
les petites entreprises sur des créneaux pointus.