A propos de la région de Gardanne et de la Haute Vallée de l'Arc
Compte-rendu du 27/06/97


Sommaire

 
A propos d'un "Pays de Gardanne" chemin faisant....
Rappel
Quelques pistes de réflexion
Au fil de la visite, quelques éléments localisés
 
A propos d'espace naturel et d'agriculture....
Le milieu naturel, riche et exposé
Un espace agricole non homogène, des enjeux importants
Quel avenir ?
 
A propos de quelques indicateurs comparés sur ce territoire....
Les mobilités résidentielles au départ d'Aix et de Marseille
Les migrations alternantes domicile-travail, en 1990
Politiques de l'habitat, structure du parc, marché: effets, évolutions
Un patchwork de dépendances institutionnelles ou informelles
 
A propos d'espace, d'infrastructures, d'aménagement....
 
A propos de l'action publique de réindustrialisation...
L'action de l'État
Sur le terrain : axes, moyens, actions
 
A propos des composantes industrielles du territoire....
Du côté de la Mine
Du côté de l'alumine
Remarques
Du côté de SGS-Thomson
Du côté des PME/hautes technologiques
 
A propos de la question de départ et de quelques autres....
un Pays de Gardanne stricto sensu ?
Quelle réindustrialisation ?
Politique industrielle : questions, effets, questions
Questions d'AMM


A propos d'un "Pays de Gardanne,"chemin faisant....  

Rappel
 
En 1809, le décret napoléonien de Schonbrun rend l'État propriétaire du sol et instaure le régime de concessions à des sociétés privées pour une durée de 99 ans.
Jusqu'en 1946, date de la nationalisation et de la création de l'Établissement Public "Les Houillères du Bassin de Provence", la région est connue sous le nom de Bassin Minier de Fuveau.
En 1851, 18 800 habitants y vivent et 32 590 en 1962. Entre 1968 et 1990 la population a doublé pour atteindre 80 000 habitants.
Le Bassin minier de Provence regroupe 17 communes.
 
Quelques pistes de réflexion
 
Un territoire chargé de mémoire ouvrière
 
D'emblée on constate le fort marquage social de l'espace avec l'importance des cités ouvrières et des logements de fonction : Cité Biver à Gardanne, Cité des Moulières à Mimet, Cité Chapus à Plan de Meyreuil , les "Péchiney" etc.... En comparaison des corons du Nord, ces logements ouvriers sont moins caractéristiques parce qu'ils sont regroupés en ensembles plus petits qui intègrent beaucoup de végétation.
La perception paysagère renforce le lien à cette histoire (les terrils sont visibles de la salle polyvalente de Simiane) de même que la toponymie où l'on a un foisonnement de lieux-dits liés à la mine (Puits, Courau, noms des ingénieurs etc) ; la bibliothèque de Trets a une adresse éloquente "les Jardins de la Mine".
Socialement, les dispensaires et organismes mutualistes de la Mine sont très présents (par exemple à Meyreuil).
Un projet culturel de Musée autour de la route de la Mine est porté par une association, la Carbonière de Provence, qui regroupe seize communes et témoigne de la vivacité de cet attachement à l'histoire.
 
Un territoire d'accueil des étrangers
 
On considère qu'il y avait 300 familles provençales sur le Bassin Minier, en 1870.
Les vagues d'immigration se sont succédées au rythme des conflits et crises qui ont secoué l'Europe. Se sont donc implantés Piémontais, Lombards, Arméniens (fuyant la domination turque vers 1921-25), Espagnols (républicains, entre 1936 et 1939) en particulier à Meyreuil, Tchèques (Hitler dans les Sudètes) Polonais, et plus récemment Nord-africains (Algériens) à Gardanne et Mimet, Harkis à Fuveau et Gréasque.
 
 
Le mélange des populations entre elles est assez récent et intervient après l'expansion de la mine.
Un double mouvement résidentiel a pu s'observer par rapport à Gardanne. Les premiers arrivants s'installèrent d'abord au hameau de Biver pour s'implanter ensuite dans le centre de Gardanne. Plus tard, ils quittèrent la ville pour s'installer dans les quartiers périphériques. A leur suite, les derniers arrivants (Algériens) s'installèrent à la place qu'occupaient les premiers à leur arrivée.
 
Le marquage culturel des diverses communautés est repérable. Par exemple l'empreinte de la "nation arménienne" reste importante au travers d'associations et organisations sportives, politiques, culturelles, (enseignement de la langue etc) dont beaucoup subsistent. A Biver, trois fois par semaine, un lieu de culte est mis à disposition par les Houillères. Le nombre des commerçants arméniens à Biver et au centre de Gardanne témoigne aussi de l'enracinement.
 
Remarque
 
De nombreuses relations existent dans les milieux populaires entre ce territoire et Marseille ; elles passent par la pratique des cabanons et aussi par les liens familiaux et amicaux noués dans les milieux ouvriers de ces sites, appuyés sur la communauté arménienne.
 
La survivance des chefs-lieux et cantons héritée du monde rural
 
La survivance des chefs-lieux et cantons souligne l'appartenance de cet espace au monde rural. Liés à celui-ci, les marchés et foires de Trets et Gardanne conservent leur attractivité et leur importance.
En même temps, à cause des découpages anciens, des habitants d'une commune peuvent dépendre d'un canton pour leurs impôts et leur ANPE alors que cela ne correspond plus avec leurs pratiques et leur vie quotidiennes (consommation, emploi, loisirs, sociabilité...). Gréasque dépend du canton de Roquevaire alors qu'elle "regarde" plutôt vers la plaine de l'Arc.
 
Au fil de la visite, quelques éléments localisés
 
GARDANNE
 
La ville compte 17 870 habitants en 1990.
Le marché de l'emploi est autocentré : 50% des actifs travaillent dans la commune. Les pôles d'emploi d'Aix-en-Provence et de Marseille sont à égalité en terme d'attractivité.
Le taux de chômage est élevé et se situe autour de 15%.
Le revenu annuel moyen est de 70 000 frs (chiffre 1991).
773 logements sociaux représente 20% du parc de Gardanne. Ils représentent 70% du logement social du bassin minier. Les maîtres d'ouvrage sont ceux présents dans le département et la Région PACA (Logirem, Provence Logis, Domicil, Famille et Provence). Le fonctionnement du marché immobilier est autocentré.
La zone industrielle de la Palun est en cours de réhabilitation avec l'aide des fonds européens.
 
 
 
Le coeur socio-historique: BIVER
 
Biver (nom de l'ingénieur) est un hameau de Gardanne à 2,5 km du centre, créé de toute pièce pour y accueillir la main-d'oeuvre étrangère. C'est le coeur socio-historique du bassin minier. C'est là que les Houillères logent les mineurs à partir de la mise en service du Puits Biver en 1892. Les premiers bâtiments composant la Cité Biver datent de 1908.
En 1930, 2000 personnes y vivent dans 265 maisons et 500 logements. La Cité est bornée au nord par des constructions groupées du dit "quartier de Salonique", composé d'Arméniens ayant fui les persécutions turques. En 1960, la population de la Cité Biver se compose de 45% d'Italiens, 16,5% de Français 12% d'Espagnols, 8% de Polonais, 8% de Nord-Africains, 7,5% d'Arméniens, 3% de Tchèques. En 1970, environ 3000 personnes y vivent (programme HLM).
Au sud et rattachée à Mimet, la Cité des Moulières a été construite entre 1940 et 1944. A Meyreuil la Cité Chapus compte en majorité des Polonais et des Espagnols.
Soulignant la dépendance directe à la Mine, un car assure les trajets réguliers de Biver à Meyreuil et au Puits Courau.
 
MIMET
 
A 700 mètres d'altitude, c'est le plus haut village des Bouches-du-Rhône. Il est situé sur le Massif de l'Étoile qui présente une végétation riche et étonnante: chênes blancs, chênes verts, feuillus. A quelques mètres de distance, on peut observer deux types de végétation très différentes. Le versant sud présente une végétation méditerranéenne et sèche. Sur le versant nord du massif subsiste une forêt-relique de pins sylvestres, la seule à cette latitude en France. Son climat particulier (la neige tient en hiver) s'explique par le fait que ce dernier maillon calcaire bloque l'air froid. En Piémont, l'urbanisation diffuse est très pressante.
 
 
GRÉASQUE
 
Comparée à des communes équivalentes, la croissance démographique de Gréasque est à première vue très modérée. C'est une des rares communes du Pays d'Aix n'ayant pas fait l'objet d'un investissement résidentiel massif. L'exiguïté du territoire communal (6,15 km2) peut expliquer cette faiblesse quantitative, la densité de la population (3000 habitants) étant, elle, particulièrement élevée avec 500 habitants/Km2.
La croissance démographique de Gréasque est entièrement portée par le solde migratoire (+ 407 entre 1982 et 1990). Le léger déficit du solde naturel (moins 10) s'explique par la pyramide des âges, présentant une forte proportion des "plus de 60 ans". Ils représentent 25,6% de la population alors que la moyenne du Pays d'Aix se situe à 16,6%. Ce phénomène démographique explique également la petite taille des ménages (2,54 personnes).
 
 
La structure socio-professionnelle de la population active témoigne de l'appartenance au bassin minier. En effet la composante Employés (30%) et Ouvriers (27%), majoritaire, se retrouve dans tout le Bassin.
Le taux de chômage global est de 13% (Hommes: 9,8%, Femmes 17,4%).
Dans l'absolu, la plus grande part des actifs en emploi travaillent dans la commune (270, soit 27%). La période 1982-1990 présente le solde positif de 219 emplois, soit une augmentation de 65 % par rapport à 1982.
 
Pour les 73% d'actifs migrants, les lieux de travail -hors commune- sont très diversifiés par rapport à d'autres communes fortement polarisées par Aix ou Marseille. C'est le pôle Meyreuil-Gardanne qui attire le plus d'actifs (192) de Gréasque, avant Marseille (158) et Aix (121).
 
Les 3/4 du parc immobilier sont constitués de logements individuels. Le taux de propriétaires est de 70%. Le parc locatif est globalement peu développé. Le parc locatif privé (13,2%) est peu élevé par rapport à la moyenne du Pays d'Aix (18,3) ; quant au parc locatif social (2,5%) il n'est apparu dans la commune qu'au cours des années 80...
Comme d'autres communes du Bassin, Gréasque compte un fort contingent de logements loués à titre gracieux: 16,3% (contre 9,8% moyenne du Pays d'Aix), ce chiffre est lié à l'habitat des mineurs, mis à disposition par les Houillères.
Le collège de Gréasque reçoit 900 élèves en provenance des communes de Saint-Savournin, Belcodène, Cadolive.
 
Remarques sur les pratiques
l'appropriation collective, concrète et symbolique de l'environnement
 
Traditionnellement les mineurs sont souvent des doubles actifs: en dehors de la mine, ils ont une petite activité agricole. Entre autres des produits maraîchers (en général de bonne qualité) issus de ces activités se retrouvent sur le marché de Gardanne. Les espaces forestiers sont largement utilisés pour des activités de chasse et de cueillette. Il y a là des compléments de ressources. C'est un mode très particulier du milieu minier.
Les pratiques de loisirs liés à l'espace naturel (randonnées pédestres, équestres, par exemple au départ de Simiane) sont également développés dans la population locale.
 
De telles pratiques induisent une sensibilité aux questions de cadre de vie.
On constate d'ailleurs chez nombre d'habitants une certaine proximité avec les problèmes d'environnement. Cela se traduit dans la vie publique. Par exemple à Gréasque, de nombreuses vicissitudes politiques sont liées à des questions d'environnement (cf. le débat sur le sort de la forêt communale).
En matière d'acquisition de bois et de forêt, la commune de Peypin pratique une politique foncière "ébouriffante"et volontariste.
 
 
 
FUVEAU et TRETS: les deux principaux pôles de la Haute Vallée de l'Arc
 
La Haute Vallée de l'Arc constitue, géographiquement, une unité homogène.
 
FUVEAU
 
La commune compte 6400 habitants. La population est majoritairement constituée d'ouvriers/employés. 73% des actifs vont travailler à l'extérieur.
Le développement résidentiel de la commune est davantage lié au "desserrement marseillais" qu'à l'implantation d'Aixois (6 Marseillais pour 4 Aixois). 30% de logements sont en PAP.
 
L'urbanisation diffuse, encouragée par les élus, est ici caractéristique : 900 hectares NP forêt, 900 hectares NB. En termes de risques d'incendies," c'est une poudrière". La zone de forêt ouverte à l'urbanisation appartient à des particuliers. Il s'agit souvent d'anciennes zones de bancaou qui se sont enforestés. C'est un tissu forestier qui a 80 ans.
A une période antérieure, des exploitations forestières, liées à l'activité minière ont fonctionné dans cet espace.
Autre trace de la mine et visible de la route nationale, le terril de Bramefant qui est en cours de constitution fait l'objet simultanément d'un aménagement en reverdissement.
 
 
TRETS
 
La commune compte 7900 habitants en 1990. Jusqu'à 1975, la croissance démographique est modérée et se situe en deçà de la moyenne du Pays d'Aix. Ensuite la croissance s'accélère pour enregistrer une rythme exceptionnel dans les années 80 (6,6%/an), ce qui se traduit par un gain de population de 3165 habitants entre 1982 et 1990, soit 67% en 8 ans.
L'ouverture du marché foncier et l'attractivité croissante de la Vallée de l'Arc se conjuguent dans ce développement résidentiel très fort.
La population nouvelle est majoritairement composée de familles : la taille des ménages progresse de 2,92 en 1982 à 2,96 en 1990. La proportion de jeunes est passée de 29,4% à 31,5% dans la même période.
 
Malgré l'afflux des nouveaux résidents, Trets présente en 1990, une structure socio-professionnelle de la population comparable à celle de 1982. En 1990, employés (27%) et ouvriers (28%) restent les deux principales catégories. Toutefois ces derniers sont en net recul par rapport à 1982 où ils représentaient 34% des actifs.
Le revenu moyen était, en 1990, de 79821 Frs.
 
 
 
Au cours des années 80, le niveau de chômage a rapidement augmenté pour atteindre, en 1990, un taux global de 13,8% (c'est la moyenne dans le Pays d'Aix). Pour les femmes, ce taux est de 22%.
Le taux d'actifs migrants de la commune reste stable (62%). Entre 1982 et 1990 la zone de Rousset qui les avait beaucoup attiré a perdu de son importance au profit d'Aix et de Marseille.
 
Le centre ancien représente 1/4 du parc immobilier. L'urbanisation de Trets se développe vers la montagne du Régagnas. La commune compte 45 lotissements tandis que 20% du parc logement du centre est inoccupé. Sur la commune le taux de logements vacants est d'ailleurs relativement élevé (8,7%) par rapport à la moyenne du Pays d'Aix (5,4%). La moitié de ces logements vacants sont situés dans le centre ancien. L'existence d'un noyau villageois important explique la proportion de logements collectifs (14%), situés pour 60% dans le centre, et celle du secteur locatif privé (23%) dont 50% est situé au centre.
De 1982 à 1990, la nouvelle urbanisation produit 93% de logements individuels et le taux de propriétaires occupants est de 82 %.
Le canton de Trets compte trois collèges.
La présence du carreau de la mine explique historiquement le grand nombre de bars à Trets, que fréquentaient les ouvriers.
 
Une ligne fantôme
 
Une ligne de chemin de fer existe entre Gardanne, Trets, Brignoles et Carnoules. Elle n'est pas utilisée mais est maintenue en l'état parce qu'elle est classée "stratégique" au sens militaire : "en cas de guerre il faut pouvoir rallier l'Italie". Cette ligne va de La Dynamite dans la Crau jusqu'à l'arrière-pays niçois.
Des projets se sont multipliés pour réaffecter cette ligne : un projet du Var pour une réutilisation de transport en site propre, un projet de transport scolaire, un projet de piste cyclable...Ils sont restés sans suites.
 
CHATEAUNEUF-LE-ROUGE
 
Crée quasiment de toute pièce, Châteauneuf-le-Rouge n'a pas de coeur de village. Le "centre" avec son église et sa mairie est éloignée des lotissements. Seul un lotissement de "La Savoisienne" existait antérieurement. La greffe a été possible car 1000 hectares appartenaient à un seul propriétaire foncier. Le Château, une bastide du 18 ème siècle entourée d'un parc de buis, a été racheté par la commune.
 
Dès le milieu des années 70, Châteauneuf-le-Rouge annonce donc le grand mouvement d'investissement résidentiel qui va se généraliser dans les années 80, dans la Haute Vallée de l'Arc jusqu'alors peu investie par les urbains originaires d'Aix ou de Marseille.
De 1975 à 1982, la population quadruple, passant de 285 à 1071 habitants. Entre 1982 et 1990 la croissance est plus modérée, on atteint le chiffre de 1283 habitants.
 
 
 
La stratégie communale a été d'attirer les cadres de Rousset et des entreprises de services, liées à la zone de Rousset.
Chateauneuf-le-Rouge a attiré majoritairement des résidents originaires d'Aix plutôt que de Marseille (8 Aixois pour 2 Marseillais.
 
L'arrivée de nombreuses familles séduites par l'habitat pavillonnaire explique la taille assez élevée des ménages en 1982 (3,35). En 1990, cette moyenne est un peu inférieure (3,09), une évolution qui traduit la relative ancienneté du "boom" résidentiel.
 
Selon les chiffres de 1991, le revenu annuel moyen par habitant est le plus élevé du Bassin avec 133 634 frs. La commune compte 620 foyers fiscaux et 71,3% de foyers imposables.
Le niveau des revenus et les caractéristiques migratoires laissent supposer un taux important de ménages à double salaire, ainsi qu'un fort contingent de cadres et de professions intermédiaires et libérales.
Le taux de chômage global est plus faible qu'ailleurs dans le Bassin. Il s'élève à 11%. (Hommes : 8,7%, Femmes 11%, taux très faible, moitié moindre qu'à Trets...).
 
Le taux d'actifs migrants est de 78% : leur premier pôle d'emploi est Aix (40 %), Châteauneuf-le-Rouge 22% et Marseille 12%.
 
La moitié du parc immobilier date de la période 1975-1982. Le nombre négligeable de résidences secondaires (2%) et de logements vacants (2%) illustre la vocation résidentielle de la commune.
L'habitat individuel constitue la quasi-totalité du parc (98,5%) avec un taux exceptionnellement élevé de propriétaires (81%). La part du logement aidé est de 20%.
Il y a dans la commune une forte proportion de grands logements (56%) avec une moyenne de 4,75 pièces par appartement.
 
PEYNIER

La commune compte 2500 habitants. Depuis 1968, la croissance démographique est régulière et soutenue ( entre 4,5 et 6% par an). La structure par âge, la taille et la composition des ménages de la commune correspondent à la moyenne observée sur l'ensemble du Pays d'Aix.
 
Comme l'ensemble de la Haute Vallée de l'Arc, Peynier a fait l'objet d'un fort investissement résidentiel au cours des années 80, en particulier en provenance de Marseille (7 "Marseillais" pour 3 "Aixois").

D'une bonne accessibilité (par autoroute), Peynier est bien placée en terme d'emplois, avec la présence de la zone Peynier-Rousset, la proximité des pôles d'Aix et de Marseille, ainsi que Meyreuil-Gardanne.
 
 
 
Les employés forment la part principale des actifs.
Cependant les cadres et les professions intermédiaires sont bien représentés, ce qui explique un revenu moyen par foyer relativement élevé de 106 200 F. (1991).
 
Le taux de chômage global était en 1990 de 11,4% : Hommes 7,1%, Femmes 17,3%. Certaines données récentes indiquent que la commune perd de l'emploi.
 
Le parc immobilier de la commune présente une structure proche de la moyenne en Pays d'Aix. Le logement individuel est prédominant (95 %), le pourcentage des propriétaires est élevé (77%). On constate les carences de locatif, notamment dans le secteur social.
 
La revalorisation de la fonction résidentielle se traduit par la nette diminution du nombre de résidences secondaires. La proportion est passée de 24% en 1982 à 8% en 1990. Le taux de propriétaire a également progressé de 62% à 77%. Au cours de la même période, 93% des logements construits dans la commune ont été des logements individuels et 82% l'étaient en accession à la propriété.
 
la Zone d'activités PEYNIER-ROUSSET
 
à l'origine : un puits noyé...
 
Le Puits de l'Arc à Peynier devait être le plus profond, creusé jusqu'à 450 mètres... Mais à une vingtaine de mètres de la veine de charbon, une énorme remontée d'eau souterraine (en grande quantité dans le sous-sol calcaire de ce territoire) a noyé le puits.
 
De nombreux bâtiments industriels avaient été construits autour de la future exploitation. Ils n'ont pas été utilisés et peu à peu démolis. Pendant la guerre, ce site a connu plusieurs tentatives industrielles, sans succès : on a essayé de produire de l'essence de synthèse à partir du charbon, une société chimique a fait des essais pour produire du gaz de ville etc...
Par contre, l'eau a pu être utilisée par la Société Péchiney (une longue conduite le long de la voie ferrée la transporte).
Preuve de sa qualité, l'entreprise Oasis utilisait cette eau du Puits de l'Arc pour la fabrication de ses boissons à partir d'extraits de fruits importés.
 
La zone de Rousset est créée en 1961 par les Houillères. Dès 1964, elle compte 12 entreprises et 532 emplois. Elle prend véritablement son essor avec Eurotechnique en 1980. La zone couvre 110 hectares et déborde sur Peynier et Fuveau. En 1995, elle compte 2400 emplois ; ce chiffre est stable depuis 1990.
 
Une nouvelle unité de production de SGS Thomson est en cours de construction (Rousset 2000). Les sociétés ES2/Atmel y construisent également une nouvelle usine.
 
 
 
Des problèmes d'alimentation en eau se posent pour les deux entreprises, dont les technologies font grand usage. (SGS-Thomson consomme 100 mètres/cubes à l'heure...), des adductions d'eau ont du être multipliées afin de fournir les quantités et la qualité indispensable à ces industries.
 
MEYREUIL
 
Riveraine d'Aix-en-Provence d'un côté, la commune est aussi étroitement liée à la ville de Gardanne et au Bassin minier. La frontière communale entre Meyreuil et Gardanne traverse le site de la centrale thermique. Véritable "amer" dans le paysage, sa célèbre cheminée culmine à 300 mètres de haut.
 
Au centre du village, se trouvent une école et l'église, mais pas de commerces. L'essentiel de l'urbanisation s'est développée le long de la route.
 
Jusqu'en 1982, Meyreuil connait des taux de croissance démographique très modérés, qui la situent dans les communes les moins dynamiques du pays d'Aix. La période 1982-1990 est celle d'un renouveau après 15 ans de stagnation. Avec un solde migratoire devenu largement positif (+762), Meyreuil enregistre une forte croissance et gagne 982 habitants en 8 ans. La commune gagne 40 ménages supplémentaires par an au cours de cette période.
L'apport de population permet de maintenir la même taille de ménage qu'en 1982 (2,94 pers/logement), alors même que celle-ci est en net recul dans la majorité des communes du Pays d'Aix. On observe un rajeunissement global de la population.
 
Cette progression s'accompagne d'une reprise de la construction neuve dont le volume double par rapport à la période 1968-82.
Meyreuil reste un bastion ouvrier en Pays d'Aix : ils représentent 33,7% des actifs.
Au cours des années 80 la commune a perdu 445 emplois, soit 20% de son potentiel d'emplois en 1982.
Avec un taux global de 14,8% en 1990, le chômage a connu une véritable explosion notamment chez les femmes qui sont touchées à 23,1%.
 
Le parc immobilier est pratiquement entièrement composé de résidences principales (96,4%). Phénomène unique dans le Pays d'Aix, la totalité des logements sont des logements individuels.
Autre particularité à souligner: 20% des logements sont mis à disposition gratuitement (moyenne de 10% en Pays d'Aix). Il s'agit des logements des Houillères.
 
 
A propos d'espace naturel et d'agriculture....

Le milieu naturel: riche et exposé

La qualité du milieu naturel est une des richesses de ce territoire. Malgré la proximité des villes, la faune et la flore y sont très riches.
Le Massif de l'Etoile, la Sainte-Victoire et le Mont Aurélien qui s'apparente à la Sainte-Baume et présente un grand intérêt biologique et sociologique, font l'objet d'une demande d'inscription au programme européen "Natura 2000".
La Sainte-Victoire est en cours de classement au patrimoine mondial de l'Unesco. Cette démarche de classement ne concerne la Montagne que jusqu'au bord du plateau du Cengle, au pied duquel ont été découverts des gisement d'oeufs de dinosaures... La jupe du Plateau n'est pas en zone protégée : or, il se trouve que, sur ce talus bien exposé et donnant sur la plaine, la pression urbaine est forte.

Un espace agricole non homogène, des enjeux importants

Pour parler de ce territoire, on est sans cesse obligé de faire des changements d'échelle. Sur le plan agricole, on ne peut pas parler d'un "Pays de Gardanne", car c'est un télescopage de plusieurs zones.
 
1. Autour de Gardanne

Le noyau Cabriés, Bouc-Bel-Air forme un territoire cohérent. Les exploitations agricoles diminuent en nombre et en surface, excepté à Gardanne où se maintient un certain dynamisme agricole; l'implication de la commune à ce niveau n'y est pas étranger.
 
2. La zone de massifs

L'agriculture y est "anecdotique" et se situe autour des villages, sur des terrains parfois reconquis sur la forêt. C'est une agriculture vivrière, de double actifs, qui peut apporter un complément de revenus. Ses produits souvent de bonne qualité sont mis en vente sur les marchés locaux.
 
3. La Vallée de l'Arc
 
Une plaine agricole très organisée s'étend de Meyreuil à Trets jusqu'à la limite du Var.
 
Trets voit l'augmentation de son secteur céréalier et une forte augmentation des cultures industrielles liée à l'irrigation (Canal de Provence). Le melon de Trets est bien connu.
 
La production de légumes a un peu baissé. Par contre, signe des modes de vies et de la périurbanisation, le nombre de pépiniéristes augmente et l'horticulture se développe beaucoup en réponse à un marché urbain.
 
 
Les terres agricoles sont moins chères que dans d'autres zones. Un fait est remarquable : le nombre des exploitations agricoles est passé de 69 à 76 en 1993. Trets est devenue la commune de réinstallation des agriculteurs évincés par la périurbanisation de la Vallée de l'Huveaune.
 
Par sa politique, la municipalité encourage l'accueil des agriculteurs: le discours politique affirme que Trets est un bourg rural et souhaite le rester. Le Crédit Agricole semble également avoir joué un rôle fort dans ce phénomène.
 
Dans la Vallée de l'Arc, il y a coexistence d'une agriculture industrielle de fond de plaine et d'une agriculture de coteaux avec des surfaces importantes (Piémont viticole). L'ensemble des 1800 hectares sont classés en Côtes de Provence. Le canton de Trets compte 27 caves coopératives...
 
Malgré les qualités de ces productions agricoles, il a néanmoins risque d'empiétements sur ces surfaces. Ainsi, le développement de la zone de Rousset se fait exclusivement au détriment des surfaces agricoles de qualité. C'est également le cas à Peynier.

Directement liées au monde de la mine, des champignonnières ont été développées dans les anciennes galeries désaffectées. Plusieurs de ces entreprises sont relativement importantes.
 
Installée dans ce terroir à cause de la très grande qualité de l'eau, l'entreprise "Moulin de Valdonne", qui fabrique des sirops, est une réussite économique dans l'agro-alimentaire.
 
Quel avenir ?
 
On le constate, l'agriculture a une assez bonne tenue. Parallèlement les zones d'activités empiètent sur la zone agricole et cela, sans qu'il y ait de réflexion d'ensemble - entre autres, en terme de réinstallation d'agriculture. On ne peut que déplorer le manque de vision globale sur ces enjeux.
 
En tant que "vendeur d'eau", La Société du Canal de Provence a mené une enquête auprès de communes pour connaître leurs besoins en eau dans le futur ; leur vision n'est guère prospective. Des réponses fournies se dégage l'impression que les communes envisagent, au mieux, le moyen terme et un simple maintien de l'équilibre existant...
 
Comment sauver ce patrimoine de production agricole ? Quelle qu'elle soit, la dynamique industrielle doit s'accompagner d'une réflexion sur la gestion agricole.
 
La structuration de l'AMM doit faire l'objet d'une approche et d'une gestion globales de l'espace.
 
 
 
A propos de quelques indicateurs comparés sur ce territoire....

Dans le périmètre visité, il est possible de repérer les évolutions de l'orientation et des flux de population, l'investissement de l'espace par rapport aux pôles de l'AMM (pour la période 1982-1990).
Quatre indicateurs peuvent être étudiés : la mobilité résidentielle, les migrations domicile-travail, les politiques de l'habitat et l'offre de logements, les dépendances institutionnelles ou informelles.

Les mobilités résidentielles au départ d'Aix et de Marseille

Entre 1982 et 1990, 26 800 Aixois ont quitté la ville. Cette délocalisation s'est faite, pour 50% de ses sorties, vers quatre territoires de destination proche :
 
- la première couronne aixoise (Venelles, Eguilles,...) 19%
- la Vallée de l'Arc (Rousset, Châteauneuf, Fuveau) 12% soit 3200 personnes
- la Vallée de la Durance (Peyrolles, Manosque, etc) 10%
- l'Est de l'étang de Berre 5%
 
Entre 1982 et 1990, 65 170 Marseillais ont quitté la ville. Cette délocalisation s'est faite, pour 50% de ses sorties vers :
 
- l'Est de l'étang de Berre 20%
- la Vallée de l'Arc (Trets, Simiane) 13% soit 8472 personnes
- Aix et la première couronne aixoise 7,5%
- la Vallée de la Durance 3%
 
Pour les Aixois et pour les Marseillais sortants, la Vallée de l'Arc vient en deuxième position pour leur nouvelle installation... Toutefois, dans ce même territoire de destination, les choix ne sont pas homogènes et des clivages s'opérent.
 
On peut classer les communes d'arrivée en trois types :
 
- celles qui sont dans la mouvance résidentielle Marseillaise (Marseille : provenance N°1 des nouveaux arrivants)
- celles qui sont dans la mouvance résidentielle Aixoise (Aix: provenance N°1 des nouveaux arrivants)
- celles dont l'attractivité est équilibrée entre Marseille et Aix.
 
 
Les communes de forte attraction pour les Marseillais sont : La Destrousse (10 Marseillais et pas d'Aixois), au sud : La Bouilladisse, Cadolive, Peypin, Saint-Savournin et Simiane, sur les franges : Bouc-Bel-Air, Mimet, Trets (8 Marseillais pour 2 Aixois) et au coeur de la zone, Peynier (7 Marseillais pour 3 Aixois).
 
Les communes de forte attraction pour les Aixois sont Châteauneuf-le-Rouge (8 Aixois pour 2 Marseillais) et Rousset (6 Aixois pour
4 Marseillais).
 
L'attractivité est plus équilibrée pour les communes de Fuveau, Gréasque, Gardanne, Meyreuil (6 Marseillais pour 4 Aixois).
 
Remarque sur les motifs...
 
On peut remarquer qu'avec la Départementale D 308, Cadolive et Gréasque sont très proches de Marseille, que Simiane-Collongue est très proche de Notre-Dame-Limite. Si on travaille à l'Hôpital Nord, il semble évident qu'il est plus agréable et pratique d'habiter Simiane, qu'ailleurs...
 
Les installations de ménages dans certaines communes peuvent se faire pour des raisons de localisation d'emploi des deux membres du couple. On peut choisir d'habiter à Cabriés parce que l'un travaille aux Milles et l'autre à Marseille.
 
Pour beaucoup également le choix de vivre hors des villes a pu correspondre à un rêve. Dans la réalité et concrètement ce mouvement massif et de fond a abouti à la multiplication des lotissements, à la dégradation de l'environnement, effets négatifs pas toujours contrebalancés par un vie sociale plus riche...
 
Les migrations alternantes domicile-travail, en 1990
 
Sur l'ensemble du périmètre, le taux moyen de migrants est de 65%,
le plus élevé est celui de Simiane, avec 81%.
Les plus faibles sont ceux de Gardanne et Rousset (50% et 45%)...les deux pôles symboliques du paysage industriel de ce territoire...
 
Là aussi, les migrations ne sont pas réparties de façon homogène entre Marseille et Aix.
On peut classer les communes selon qu'elle appartiennent à la mouvance de Marseille (comme premier pôle d'emploi), à celle d'Aix ou que leurs migrants se répartissent de façon équilibrée vers plusieurs destinations.
 
Dans l'orbite de Marseille : Bouc-Bel-Air (35% des actifs travaillent à Marseille) et Simiane (45%).
Dans l'orbite d'Aix : Châteauneuf-le-Rouge (40% des actifs vont à Aix).
 
 
 
Pour ce qui est des migrations moins polarisées -ou équilibrées entre Aix et Marseille- elles complètent des emplois sur place majoritaires. Meyreuil et Rousset se caractérisent par des déplacements locaux, avec Aix comme deuxième pôle d'emploi. Fuveau, Gardanne, Gréasque, Peynier envoient des migrants vers Aix et Marseille. Trets envoie des migrants vers Marseille.
 
Remarque : des précautions de lecture
 
Pour caractériser les flux, il faut être vigilants. On dit que les habitants de Bouc-Bel-Air vont majoritairement travailler à Marseille; cela est vrai et mesurable à un instant t.. Mais en fait, cela est du au fait que de nombreux Marseillais sont allés habiter Bouc-Bel-Air...
 
On constate que les habitants de la Vallée de l'Arc vont pour une bonne part "travailler à Aix". Il faut apporter une précision importante : dans la plupart des cas c'est qu'ils vont travailler sur la Zone des Milles.
On peut faire l'hypothèse que sur un autre territoire que l'AMM, on n'aurait peut-être pas fait ce type de raccourci-généralisation.
 
Il faut être prudent avec les résultats, car les mesures des déplacements sont faites selon les limites communales. Or, dans cette zone, on peut tout à fait changer de commune pour aller travailler, alors qu'on ne fait que traverser la route ; c'est le cas pour Meyreuil et Gardanne. On est alors comptabilisé comme migrants-alternants. Inversement, on peut avoir plusieurs kilomètres à faire en voiture ou en bus sans changer de commune, et, donc, sans apparaître dans les flux de déplacements.
 
Des données plus récentes seraient très précieuses pour jauger les évolutions de l'ensemble des migrations (importance, destinations, fréquence, motifs, selon les âges, catégories sociales etc...).
 
Politiques de l'habitat, structure du parc, marché : effets, évolutions...
 
Entre 1982 et 1990, 7000 logements ont été produits. 74% ont été construits à l'ouest du Bassin.
 
87% des logements individuels sont construits dans la Vallée de l'Arc.
 
La majeure partie des communes connaissent des pourcentages équivalents en matière de logements aidés (entre 20 et 35%), l'accession sociale étant majoritaire.
 
 
 
Toutefois quelques unes d'entre elles se distinguent par la part importante de logement aidé. Ce sont :
 
Simiane: 65% de logement aidé (dont 55 % PAP)
Gardanne: 60% (PLA majoritaire)
Gréasque: 57% (PLA majoritaire)
Meyreuil: 49% (PLA majoritaire)
Rousset: 43% (exclusivement PAP)
 
La répartition de l'habitat social est mal équilibrée sur les différentes communes. Le logement collectif est peu partagé et réparti.
 
Gardanne développe encore son parc de logements sociaux (PLA et HLM) qui représente 20% de son parc total... et 70% du parc social du Bassin. Rousset accueille 19% de parc social. Les autres communes du bassin se situent, elles, entre 3 et 5%.
 
La demande de logement
 
La faiblesse du parc locatif privé est d'autant plus problématique qu'il existe une forte demande des actifs. Cela entraîne des difficultés d'installation pour les jeunes actifs, de même pour les enfants du péri-urbain qui souhaitent décohabiter.
 
Il y a également une demande de proximité qui s'organise par sous-marché : ainsi on choisit d'habiter pas très loin des parents ou pas très loin des enfants.
 
L'augmentation générale du nombre des divorces implique des demandes de logements plus petits. La progression du nombre de Rmistes, celle du chômage (15% à Gardanne), en particulier féminin (22% à Trets) et de façon générale l'extension de la précarité -y compris pour les actifs incertains de leur avenir- entraîne des demandes pour lesquelles les offres sont peu nombreuses (logements sociaux, locatif privé pas cher etc...).
 
Les "sinistrés de l'accession à la propriété" sont de plus en plus nombreux et le nombre des mises aux enchères augmente. On constate que tout un sous-marché de ces rachats à bas prix s'organise et ces logements sont ensuite reloués à des prix intéressants (souvent, d'ailleurs, aux anciens propriétaires-occupants...).
 
Le devenir du logement des mineurs
 
Un millier de logements sont fournis par les Houillères aux mineurs. 1/3 sont hébergés dans les logements que possèdent les Houillères (ayant-droits). 1/3 sont soit hébergés gratuitement, soit propriétaires. 1/3 des agents sont logés en HLM (ou PLA) dont les Houillères payent les loyers. Le logement étant un des avantages liés au statut des mineurs, dans le cadre de la fermeture, ils continueront à en bénéficier.
 
 
 
Pour autant, un mouvement de revente aux mineurs a commencé. Cela entraîne des phénomènes de regroupements familiaux autour d'accession à la propriété facile et un marquage social fort.
 
Remarque
 
Des contradictions entre digestion de la croissance et préparation des conditions d'accueil se posent de façon d'autant plus aiguë qu'il n'y a pas de politique concertée à l'échelle du Bassin de vie, que la pression foncière et immobilière est forte et le POS restrictif, et l'étendue des zones NB est importante.
La politique de logement peut-elle être un levier de l'aménagement du territoire ?
 
Un patchwork de dépendances institutionnelles ou informelles
 
L'espace est organisé et traversé par les découpages administratifs ou institutionnels multiples (politiques, scolaires, services publics de l'emploi, etc) auxquels s'ajoutent ceux que produisent les pratiques (consommation, loisirs, travail )...
 
Vues à l'échelle de ce périmètre, les zones d'attractivité plus ou moins disparates, éclatées, discrètes ou évidentes contribuent à l'impression de patchwork. On peut se demander jusqu'où la lecture d'un tel espace comme entité forte peut être pertinente ? A quelle échelle cet espace prend-t-il son sens ?
 
Pour ce qui est du découpage scolaire, par exemple, les enfants de Peynier peuvent aller au collège soit à Trets, soit à Fuveau, soit à Rousset. Pour l'aide à l'insertion, les lieux d'accueil RMI financés par le Conseil Général sont implantés sur cinq communes : Les Pennes-Mirabeau, Simiane, Septèmes, Cabriès, Gardanne ; la Mission locale Jeunes dispose d'antennes à Aix, Gréasque, Bouc-Bel-Air.
 
Des structures intercommunales existent comme le syndicat du Haut de l'Arc (collège intercommunal de l'Arc, ramassage scolaire/1200 élèves, piscine intercommunale à Trets/ 600 personnes par jour en été.).
Un Syndicat intercommunal du Bassin minier regroupe les communes de Gardanne, Gréasque, Fuveau et Mimet (autobus...).
 
La communauté de communes des Monts Auréliens dessine une zone résidentielle dans la mouvance du Bassin de vie du Pays d'Aix.
Les eaux usées (SIBA) sont renvoyées pour traitement vers Marseille.
 
 
 
Gardanne est un pôle d'attraction avec le lycée (1500 élèves) et le marché forain. Peynier abrite un "Intermarché" qui attire aussi des flux de consommation.
Néanmoins et sans conteste, c'est Aix qui est le premier pôle de consommation de ce territoire. L'Université d'Aix draine les étudiants de Lettres, Droit, Sciences Humaines et ainsi que les premiers cycles scientifiques.
 
Ces territoires sont donc à géométrie variable.
On appelle Bouc-Bel-Air/Cabriés, "la zone tampon Aix-Marseille". Aussi, est-il un peu artificiel de la rattacher au Bassin minier dans les chiffres... Mais il est vrai, par ailleurs que les trois parties de la commune de Bouc-Bel-Air sont tournés vers trois zones différentes : l'une vers Marseille, l'autre vers Luynes-Aix, la troisième vers Simiane.
 
A propos d'espace, d'infrastructures, d'aménagement....


Sur la question des infrastructures, il semble qu'il ait de fortes concurrences entre projets, entre institutions (doublement de route, création d'autoroute, remise en route de voies ferrées etc).
Ils représentent des enjeux forts pour l'avenir de cet espace et les réactions des habitants, des associations, des acteurs socio-économiques sont à la mesure de ceux-ci.
 
La route D6 fait l'objet d'un projet (Conseil Général) de doublement, très controversé.
Cette voie est très concernée par le trafic automobile domicile-travail de la zone Peynier-Rousset. Malheureusement, il semble bien que, dans la mentalité des opérateurs de voirie, l'idée et la problématique de métropolité ne soient pas encore intégrées. En l'état actuel, ce projet est pensé comme celui d'une autoroute dans un milieu rural...
En novembre 1996, 250 personnes ont crée l'association CAPA : "Contre une Autoroute de Plus en pays d'Aix".
 
Des revendications de complément d'échangeur se manifestent également qui s'appuient sur l'exemple de Châteauneuf-le-Rouge qui a pu se développer grâce à la création de l'échangeur.

Des projets anciens sont périodiquement réévoqués. Il y ainsi un projet de voie rapide pour répondre à la "voirie dissuasive" et sinueuse entre Cadolive et Marseille. Ce projet semble abandonné au profit d'une idée de boulevard urbain, hypothèse qui, de toute façon, n'est envisageable qu'à un horizon lointain (30 à 40 ans).
 
Au niveau des services de l'Équipement, des pré-études sont en cours, mais aucune décision n'est arrêtée. Plusieurs solutions sont examinées. Si on choisit de faire passer le transit au nord, quels en seraient les bénéfices, les retombées, les inconvénients pour les urbains ? Quelles seraient les conséquences d'un contournement sud ? Les positions en faveur ou contre les différentes hypothèses se succèdent, évoluent.
 
Au fur et à mesure que l'urbanisation se développe, les péages autoroutiers pénalisent les flux. Aussi les usagers préfèrent-ils utiliser davantage les réseaux routiers... Cela a pour conséquence des engorgements massifs et donc de nouvelles demandes en termes d'infrastructure.
 
On sait que l'axe Marseille-Aubagne sera saturé en l'an 2000. Comment répondre ? Faut-il ouvrir le "barreau" autoroutier de la So8 ? Va t-il soulager ou induire l'accélération de l'urbanisation dans ce secteur ? Peut-on envisager les transports collectifs en site propre avec réutilisation de voies ferrées désaffectées ?
Comment tirer partie de ce territoire polynucléaire tout en résorbant ou contrecarrant les effets de mitage ?
 
A propos de l'action publique de réindustrialisation....

L'action de l'État

En 1993, une réflexion d'ensemble a été menée sur le devenir des bassins miniers en France. Il est clairement admis et annoncé qu'il n'y aura pas redéploiement industriel pour ce qui concerne le charbon en France.
 
En 2005, la production s'arrêtera complètement. Auparavant, la réindustrialisation ne s'était jamais faite dans ces conditions de "transparence", ni affichée de cette façon à l'avance et sans ambiguïté.
 
17 communes du Bassin ont été retenues au titre des Fonds Européens de Restructuration Industrielle dans le cadre de l'objectif 2 pour aider à la reconversion du site.
 
 
 
Sur le terrain: axes, moyens, actions
 
Depuis 1993, la Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement (DRIRE) consacre des moyens financiers et des mesures à la réindustrialisation du Bassin minier, en s'efforçant d'avoir une vision globale.
D'ores et déjà, les aides octroyées ont permis d'installer des entreprises. De l'avis des responsables, en terme d'emplois, cela représente une certaine réussite.
 
Il y a deux pôles d'activités distincts sur le périmètre concerné : la Vallée de l'Arc (micro-électronique) et le pôle industriel historique. Avec une telle particularité, comment faire de la réindustrialisation ?
 
Des éléments communs pourraient peut-être être exploités : ainsi la "culture" de la mine et celle des salles blanches peuvent-elles être rapprochées en terme de "conditions et modalités de travail en milieu hostile".
 
Des partenariats
 
Dans le cadre de sa mission de développement industriel, la DRIRE suscite des actions collectives. Dans cette logique, elle a organisé localement la concertation avec les élus et les industriels. Par exemple en 1994, pour les projets de micro-électronique et l'extension "Rousset 2000" (SGS-Thomson) les élus et les représentants de la population (au plan économie et environnement) ont été associés aux discussions.
 
Les Charbonnages de France ont des compétences certaines en matière de réindustrialisation et de l'expérience en terme d'accueil des entreprises : c'est pourquoi, il leur a été confié des dossiers d'accueil des entreprises.
 
Les orientations
 
La pérennisation de la micro-électronique sur le site doit être assurée, sachant que la durée de vie des localisations est, dans ce secteur, de 5 ans en moyenne.
 
Deux projets importants vont dans le sens de cette pérennisation ; ils concernent le site de Rousset.
Les unités de production micro-électronique sont grandes consommatrices d'eau de bonne qualité. Leurs rejets sont donc importants. De plus, elles utilisent des gaz hautement toxiques.
 
 
 
Les actions pilotées par la DRIRE portent sur la construction d'ouvrage :
 
- pour le stockage en commun des gaz toxiques (éviter les risques du transport). 7 millions de francs de moyens de sécurité sont nécessaires.
 
- un outil commun et très spécialisé de traitement des rejets dans l'Arc. Ce dispositif de recyclage demande 30 millions de francs.
 
Les aides
 
Le Fonds d'Industrialisation du Bassin Minier (FIBM) est une aide française à caractère collectif : elle concerne l'immobilier industriel, la formation à la démarche qualité et la construction d'infrastructures pour des zones industrielles. Le sous-préfet d'Aix préside la commission d'attribution des aides.
 
En 1993, le FIBM a disposé de 10 millions de francs, comme en 1994. En 1995, s'y est ajoutée une aide spécifique de 15 Millions de francs pour la Société Amtel (nouvelle usine de Rousset).
 
En 1996, l'appel de fonds s'élève à 15 millions de francs, ainsi qu'un premier apport de 15 millions de francs sur "Rousset 2000".
 
Actuellement la part FIBM la plus importante est consacrée au nord du Bassin Minier. Ensuite, ce sera au tour de Meyreuil, Fuveau, Gardanne d'en bénéficier plus largement.

En 1994, le Bassin minier est devenu éligible au FEDER, au niveau européen (aide à caractère collectif.)
Il est également éligible à la Prime d'Aménagement du Territoire (aide à l'embauche, investissement dans l'entreprise). De telles aides se doivent d'être cohérentes et pragmatiques.
 
Des actions
 
Une démarche d'assurance-qualité CertiBM a été mise en place en direction des sous-traitants du Bassin minier (pour une certification ISO 2000) et pour les sous-traitants de la micro-électronique (pour une certification en qualité totale).
 
Une étude de faisabilité de zone et de potentiel du Bassin minier en termes de ressources humaines a été conduite pour recruter localement les opérateurs dans la micro-électronique.
En terme de qualification, il est clair que les mineurs ne peuvent pas être employés directement dans la micro-électronique.
Un des soucis de ces démarches est également d'éviter de créer des emplois qui produisent de nouveaux problèmes de migrations.
 
 
 
D'autres missions de la DRIRE porte sur le secteur Meyreuil-Gardanne (la Centrale, la mine, la sous-traitance). Des actions ont été entamées pour le recyclage des déchets de la centrale.
 
D'autres difficultés sont à résoudre dans des activités "anciennes". C'est le cas de Péchiney qui propose un projet de cogénération pour permettre de maintenir les entreprises en place.
 
Si elle a fortement encouragé des projets sur la Haute Vallée de l'Arc, la DRIRE estime qu'à présent cette partie du Bassin "est sur les rails".
 
Les questions d'environnement
 
La démarche-environnement prend deux formes:
 
- d'une part, une forme réglementaire.
Une entreprise, qui présente des risques environnementaux, est assujettie à un certain nombre de règles strictes touchant l'air, l'eau, les déchets et est tenue à des études d'impact. Un arrêté préfectoral fixe ces règles et l'industrie s'y soumet. SGS-Thomson et Amtel sont soumises à autorisation avec arrêté d'exploitation.
 
- d'autre part, une démarche plus volontariste
Pour le chef d'entreprise, le souci de l'environnement concerne aussi l'image de marque et son inscription dans le tissu local. En la matière, les grands donneurs d'ordre exigent des garanties et des informations précises de la part de leurs sous-traitants.
Les communes sont la plupart du temps d'accord pour conduire des opérations sur ces questions d'environnement. Leurs services techniques ont souvent une très bonne connaissance de ces sujets et savent préparer et instruire des dossiers de qualité sur ces thèmes.
 
Si les entreprises sont soucieuses du cadre et souhaitent ne pas être source de pollution supplémentaire -et de toutes façons, contraintes à respecter des règles- quelle est la part réelle de ce souci-là dans leur stratégie d'implantation ?
 
 
 
A propos des composantes industrielles du territoire....
Le contexte d'origine se caractérise par une industrie extractive (charbon), des industries de transformation liées au charbon (Société Péchiney, Ciments Lafarge) et par l'utilisation énergétique de celui-ci.
 
Une population ouvrière s'est ancrée sur ce territoire par strates successives, avec différentes vagues d'immigration.
 
Localement, "reconversion" est un mot souvent connoté douloureusement, voire même "considéré comme tabou" et pourtant... *.
En fait de reconversion, le Bassin minier a connu depuis longtemps une succession de mutations au plan industriel.
Depuis vingt ans, il vit également un processus de transformation sociologique profond avec la périurbanisation.
 

*
Avec sa cheminée de 300 mètres de haut, la centrale thermique de Gardanne est la principale usine de ce type au monde. Elle est dotée d'un dispositif antipollution. Le groupe dont elle est équipée est un matériel qui a été fabriqué par la C.N.I.M, une entreprise née de la reconversion réussie des chantiers navals, qui a su transférer son savoir-faire au delà de son domaine d'origine...
 
 
Du côté de la mine
 
Après avoir été "Charbonnages des Bouches-du-Rhône", les"Houillères de Provence" sont devenues "l'Unité d'Exploitation Provence" qui fait partie des Houillères du Bassin Centre et Midi. Les HBCM comptent 2200 personnes, dont Gardanne représente 50 % (1100 personnes). C'est un Établissement Public à Caractère Commercial (EPCC).
L'Unité d'Exploitation Provence est filiale des Charbonnages de France et dépend également de Soprodif (dont EDF est majoritaire).
Elle produit actuellement 1 million cent mille tonnes de charbon, avec une centrale de 600 mégawatts.
 
 
 
Le Bassin minier est vaste : il s'étend à l'Ouest jusqu'à l'étang de Berre et la Fare-les-Oiviers. L'exploitation du charbon a commencé il y a plusieurs siècles : de nombreuses "descenderies" existaient partout sur ce territoire.
Cependant le charbon du Bassin est de qualité médiocre car très sulfuré. La grande quantité d'eau en sous-sol, surtout à l'est, entraîne d'importantes difficultés techniques.
 
Aujourd'hui, le Bassin exploite une seule couche qui s'enfonce toujours plus vers l'Ouest (jusqu'à 1300 mètres de profondeur). Au Nord la couche s'amenuise ; au Sud, se trouve la barrière naturelle de l'Etoile.
 
Rappel historique
 
Après la nationalisation et le boom du charbon dans les années cinquante, époque à laquelle la France comptait 300 000 mineurs, les années 60 voient le début de la récession du secteur minier.
 
Le site de Gardanne est touché dès cette époque. Sur place en 50 ans, le nombre des mineurs s'est trouvé divisé par 6. On est passé de 6182 mineurs en 1946 à 3000 en 1963, de 2400 en 1970 à 1400 au début 1990. Aujourd'hui, il reste 1100 mineurs.
 
En 1946, 6 puits d'extraction étaient en service ; en 1961 il en reste deux (un à Biver, un à Meyreuil). Aujourd'hui un seul fonctionne, le puits Yvon Morandat.
En 1974, un Plan de continuité est établi. En effet, pour cause de choc pétrolier et d'énergie devenue chère, le charbon se vend bien et cela, jusqu'à 1984. L'équilibre financier est atteint, de nouveaux sondages sont faits à l'ouest.
 
En 1980, une situation florissante permet la réalisation et la mise en service du groupe de 600 mégawatts...
Après 1984, la tendance s'inverse et l'embauche s'arrête.
 
Les années 80 voient la recherche de nouveaux marchés. Des techniques de désulfurisation du charbon sont mises au point et utilisées dans la nouvelle centrale thermique.
 
Par ailleurs les normes sur la sécurité et l'environnement se durcissent. On n'a plus le droit de brûler les résidus de charbon sans chaudières à flux : cela implique des investissements pour les réaménager. Le Groupe 4 de la Centrale thermique est modifié pour se conformer aux nouvelles normes.
 
 
En substance...
 
La fermeture complète de la mine est prévue à l'horizon 2005-2010.
Plusieurs facteurs se conjuguent pour qu'une mutation devienne inévitable :
 
- l'épuisement de la ressource naturelle (toujours plus difficile et dangereuse d'accès).
- la compétitivité et la qualité du charbon : assez médiocre du point de vue de son rendement calorifique, il est également générateur de beaucoup de déchets. Ce charbon est de moins en moins compétitif (difficultés d'extraction, coûts de transports etc). Il ne survit qu'avec l'aide publique.
- la diminution de la consommation locale : la consommation de charbon par Péchiney a diminué. Les Ciments Lafarge se sont installés à Fos et n'en consomment plus.
- la concurrence d'autres énergies fossiles (pétrole, nucléaire), d'autres technologies (autres procédés)
- les préoccupations d'environnement qui deviennent fortes.
 
Quelle mine aujourd'hui ?
 
Le personnel n'a pas changé depuis 1984. Dans le même temps, le prix du charbon a été divisé par deux, tandis que la profondeur à laquelle on l'extrait a été multipliée par deux.
Les coûts de ce charbon sont très élevés et sans commune mesure avec celui produit dans des mines faciles d'accès, à ciel ouvert.
 
Dans le cadre du Pacte Charbonnier, 90% des salariés ont, avant la fermeture définitive, une solution pour leur avenir. Des mesures de reconversion concernent les plus jeunes.
Des mesures d'âge ont aussi été prises : par exemple une personne de 45 ans et de 20 ans d'ancienneté peut quitter l'entreprise avec maintien de 80% de son salaire.
 
Parallèlement, les activités touchant à la sécurité sont maintenues au niveau maximum, dans la mesure où risques et difficultés augmentent du fait, entre autres, de la profondeur d'extraction.
L'activité principale de l'entreprise, c'est d"être au fond". La réparation est sous-traitée.
La sous-traitance locale représente environ 90 millions de francs ; elle va se réduire au rythme de la réduction d'activité de l'Unité d'Exploitation Provence.
 
Les formes de la reconversion : des zones d'activités
 
Dès les années 60, les Houillères prennent des mesures pour la reconversion : aides directes, aides pour les entreprises,etc. Cette volonté de reconversion sur les terrains déjà exploités, à l'est du Bassin donne lieu à la création de la Zone Industrielle de Trets.
Ces aides ont entraîné, on l'a vu, l'implantation de nouvelles entreprises et une nouvelle industrialisation au début des années 80, en particulier la micro-électronique.
 
 
 
Une dizaine de zones d'activités du secteur, destinées à la reconversion de la mine, bénéficient d'exonération de taxe professionnelle. La zone de Gréasque propose l'exonération de taxe foncière .
La commercialisation de ces zones marche bien.
Les zones de Meyreuil, Gréasque et Rousset regroupent des activités autour de la micro-électronique. Le site de Rousset est en 10 ème position pour la création d'emplois dans les Bouches-du-Rhône.
Les autres petites zones accueillent des activités artisanales.
Quant à l'installation de petites entreprises dans un tissu plus diffus, elle est plus difficile à repérer.
 
D'autres effets : migration de la créativité, des compétences et de l'énergie...
 
On a pu observer que, lors des baisses d'effectifs des Houillères, certains de ses ex-actifs, de même que des enfants d'actifs sont partis créer des entreprises ou occuper des postes élevés dans des entreprises à Berre...Ainsi, on peut remarquer que des classes d'âge d'actifs se déplacent bien avant qu'un site ne change complètement. Des "porteurs de créativité" s'en vont sans qu'on ne s'en rende forcément compte...
Le moment venu, il s'avère plus difficile de revitaliser un tissu économique sans ces forces-là.
 
Une question en suspens : le besoin énergétique
 
Le Ministère de l'Industrie, à l'origine du "Pacte Charbonnier" a certes clairement affiché sa décision de fermeture de tous les sites... Toutefois on peut s'interroger sur le sort que va connaître la centrale thermique, dont la durée de vie peut aller bien au delà de 2005 et qui fonctionne à 100% avec du charbon ? ... Il n'y a aujourd'hui aucune prise de position du Ministère sur cette question d'approvisionnement en combustible : charbon, déchets pétroliers, etc?
 
Par ailleurs, il faut rappeler que la région souffre d'un fort déficit en production d'énergie : elle produit seulement 50 % de sa consommation. De plus une seule ligne amène l'électricité à Nice, ce qui peut entraîner de très graves perturbations (cf. hiver 96)...
 
Du côté de l'alumine
 
L'usine Péchiney s'est implantée en 1892 à cause de la présence du charbon (carburant) sur place et de la proximité des gisements de bauxite (les Baux à l'Ouest et Brignoles à l'Est). Elle couvre 17 ha environ.
L'usine est très ancrée dans l'histoire et la sociologie de ce territoire : 80% du personnel résident à Gardanne ou dans les communes voisines (60% à Gardanne).
 
 
 
Aluminium Péchiney est le nom de l'entreprise, mais on ne fabrique pas d'aluminium à Gardanne. On y transforme la bauxite pour produire de l'alumine.
Gardanne est, en France, l'unique site qui produit ce matériau. C'est d'ailleurs ici que le procédé a été mis au point.
 
Inerte, résistant aux perturbations mécanique, chimique et thermique, l'alumine est un matériau très largement utilisé en association avec d'autres dans de nombreux secteurs de l'industrie. (exemple : Il existe aujourd'hui des bétons sans ciment, faits à 90 % d'alumine.)
 
Une vitalité industrielle adaptée...
 
Il y a 10 ans, 90% de la production de Gardanne était destinée à la production de l'aluminium. Aujourd'hui, c'est seulement 40% qui ont cette destination. Les 60 autres % sont des alumines spécialisées ou "alumines techniques". Elles sont, entre autres, destinées aux industries électroniques (protection des composants), aux céramiques, au bâtiment etc.
En volume, Gardanne est au premier rang en Europe pour les alumines techniques.
 
Il y a dans cette évolution de la production du site une très nette transformation de l'activité originelle.
Des efforts importants ont du être faits : les installations datant des années 60 ont fait l'objet de 200 millions de francs de réaménagement, sans compter la chaudière à flux circulant qui a coûté 170 millions de francs.
La bauxite est aujourd'hui importée (bauxites tropicales) ; ses qualités étant différentes du minerai local, il a fallu s'adapter techniquement à ses spécificités.
 
Handicaps et concurrences
 
D'une part, Gardanne fabrique des produits standards pour lesquels la concurrence se situe au niveau européen. (Ailleurs dans le monde, en effet, la production est directement installée sur le minerai.) Allemagne, Irlande et Sardaigne disposent d'usines de grandes capacités (une à deux fois plus grandes) et implantées en bord de mer, un atout important (en terme de transport).
 
Sur ces produits, le handicap de l'usine de Gardanne est évalué à 50 millions de francs, du au coût du frêt jusqu'à Fos et aux transports ferroviaires entre le port et l'usine. Les coûts portuaires sont également plus élevés que pour ses concurrents.
 
D'autre part, Gardanne produit les alumines techniques pour lesquelles la concurrence est mondiale.
Des discussions sont en cours avec le Port Autonome de Marseille-Fos sur les questions de tarif, afin de négocier des prix équivalents à ceux pratiqués par les ports de Sardaigne...
 
 
 
Le deuxième handicap de l'usine est celui de l'énergie : c'est le deuxième poste le plus important sur le plan des coûts. En Europe, Gardanne a la meilleure performance, mais est à la dernière place en terme de coût.
 
Ressources humaines, compétences : des atouts
 
La production, le centre de recherche, le service commercial, l'assistance technique représentent environ 500 salariés effectifs de l'entreprise. Plus de 50% de l'effectif salarié est composé de techniciens et d'ingénieurs.
De nombreux sous-traitants sont fortement liés à cette activité (l'éventail est large). On estime à environ 1500 les emplois directs et indirects.
 
Pour contrebalancer les handicaps (coûts) de l'établissement de Gardanne, il s'agit de fabriquer des produits pour lesquels ceux-ci pèsent moins.
La diversification des installations permet une diversification des productions. La conception-recherche-développement tient un rôle très important. Le centre de recherche est chargé de développer et d'optimiser les procédés existants, de définir des alumines spéciales pour des applications nouvelles.
D'autres projets se développent dans ce sens : les ingénieurs ont conçu des adaptations de procédé de fabrication, permettant de diminuer les résidus et donc, les coûts en matière première.
Des activités de vente, conseil et assistance sur ces procédés sont réalisées pour d'autres usines du groupe, missions auxquelles s'ajoutent également de l'ingénierie de base et de la formation vers d'autres pays (Chine, Afrique, Inde, Grèce, Ukraine).
 
Il s'agit également d'avoir une productivité supérieure à celle des concurrents ; le personnel est pour une grande part, très qualifié, fruit de 15 ans d'efforts de formation.
 
Les réductions d'effectifs (par départ en pré-retraite etc) ont été accompagnées d'un programme d'embauche de jeunes; cette action a été conduite en collaboration avec les services publics de l'emploi. La moyenne d'âge dans l'entreprise est actuellement de 46 ans.
 
Problèmes...
 
Dans le contexte concurrentiel, faire baisser les coûts énergétiques est très important.
Il faudrait doubler les rendements énergétiques. Un système de cogénération de vapeur et d'électricité existe qui permettrait de le faire et que l'entreprise souhaiterait voir mettre en oeuvre. Or, "une opposition farouche, venant entre autres semble-t-il de supporters de la centrale thermique, s'est exprimé très récemment de façon très catégorique : les dossiers d'enquête publique ont été détruits mettant en danger l'aboutissement du projet."
 
 
 
Les textes préfectoraux de mai 94 témoignent d'un durcissement réglementaire ; l'entreprise a donc dépensé plusieurs millions en études pour répondre à ces exigences.
L'environnement est un sujet sensible. Selon les industriels, il nécessite du sang-froid, de la transparence.
 
Un poids important et méconnu
 
Par rapport à la collectivité, le poids de Aluminium Péchiney est important. En effet l'entreprise représente le 1/3 des recettes fiscales de Gardanne. Cette importance est étonnamment sous-estimé par rapport à celle du Charbon. Or, il faut savoir que les Charbonnages ne sont pas soumis à la taxe professionnelle et que seule l'activité de production électrique est soumise à la taxe.
 
Remarques
 
On parle "d'épuisement" de la veine carbonifère mais elle s'étend de Berre jusqu'à Ollioules. Effectivement elle n'est pas exploitable avec les moyens actuels...
Par ailleurs des méthodes existent, testées par Aluminium Péchiney pour traiter le charbon trop soufré
Des tests ont été menées avec l'Université de Compiègne et Gardanne, autour d'un moteur diesel utilisant du charbon de Provence liquéfié...Il y a là sûrement des questions de choix d'approvisionnement, politique et géopolitique.
 
Du côté de SGS-Thomson Micro-électronics
 
L'entreprise a fêté ses 10 ans en mai 1997. La fusion entre SGS et THOMSON Micro-électronics a eu lieu en 1987.
 
Le groupe réalise un chiffre d'affaires de 4 milliards de dollars en 1996 et 656 000 millions de dollars net. 26 000 personnes réparties dans 24 pays "appartiennent à la galaxie SGS-Thomson".
L'entreprise est spécialisée dans les circuits imprimés.
 
Le site de Rousset produit :
- des cartes à puces : SGS-Thomson est en amont et Gemplus développe les applications. Le chiffre d'affaires de cette production est de 180 millions de dollars en 1996. Il continue à croître.
- des micro-processeurs (gestion de processus)
- des mémoires reprogrammables électriques (pour les canaux tv, les téléphones portables)
 
La Société Atmel, maintenant présente sur le site, est au plan mondial le concurrent le plus important de SGS-Thomson... Néanmoins "la collaboration de proximité entre nous sur le site de Rousset se passe bien".
 
 
 
Les perspectives économiques de SGS-Thomson sont aujourd'hui considérées comme favorables par ses responsables. Cinq milliards de francs ont été consacrés à la construction de nouveaux bâtiments qui représentent 25 000 m2 dont 7000 m2 de salles blanches.
 
Les ressources humaines : recrutement, formation
 
Sur Rousset, SGS-Thomson compte environ 1400 employés. En 1990-91, à un moment de crise ils étaient 770.
L'effectif de l'entreprise se compose de 35% d'ingénieurs (moins de 10% sont recrutés sur place), de 30% de techniciens supérieurs, administratifs qualifiés, (recrutés plutôt dans les Bouches-du-Rhône et départements voisins) et 40% d'opérateurs (600 en tout) recrutés localement dans un rayon de 50 km.
 
Depuis le début 97, pour la phase de développement d'une nouvelle filière, 150 cadres ont été embauchés...
Selon le DRH de l'entreprise, à terme il faut créer 1500 emplois.
Comment recruter 1500 personnes ? (jusque là l'entreprise avait plutôt "recruté de façon autarcique").
Les opérateurs devront être le plus possible recrutés localement.
 
SGS ne souhaite "pas faire la guerre avec la société Atmel sur les recrutements". La raison est simple "la guerre des compétences coûtent cher au final car elle fait grimper les salaires".
 
Les responsables de l'entreprise souhaitent plutôt faire bouger les services publics de l'emploi pour améliorer l'offre.
Pour l'entreprise, les questions de formation se posent à trois niveaux: en terme de formation continue, de formation d'intégration, d'adaptation et en terme de "formation à une rupture technologique".
 
La question de l'entreprise est : comment faire que pour que les entreprises n'aient pas à supporter ce poids ? Il lui faut sensibiliser ses partenaires...
 
Dans les faits, tous les services de l'emploi se sont mobilisés: l'ANPE a mis au point une nouvelle formule "d'évaluation des compétences en situation", afin d'améliorer le travail de présélection en vue de recrutement. Un effort est à faire sur des formations plus lourdes.
Les entreprises (SGS, Atmel, Photomask) ont mis en place avec le Greta du Pays d'Aix une formation en amont de l'emploi, sur trois mois. 100 formés par an : 87% d'entre eux sont arrivés dans les entreprises après leur formation.
 
L'entreprise a par ailleurs fait des efforts de communication pour faire comprendre ses métiers et faire passer le message : "il faut se former !". le message est d'autant plus important que l'entreprise doit pouvoir prévoir à l'avance les générations suivantes de produit pour construire la prochaine usine. "1500 emplois aujourd'hui, ce sera peut-être 8000 emplois sur 4 ans"...
 
 
 
Du côté des PME/hautes technologies
 
Portrait d'Ion Beams Service (IBS)
 
La société IBS est implantée à Gréasque. Créée en 1987 avec un capital de 1,8 million de francs, passé en 1991 à 6 millions, elle emploie aujourd'hui 12 personnes pour un chiffre d'affaires annuel de 12 millions de francs (marge brute autofinancée 1 à 1,2 MF./an).
L'entreprise prévoit de tripler son chiffre d'affaire d'ici l'an 2000.

Les technologies d'IBS sont l'implantation ionique et le dépôt de couches (par utilisation de projectiles très rapides). Ces technologies ont des applications dans les traitements des surfaces ainsi que pour les composants électroniques.
S'appuyant sur une technicité forte, IBS a été créée sur une innovation commerciale : l'implantation ionique "à façon" pour le marché européen. En effet, cette opération est souvent intégrée dans les usines, en milieu de process.
 
IBS mène des programmes de recherche fondamentale sur les semi-conducteurs et réalise toutes sortes d'essai, par exemple pour le traitement des céramiques. La société collabore avec 5 ou 6 laboratoires, entre autres à l'Université sur Marseille. Ces recherches sont financées soit sur ses fonds propres, soit avec l'aide de l'ANVAR ou encore quelquefois sur des fonds européens.
 
Remarque
 
Dans la micro-électronique et les hautes technologies, les PME sont des sources d'innovation. Par exemple sur le site important de Grenoble, on remarque que ce ne sont jamais les grands groupes qui mettent en premier sur le marché les technologies les plus originales mais les PME, avec souvent des années d'avance (ex : écrans plats, têtes d'ordinateurs, substrats) ; ça n'est qu'ensuite que les grands groupes achètent les licences. Les PME endossent et élaborent les innovations des laboratoires pour les mettre sur le marché.
 
Relations avec l'environnement, le territoire, les flux, le marché
 
Le PDG d'IBS est diplômé de l'ENSPhysique et titulaire d'un doctorat d'Université. Il a été salarié d'Eurotechnique et fait partie de la centaine de créateurs d'entreprise issue de ce giron. Il rappelle l'importance des réseaux personnels dans cette dynamique.
 
La main-d'oeuvre qualifiée le recrutement se fait en direct et l'outillage proviennent de la région. Il y a un bon environnement de fournisseurs (en particulier via le Port). Les matières premières arrivent de l'extérieur.
 
 
C'est à l'extérieur de la région que sont destinés les produits et services d'IBS.
1% seulement du chiffre d'affaire est réalisé sur la région, ce qui est lourd et relativement risqué pour une petite entreprise, d'autant plus qu'entre 25 et 40% du chiffre d'affaire est réalisé à l'export: en majorité vers les Pays de la CEE, la Suisse et la Norvège...
 
En complément de sa production, IBS utilise son savoir-faire sur machines pour effectuer aussi des prestations de maintenance; cette activité dégage une marge limitée mais c'est une source de chiffre d'affaire non négligeable.
 
Manques, freins, problème d'implantation
 
L'insertion de ces technologies dans l'environnement est à l'évidence faible.
L'unité de production d'IBS aurait tout à fait pu s'installer ailleurs. En contrepartie et à son actif, son responsable souligne que cette entreprise a créé ici de l'emploi net.
Pour ancrer ces technologies il serait nécessaire d'attirer des activités de maintenance (par exemple : autour des techniques du vide) et d'autres activités de traitement des surfaces.
 
IBS a des difficultés à pénétrer l'important marché grenoblois; un handicap d'image semble peser en la matière : "Nous sommes considérés comme des marseillais"...
 
Dans ce créneau particulier du travail à façon et sur mesure, la compétitivité de l'entreprise est fortement liée à la rapidité de réponse et de livraison ; les délais doivent être courts et respectés: l'utilisation du transport aérien est majeure. Or, Gréasque est excentrée par rapport aux voies principales.
 
L'implantation à Gréasque s'est faite par hasard, en fonction des contraintes de démarrage de la société. Dans la mesure où le coût des machines et des équipements en salle blanche étaient élevés, la seule solution immobilière était la location. Gréasque offrait des locaux disponibles et adaptés à cette phase. Aujourd'hui la société n'a pas la possibilité de s'étendre à cet endroit.
 
Envisager un changement d'implantation nécessaire rencontre des difficultés importantes.
La très haute qualité requise pour l'eau et l'électricité nécessaires à ces technologies a fait l'objet de financements publics qui ont permis d'équiper la zone de Rousset pour le traitement de l'eau et contre les phénomènes de micro-coupures... Il serait donc logique qu'IBS s'installe sur cette zone.
Or, l'aide FIBM* n'est accordée à l'entreprise IBS que sur son site actuel. Par ailleurs, la société n'atteint pas le seuil fixé par la Datar en terme de capital (pour l'obtention de la PAT)
En outre, un départ de Gréasque impliquerait sans doute aussi des problèmes de relations à gérer avec la commune...
 
 
* Précision
 
Le FIBM est bien un fonds qui est réservé à des aménagements de zones industrielles pour des PME et le déménagement d'IBS pose problème car il ne serait pas logique de déshabiller Pierre pour habiller Paul... Mais si la survie de la société en dépend...
 
Pour ce problème d'implantation, le PDG fait l'hypothèse d'une "solution" ultime: la dissolution de la société pour la recréer là où elle serait éligible à autres types de financement et d'aide...
 
Par ailleurs, il déplore les effets pervers de certaines aides, malgré leurs bonnes intentions. C'est l'exemple d'aides (européennes) qui sont octroyées pour acheter des machines, à condition que celles-ci soient neuves. Or, dans ce secteur des hautes technologies, il y a possibilité pour des PME d'acheter en Europe des machines d'occasion et de les adapter, à moindre coût. Quand on sait que les machines neuves proviennent pour la plupart des Etats-Unis, on comprend qu'il y a là pour un responsable d'entreprise matière à s'étonner....
 
A propos de la question de départ et quelques autres....
 
Un "Pays de Gardanne" stricto sensu ?
 
On l'a vu, il y a effectivement des traces historiques, des structures spatiales, sociologiques et des projets qui caractérisent l'aire visitée. Entité spatiale entérinée par le fait que 17 communes de ce périmètre ont été retenues au titre des Fonds européens de restructuration industrielle, dans le cadre de l'objectif 2.
L'ancien "Bassin minier de Provence" allait de Trets jusqu'à Simiane: l'activité économique d'extraction charbonnière a façonné la société locale (peuplement, culture, comportement socio-politique etc) et les paysages (terrils, puits, cités ouvrières, petite agriculture d'appoint etc)...
 
Pour autant, toutes les communes de l'Arc ne connaissent pas la même évolution (économie, sociologie, démographie). Au début du siècle, Bouc-Bel-air était en déclin, aujourd'hui elle se développe. En 1979 à Simiane, une coopérative fonctionnait encore avec les viticulteurs locaux, aujourd'hui elle est fermée...
 
Parallèlement, on observe une spécialisation des territoires, une partition entre la Vallée de l'Arc et le Bassin minier.
 
L'activité industrielle "traditionnelle" est en déclin -ou plutôt son histoire est jalonnée d'adaptations humaine, technique, financière successives jusqu'aux transformations profondes actuelles, en particulier en terme d'emplois (nombre, qualifications). Elle est aujourd'hui géographiquement resserrée autour d'activités et de compétences plus spécialisées.
 
 
 
La péri-urbanisation se développe partout, avec des populations originaires d'Aix et de Marseille.Trois zones d'influence différentes polarisent les flux et les relations: Aix, Marseille et Aubagne. Les nouveaux axes autoroutiers structurent aussi l'espace.
Trois intercommunalités fonctionnent (Monts Auréliens, Sainte Victoire/Etoile et Merlançon/Bouc-Bel-Air-Pays d'Aix.
 
L'ensemble de ces phénomènes entraîne une dissociation en sous-ensembles :
 
- Gardanne et ses environs proches : industries "historiques"
- Trets et la Haute Vallée de l'Arc : espace agricole et high-tech.
- Peypin et ses environs tournés vers Aubagne.
- Bouc-Bel-Air et Simiane communes plus résidentielles.
 
Le degré d'exigence des péri-urbains, souvent originaires des grandes villes, en matière de services plus encore que d'équipements (enfants, adolescents, desserte scolaire, loisirs) obligent les collectivités locales et publiques à des réponses toujours plus complètes, qualitatives, adaptées.
 
Signe des temps il existe une halte-garderie pour personnes âgées à Meyreuil (pour les couples travaillant).
 
Sur fond de périurbanisation des classes moyennes, de modifications généralisées et de diffusion de ces modes de vie dans tout le tissu, une sociologie contrastée peut encore s'observer entre les communes. A l'entrée en classe de 6ème (à Gardanne), le taux de retard scolaire s'élève à 11% contre 5% à Aix. Le nombre de boursiers est de 36,5 % à Gardanne contre 25 % en moyenne dans le Pays d'Aix...
Le revenu moyen élevé de Châteauneuf-le-Rouge et la faiblesse de son taux de chômage illustrent encore les disparités entre communes voisines.
 
La coexistence, l'imbrication de ces disparités ne semblent pas spécifiques à ce Pays. A l'échelle de l'AMM, des phénomènes équivalents sont repérables ailleurs. Il y a néanmoins une spécificité "intersticielle" entre pôles (barrières physiques : Etoile, Arbois, Montaiguet, Sainte-Victoire, Monts Auréliens et des problématiques articulées : mutations industrielles/mutations sociologiques).
 
Poser la question de la réindustrialisation c'est se demander sur quels bassins d'emploi travailler, sachant que c'est aussi à l'échelle métropolitaine qu'il faut les considérer ...
 
 
 
 
Quelle réindustrialisation ?
 
Une question aigüe, une arithmétique limitée
 
Entre d'un côté, le responsable des Houillères dont l'objectif assigné est un "zéro employé"* en 2005 et un Directeur des Ressources Humaines d'une autre entreprise dont les prévisions font envisager 1500 embauches, deux mondes s'affrontent...
(*Pour les cadres de la mine par exemple, comment vivre un tel objectif ? On peut comprendre les réactions "irrationnelles").
 
Dans la réalité vécue d'un même territoire et les événements plus ou moins emblématiques qui s'y jouent, se construisent côte-à-côte des choses contradictoires. Les risques d'opposition exacerbée, de radicalisation qui peuvent exploser sont effectifs... Même si dans les chiffres, les créations d'emplois compensent les pertes, on ne peut se contenter d'une telle arithmétique.
 
Remarque
 
Beaucoup d'expériences non rentables ont été conduites sur les sites (Peynier-Rousset). ES2 a coûté cher et ce sont aussi les contribuables qui l'ont subventionné... Il n'est pas inutile de souligner qu'il y a des secteurs pour lesquels on ne se pose pas la question de la rentabilité.
En tant que citoyen, on n'a d'ailleurs pas la capacité d'expertise pour juger de ce qui se fait, de ce qui se décide, pour quels résultats, pour quels effets.
 
Politique industrielle : questions, effets, questions...
 
Dans quelle mesure la nouvelle logique d'industrialisation peut-elle entraîner (ou accentuer ?) une fracture est-ouest du "Pays de Gardanne", où l'ouest serait voué à l'industrie lourde et à la péri-urbanisation d'origine marseillaise, et l'est serait voué davantage à la high-tech et à une péri-urbanisation d'origine aixoise ?
 
Polarisation, externalité
 
Au plan industriel, le site de Rousset se trouve privilégié du fait des services financés par la puissance publique. Ces services peuvent difficilement être disséminés et également répartis. Ils induisent une polarisation des moyens, des équipements offerts aux entreprises.
 
En contraste avec les industries traditionnelles -associées aux images de pollution, de saleté, de fumée, de poussière noire ou rouge-, la micro-électronique bénéficie d'une image d'industrie propre alors que concrètement, elle est très polluante.
 
 
 
Le changement de logique industrielle entraîne de nouvelles conséquences: 30 millions de francs sont consacrés à une usine de traitement des rejets pour le site de Rousset. Les petites entreprises implantées en dehors de ce site ne pourront pas profiter de cette externalité. C'est un véritable problème pour le tissu de PME.
 
Cette polarisation a des effets sur le prix du foncier qui augmente; se repose la question des moyens d'une maîtrise foncière, de la politique foncière.
 
Ces processus entraînent également des effets de congestion de l'espace (trafic, nuisances) et à terme de nouveaux besoins d'infastructures, d'équipements, de services.
 
Grandes entreprises ou PME ?
 
Les mesures de la politique industrielle semblent être conçues en fonction et dans l'optique des grandes entreprises, induisant par exemple des effets de sous-traitance. Or, sur l'ensemble du bassin, on est passé d'une logique de grandes entreprises (Les Houillères, Péchiney, Lafarge) à une logique de petites entreprises.
Les responsables de la DRIRE rappellent que de nombreuses aides sont réservées aux PME (100 à 500 pers) tel que le Fonds de Développement des Petites et Moyennes Industries (FDPMI).
 
Une péréquation nécessaire sur le Bassin ...
 
La difficulté de changement d'implantation d'IBS met l'accent sur une question cruciale. A la source de la difficulté, il y a une question fiscale, celle de la taxe professionnelle.
En l'occurrence, il ne faut pas oublier que 400 KF de taxe professionnelle sont collectées par Gréasque. Comment cette commune pourrait-elle renoncer sans mot dire à une telle ressource ?
En fait, tant qu'il n'y aura pas de modalité logique de péréquation de la taxe sur tout le Bassin, de tels blocages ne pourront que se multiplier et les communes chercheront les moyens de pression pour empêcher ces départs et surenchériront sur les facilités offertes aux entreprises pour s'implanter
 
Le nouveau type d'industrialisation étant fondamentalement "nomade "et volatile, au-delà des aides, comment les pérenniser ? Quel type d'ancrage favoriser, comment ?
 
Pistes de concertation : l'emploi
 
Les mutations, qui se sont amorcées dans les années 60, induisent la fragmentation d'un territoire ; il avait jusqu'alors une unité, une cohérence- en terme de compétences- Aujourd'hui le problème qui surgit est celui de l'écart entre qualifications disponibles, existantes et qualifications requises du fait de ces mutations.
 
 
 
Comment le paysage industriel et social va-il pouvoir se recomposer ?
Y-a-t-il rupture dans les emplois avec une nouvelle structure de qualification très différentes ?
Cela entraînera t-il la complète disparition de la culture ouvrière locale ?
 
Qu'il n'ait plus de Bassin minier proprement dit fait de l'articulation Gardanne - Rousset un enjeu majeur. La question de proximité et de coexistence de ces deux pôles est à régler.
Un Comité de Bassin d'Emploi a été créé en 1996. On peut souhaiter que ce soit une initiative structurante qui mobilise le maximum d'acteurs.
 
Atmel et SGS Thomson ont à l'origine présenté un "plaidoyer pour l'emploi" reçu positivement par les services publics de l'emploi. Ce comité de pilotage doit se réunir pour faire "un comité opérationnel pour l'emploi et la formation du bassin de Rousset".
 
Par ailleurs, un Comité de défense de l'emploi existe sur 14 communes du Bassin minier : il rassemble tous les maires. Ceux-ci travaillent de façon plus ou moins informelle sur l'économie, l'environnement...
 
Questions d'AMM...
 
Avec son industrie nouvelle et instable, son industrie historique en déclin, sa périurbanisation, le Bassin de Gardanne a-t-il une place à part dans l'AMM ? Ses caractéristiques l'isolent-il en le spécifiant.
 
Y-a-t-il une possibilité et un potentiel (même fragile) de structuration autonome ? A ce titre, comment pourrait-on mettre en valeur le rôle de carrefour routier (D6, D7) et ferroviaire (4 directions) de Gardanne ?
Gardanne est un pôle de service avec 3 lycées, des salles de cinéma, un marché ...ne mériterait-il d'être conforté au sein de l'AMM dans une optique "vivre et travailler au pays ", pour éviter ainsi la multiplication des déplacements ?
 
Autant de questions qui renvoient à celle d'une gestion spatiale élargie -intelligente, complexe, dynamique, itérative, ouverte, inventive- bien différente "du "laisser-faire" qui a cours autour de Rousset."... disent certains.