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Ont participé â cette réunion qui s'est déroulée
aux ARCENAULX
Alix ANGOT, Jean-Christophe BAUDOUIN, Marc BEAUCHAIN, Hélène
BELLON, BEUNARD Bertile, Jean BONNIER, Jean-Lucien BONILLO, Michel
CARRENO, Hélène CHERON, Edith CHOURAQUI, Marie COUDRAY,
Michel DELENNE, Pricilla DE ROO, Michel DRAIN, Jean ECOCHARD,
Nicole FAUCHON, Françoise FANTON, Thierry FELLMANN, Jean-Paul
FERRIER, Lucien GALLAS, Jean GINOD, Daniel GRANDE, Michel GUTSATZ,
Anne-Marie HENRIOT, Jeanne LAFFITTE, Philippe LANGEVIN, Michel
LAURENT, François LE MERLUS, Guy LIMORTE, Michel LORNE,
Bernard MOREL, Catherine NAAR, Dominique ORSOLINI, Didier PICHERAL,
Anne PIGNOL, Guy RAVOUX, Serge RENIMEL, Lionel ROCHE, Dominique
SALOMON, Etienne TUSLANE, Jean VIARD, Patrick VICERIAT
La capacité d'un lieu à être mis en tourisme
dépend d'un processus de décision dont le moteur
est politique et culturel. On assiste à une évolution
sensible ces dernières années, à la naissance
d'un discours sur le tourisme, et a une offre plus structurante
qu'autrefois.
La France est le 2ème pays touristique du monde après
les USA. Le tourisme contribue pour 620 milliards de francs à
la balance des paiements, la progression est importante depuis
plusieurs années, avec une augmentation de Ja présence
des gens du sud, d'Italie et d'Espagne.
PACA est en chiffre d'affaires la 2ème région touristique
après Paris, malgré une chute de 17% de ce chiffre
d'affaires, entre 1990 et 1991, qui a beaucoup affectée
la Côte d'Azur. Il est difficile d'évaluer les emplois
touristiques qui sont dispersés, et il est délicat
d'évaluer le travail au noir non négligeable dans
ce secteur.
Marseille a le même nombre de chambres d'hôtel que
Lille (4 pour 1000 habitants), 7 à Lyon, 10 à Bordeaux
la capacité hôtelière est un des indicateurs
du Tourisme mais aussi du dynamisme économique.
Les pratiques de quotidienneté passent dans les pratiques
de vacances (ex. usage du Vélo Tout Terrain). Le rapport
au temps et à J'espace s'est intégré ainsi
les multi-départs en vacances ont pesé sur l'évolution
des lieux touristiques les vacances "vertes" sont
devenues aussi importantes que les vacances "bleues"
; le refus du béton se retrouvent aussi dans les pratiques
touristiques (les villages de vacances de la côte espagnole
commencent à être sous-occupés et n'ont pu
se réadapter).
Le tourisme tient aussi au récit qu'on en fait la pratique
et le discours sur les pratiques sont inséparables, le
tourisme relie les territoires et produit un discours organise.
Le mot tourisme a été inventé fin 19ème siècle, dans un livre sur la Côte d'Azur en 1863. JI est intéressant de noter que le premier chapitre de ce livre est consacre a Marseille et aux Pays des Maures.
Les écrits ont favorisé le tourisme par des codes
et des valeurs et donc une influence idéologique importante.
Tourisme et vacances ont deux genèses conflictuelles :
le tourisme appartient par tradition à la culture de droite,
les vacances à la culture de gauche.
Autrefois, le tourisme était très lié à
la religion. Puis, à partir du 18ème siècle,
il s'est développé par l'extrapolation des pratiques
de cour, des pratiques aristocratiques. Le déplacement
correspondait à des valeurs philosophiques.
Au 19ème siècle en Europe, le tourisme a été
codifié par les rentiers qui inventaient en cela l'oisiveté.
Le tourisme s'est fondé davantage sur une culture "hygiéniste",
autour du corps dans son rapport à l'eau : c'est la naissance
des stations thermales, balnéaires, du ski puis de la natation,
c'est une culture de protection.
A cette époque, l'économie industrielle et le tourisme
fonctionnent comme culture modernisatrice des valeurs archaïques.
Le déplacement est alors devenu phénomène
de modernité "on forme un citoyen en lui permettant
d'aller voir le monde".
Plus tard, Je rapport à la nature est introduit dans les
pratiques du voyage par les anglais (culture de la retraite).
Les premières vacances scolaires et judiciaires furent
liées au rythme agraire sur la volonté d'hygiénisme
du peuple, on a assisté à l'émergence des
colonies de vacances et des auberges de jeunesse, à la
formation de la jeunesse aux pratiques de déplacement.
Entre 1920 et 1940. les congés payés sont accordés dans tous les pays industrialisés, mais les congés payés ne sont pas assimiles aux vacances qui n'étaient pas revendiquées.
Les pratiques de vacances des masses ont été un
phénomène social fort et assez imprévu, caractérisées
par
- l'imitation des pratiques rentières
- le retour des trajets de l'exode rural (comme les Maghrébins
d'origine aujourd'hui)
Pour ne pas côtoyer les masses, les classes dominantes ont
alors innové et découvert de nouveaux territoires.
La mise en tourisme de la région Provence-Alpes-Côte
d'Azur n'a pas concerne les mêmes espaces au fil du temps.
Au 19ème siècle avant le tourisme, il y avait les
"Tours". les villes étaient organisées
pour cela : on faisait le tour du Massif Central par des villes
relais Lyon et Avignon puis on allait vers Aix, Marseille et
la Côte d'Azur.
Dans la deuxième moitié du 19ème siècle
jusqu'à la guerre de 14. la Côte d'Azur a bénéficié
d'un tourisme d'hiver. Le climat y a joué un grand rôle,
il explique la venue des anglais dans cet espace.
Marseille était aussi une ville touristique autrefois,
il y a donc dans la ville une mémoire de ce tourisme, un
passé littéraire et pictural qui en témoigne
jusqu'au moment où s'est développé le port
de la Joliette.
Il faut dire que dans les années 14-18, dans les milieux
intellectuels et catholiques, l'industrie, la ville et le tourisme
étaient perçues négativement, ce qui explique
en outre la structuration et l'organisation de l'espace intérieur
de l'arrière-pays dans les années 20.
Après 1940, c'est la contre culture qui va structurer le
tourisme, c'est l'époque de la naissance des festivals
comme Avignon, précurseur en tourisme "le tourisme
existe bien avant de le savoir et de le voir
Les années 50 voient des flux massifs d'estivants vers la Côte d'Azur et l'arrière-pays avec surtout des résidences secondaires.
A partir des années 70 et jusqu'à nos jours, on observe des dysfonctionnements dans ce système.
C 'est le développement du post-tourisme : les lieux touristiques sont attractifs, une nouvelle population citadine s'y installent avec des modes de vie de tourisme permanent. Ces lieux "rendus désirables" N'ont être investis par les urbains comme Cassis qui devient ainsi lieu de résidence ou bien le sud Lubéron qui a vu sa population doubler en 10 ans. Le tourisme qui a mis en désir le sud de la France a produit un phénomène d'image qui n'est pas neutre par rapport aux nouvelles localisations industrielles.
La mise en tourisme ne signifie pas pour au tant développement, car le temps est long pour que la culture locale intègre conflictuellement cette évolution.
En outre, l'activité touristique peut être porteuse de rigidité défavorable au développement économique ainsi, alors que le tourisme a joué positivement sur l'accueil des entreprises, aujourd'hui dans les Alpes-Maritimes les prix du foncier, des loyers et l'engorgement des transports bloquent le développement.
On assiste aussi à de nouvelles pratiques touristiques
- la ville devient objet touristique dans sa globalité et même lieu de week-end.
- le tourisme vert progresse même si le tourisme social a mis longtemps pour s'intéresser aux gîtes.
- la fréquentation de la Méditerranée est en recul (même si elle reste le premier lieu mondial du tourisme) à cause de la guerre, de la pollution. de la visibilité des poubelles...
Dans ce contexte, remarquons que le développement du TGV
peut avoir des conséquences positives sur l'AMM mais négatives
sur la Côte d'Azur, car le tourisme finit par "consommer
son objet" si la croissance du tourisme de masse se poursuit.
Le tourisme correspond à la montée de la culture individuelle, et à une situation de contemplation.
Le tourisme est un phénomène de mobilité donc de comparaison, qui correspond au besoin qu'a l'individu à de se "mesurer" par rapport à l'autre.
Mais le tourisme "archétypise" les sociétés locales et les lieux : on reconstruit les ruines, on recrée les espaces (ex. Lourmarin et son château), on recrée les rapports sociaux du village avec le château, on restaure les monuments, on rénove les milieux typiques, les quartiers ouvriers et c'est souvent même la ville dans sa totalité qui devient patrimoniale. C'est la structuration de l'authentique qui fait coexister toutes les époques.
La mise en tourisme contribue à la structuration de l'identité des groupes, structuration aussi bien spatiale que temporelle. Le tourisme fait une lecture de la société locale différente de celle de l'habitant.
Cette lecture de l'extérieur, cette mise en paysage des sociétés locales N'a influer sur la perception même des habitants ; la société locale doit accepter de se re-coder, de transformer son espace et ses habitants refuser ce dérangement, c'est refuser d'entrer dans la mobilité de la modernité car on vit dans un monde de circulation. Une ville non touristique n est plus dans la modernité. Il n 'y a plus de nos jours de grande ville sans tourisme.
Pourtant la légitimité du tourisme n'existe toujours
pas, puisqu'on est dans la culture de la production et du travail.
L'intercommunalité touristique n'existe que dans deux cas :
- des contraintes imposées par des Contrats de Plan Etat-Région
- son rôle exige des qualités de négociation et de contact avec les acteurs privés, donc une capacité de concertation entre public et privé.
* Une politique touristique publique suppose :
- une description des actions à entreprendre et des conditions de réussite.
* La gestion d'une politique touristique bute sur la difficulté
de maîtriser les financements des différents partenaires,
et les conséquences des initiatives privées.
Ce regroupement d'espaces s'avère peu pertinent ; ainsi on peut se demander Si les Alpilles ne sont pas davantage tournées vers Avignon que vers Arles.
Ce programme de financements ne se réalisera sans doute pas. Dans les Alpilles, I'Etat a imposé, en la finançant à 100%, une étude globale pour éviter les demandes hétéroclites des 15 Maires (vidéo, signalétique livre...) cherchant a consommer les 4 MF. prévus.
Aux Saintes-Marie de la Mer, une réelle politique de développement touristique existe, sur une commune vaste qui est surtout une longue plage et qui ne vit que du tourisme.
Quant à Arles, très vaste commune, elle est aujourd'hui une des villes de France les plus visitées, même si c est un tourisme de passage. Rappelons la transformation profonde de la ville depuis dix ans, alors qu'elle était en déshérence. Son évolution et son tourisme sont liés à l'activité culturelle qui y représente beaucoup d'emplois. Les premières implantations culturelles furent des initiatives privées mais les élus en ont perçu l'intérêt et se sont mobilisés pour poursuivre le mouvement (par exemple en attirant Harmonia Mundi à Arles).
Le relatif échec du dispositif Arles~Camargue~AIpîîîe5
est-il lié au fait que ces pays ont des identités
différentes ou des intérêts divergents ou
simplement des poids économiques hétérogènes
?
Les résidences secondaires liées au Festival, aux
marseillais et aux lyonnais ont eu des conséquences lourdes
sur le prix du foncier celui-ci a déjà fait reculer
les résidences secondaires autour de l'autoroute et plus
loin a destructuré le tissu agricole
Le tourisme industriel n'y est pas négligeable : la Sollac a eu en 1991 7200 visiteurs (scolaires, enseignement supérieur, famille et 3ème âge), les bassins ouest du Port 35 000 visiteurs en 1990 et 30 000 en 1991.
Des éco-musées existent (Crau) ou se créent
: eco-musée de l'aéronautique, éco-musée
de la poudre et de la chasse à Saint-Chamas.
Le modèle de croissance de ces communes est caractérisé par :
* des flux saisonniers et donc une saisonnalité de l'activité difficile à gérer,
* des chutes d'activité (comme dans la navale) mais une
résistance du tissu agricole.
* Dans les années 90, où les volumes de croissance
touristique stagnent et
le bâtiment reste morose, on voit apparaître des opérations
lourdes telles que l'Aqualand de Saint-Cyr, le domaine de la Régate
entre Bandol et Saint-Cyr, la SAC du Plan de la mer, des projets
de golf.
On observe aujourd'hui un rejet progressif de la fonction de loisirs de proximité et "d'accueil de masse", et donc de l'hôtellerie de plein air, avec dans le même temps, une importante compétition entre les communes pour être le phare du tourisme de séjour.
Cette quête concurrentielle d'un tourisme de séjour
haut de gamme tourne le dos à l'intercommunalité
et donc à la complémentarité entre les communes.
D'une façon générale on observe :
* l'indigence de la planification territoriale en terme d'occupation
de l'espace (POS, règles d'urbanisme...),
* une dérive constante qui conduit à "négocier"
le territoire : on est passé d'un émiettement du
territoire à des opérations "coup de poing",
* une ambiguïté du jeu des acteurs, y compris de I'
Etat sur l'outil touristique, sans mesurer les conséquences
en termes de bouleversements sociologiques de risques économiques...
* sur le littoral en particulier un conflit entre le tourisme
et les espaces naturels.
* Dans la région. le volume des nuitées touristiques
ne croit plus.
* On observe un équilibre inattendu de fréquentation
entre les départements des Bouches-du-Rhône, des
Alpes-Maritimes et du Var, car le poids urbain de Marseille est
lourd
* La courbe de fréquentation des Alpes-Maritimes marque
des pointes liées à la saisonnalité, très
atténuées dans les Bouches-du-Rhône la saisonnalité
de la fréquentation se réduit au fur et à
mesure que l'urbain s'accroît,
* Dans la capacité d'accueil des habitants, l'accueil chez
"parents et amis" croît sensiblement, c 'est un
comportement de nouvel habitant,
* Le tourisme urbain croît dans cette région mais
le tourisme d'affaires y est encore faible,
* L'hôtellerie de plein air (camping, caravaning) n'a pas
bonne presse : on oublie que ces touristes là dépensent
peut-être moins mais restent plus, qu'ils sont jeunes, qu'ils
irriguent tout le territoire, qu'ils sont les premiers sur un
site...
* Les touristes fractionnent de plus en plus leurs séjours, partent moins
La Délégation au Tourisme créée dans
la municipalité actuelle, en même temps qu'elle a
sollicité des acteurs nationaux pour se pencher sur le
devenir touristique de la ville, tend, non sans mal, à
relancer l'intérêt des services municipaux les plus
divers pour l'action touristique, l'adhésion des différents
services étant indispensable à la réussite
de ce type de politique.
Alors que le Ministère du Tourisme souhaitait une étude
globale sur le tourisme dans la ville de Marseille, la municipalité
a choisi de conduire des études ciblées sur le tourisme
urbain et culturel et sur le nautisme les idées forces,
aussi bien sur le fond que pour la communication, portent sur
la mer, la culture et la création, la culture scientifique
et technique.
L'analyse conduite doit servir d'aide à la décision
politique et technique autour de deux hypothèses : faut-il
créer sur Marseille une activité touristique ou
bien le tourisme est-il considéré comme un moteur
du développement de la ville ?
Les études doivent aussi permettre de déterminer
s'il faut plutôt faire un développement touristique
interstitiel ou bien un développement touristique permettant
d'irriguer totalement l'espace.
Le projet est réfléchi en considérant que
le site marseillais devrait constituer le noeud d'une organisation
touristique de l'AMM, occupant une place particulière dans
les équilibres méditerranéens.
De l'étude très approfondie conduite par Eurologiques,
seront évoqués ici les seuls éléments
abordés en séance
1. On peut imaginer de rechercher les effets de "post-tourisme"
en sédentarisant les touristes vers la création
d'activités.
2. La mise en tourisme de la ville suppose la qualification de
l'environnement d'accueil et une communication ciblée.
3. Il y a encore à Marseille carence de communication externe,
une communication institutionnelle trop défensive ; ainsi
on observe qu'il y a trop d'écart entre l'effort important
de développement culturel de la ville et l'utilisation
de cet effort et trop d'écart entre la profusion de talents
créatifs et leur valorisation dans la communication externe.
La meilleure communication en matière de tourisme, c'est
celle faite par les acteurs du tourisme eux-mêmes ou par
les gens qui passent.
4. Les grands projets de la ville et l'analyse des détails
de ces projets montrent qu'ils ne sont pas pensés pour
leur "lisibilité" externe ceci témoigne
de l'absence de priorité donnée à l'utilisation
de l'atout touristique sur le devenir de Marseille.
Les "quais rendus aux marseillais", le projet du Pharo
ou l'amélioration de la circulation faciliteraient le tourisme
mais ne sont pas conçus dans ce sens Il y a sous utilisation
des transports en commun de la ville sur la rade, pas de liaison
entre le 14 et les calanques, pas de valorisation de la culture
maritime et de la mer comme atout touristique.
5. La ville est un site complexe qui devrait bénéficier
d'un lieu (par exemple musée des civilisations) qui rende
accessible l'histoire de la ville et aide à la déambulation
et à la compréhension des lieux.
6. Marseille est une ville à laquelle on rend visite tant
qu'on n aura pas objectiver les phénomènes d'immigration
de Marseille, on n'entraînera pas le désir touristique.
Or ces phénomènes (symbole de la porte de I 'Orient)
sont un atout très fort qui pourrait être un sujet
de communication sur la vitalité et le dynamisme de la
ville.
7. Le tourisme pourrait être utilisé comme vecteur
de développement économique.
Ceci suppose une stratégie élitiste avec des clientèles
pionnières et pilotes, ce qui ne veut pas dire "haut
de gamme (cela peut concerner des clientèles qui viennent
chercher içi ce que l'on ne trouve pas ailleurs, en particulier
cette authenticité complexe). Le tourisme a soutenir, c'est
celui où l'on trouve dans la ville non seulement ce qui
est annonce. mais aussi d'autres réalités, d'autres
situations plus cachées à découvrir.
* Ceci suppose d'évaluer le seuil de tolérance
culturelle au tourisme, la capacité d'absorption touristique
de la ville étant encore considérable,
* Ceci suppose de sensibiliser des leaders d'opinion pour les
convaincre de prendre en considération ce secteur négligé.
Cette priorité ne doit pas faire oublier les collines mentant
d'être intégrées dans la réflexion
touristique, l'itinéraire des points hauts de la ville
témoigne de leur qualité.
9. En quoi cette notion de "ville au bord de l'eau"
contribue-t-elle à faire de Marseille une ville capitale
? L'effet "capitale" relève d'un projet politique
et non pas d'une simple déclaration : on doit mettre en
désir ce que l'on est et non pas ce que l'on voudrait être.
Ainsi la politique culturelle de la ville comprend-t'elle à
la fois des actions à usage local et d'autres projets à
l'échelle d'une capitale.
10. Marseille est paradoxalement en manque de migrants (et le
touriste en est un). Ne faut-il pas alors lui en fournir, puisque
c'est son mode de fonctionnement ?
Les actions touristiques pour Marseille sont donc conditionnées
par la décision politique : cela signifie qu'alors toute
décision sur la forme urbaine devrait avoir un regard "sur
la mise en tourisme", que la mise en tourisme doit d'abord
fonctionner pour les marseillais, alors elle fonctionnera pour
les touristes, que des mesures de concertation sont alors nécessaires
avec les services municipaux, de transport par exemple. avec les
services de formation des personnels municipaux en rapport avec
le public, (c'est aussi une façon de compromettre les marseillais
dans le projet touristique).
Cependant aujourd'hui, tous les espaces maritimes existants sont
pleins. ce qui rend difficile l'émergence de projets nouveaux.
I. Le développement de la plaisance en France s'est fait à partir de 1965 et a permis de doter le pavs de ports de plaisance, de flottes et d'industries exportatrices assez exceptionnelles.
La ville de Marseille a joué cette carte très tôt. Cependant, on observe aujourd'hui que depuis longtemps ces bateaux. propriété de personnes appartenant à différentes classes de la société marseillaise, ne "bougent"
pas ils sont une marque de distinction sociale et de richesse. excepté sans doute, pour ceux qui font des courses et des croisières.
Aussi cette flotte de plaisance a vieilli, s'est marginalisée par rapport à la plaisance française.
Enfin le prix de location des places de bateaux reste très
faible, ce qui ne permet pas la rénovation des ports et
on imagine mal que le financement privé permette la construction
d'un nouveau port de plaisance.
2. Des produits touristiques à Marseille peuvent-ils être
mis sur le marché européen ?
A partir des diverses analysses de l'étude, certains produits
auraient d'ores et déjà des atouts liés à
l'histoire de la ville et a sa configuration physique
- des produits pour les jeunes tels que les raids dans la rade
de Marseille,
- la plongée : Marseille est le lieu d'Europe où
il y a le plus de plongée, à partir de clubs insérés
dans des réseaux européens (Italie, Suisse, Allemagne,
Angleterre),
- la location de bateaux Il faut savoir que le domaine de la location de bateaux de croisière à voile et à moteur est en pleine restructuration en Europe ; ce type d'activités doit s'envisager plutôt dans le Vieux Port où il faudrait consacrer un espace pour les loueurs et appuyer l'activité sur un système de réseaux de clientèles (comme les Comités d'Entreprises...). Si l'on part d'une hypothèse de 100 bateaux, avec par exemple 6 couchettes, il faut considérer, au-delà de la rentabilité économique directe de la location, les retombées possibles de 600 croisiéristes satisfaits et qui en parlent.
Les lieux d'entretien de bateaux sont insuffisants il s'agirait
de dégager des espaces techniques, à négocier
peut être avec le PAM, mais cette activité doit être
prévue en tenant compte de l'ensemble de l'AMM et pas seulement
de Marseille (ex. Martigues).
- Une étude sur la croisière a été
conduite par le PAM. Seuls 10 à 20 000 passagers voyagent
par Marseille on évalue à 10 000 le nombre de
marins américains de passage dans la ville enfin la SNCM
organise de courtes croisières au départ de Marseille.
Les plus gros concurrents actuels sont pour la clientèle
nord européenne Gênes (80 000 croisiéristes),
Venise et pour la clientèle américaine. Barcelone.
Il existe en outre de nombreux projets (Nice, Toulon...) qui ont
du mal à émerger.
Marseille a des handicaps liés à l'image de la ville,
à la faible qualité du terminal croisière
et de la logistique la ville a aussi des atouts touristiques
et techniques liés a une très bonne accessibilité.
Parmi les recommandations, le projet peut aller d'un choix ambitieux
d'un satellite croisière sur le 34 à une simple
amélioration de l'accueil de la clientèle et des
services commerciaux.
On ne peut nier que, même s'il y a dans le port des opportunités
pour la croisière, le marché est très difficile.
En outre cela ne correspond en rien à la culture des gens
du port "on ne veut pas être transformé d'ouvrier
noble en larbin du touriste".
Enfin, on peut s'interroger sur la disproportion risquée entre les coûts pour réaliser un réel terminal croisière et les retombées potentielles.
Il faut avant toute action convaincre la ville et ses habitants
d'accueillir il faut donc trouver un processus par lequel on
N'a mettre en situation les marseillais comme touriste de leur
propre ville, à partir d'actions même ponctuelles.
Tant que l'on n 'a pas obtenu l'adhésion de la population,
des acteurs touristiques, des élus et des services municipaux,
il ne sert a rien de communiquer sur des produits touristiques
ou des actions nouvelles.
Installer la ville dans l'esprit de mise en tourisme pourrait
se faire de multiples façons, a partir de la fierté
de son histoire et de son identité le positionnement en
Méditerranée la réflexion sur l'usage des
pannes du Vieux Port la modernisation et diversification de l'hébergement
la réalisation d'une vitrine scientifique et technique
des guides conférenciers multilingues et pointus. etc...