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SOMMAIRE
Débat n° 1. - Le projet européen,
une avancée ou un recul
Débat N° 2.- Agriculture, industrie,
développement en Méditerranée : Libre-échange
ou développement endogène ?
Débat n° 3. - l'enjeu du forum civil
de Barcelone
A propos du projet de l'Union européenne...
Le projet euro-méditerranée de l'Union européenne
va être soumis aux partenaires méditerranéens
à Barcelone les 27 et 28 novembre prochains.
Cette proposition a déjà été faite aux différents partenaires méditerranéens et l'Union Européenne a testé la recevabilité de ces propositions. L'objectif de la conférence est de déboucher sur des perspectives en amendant le texte.
Le texte est d'abord le fruit d'une longue négociation
entre la France et l'Allemagne, la nécessité de
procéder à un rééquilibrage de la
politique européenne, compte tenu de l'attirance manifeste
de l'Allemagne vers les Pays de l'Europe Centrale et Orientale
(PECO).
Les précédents documents de l'Union européenne,
à l'occasion des Conseils européens de Corfou (juin1994)
et d'Essen (décembre 1994) avaient déjà constaté
l'interdépendance croissante entre l'Europe et la Méditerranée
et mis en lumière combien les intérêts vitaux
de l'Europe étaient engagés en Méditerranée.
Il y a désormais prise de conscience que l'Europe ne peut
plus se désintéresser de la Méditerranée.
L'Union européenne souhaite donc désormais mettre
en place un véritable partenariat euro-méditerranéen,
afin que le bassin méditerranéen devienne une "zone
d'échange et de dialogue garantissant la paix, la stabilité
et le bien-être sur ses rives".
Le projet est conçu comme un processus progressif. La définition
d'un cadre multilatéral entre l'Europe et l'autre rive
de la Méditerranée est complémentaire d'un
renforcement des relations bilatérales avec chaque pays
méditerranéen.
Le partenariat euro-méditerranéen comporte trois
volets :
* un volet politique et de sécurité,
* un volet économique et financier,
* un volet social et humain.
Le volet économique et financier est essentiel : il est
fondé sur un processus de libéralisation économique
(en conformité avec les accords mondiaux sur le commerce)
avec la création d'une zone de libre-échange dont
l'achèvement est prévu pour l'année 2010.
Les produits et les capitaux circuleront librement ; avec un renforcement
du cadre multilatéral et de la coopération régionale,
cet ensemble formera la plus grande zone de libre-échange
du monde.
La création de cette zone de libre-échange sera
accompagnée par un accroissement apparemment substantiel
de la coopération financière de la rive Nord vers
la rive Sud.
Le volet politique et de sécurité réaffirme
l'attachement à un certain nombre de principe démocratique
(droits de l'homme, Etat de droit etc...) et de bon voisinage.
Le volet social et humain invite à encourager la participation de la société civile au partenariat euro-méditerranéen, à développer les instruments de coopération décentralisée, à une
concertation en vue de réduire la pression migratoire.
Le dialogue global viserait à compléter les dialogues
bilatéraux et prévoit en outre une augmentation
substantielle de l'engagement financier européen, porté
à 11 milliards d'Ecus (Commission européenne et
Banque européenne d'investissement), cette aide s'ajoutant
aux aides bilatérales européennes et extra-européennes.
1. Ce projet a fait l'objet d'une critique forte
de la part du Conseil économique et social européen.
Outre la faiblesse du volet social et humain (qui était
au centre de la politique méditerranéenne rénovée),
le CES a beaucoup insisté sur les difficultés réelles
de mise en oeuvre de ce projet, projet qui pourrait prêter
le flan à l'accusation de nouvel impérialisme européen,
si la zone de libre-échange ne s'accompagnait pas d'une
aide conséquente aux réformes structurelles, et
si le problème de la dette était ignoré dans
la conférence de Barcelone.
Outre que l'engagement financier proposé peut toujours
être mis en cause par la suite, l'ambition de ce projet
nécessiterait une vision de long terme. Sans cela, le projet
de zone de libre-échange pourrait fort bien conduire, a-contrario
des objectifs affichés, à accelérer le processus
de destructuration dans ces pays.
Cette tonalité critique à l'égard du projet
européen s'est retrouvée lors du colloque qui s'est
tenu les 28 et 29 octobre à l'IMA à l'initiative
d'un groupe de chercheurs et d'universitaires. Si l'idée
d'une zone de libre-échange y était acceptée,
le colloque soulignait que sans une véritable mise à
niveau de l'offre en Méditerranée et une prise en
compte réelle de la question agricole dans les négociations,
le projet pourrait se révéler plus déstabilisateur
pour ces pays que réellement opérant.
2. Avis du colloque EUMED (Institut du Monde Arabe)
: l'Euro-méditerranée, une région à
construire 28-29 septembre 1995
Les attendus du colloque
1. Il ne semble pas y avoir d'alternative au projet de la Commission européenne dans sa ligne directrice.
2. La zone de libre-échange : philosophie, critique, conditions de réussite, marges de manoeuvre dans le projet de la Commission européenne.
3. L'avantage comparatif méditerranéen.
4. La mise à niveau de l'offre et les mesures d'accompagnement.
5. L'aspect géostratégique.
Les attendus du colloque
Organisé à l'initiative d'un groupe d'universitaires
et de chercheurs, le groupe EUMED, et soutenu conjointement par
la Commission européenne et l'Institut du Monde Arabe,
ce colloque s'inscrivait directement dans la perspective de la
prochaine conférence de Barcelone.
De la politique méditerranéenne rénovée
du début de la décennie à l'actuel projet
de zone de libre-échange européenne, l'Europe semble
se doter enfin d'une certaine ambition méditerranéenne.
C'est cette ambition même qui exigeait qu'on examine sa
cohérence.
Rappelons d'abord les principales questions qui motivaient l'organisation
de ce colloque :
1. Une interrogation principale sur la cohérence économique
de l'architecture envisagée par la Communauté. Le
coeur du dispositif qui est proposé aux pays méditerranéens
est en effet bien économique : une dynamique bénéfique
d'ajustement, d'investissement, etc... est attendu d'un abandon
programmé des protections extérieures vis-à-vis
de la Communauté, conjuguée avec un décloisonnement
des économies du Sud, faisant ainsi apparaître un
espace économique régional en filigrane.
Questions : Le projet présente-t-il une crédibilité
économique suffisante pour mobiliser à la hauteur
voulue tous les intervenants, acteurs publics et opérateurs
privés ? Les capacités naturelles d'affirmation
d'un ensemble économique euro-méditerranéen
dans le contexte de mondialisation/régionalisation en cours,
sont-elles solides ?
2. La proposition de création d'une zone de libre-échange
s'inscrit, malgré ce qui est affiché, dans une indétermination
et un vide stratégique. On est face à une absence
d'interlocuteurs unis au Sud. D'autre part, les fondements et
les finalités de la construction régionale (dans
la zone méditerranéenne), malgré l'élargissement
du champ du dialogue et des coopérations, reste très
imprécise.
3. Enfin, comment ne pas relever que les incertitudes stratégiques
sont aussi de nature politique et culturelle ? Quelle est notamment
l'articulation entre ce projet et les relations euro-arabes?.
I. Il ne semble pas y avoir d'alternatives à l'acceptation
du projet de la Commission européenne dans sa ligne directrice
:
Malgré une ou deux critiques très fortes de la zone
de libre-échange, la quasi-totalité des participants
faisait contre mauvaise fortune bon coeur :
* Le projet est un pari contestable, mais la nécessité
de sortir coûte que coûte d'un statut-quo qui devient
insoutenable pour les pays méditerranéens oblige
à considérer que cette proposition européenne
est en soi une avancée. C'est la condition du renforcement
de la construction elle-même. Les effets du libre-échange
peuvent être catastrophiques pour les PSEM (1) mais l'Europe
n'a rien d'autre à proposer que le libre-échange
. En outre, le projet ne se réduit pas à une zone
de libre-échange ; il est plus ambitieux. Se faisait jour
l'idée sous-jacente qu'on ne pourrait pas construire cette
région à l'encontre de la mondialisation : outre
que cela serait "suicidaire" pour l'Europe, les faits
imposeraient en tout état de cause l'ouverture de l'économie
des partenaires méditerranéens. C'est donc dans
ce cadre que le partenariat euro-méditerannéen doit
s'inscrire, même si le "grain à moudre"
est ailleurs dans le projet.
2. La zone de libre-échange : philosophie, critiques,
conditions de réussite, marges de manoeuvre dans le projet
de la commission européenne
* Les finalités de la ZLE ne sont pas d'ordre commercial comme l'ALENA (2), mais il s'agit d'abord de créer un espace de crédibilité pour les mouvements de capitaux. Est recherché un effet d'annonce pour les investisseurs privés par l'adoption d'un cadre conforme aux politiques macro-économiques libérales et aux préconisations des institutions financières internationales. Ces investissements sont d'autant plus importants que ces pays disposent de très peu de capital, en dehors des revenus de transfert des travailleurs immigrés (en diminution), du tourisme et des hydrocarbures, et qu'il leur faut aujourd'hui construire de nouvelles spécialisations en dehors du textile. Cest donc principalement l'entrée de capitaux extérieurs (IDE) (3) qui est attendue.
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(1) PSEM : Pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée
(2) ALENA : Association de Libre-Echange d'Amérique du Nord
(3) IDE : Investissements directs étrangers
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Un autre "postulat" serait que les économies
libéralisées fonctionnent mieux, avec des Etats
en voie de rationalisation. Cette dynamique bénéfique
d'investissements/ajustements serait la condition première
d'un développement durable.
Mais les risques et les effets négatifs de la création
de la ZLE ont bien été soulignés :
Or, toutes les simulations montrent que le résultat attendu
est une perte de croissance pour ces pays, au moins dans un premier
temps. S'ajoutent d'autres effets dont l'aspect positif est contestable
: le prix des biens importés va diminuer, la productivité
devrait augmenter en éliminant les entreprises non concurrentielles.
L'ensemble de la politique macro-économique est directement
impliqué : le démantèlement tarifaire implique
une baisse des recettes, et donc des dépenses publiques,
c'est-à-dire pour certaines des dépenses d'investissement
(contradiction avec l'objectif). Pour pallier à la baisse
des recettes, le Gouvernement peut augmenter la fiscalité,
et donc mettre en place une politique récessive qui va
nécessairement poser des problèmes aux populations.
Contestables également dans le projet, les missions assignées
par la Commission européenne aux Etats du Sud, missions
qui correspondent au "SMIC de la politique économique".
En effet, les Etats de la rive Sud doivent créer les conditions
d'un libre-échange, qui va d'abord favoriser les entreprises
européennes. Ces Etats devront soutenir les petites entreprises
confrontées à la concurrence. L'Etat doit veiller
à réduire le déficit de la balance commerciale
et le déficit monétaire. Il devra gérer les
destructurations sectorielles du marché du travail, et
aider à privatiser les entreprises publiques.
D'autres contraintes s'y ajoutent :
Ce texte n'a-t-il pas pour but simple d'ouvrir les marchés du sud au nord, dans le cadre d'une philosophie libérale faisant fi des déséquilibres existants ? Les Etats seraient alors simplement les vecteurs des ajustements structurels par le haut (FMI) et par le bas.
Il n'est pas dit qu'ils pourront en gérer les conséquences...
Pour cela il faut des politiques d'accompagnement de la croissance
qui ne peuvent être que des politiques de non-orthodoxie
financière, d'association politique, des Etats acteurs
du développement et du côté européen,
une action sur l'offre et des mesures d'accompagnement. L'enjeu
principal de Barcelone est de dépasser les logiques récessionnistes,
et d'opérer des transferts de ressources. En engageant
de la sorte les pays méditerranéens à poursuivre
la libéralisation de leur économie, l'Union européenne
prend à cet égard des responsabilités qu'elle
devra se donner les moyens d'assumer.
Sur les huit chapitres de l'accord, quatre concernent la coopération :
Au-delà du renforcement de la coopération politique,
la coopération financière triple par rapport à
la période 1992-1996. (Commission européenne 4,6
milliards d'Ecus, Banque européenne d'investissements 6,8
milliards). C'est mieux qu'avant, mais le rapport ne sous-estime-t-il
pas la possibilité de financement des pays européens
au sud ? L'Allemagne, rappelons-le, a déjà investi
200 milliards d'Ecus dans l'ex-RDA.. On se demande également
si la dette sera à l'ordre du jour à Barcelone.
3. L'avantage comparatif méditerranéen
Les européens ont-ils un intérêt économique
à créer la région économique euro-méditerranéenne?
Le principal argument en faveur des PSEM, c'est le retour des
proximités géographiques : le développement
des zones de proximité induirait beaucoup plus de développement
en Europe que celui de zones plus lointaines.
Il semble en fait que nos firmes n'aient pas d'intérêt "micro-économique" à investir dans ces pays aujourd'hui. Elles préfèrent l'Asie dans une logique de coût et les PECO dans une logique de flux tendus, mais elles ont un intérêt macro-économique : la stimulation des exportations.
La situation n'est toutefois pas figée comme le montre
la construction européenne qui a créé une
nouvelle économie européenne ; ce sont les hommes
politiques qui ont fait naître une nouvelle réalité
économique à force de volonté.
Il est certain qu'en l'état, l'avantage comparatif salarial des PECO semble plus prometteur, si l'on considère certaines variables.
Les coûts internes et les coûts internationaux de
la main-d'oeuvre ne sont pas les mêmes ; ils varient en
fonction du taux de change et des dévaluations. Or le coût
international de la main-d'oeuvre est d'autant plus élevé
que le surplus agricole est faible dans le pays. Dans les PSEM,
l'agriculture est faible, la pression démographique forte,
le recours à l'importation alimentaire, y compris pour
les produits de base, est très important et la part du
revenu moyen consacré à l'alimentation dépasse
parfois les 50 % (Egypte). Le résultat est que les Etats
sont dans l'incapacité d'utiliser l'arme de la dévaluation,
le risque social étant beaucoup trop grand. Le résultat
est que le coût international de la main-d'oeuvre est sensiblement
plus élevé dans les PSEM. Le problème pourrait
toutefois trouver sa solution si le problème agricole était
inclus dans la négociation, ce qui n'est pas le cas ; une
nouvelle PAC permettrait la livraison de denrées massives,
de modifier les taux de change et donc de réduire le coût
international de la main-d'oeuvre. Le crise de l'offre présente
de nombreux aspects dans les PSEM, mais c'est d'abord une crise
de la reproduction de la force du travail. L'agriculture, y est
probablement le problème le plus important.
4. La mise à niveau de l'offre et les mesures d'accompagnement
Jusqu'ici la politique méditerranéenne de la Communauté
européenne avait privilégié l'action sur
sa propre demande. Le temps est venu d'agir sur l'offre des PSEM.
La crise de l'offre s'approfondit en Méditerranée. Elle connait une dégradation continue.
Qui va réaliser cet effort de mise à niveau de l'offre
en Méditerranée si les missions assignées
par l'Union européenne aux Etats du Sud représentent
le "SMIC de la politique économique ?. Quelle compatibilité
peut-il y avoir entre les politiques d'ajustement et les politiques
de l'offre ? .
L'offre des PSEM est déficiente en terme de formation,
d'infrastructures, de citoyenneté, de fragilité
de l'Etat de droit. La présence de l'Etat-tuteur y est
toujours envahissante. Les problèmes de gestion des équipements,
de délai, d'organisation sont flagrants.
Rappelons que pour une croissance moyenne au Sud de 5 % environ,
l'Algérie a englouti 250 milliards et la Lybie une somme
équivalente. Bien que les économies du Sud soient
des économies ouvertes (X/ PIB = 22 % dans l'ensemble
de la région, Jordanie 32 % = Corée du Sud), cette
région n'est pas suffisamment développée
pour que les IDE s'y dirigent.
Il est par ailleurs certain que la libéralisation ne suffira
pas pour supprimer les rentes de situation (voir la politique
de l'infitah en Egypte) ; on a trop peu parlé du changement
institutionnel qui a accompagné le développement
économique des pays d'Asie du sud-est.
Il faudra des mesures d'accompagnement favorisant l'évolution
institutionnelle et structurelle, il faudra des politiques industrielles
pour ces pays. Il faudra créer des millions d'emplois là-bas
et de véritables marchés intérieurs. Enfin,
la réforme des Etats est indispensable.
Il est clair que sur le plan de la mise à niveau de l'offre,
le projet de la Commission européenne comporte de sérieuses
insuffisances. L'ordre de priorité n'est-il pas inversé
?. L'Europe n'aurait-t-elle pas dû commencer par des coopérations
sectorielles dans des domaines précis : l'eau, l'environnement,
l'énergie ?. Rappelons en effet que l'Europe a commencé
avec le charbon et l'acier.
La philosophie du projet européen présente une contradiction majeure : liberté de circulation des marchandises et des capitaux d'une part, fermeture aux migrations d'autre part.
Comment réaliser la mise à niveau de l'offre de
formation et des qualifications si par ailleurs l'Europe ferme
totalement ses frontières aux migrations, réduisant
ainsi la possibilité de circulation des savoirs ?.
La première interrogation concerne la notion de délocalisation
et sa connotation négative. Cette connotation est-elle
juste ?. Les délocalisation ne jouent-elles pas dans les
deux sens ?. le terme de partenariat ne serait-il pas plus adéquat
?.
Le taux d'IDE dans les PSEM est encore faible par rapport à
l'Asie du sud-est, même s'il y a une hétérogénéité
des situations : le premier pays en terme d'IDE en Méditerranée
est l'Egypte avec 7,8 milliards de $, le second la Turquie. L'investissement
direct est la clé de voûte du développement.
Comment orienter des capitaux vers de nouveaux secteurs, autres
que les phosphates ou l'habillement ?.
Les IDE européens sont de 3 milliards de $ en Méditerranée.
Par comparaison, les IDE américains sont de 21 milliards
au Mexique.
La mobilisation des investisseurs devrait s'exercer particulièrement
en direction des petites entreprises. Les PMI-PME européennes
pourraient investir plus particulièrement dans les PSEM.
Il manque une volonté politique pour mobiliser le capital
et des instruments financiers ; le problème n'est pas les
ressources mais le captage des ressources.
Première interrogation : Comment renforcer l'attractivité
des PSEM pour les investisseurs? Pourquoi l'argent ne s'investit
pas par exemple au Maghreb ? (1)
Le marché n'existe pas dans la mesure où l'Europe ne regarde pas la Méditerranée. Au contraire le Japon investit aux Philippines, crédibilisant cette économie à laquelle il croit, ceci encourage et rassure les investisseurs vers ce pays, qu'ils savent soutenu par une grande puissance financière et économique (2).
Il faut donc améliorer l'image des PSEM ; le tourisme peut
d'ailleurs en être un vecteur.
Deuxième élément : les investisseurs manquent d'instruments pour guider leur action.
Certes, il existe des instruments (facilités ECIP, Med
invest, etc...) mais comment les PME-PMI l'utilisent-elles ?.
Il semble que ces instruments ne soient pas adaptés aux
besoins: certaines PME européennes n'ont pas les moyens
d'investir dans ces régions ; elles n'ont pas de garantie
suffisante contre le risque économique et manquent réellement
d'informations.
Enfin, il ne s'agit pas seulement de mobiliser les investisseurs
étrangers mais également les investisseurs internes.
Les petites entreprises sont le socle du développement
dans les pays du Maghreb par exemple : une entreprise au chiffre
d'affaires de 100 à 200 millions de $, c'est considérable
en Méditerranée. Elles sont perçues comme
des "capitaines d'industrie". Et à l'inverse
des PECO, ces entreprises méditerranéennes investissent
aussi en France et dans le marché européen.
Dans le Maghreb il s'agit d'entreprises familiales dont les héritiers,
qui ont fait de longues études, sont désormais aux
commandes. Ces entreprises réalisent, malgré de
gros problèmes de structuration, des investissements diversifiés
; mais elles n'arrivent pas à trouver les partenaires économiques
de leur niveau qui leur permettraient de se développer
en Europe.
Dans ce contexte, l'idée de banque méditerranéenne
est importante.
Pour ces Petites et Moyennes Entreprises, il faudrait créer
un fonds parapluie sur la région donnant une image positive
de la région méditerranéenne rassurant les
investisseurs ; ce fonds serait parrainé mais géré
de façon privée, s'accompagnant d'une mécanique
de mise à disposition des savoirs-faire, y compris entre
partenaires du Sud (comment développer, par exemple le
savoir-faire des boursiers du Maroc en Algérie etc...).
La création d'un forum, à même d'apporter
des solutions aux entreprises méditerranéennes,
serait d'un grand intérêt, de même que la création
d'un conseil économique et social méditerranéen.
Il y a des ressources en Méditerranée. Il faut des instruments visibles et intelligibles pour mobiliser les ressources afin de régénérer les tissus industriels locaux.
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(1) Nous ne revenons pas dans ce document sur l'action de l'ADECI
qui est bien connue des membres du Club et très présente
"entre les lignes de ce document
(2) Notons que dans la stratégie du Japon, son soutien
aux pays de sa périphérie n'a pas pour contrepartie
l'ouverture à l'immigration et aux importations lourdes
au Japon, mais une action énergique d'export vers le reste
du monde des produits asiatiques.
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5. L'aspect géo-stratégique
L'enjeu aujourd'hui est la place de la politique méditerranéenne de la Communauté par rapport à la politique à l'égard des PECO. Il serait néfaste pour l'Europe d'opposer une Europe latine regardant vers le sud à une Europe du nord regardant vers l'est.
Il faut que l'Europe entière considère la Méditerranée
comme faisant partie de sa problématique.
Les raisons de création de ces régions sont plus
politiques qu'économiques ; Il y a une nécessité
de rééquilibrage de la politique européenne,
et plus particulièrement d'un rééquilibrage
franco-allemand. Pour l'Allemagne, le choix de l'Est est prioritaire,
mais paradoxalement l'Allemagne a aussi besoin du renforcement
de l'Arc latin pour mener sa politique. L'Allemagne devrait considérer
que la construction de l'euro-méditerranée est nécessaire
pour développer les PECO. Ce n'est pas encore tout à
fait le cas. La France et l'Allemagne doivent se concerter dans
cette stratégie. Les PECO ont par ailleurs besoin de diversifier
leurs alliés. Il faudrait par ailleurs une tierce partie
dans ce processus : la Pologne est peut-être la mieux placée
pour faire comprendre à l'Allemagne que l'euro-méditerranée
est nécessaire pour le développement des PECO. Enfin,
la Communauté devrait se limiter à ses deux objectifs
; l'Europe doit s'épanouir avec ses deux marges.
Beaucoup de chemin reste à faire en Méditerranée.
La volonté d'intégrer cette région est encore
faible. Ni le Sud, ni le Nord ne veulent vraiment s'intégrer.
Il faut encore aujourd'hui convaincre sur l'intérêt
qu'il y a à coopérer, montrer que la région
euro-méditeranéenne a vocation à rentrer
en compétition avec les autres régions, le commerce
devant se faire avec le reste du monde ; la région méditerranéenne
ne doit pas seulement fonctionner sur elle-même, mais se
doter du projet de pénétration du marché
mondial comme l'ont fait le Japon et sa périphérie.
Cependant, cette région reste par bien des aspects une
région virtuelle. Certes, l'objet méditerranéen
existe, mais la cause est beaucoup moins claire sur le plan stratégique,
compte tenu de la dynamique d'éclatement de l'espace méditerranéen,
la diversité des bassins conflictuels, la diversité
enfin, voire l'opposition, des représentations de cet espace,
qui donne un caractère artificiel à tout concept
globalisant.
La tonalité franco-maghrébine du colloque reflétait,
une fois de plus, la différence des situations entre les
bassins de la méditerranée orientale et de la méditerranée
occidentale, les échanges et la coopération étant
beaucoup plus développés avec cette dernière
; les Balkans étaient par ailleurs singulièrement
absents du colloque.
Enfin, l'absence du Conseil de coopération du Golfe dans
le projet européen :
les industries pétrochimiques occidentales font obstacle
à la négociation sur un accord de libre-échange.
Les coopérations globales dans le domaine énergétique
(transferts de technologie dans la perspective de l'après-pétrole,
intéressement européen au développement de
l'industrie énergétique etc...) ne sont pas à
l'ordre du jour.
L'absence d'interlocuteurs unis au Sud, dans un contexte de forte
crise de l'Union du Maghreb Arabe, affaiblit ces pays dans la
négociation.
Les attendus géopolitiques (et les contraintes) ne sont
toutefois pas absents du projet européen.
Il faut tout d'abord souligner combien les contraintes géopolitiques
(guerre du Golfe, conférence de Madrid, etc...) ont été
déterminantes dans le projet européen. Il y a des
coïncidences de calendrier évidentes entre les évolutions
géopolitiques et l'évolution de la politique méditerranéenne
de la Communauté. Quant aux attendus, il s'agit bien d'abord
d'une recherche de rééquilibrage : rééquilibrage
interne face au pôle Allemagne-PECO, rééquilibrage
externe entre les intérêts américains dans
le Golfe et les intérêts européens. Les Etats-Unis
sont les principaux acteurs militaires et pétroliers au
Moyen-Orient. Au Proche-Orient, l'Europe souhaite désormais
un partnership, c'est-à-dire le partage du leadership.
Elle ne veut pas rester le seul bailleur de fond au Proche-Orient
tout en étant marginalisée dans le processus de
paix. Le seul groupe qu'elle y anime est le groupe de développement
régional.
La conférence de Casablanca a permis à l'Europe
de comprendre que les USA voulaient la marginaliser non seulement
politiquement mais aussi économiquement. L'Europe entend
désormais agir pour pousser à un rééquilibrage
avec les Etats-Unis. Elle prend également conscience que
la région est menacée dans sa stabilité par
l'érosion de la capacité distributive des Etats
et la fin des rentes (pétrole, immigration) d'une part,
et par l'érosion de la légitimité restauratrice
de la Nation (érosion des élites, islamisme etc...).
L'enjeu économique est en fait le dernier : l'Europe découvre
qu'elle peut jouer un effet boomerang. Elle découvre un
marché, son excédent commercial avec ces pays, les
avantages de la proximité géographique.
Le partenariat euro-méditerranéen vise plusieurs
objectifs : le développement, la stabilisation, un signal
aux Etats-Unis, une meilleure intégration d'Israël.
Mais pour Barcelone, l'Union a du faire des concessions aux Etats-Unis.
Le partenariat euro-méditerranéen n'est pas un substitut
à l'Amérique sur le processus israëlo-arabe.
Le Conseil de coopération du Golfe grince des dents, de
même que la ligue arabe : Israël est invité
, mais pas la Lybie. L'embargo sur la Lybie et l'Irak demeure.
Le dialogue euro-arabe est enterré. Le partenariat euro-méditerranéen
a besoin d'un second volet.
La conclusion du colloque pourrait être : ni pessimisme ni optimisme
- Soutien critique à la zone de libre-échange.
- Tenir compte de l'agriculture.
- Se concentrer sur la mise à niveau de l'offre et les
mesures d'accompagnement
- Relancer un dialogue euro-arabe parallèle.
Au total, la possibilité d'une alternative au projet européen ne semblait pas vraiment émerger du colloque. Ni l'ordre des priorités (l'économique d'abord), ni la priorité à l'ouverture économique et à l'insertion internationale des PSEM dans la division internationale du travail ne semblait vraiment être remise en cause par les participants au colloque.
Reste à savoir si les "tenants de la mise à
niveau de l'offre", favorables ou opposés au projet,
sauront rééquilibrer une politique largement façonnée
dans le mode de la pensée unique ; ce n'est pas certains,
sauf à s'appuyer sur un fort courant d'opinion dans ce
domaine.
Débat n° 1. : Le projet européen,
une avancée ou un recul ?
La synthèse des documents de la Commission européenne
et du Conseil économique et social (Jean-Claude Juan) et
le compte rendu du colloque de l'Institut du Monde Arabe (Edith
Chouraqui, Xavier Moiroux) donnait lieu à un premier débat
en milieu de journée.
Une majorité des participants ne cachait pas son hostilité
au projet de zone de libre-échange, élaboré
dans le moule de la pensée unique :
Comment les pays méditerranéens peuvent-ils accepter
l'idée d'une zone de libre-échange qui risque de
conduire à une déstabilisation de ces pays ?
L'apport social et humain est très faible dans le projet,
la logique de co-développement est abandonnée au
profit d'une logique libérale fondée sur les règles
de la compétition internationale. Rien que pour la Tunisie
30 % des entreprises tunisiennes pourraient être amenées
à disparaitre à cause du libre-échange.
Le principe affiché d'une coopération globale ne
doit pas masquer le fait qu'il s'agit surtout de la poursuite
de négociations bilatérales inégalitaires
avec les différents pays méditerranéens.
Le principal objectif du projet de zone de libre-échange
: mobiliser les investissement étrangers privés
est par ailleurs un objectif largement utopique. L'ambition affichée
nécessitera du temps.
Enfin, il ne faut pas oublier non plus l'envers de la philosophie
du projet : la volonté de stopper les flux migratoires,
ce qui ne peut conduire qu'à un renforcement des dispositifs
policiers.
Outre qu'on soulignait l'importance majeure des questions agricoles,
le débat s'enchainait sur les questions de mise à
niveau de l'offre et de mobilisation des investissements privés
: on soulignait que les participants du colloque de l'IMA étaient
surtout des universitaires et des chercheurs et que leur conception
du développement de l'entreprise reposait sur un certain
nombre de mythes :
Enfin cette vision ne prend pas en compte l'existence d'une réalité
méditerranéenne, qui a un sens pour les petites
entreprises de la région marseillaise.
D'autres interventions, tout en soulignant l'effet levier des
investissements publics, rejoignaient les conclusions du colloque
de l'IMA, sur l'importance de l'environnement des entreprises,
ou sur la lourdeur des procédures des dispositifs européens
(Med-invest, facilités ECIP, etc...) de mobilisation des
investissements des entreprises. On notait par ailleurs que le
colloque de l'IMA avait largement illustré le caractère
précurseur de l'action de l'ADECI dans ce domaine.
Quelques notes plus positives émergeaient en fin du débat.
Le projet européen est l'occasion rêvée de
mettre des PMI du nord dans la dynamique méditerranéenne.
La mauvaise conscience ne fait pas avancer les choses : c'était difficile avant, ce sera difficile après. Mais Barcelone est une étape importante. Il y a une reconnaissance et des moyens financiers importants sont désormais alloués.
Comment vont être répartis ces crédits ? L'essentiel va aller vers les opérateurs (appui à la transition économique 2,3 M d'écus, ajustement structurel 500 M., infrastructures,
1 M., coopération régionale 600 M., coopération décentralisée 300 M etc...)
Les modalités de l'allocation de ces financements ne sont
pas encore très claires.
Le débat s'achevait sur deux questions :
1. Comment de l'aire métropolitaine marseillaise, engranger
ce renouveau de la politique méditerranéenne de
la Communauté ?. Il y a une antériorité à
Marseille dans ce domaine (20 ans de travail). Comment se mobiliser
pour que l'aire métropolitaine marseillaise s'investisse
dans cette dynamique et à quelle place ?
2. Comment infléchir le projet européen dans le
sens d'un véritable projet de co-développement?.
Le forum civil de Barcelone n'est-il pas le lieu où doit
émerger l'idée d'une alternative ?.
A propos de la défenses des intérêts de la France en Méditerranée
(Intervention du Capitaine de vaisseau Jean-François
COUSTILLIERE)
Dans le théâtre méditerranéen la France
défend à la fois des intérêts patrimoniaux,
c'est-à-dire fondés sur un attachement à
des "biens" qu'elle entend protéger (territoire
: intérêts domaniaux, richesses économiques
et moyens de communication : intérêts dynamiques,
expatriés : intérêts expatriés) et
des intérêts immatériels, liés par
exemple à la défense de grands principes de la vie
internationale.
La mer est un espace tout à fait particulier, car elle
a été de tout temps un espace de liberté,
qui n'appartient en propre à personne. C'est précisément
pour cette raison que la mer est un lieu important de manifestation
de la politique étrangère, surtout pour les grandes
nations qui ont les moyens d'y être présentes, et
qui sont donc les plus attachées à cette notion
de liberté des mers, par ailleurs contestée par
les pays en voie de développement.
La Méditerranée, trop étroite, n'a pas vu
la mise en place de "zones économiques exclusives"
(200 milles marins). Elle ne connait que les eaux territoriales
(12 milles souveraineté entière de l'Etat souverain),
et la haute mer où chacun fait ce qu'il veut).
1. Le théâtre méditerranéen
La mer Méditerranée illustre particulièrement
la notion de "théâtre d'opérations"
; mer au milieu de la terre, elle est à la fois "théâtre
maritime", espace propice donc à la gesticulation
et à la démonstration de force, et encerclée,
au sens propre du terme, d'une multitude d'entités humaines
à faible distance. Si la mer est un espace paradoxal qui
à la fois rapproche et sépare, les dimensions de
la Méditerranée font que celle-ci ne sépare
pas trop et ne rapproche pas trop. Ouverte aux deux bouts, c'est
une voie de communication très importante. D'autre part,
elle porte sur ses rives quantité de nations extrêmement
diverses par leurs caractéristiques ethnique, linguistique,
économique et politique, qui ont entretenu dans l'histoire
des relations complexes et changeantes. Concentrant beaucoup d'intérêts,
lieu de heurts possibles, la Méditerranée suscite
la vigilance de toutes les grandes nations maritimes.
Du point de vue géopolitique, la Méditerranée
est par bien des aspects, un espace frontière, marqué
par les antagonismes ethno-religieux, et les problèmes
structurels de développement (démographie, endettement
etc...) qui sont générateurs de risque pour l'avenir.
Ces rives sont donc porteuses de dangers potentiels, et mêmes
si les grandes nations européennes n'y sont pas menacées
dans leur survie et leur intégrité physique, elles
se trouvent entraînées malgré elles, soit
à intervenir militairement pour défendre leurs intérêts,
soit à participer coûteusement en hommes ou en moyens
à la résolution ou l'endiguement des conflits qui
ne les concernent qu'indirectement.
Du point de vue géostratégique, la méditerranée,
bien que marginalisée dans l'économie mondiale depuis
le XVIème siècle, garde un rôle commercial
considérable (1/6 du trafic maritime mondial, 1/3 du trafic
pétrolier mondial, très importante route entre l'Ouest
asiatique et l'Atlantique, flux commerciaux internes nombreux,
voie d'accès au Proche-Orient pétrolier et aux ports
de la mer Noire, etc...).
Etroite, également compartimentée en bassins, verrouillable aux deux extrémités, elle est stratégiquement et militairement parlant une zone fragile, facilement couverte par les armes et les moyens de détection actuels sur mer et depuis la terre. Point n'est donc besoin de disposer d'une marine ou d'une aviation de tout premier rang pour y agir militairement de façon efficace. Sans compter que ce théâtre est encore retréci par les prétentions abusives de quelques pays (Lybie, Syrie) à la propriété sur certains espaces maritimes internationaux.
Enfin, dernière caractéristique, ce théâtre
est fortement militarisé.
2. Les intérêts français et
les menaces potentielles sur ces intérêts
Parmi les scénarios évoqués par le Livre
Blanc sur la Défense de 1994, trois sont parfaitement envisageables
en Méditerranée :
- "conflit régional mettant en cause nos intérêts
vitaux"
- "conflit régional ne mettant pas en cause nos intérêts
vitaux"
- "opérations en faveur de la paix ou du droit international"
Les menaces sur :
Les plus probables sont du niveau des infractions ou des délits
et relèvent de la police maritime ou aérienne. L'action
armée peut s'envisager dans le cadre du terrorisme. La
véritable action militaire étatique apparaît,
quant à elle, peu vraisemblable à court et moyen
terme.
En dehors des nombreuses manifestations de vigilance de la France
et des capacités de défense de ces intérêts
sur place, l'évacuation des ressortissants reste une opération
difficile et à hauts risques.
Les autorités militaires peuvent servir de points d'appui à l'action diplomatique (coopération en matière de formation, aides techniques, exercices communs, etc.... ).
Les escales militaires peuvent également servir de signe
politique. Les exercices militaires communs avec la Tunisie, par
exemple, sont aussi le résultat d'une volonté politique,
tout comme l'élaboration d'une coopération maritime
renforcée avec les pays latins.
Enfin, rappelons que l'engagement de la France en Yougoslavie
illustre parfaitement cette notion d'intérêts immatériels,
alors que les intérêts patrimoniaux français
y sont ténus. Il y va également du maintien du rang
de la France et de sa place au Conseil de sécurité
de l'ONU.
Face à ces menaces, la France dispose d'une stratégie
maritime élaborée, de capacités de prévention
et d'emploi de la force diversifiées.
A noter que cette stratégie s'inscrit également
dans le cadre de solidarités internationales, qui vont
du traité de l'Atlantique Nord aux solidarités bi
ou tri latérales. La tendance actuelle est au renforcement
de la solidarité riveraine entre Espagnols, Italiens et
Francais, dans le cadre de l'UEO (1) ; ceci dans un contexte
où les opérations inter-armées et inter-alliées
sont de plus en plus fréquentes.
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(1) UEO : Union de l'Europe Occidentale
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A propos de la situation économique de la Méditerranée...
(Intervention de René TEBOUL, Institut de la Méditerranée)
Les relations économiques, commerciales et financières sur l'ensemble du bassin méditerranéen sont caractérisées par des déséquilibres et des inégalité profondes (déséquilibre Nord-Sud, riches-pauvres, inégalité des flux financiers, etc...).
Au moment où les instances européennes semblent
prôner l'idée de région économique
euro-méditerranéenne, comment cette zone pourrait-elle
devenir une zone de complémentarité dynamique ?.
Ce diagnostic de la Méditerranée est réalisé
à partir d'une étude de l'Institut de la Méditerranée
en 1993, au regard d'une étude de même facture réalisée
en 1983. Certaines conclusions de l'étude confirment des
éléments déjà connus en 1983, mais
un certain nombre d'éléments nouveaux apparaissent.
1. Evolutions politiques et invariants
En effet, à l'époque de la réalisation de l'étude de 1983, la gamme des spécialisations recensées en Méditerranée était-elle beaucoup plus étendue. On produisait de tout en Méditerranée, des matières premières aux produits de haute technologie. Avec l'éclatement de la Yougoslavie et la guerre, il y a désormais un chaînon manquant : le milieu de gamme des produits manufacturés. La situation de l'Algérie est également préoccupante du point de vue de l'économie régionale.
Pour aller vers un rééquilibrage des échanges
et une zone de complémentarité en Méditerranée,
il faudrait que cette région produise de tout.
Il y a tout de même une évolution politique positive
en Méditerranée qui risque également de modifier
la donne économique, c'est la dynamique Proche-orientale.
Il faudrait toutefois que la dynamique de paix inclut la Syrie,
qui ne veut pas encore s'asseoir à la table des négociations.
L'absence de stabilisation politique au Liban et dans les territoires
occupés laisse également des potentiels humains
importants en sommeil. La dynamique économique où
Israël jouera un rôle dominant, est cantonnée
pour l'instant dans le triangle Israël, Egypte, Jordanie.
2. Les disparités de développement
entre le nord et le sud du bassin
Il faut souligner d'emblée la grande disparité des
situations dans le bassin méditerranéen, disparités
qui sont très certainement un handicap à la constitution
d'un espace d'échanges dynamique en Méditerranée.
Cette disparité n'est d'ailleurs pas seulement Nord-Sud,
mais également entre les différents pays du Sud
et de l'Est de la Méditerranée.
Les variables les plus importantes pour mesurer ces disparités
concernent la croissance démographique et le potentiel
de richesse de chaque pays (PIB). Tous ces indicateurs montrent
une Méditerranée qui évolue à deux
vitesses et des déséquilibres qui se sont encore
accrus en dix ans :
la croissance démographique est très forte au Maghreb et terrifiante au Machrek (dans une zone qui va de la Lybie à la Syrie) ; la situation démographique en Turquie reste très instable. Ainsi de 1983 à 1993, la population des pays méditerranéens de l'Union européenne, dont la stabilisation démographique est acquise, est passée de 46 % à 41 % de la population totale de la zone, phénomène qui va encore s'accentuer.
Dans le même temps le PIB des pays méditerranéens
de l'Union européenne passait de 82 à 86 % du
PIB méditerranéen, cependant que le PIB du Maghreb
reculait de 4 à 3 % et celui du Machrek de 8 à
5 % du total du PIB méditerranéen.
Si l'on regarde les PIB par tête, qui sont de biens meilleurs indicateurs de bien être, les résultats sont encore plus décevants. Un seul exemple : en 1983, le PIB par tête de la France qui était alors le plus élevé de la Méditerranée, était seulement 8 fois plus élevé que celui de la Tunisie. Il est aujourd'hui 11 à 12 fois plus important. Même tendance, si l'on compare les écarts des PIB par tête de chaque pays au PIB par tête moyen de la Méditerranée.
Les questions agricoles et migratoires ont évidemment dans,
ce contexte, une grande importance.
3. Les échanges commerciaux : un développement
déséquilibré
Si la tendance du commerce méditerranéen est tout
de même à la hausse, le rythme de croissance des
échanges commerciaux reste faible. Seule la zone des pays
du Machrek, à condition d'inclure Israël, présente
une croissance assez forte des exportations.
Pour Israël, la Méditerranée n'existe pas
: Israël ne connait que l'Europe et le Machrek mais pas la
région méditerranéenne. Israël ne tient
pas de balances bilatérales avec un grand nombre de pays
méditerranéens.
Cette forte ouverture des PSEM ne doit pas non plus faire oublier
la dégradation du taux de couverture au Maghreb (problème
algérien) et la faiblesse du taux de couverture du Machrek
(51,7 %), déséquilibre reflétant l'absence
de diversité des spécialisations dans les PSEM,
seule à même d'augmenter les exportations de ces
pays. Ils témoignent toutefois d'une acceptation des règles
de la compétition internationale.
Il est certain qu'un pays comme l'Egypte est devenu un pays très
compétitif sur le textile. L'Egype a progressé sur
le plan des exportations et a commencé à rééquilibrer
sa balance commerciale. Par comparaison, la situation de la Turquie
est plus délicate. L'arrière-pays turc est à
la traîne, la guerre contre les Kurdes pesant sur le développement
de ce pays.
3. Les flux financiers et commerciaux du Nord
au Sud
Il faut d'abord rappeler que l'acteur dominant en Méditerranée
n'est ni méditerranéen, ni même européen
mais américain. Les cinq milliards d'Ecus d'aide européenne
qui vont être affectés à la zone ne représentent
que 30 % du total de l'aide américaine sur la Méditerranée.
Il sont présents partout en Méditerranée
(du Maroc à la Turquie) où ils ont investi 15 milliards
de dollars ces dix dernières années. Au Proche-Orient,
leur influence est moindre au Liban et en Jordanie.
La deuxième puissance en Méditerranée, c'est la France. Mais l'Europe en tant que tel n'est pas présente ; les sommes qu'elle consacre à la Méditerrranée sont extrêmement faibles. Seule la France a une véritable politique d'aide en Méditerranée. L'Allemagne intervient en Méditerranée orientale : Turquie, Albanie, Croatie, Grèce, Egypte.
L'Italie intervient aussi dans le bassin oriental mais avec des
sommes très faibles. Sur le plan des investissements, elle
a encore un comportement de pays pauvre, même si ce n'est
plus le cas. Elle a pourtant sur le plan commercial un volume
d'échanges pratiquement équivalent à celui
de la France en Méditerranée. Toutes deux sont présentes
et sans rivale sur l'ensemble du bassin et représentent
par ailleurs le principal débouché pour le Maghreb.
Si la France a un avantage sur les marchés du Maghreb,
l'Italie est parfois mieux positionnée à l'Est du
bassin (Egypte, Turquie, Israël). Enfin, il faut noter que
l'Espagne a beaucoup progressé ces dix dernières
années dans le commerce méditerranéen. Il
est clair que dans ce domaine, les pays méditerranéens
de l'Europe (la Grèce restant d'ailleurs marginale dans
ces échanges) jouent le rôle de pivot dans la structuration
des échanges.
La coupure entre l'Est et l'Ouest du bassin est toutefois assez
nette. L'Ouest est beaucoup mieux intégré à
une logique méditerranéenne que l'Est. Il y a un
danger d'abandon de l'Est par l'Europe. Soulignons, à la
charnière entre les deux Méditerranée, un
cas original, celui de Malte ; premier ré-exportateur de
voitures en Méditerranée, bénéficiant
d'ailleurs de flux financiers assez importants.
Sur le plan des flux de capitaux et des investissements les mouvements,
décrits plus haut, ne doivent pas faire oublier que les
flux financiers des pays européens vers le Sud restent
extrêmement faibles, en particulier par rapport aux investissements
sur la rive Nord. Si l'on regarde par exemple les investissements
français en Jordanie, on s'aperçoit qu'ils se situent
autour de 30 millions de $ annuels. Dans le même temps,
l'Italie a investi 20 milliards de $ en France...
Il y a d'ailleurs un décalage manifeste entre le développement des échanges commerciaux et celui des capitaux à long terme avec la rive sud.
Les principaux capitaux investis sur la rive sud concernent encore
le secteur des hydrocarbures (Algérie, Lybie etc...).
Enfin, soulignons également que les flux de capitaux dans
les PSEM ne sont pas forcément synonymes d'investissements.
L'Egypte, qui bénéficie du plus fort taux des PSEM
en matière d'IDE, passe son temps à recycler des
capitaux ; cet argent se réinvestit principalement en Allemagne.
Il y a un manque de confiance dans les projets égyptiens.
De ce fait, il y a une remontée de capitaux du Sud vers
le Nord.
A propos des enjeux agricoles...
(Intervention de Hamid AIT AMARA - Institut Agronomique
Méditerranéen)
La politique commerciale agricole de l'Union européenne
avec les pays du Maghreb et avec les PSEM connait une évolution
majeure dans le cadre des récents accords du GATT.
Jusque là, les pays maghrébins étaient liés à l'Union européenne par des accords de coopération et d'association (depuis 1976 pour le Maroc et la Tunisie) prévoyant des contingents et des calendriers d'importations, des réductions tarifaires à certaines périodes de l'année pour les produits traditionnels méditerranéens (primeurs, agrumes, huile d'olive, etc...). Ces accords ont été renouvelés en 1990.
Dans ses relations avec le Maghreb, l'Union européenne
s'était en effet attachée à maintenir les
courants d'échanges traditionnels à un niveau qui
lui paraissait compatible avec les intérêts des producteurs
du Sud de l'Europe.
Puis ce régime a été étendu dans un
premier temps à tous les PSEM, puis aux pays ACP (Afrique,
Caraïbes, Pacifique), tandis que les accords du GATT (1967)
étendaient de leur côté le régime de
préférence généralisée à
tous les pays en voie de développement. Enfin, récemment,
les préférences commerciales agricoles se sont étendues
aux PECO.
Ainsi l'élargissement successif des accords préférentiels
a accentué la concurrence sur les marchés européens
pour les fruits et légumes et pour le vin, réduisant
d'autant les avantages des pays maghrébins.
La Politique Agricole Commune tend d'abord à maintenir la protection de son marché ;
le secteur agricole est donc exclu de la zone de libre-échange,
mais non l'agro-industrie.
Selon Hamid AIT AMARA, l'inclusion des questions agricoles dans
la négociation actuelle ne réglerait d'ailleurs
pas les problèmes mais aggraverait la situation : en effet,
au Sud, le blé, les oléagineux risqueraient de disparaître,
menacés par le Nord, tandis que les exportations agricoles
du Sud demeureraient inchangées.
L'abaissement des droits de douane fragiliserait considérablement l'agriculture sud méditerranéenne de par la différence des rendements entre le Sud et le Nord (blé : France 65 quintaux/ha, Turquie : 10 à 15 quintaux/ha). Enfin, il y aurait une suppression des contingentements qui conduisent les Etats du Sud à contrôler les importations alimentaires.
Le libre-échange serait donc néfaste pour l'agriculture
sud-méditerranéenne. Bien au contraire, c'est de
protection dont cette agriculture a besoin.
Les accords du GATT à Marrakech constituent également
une évolution très inquiétante, parce qu'ils
signifient la fin des politiques agricoles autonomes pour les
pays du Sud, et en particulier le droit de prendre des décisions
en matière d'importations alimentaires et de subventions
internes :
- les accords de Marrackech suppriment désormais toute possibilité d'intervenir sur les prix, mécanisme qui permettait précédemment aux pays du Sud de soutenir la production et de subventionner la consommation par une politique de découplage des prix à la production et à la consommation.
A la politique des prix, les Américains préfèrent
une politique de soutien direct aux agriculteurs plutôt
que des mécanismes juridiques sur les prix agricoles. Mais
les pays du Sud sont dans l'incapacité de protéger
leurs populations. (25 % de la population des PSEM) pour des raisons
actuellement budgétaires. A la différence des USA
et de l'Europe, ils ne disposent pas de politiques de substitution
à la politique de soutien par les prix.
Enfin, la libéralisation du commerce extérieur conduit
non seulement à la suppression du contingentement qui
permettrait aux Etats un contrôle sur les importations,
mais aussi le climat général des accords internationaux
(négociation du Fonds Monétaire International et
de la Banque Mondiale) s'oriente vers des réductions importantes
des droits de douane et un rapprochement des prix internes et
des prix mondiaux. Le processus d'ouverture des marchés
agricoles risque vraiment de mettre en danger les fragiles agricultures
des pays du Sud.
Débat n° 2. : Agriculture, industrie,
développement : libre-échange ou développement
endogène ?
Quel est le sens de l'exclusion de l'agriculture
du projet de zone de libre-échange ?
Faut-il inclure les produits agricoles dans la ZLE, mettre fin
au protectionnisme des pays du Sud de l'Europe à l'égard
des exportations agricoles des PSEM, modifier la politique agricole
communautaire, ou faut-il considérer que l'ouverture aux
échanges internationaux risque d'être fatale aux
agricultures méditerranéennes et qu'il faut proposer
autre chose.
Certains semblent considérer que, de toute façon,
les agricultures méditerranéennes traditionnelles
sont dans une phase de déclin inéluctable et qu'il
y a danger de "conserver pour conserver". Cette agriculture
n'est pas, en outre, en mesure de subvenir à l'augmentation
continue de la population du bassin. C'est pourquoi, l'Europe
devrait dégager des moyens budgétaires pour assurer
la reconversion de ses agriculteurs du Sud.
On peut penser que les accords de libre-échange, outre qu'ils vont exposer les agriculteurs des PSEM du Sud à la concurrence externe et ouvrir ces marchés aux exportations des pays excédentaires, constituent un encouragement aux importations alimentaires (et à la disparition des modes de consommation alimentaire traditionnels de la région).
Avec les accords du GATT, on va importer tout et n'importe quoi
; (la facture de lait importé en Algérie est déjà
de 640 000 $). C'est pourquoi la solution ne réside certainement
pas dans une extension de l'accord européen de libre-échange
aux produits agricoles. L'ouverture aux échanges internationaux
risque d'être fatale aux productions agricoles de la région.
Au contraire le souci des méditerranéens de conserver
et développer l'agriculture méditerranéenne
doit être protéger. Il faut que les régions
du bassin coopèrent pour défendre et soutenir l'agriculture
méditerranéenne, qui constitue une des grandes spécificités
de la région.
Que peut-on penser de la voie libérale qui soutient la croissance par les échanges ?
Dans cette optique, chaque pays cherche à accroître
sa dépendance. Cette insertion internationale par les échanges
extérieurs risque de mener à l'échec. Elle
va conduire à une détérioration massive des
balances de paiement. Seule une croissance endogène est
à même de répondre aux défis du développement
des PSEM.
Les modes d'industrialisation qu'ont choisi les pays maghrébins au sortir de l'indépendance étaient fondés sur la transformation des matières premières, en particulier les phosphates et les hydrocarbures ; le Maroc a également investi dans l'hydraulique, l'Algérie dans la production de biens intermédiaires ; globalement ces stratégies de développement restent valables, semble-t-il.
Depuis les années 1980, la Tunisie et le Maroc ont choisi
un modèle de développement fondé sur l'exportation,
en essayant de tirer parti de l'avantage comparatif des bas salaires,
mais leur balance agro-alimentaire est structurellement déficitaire
(pour le Maroc 44 % des productions alimentaires sont des produits
de la mer, 27 % en Tunisie). Cette croissance par les échanges
n'a pas permis le décollage économique du Maroc
et de la Tunisie.
On peut donc se demander aujourd'hui si la seule voie n'est pas
celle du développement endogène pour répondre
aux problèmes du Sud.
Le modèle libre-échangiste, qui permet le développement
des échanges, est évidemment riche de perspectives
pour le développement des ports et des transports maritimes.
Il faut d'abord rappeler que le flux de transports en Méditerranée
ne se limitent pas aux échanges intra-méditerranéens.
Les flux de transit sont beaucoup plus importants. Les ports et
les transports maritimes doivent s'appuyer sur ces flux.
Il y a trois types de marchés pour les ports du nord de
la Méditerranée : les marchés Nord-Sud, l'Europe
du nord, les marchés extérieurs à la zone
euro-méditerranéenne.
Certes, le poids du Sud de l'Europe est faible dans les échanges internationaux comparativement à l'Europe du Nord. (Nord de l'Europe 80 %, Sud 20 %).
Les services des ports de l'Europe du Nord sont plus performants
que ceux du Sud, ce qui réduit le principal atout de la
Méditerranée : 5-6 jours de durée de transport
en moins pour l'Extrême-Orient par exemple.
Il y a des risques stratégiques pour la Méditerranée.
Plusieurs options doivent être étudiées :
1. La Méditerranée, comme espace d'escale et de redistribution des flux d'échanges,
Extême-Orient/Europe du Nord.
Sur cette route, les bateaux font escale à Malte ou Algésiras.
A partir de là pourraient être redistribués
les trafics destinés à l'Europe du Sud. Toutefois,
cela peut être une chance pour les pays du Maghreb de se
repositionner. Dans cette hypothèse, les ports nord-méditerranéens
deviendraient des annexes des ports sud-méditerranéens
dans lesquels se ferait la redistribution vers l'Europe du Sud.
Pour autant, actuellement, aucun port du Maghreb n'est en mesure
de jouer ce rôle. C'est dans cette optique qu'un grand opérateur
européen défend un projet similaire : la construction
ex-nihilo d'un grand port de redistribution au Sud de l'Italie
: Géovatorio ; mais le choix des ports qui pourraient
assurer cette fonction est restreint.
2. Le renforcement des relations maritimes Nord-Sud (trafics de
redistribution et trafics traditionnels).
De plus en plus les ports du Nord de la Méditerranée
seront les principales portes de la Méditerranée.
La croissance des échanges Nord-Sud leur serait donc bénéfique.
Mais ce trafic reste marginal à côté des flux
Extrême-Orient/Europe du Nord.
3. La dernière option, c'est que les ports nord-méditerranéens n'abandonnent pas la compétition et captent une partie des grands flux, c'est qu'on revienne à un équilibre
35 % - 65 %. Pour que cela soit possible, il faut que les liaisons
intérieures soient performantes. La Méditerranée
compte un autre handicap : l'offre de transport maritime est faible,
insuffisante pour permettre à des marchés de se
développer.
De façon plus générale, il faut également favoriser des relations nord-sud plus performantes du point de vue des coûts de transport aujourd'hui.
Il n'est pas certain toutefois que la proximité soit un
atout essentiel en terme de coût car la distance n'a plus
aucun sens dans le coût du transport aujourd'hui.
Enfin, rappelons que les ports d'Europe du nord ne sont pas les
seuls concurrents des ports méditerranéens. Les
autres concurrents sont les transports terrestres (notion de "corridors
terrestres" évoqués au sommet 3 + 3 Pays latins
et Maghreb).
Le premier élément important, c'est l'existence
incontestable d'une communauté bioclimatique méditerranéenne,
et des caractéristiques communes aux différentes
forêts méditerranéennes.
Comment est répartie cette forêt ? Il y a entre 30
et 60 millions d'hectares de forêts méditerranéennes
suivant les définitions que l'on prend. Les grands pays
forestiers sont la Turquie (12 millions d'hectares) et l'Espagne
(9 millions d'hectares). La France compte 4,5 millions d'hectares
de forêt méditerranéenne. Cette forêt
s'est accrue, elle est même florissante en France.
Si l'on regarde globalement la forêt méditerranéenne,
il apparait que les terrains boisés se sont globalement
développés depuis 1965. On a achevé la phase
de la déforestation. Toutefois, les inégalités
demeurent :
- au Sud de la Méditerranée, le déficit en
bois de feu persiste et les programmes de lutte contre l'érosion
sont toujours nécessaires,
- sur la rive Nord au contraire, on a trop de forêt à
présent et des dangers d'incendies croissants.
La coopération entre forestiers du Nord et du Sud est nécessaire.
Dans la région ce ne sont pas les forestiers au sens le
plus large (forestiers au sens strict, écologues, pastoralistes,
aménagistes...) compétents qui manquent. Sont-ils
techniquement prêts demain à faire de la coopération
avec les pays du Sud ? ce n'est pas sûr. Par ailleurs la
formation des forestiers de la région se fait dans un cadre
national qui n'est axé ni sur la forêt méditerranéenne
ni sur les pays en développement. C'est un réel
problème.
Force est de constater que nous n'avons pas un outil actuellement
prêt à faire de la coopération avec les pays
de la Méditerranée, et que des programmes de coopération
passent nécessairement par une formation spécifique
des forestiers (au sens large) français.
Débat n° 3. L'enjeu du forum civil
de Barcelone
Quelle est l'opportunité de la présence des acteurs
de l'aire métropolitaine marseillaise au forum civil de
Barcelone.
Au lendemain de la conférence ministérielle euro-méditerranéenne
de Barcelone se tiendra durant 3 jours à Barcelone, le
forum civil euromed, organisé par la Généralitat
de Catalogne et l'Institut Catalan d'études méditerranéennes.
Le forum civil euromed bénéficie du soutien du Comité
Economique et Social de l'Union européenne, du Ministère
des Affaires Etrangères Espagnol et du réseau des
Centres d'études de la méditerranée de l'UNESCO.
Opération de grande ampleur, il réunira plus de
500 agents sociaux de toute l'aire méditerranéenne
et de l'Union européenne, universités, chambres
de commerce, associations entrepreneuriales, syndicats, médias,
organisations non gouvernementales, secteurs culturels, régions
et villes. 10 forums de travail sont proposés (60 participants
par forum), 5 thèmes économiques (investissements,
transferts technologiques, infrastructures et réseaux de
communication etc...), 5 thèmes sociaux (migrations, femmes
(1), actions des ONG, synergies culturelles etc...) .
L'Institut Catalan d'études méditerranéennes a procédé lui-même à la sélection des personnalités participant au forum .
En outre, il y aura à Barcelone, une rencontre des conseils
économiques et sociaux et une assemblée des chambres
de commerce de la Méditerranée.
Avec cette initiative Barcelone ravit à Marseille, au moins
pour le temps de la conférence, le titre de capitale euro-méditerranéenne.
Le forum euro-méditerranéen aurait pourtant pu se
tenir à Marseille, dont la légitimité de
capitale euro-méditerranéenne est encore plus forte,
et qui bénéficie d'une expérience et d'un
savoir-faire essentiels dans ce domaine. Mais les Catalans sont
désormais plus mobilisés que les Marseillais. Ils
disposent d'une très forte expérience de lobbying.
La démarche méditerranéenne de l'Institut
méditerranéen d'études catalanes est par
ailleurs très solide (ancrée sur le partenariat).
Marseille et la France n'ont pas su saisir l'opportunité
d'accueillir cette négociation. (le sommet de Cannes est
une bien maigre consolation).
Les régions sont par ailleurs très peu impliquées
dans le processus, qui garde un aspect conglomérat d'Etats.
La philosophie globale du projet reste d'inspiration anglo-saxonne.
Il faudrait pour mieux faire entendre la voix de l'aire métropolitaine
marseillaise commencer par augmenter notre présence à
Bruxelles. Il y a des crédits européens et des fonctionnaires
européens qui sont dans des impasses d'idées et
d'actions. C'est à Bruxelles qu'il faut soumettre les projets.
La Commission européenne a lancé 5 ou 6 études
simultanées pour Barcelone. Il faut capter ces études,
monter des opérations et aller les leur présenter.
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(1) Cependant Barcelone, pour les associations de femmes, membres
du Réseau méditerranéen des Femmes est un
moment important : 4 méditerranéennes sur 5 seront
mulsumanes en l'an 2000. La question du droit des femmes est une
question essentielle en Méditerranée (code du statut
personnel des femmes, code de la famille etc...).
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Barcelone constitue à n'en pas douter une opportunité
historique, une tribune pour défendre une autre conception
du développement. Il faut porter un discours alternatif
à Barcelone, pour essayer d'infléchir le projet
autour des idées de développement endogène
et d'économie alternative. Il faut défendre l'idée
d'une coopération d'acteurs, et élargir le champ
des coopérations (culturelle, sociale, économique).
Il faut que l'ensemble des personnes investies sur ces questions
dans l'aire métropolitaine marseillaise élaborent
ensemble un corps de doctrines à soumettre à Barcelone.
En conclusion...
Avec la conférence de Barcelone, l'Europe semble se doter
enfin d'une certaine ambition méditerranéenne à
travers le projet de création d'une "Région
économique méditerranéenne", et elle
tend désormais à considérer la Méditerranée
comme faisant partie de sa problématique.
Une telle évolution ne peut laisser indifférent,
de par son destin et sa vocation, la métropole marseillaise
sent de manière diffuse qu'un tel projet, s'il voyait le
jour, pourrait être porteur de son propre développement.
L'essentiel...
L'Europe reste l'Europe : si le projet prévoit une diversification
et un triplement de la coopération et de l'aide aux pays
méditerranéens, ce qui n'est pas négligeable,
elle n'envisage la construction de l'euro-méditerranée
que dans le cadre d'une zone de libre-échange prévue
pour 2010 (abaissement des droits de douane en Méditerranée
sauf produits agricoles)
La zone de libre-échange a pour ambition d'accélérer
l'insertion internationale, l'ouverture et les réformes
structurelles dans les pays du Sud, de créer un espace
de crédibilité pour les capitaux et les investissements
directs étrangers dans les PSEM, passage obligé
du développement de ces pays.
Certes, il y a une conscience claire de ce que cette zone de libre-échange
ne peut être mise en place sans une mise à niveau
de l'offre en Méditerranée, une mobilisation des
investisseurs, un accompagnement social et une participation forte
des sociétés civiles, ce qui est l'objet des coopérations
mises en oeuvre. Mais que l'Europe n'accorde pas suffisamment
son soutien à la transition, et alors la zone de libre-échange
aurait de graves conséquences pour ces pays.
La situation ne serait alors pas sans évoquer la résurgence
de l'impérialisme européen du XIXe siècle.
Sauf à considérer que l'Europe entretienne les plus
noirs desseins, nous sommes surtout en présence de deux
conceptions du développement de la Méditerranée
:
* une conception fondée sur le développement endogène,
opposée à toute idée de dépendance
(importations massives destructurant les modes de consommation
et de production locaux -secteurs d'exportations coupés
du pays et n'induisant pas d'effets de développement) :
Condition siné qua non : croissance, mobilisation des investisseurs,
mise à niveau de l'offre, réformes structurelles,
compensations aux effets négatifs du libre-échange,
avancée sur les questions agricoles, coopérations
accrues dans tous les domaines, structuration régionale,
dialogue culturel approfondi, projet politique fort, vision de
long terme qui implique également... une possibilité
de circulation des hommes et des frontières franchissables.
Dans ce contexte, il existe une multiplicité de scénarios
possibles entre la conception tiers-mondiste traditionnelle et
la conception libérale (autour de la notion de co-développement).
Paradoxalement, le défi de la zone de libre-échange,
qui n'interviendra qu'en 2010, peut être mobilisateur, ne
serait-ce que parce que le statut-quo est aujourd'hui insoutenable.
L'idée d'une intégration méditerranéenne
en 2010 peut jouer un effet levier pour la coopération
méditerranéenne et démultiplier les acteurs,
oeuvrant du même coup au rapprochement culturel si essentiel
entre les deux rives, citoyens et acteurs de la société
civile, acteurs économiques, universités, villes,
régions, etc... L'effet dynamique du projet est l'un des
plus importants.
Quelle peut-être la place de l'aire métropolitaine
marseillaise dans cette dynamique ?
L'AMM peut jouer un rôle exceptionnel dans ce processus.
Encore faut-il qu'elle s'en donne les moyens et qu'elle soit soutenue
nationalement. La mobilisation très forte des catalans,
notamment à travers le forum civil Euromed pour faire de
Barcelone, le temps d'une conférence, la capitale de l'euro-méditerranée,
comme l'intérêt de villes portuaires d'Italie ou
d'Espagne à capter une partie des flux du commerce maghrébin
actuellement existant à Marseille, montre que ce rôle
peut être contesté de part et d'autre.
Un nouveau développement des échanges (commerciaux,
économiques, technologiques, culturels) dans une Méditerranée
plus prospère, réconciliée et dynamique,
à l'horizon 2010 ne pourrait que renforcer le rôle
de Marseille comme métropole portuaire et capitale euro-méditerranéenne
dans un arc latin (la "revanche des suds") en croissance.
(complémentarités possibles avec le grand Lyon sur
l'aménagement du couloir rhodanien).
La valorisation d'une culture méditerranéenne de
l'échange, de Averroès à Belsunce, est par
ailleurs la seule réponse aujourd'hui à une Méditerranée
de fermeture (intégrisme ou nationalisme).
Marseille et sa région ont, en terme d'héritage,
de pratiques méditerranéennes, et de potentiel,
les atouts nécessaires pour ambitionner de jouer un rôle
de référent et de laboratoire urbain, culturel,
intellectuel, scientifique, technologique et économique
en Méditerranée.
C'est pourquoi cette zone doit être à la pointe de
la coopération méditerranéenne, y compris
par une politique de lobbying efficace auprès des institutions
financières internationales et européennes susceptibles
de contribuer à un tel projet.
Le très fort capital symbolique que constitue l'image,
l'identité et le dynamisme culturel de "Marseille,
capitale méditerranéenne", assis sur un développement
harmonieux et efficace des fonctions métropolitaines et
portuaires de l'AMM, peut également constituer un atout
très important de positionnement européen et international,
dès lors que ce développement serait pensé
dans un logique "d'identité-relations" et de
"mise en désir des lieux".
Pour concrétiser cette volonté,
il s'agirait à la fois de :
marseillaise,
Il est clair que la conférence de Barcelone sera le lieu
d'une reconnaissance de la coopération régionale
en Méditerranée. Pour positionner l'aire métropolitaine
marseillaise dans ce champ, aujourd'hui et demain, il sera nécessaire
de bien identifier acteurs et actions foisonnantes et dynamiques
dans des secteurs très hétérogènes
de la coopération et de vérifier si une coordination
plus structurée apporterait une valeur ajoutée à
l'efficacité de la coopération.
Compte tenu du réel engagement des populations de l'aire
métropolitaine marseillaise, pour la Méditerranée
dans ses multiples dimensions (ce qui n'est pas le cas d'autres
métropoles françaises dont les discours sont d'abord
appuyés sur des relations marchandes), il faudrait que
ces acteurs améliorent leurs actions et trouvent encore
davantage de soutien auprès des partenaires institutionnels.
Le renforcement des axes de développement international retenus pour l'aire métropolitaine marseillaise passe d'abord par une montée en puissance du projet Euroméditerranée.
Conçu et défini en référence à
un contexte d'évolution des échanges méditerranéens
et internationaux, qui devraient être porteur d'opportunités
de développement pour l'aire métropolitaine marseillaise,
le projet Euroméditerranée est prévu pour
être décliné autour de plusieurs axes : commerce
international, tertiaire, logistique, services de coopération
; il devrait accueillir les structures marseillaises et régionales
ayant un caractère économique international, les
directions méditerranée des ministères ou
des grands groupes industriels français et pourquoi pas
une délégation interministérielle aux affaires
méditerranéennes.
Il est essentiel que ce projet jouer un rôle moteur dans
le projet européen de développement économique
méditerranéen et dans la construction de la "région
économique méditerranéenne": développement
des partenariats industriels, transferts de technologie, mobilisation
des investisseurs en Méditerranée, services financiers
et banques méditerranéennes, production et diffusion
de services tertiaires à forte valeur ajoutée pour
l'ensemble du bassin méditerranéen, organisation
et assistance à l'essor industriel, mise à niveau
de l'offre et de la logistique en Méditerranée,
etc...
Les associations et institutions, qui ont prouvé leur efficacité sur ces questions, (ADECI, A3CI, CEFIM, CEFI, IMED, AEDEE, Institut de la Méditerranée, etc...) devraient être impliqués, de même que les acteurs qui contribuent depuis longtemps, même de façon informelle, aux échanges économiques et commerciaux méditerranéens.
Les socio-professionnels de cette région propose la création
d'un Comité économique et social euro-méditerranéen,
dont le siège pourrait être à Marseille, dans
l'enceinte d'Euroméditerranée renforcant l'image
de capitale méditerranéenne de la ville.
La pérénnisation des actions de
coopération déjà entreprises.
La relance vigoureuse de politiques de coopération décentralisée,
comme l'annonce la Charte du bassin Méditerranéen,
accroîtra l'implication des collectivités locales
dans la politique internationale. Les collectivités locales
devront démultiplier les contacts politiques et économiques
avec les maires d'autres grandes villes afin d'ouvrir des perspectives
d'actions économiques, sociales et culturelles.
A côté de l'action proprement économique,
l'aire métropolitaine marseillaise est en mesure de développer
une coopération efficace avec les pays de la Méditerranée
dans 5 ou 6 secteurs opérationnels : services portuaires,
ingénierie urbaine (transports, eau et assainissement,
déchets, protection civile...), environnement, recherche
scientifique, formation et universités, santé, dont
l'expérience en matière de coopération est
déjà substantielle. La concertation et la coordination
entre les principaux acteurs dans chacun de ces secteurs devraient
se développer afin que l'aire métropolitaine marseillaise
puisse décliner des outils de coopération efficaces
et reconnus tant dans les pays méditerranéens qu'auprès
des autres métropoles européennes (comme ce fut
le cas avec l'ADECI), et qui peuvent également être
porteurs de développement pour l'aire métropolitaine
marseillaise. Pourraient d'ailleurs y être formés
des coopérants dans ce secteur, y compris pour d'autres
villes intéressées par de telles actions.
De nouvelles pistes pour la coopération
méditerranéenne
Il est essentiel aujourd'hui d'ouvrir de nouveaux champs pour
la coopération méditerranéenne, afin d'impliquer
davantage la population de l'aire métropolitaine marseillaise
parce que les défis méditerranéens ne relèvent
pas seulement d'une approche technique et purement économique,
mais d'une d'une approche globale, où la notion de développement
humain est déterminante; il faudrait relever des défis
majeurs en Méditerranée : la ville et la culture.
Sur ces deux questions, il revient encore à Marseille d'être
à la pointe de la coopération méditerranéenne.
Une réflexion prospective, bien au-delà de ce qui
a déjà été fait, devrait être
engagée dès maintenant, avec tous les acteurs concernés,
afin que l'aire métropolitaine marseillaise soit en mesure
de démultiplier d'ici quelques années des coopérations
et des initiatives ambitieuses dans des domaines comme la planification
urbaine, les services urbains, le développement social
urbain, la décentralisation, l'éducation, la citoyenneté,
le patrimoine, le tourisme, l'édition, les arts, la jeunesse,
etc...
Sur le plan de la ville
Le bassin méditerranéen s'est doté à
Marseille d'un outil, avec l'association pour une "Fondation
des villes et territoires méditerranéens" pour
réfléchir et échanger sur les questions de
l'urbanisme, l'architecture, la planification urbaine etc... en
Méditerranée. D'autres structures, comme la Mission
pour le développement des échanges méditerranéens
ont également une expérience pratique des échanges
de personnes qui peut être mis à contribution dans
des jumelages-coopération entre les villes.
Sur le plan de la culture, les associations, (CMCA, ECUME, ECI,
Marseille-Espérance etc...), les initiatives, les propositions
(création d'un marché des musiques méditerranéennes
à Marseille -proposition de la fiesta des Suds) abondent
et le succès des rencontres d'Averroes démontre
une fois de plus l'intérêt de la population de l'aire
métropolitaine marseillaise.
Ces politiques culturelles internationales peuvent aussi bien
être porteuses de développement pour l'aire métropolitaine
marseillaise, (compte tenu de l'imbrication croissante entre économie
et culture) que d'avenir pour une Méditerranée qu'on
voudrait en voie de réconciliation.
L'héritage méditerranéen ne doit pas disparaître
dans une confrontation des différences, mais être
reconquis au profit d'une fraternité en Méditerranée.
La ville ne devrait jamais oublier qu'elle dispose sur ses territoires
de communautés très actives sur le plan économique
et culturel et d'une rare capacité de tolérance,
d'intégration et d'enrichissement entre les peuples.
Quelques propositions, pour terminer, telles qu'elles
ressortent des réflexions en cours dans l'aire métropolitaine
marseillaise.
1. - Propositions à la conférence de Barcelone (IMED)
2.- Etablir rapidemment un projet pour "Euroméditerranée",
outil indispensable pour l'économie et l'image de l'aire
métropolitaine marseillaise et regrouper au sein du CI2E,
les structures marseillaises et régionales ayant un caractère
économique méditerranéen, les directions
Méditerranée des services ministériels et
sous tutelle ministérielle pourraient être transférées
au sein du CI2E du fait d'une volonté politique, les directions
Méditerranée de grands groupes français (Rhône-Poulenc,
etc...).
3.- Une large concertation entre les principales collectivités,
les structures économiques et le tissu associatif. En ce
qui concerne les villes de l'aire métropolitaine marseillaise,
leur rôle doit comprendre :
5. Autres pistes :
Améliorer le partenariat entre entreprises de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et entreprises du bassin méditerranéen (ADECI) ;
Piste culturelle : (cf. colloque qui s'est tenu à la
Fiesta des Sud), installation d'un marché international
des musiques méditerranéennes à Marseille
etc...