|
INDUSTRIES EN PROVENCE
En collaboration avec
Mémoire,
Industrie, Patrimoine en Provence
|
 |
Aimer la Belle-de-Mai Chronique d'histoire industrielle
« Quand je vous aimerai, ma foi,
je ne sais pas
Peut-être jamais, peut-être
demain
Mais pas aujourd'hui, c'est certain »
Georges Bizet, Carmen, création
1875.
Le site de la Belle-de-Mai est devenu un haut-lieu du patrimoine
et de la culture à Marseille. Il accueille dès à présent
les Archives municipales de Marseille et le Centre interrégional
de restauration du patrimoine. Le site est inscrit dans le périmètre
du vaste chantier d'aménagement urbain nommé « Euroméditerranée ».
La Belle-de-Mai , un lieu de douze hectares au cœur de la grande
métropole méditerranéenne, est appelé à héberger
de nombreuses entreprises et institutions et certaines des formations
artistiques de l'Université de Provence.
Il s'agit d'un exemple
majeur de réutilisation d'un site
industriel car la Belle-de-Mai a été entre 1868,
date de sa construction, et 1990, date de la fermeture du site,
un des établissements de l'industrie du tabac en France.
D'ailleurs, les Archives municipales de Marseille qui occupent
la partie la plus ancienne du site ont été très
attentives à l'aspect de mémoire du lieu. La démarche
architecturale tant extérieure qu'intérieure donne à comprendre
les usages antérieurs de façon tout à fait
remarquable. Les indices d'appartenance à un lieu qui
dispose d'un sens partageable sont nombreux et ils donnent envie
de rechercher les continuités de sens à propos
de la Belle-de-Mai .
Qu'en sera-t-il quand l'ensemble des projets en cours seront
aboutis ?
Quand, dans cet espace immense cohabiteront un très grande
nombre d'entités, publiques et entrepreneuriales, auront-elles
la perception d'une aventure humaine collective qui se prolonge
en se renouvelant ou bien chacun pour sa part gérera-t-il
l'aventure contingente de son pré-carré ?
L'hypothèse de ce texte est que le passé partagé donne
du sens à l'action, qu'il permet de se repérer même
quand on est différent. C'est pourquoi, afin de partager
ce passé, nous vous invitons à l'histoire du lieu
en soulignant d'emblée trois caractéristiques sur
lesquelles nous allons insister : l'industrie qui était
là était une industrie d'Etat ;
les salariés étaient massivement des femmes ;
la Belle-de-Mai pourrait avoir été un espace d'intégration ?
Une manufacture de l'Etat
Depuis 1674,
l'Etat dispose du monopole de la vente du tabac, et il est étendu en 1681 à la culture et au traitement
de la plante. Ce monopole est aboli en 1791 et rétabli en
1810-1811. Pendant vint ans, à la fin du XVIIIème
siècle, des entrepreneurs privés fournissent les
consommateurs de tabac à priser ou à chiquer. Puis
viennent les manufactures en régie d'Etat. Elles sont dirigées
par des polytechniciens encore proches de la culture militaire.
L'artisan de la modernisation des tabacs au milieu du siècle
est Eugène Rolland (1812 – 1885, Polytechnique 1830). C'est
lui qui développe la mécanisation des établissements.
Il crée en 1846 le Service central des constructions, des
Bâtiments et des Machines, et il est directeur général
des manufactures en 1861 (1).
La manufacture de Strasbourg, réalisée en 1849 en
collaboration avec l'architecte alsacien Jean-André Weyer,
devient le prototype de celles qui seront construites dans les
années suivantes : Nice, Bordeaux, Tonneins, Nantes
puis Marseille et, plus tard, Le Mans, Dijon et Issy-les-Moulineaux.

Archive de
Marseille © Photographe Denis Prisset
En
vérité, l'histoire du tabac contrôlé à Marseille
ne commence pas à la Belle-de-Mai, mais à la « ferme
générale » à l'angle de la rue
Paradis (2).
Puis, quand Marseille, comme seize autres villes françaises,
devient le siège
d'une manufacture, elle est d'abord installée rue Sainte
en 1810. Elle est près de l'abbaye Saint Victor, parmi
d'autres activités comme les savonneries. Assez rapidement,
cette localisation se révèle insalubre et l'espace
manque car la consommation de tabac se développe rapidement.
L'inauguration de la gare Saint-Charles en 1848 incite la Manufacture à migrer
vers la desserte ferroviaire (3).
L'administration achète le site de la Belle-de-Mai le
21 février 1861 à la Compagnie ferroviaire du Paris-Lyon-Méditerranée,
le fameux PLM. La transaction porte sur un terrain de 26 000
m2 pour la somme de 500 000 F (4).
Le
plan de la manufacture de Marseille est en H. Le bâtiment
de la direction est en façade. Il y a deux cours intérieures.
La seconde est occupée par deux édifices techniques
pour la chaufferie et les machines à vapeur. Ils sont flanqués
de deux cheminées, l'une d'entre elles a disparu. Au centre,
la cloche ordonne l'ouverture et la fermeture des ateliers. La
construction est en pierre, les effets de symétrie et la
rigueur de la perspective sont importants. Les matériaux
sont de grande qualité et les finitions, en particulier
des toitures, sont remarquablement soignées. L'ensemble
est rigoureux, beau et assez austère. Le bâtiment
initial de 1868 connaît de nombreuses extensions. Deux bâtiments
de transit sont mis en service dans les années 1880. Ils
sont directement reliés à la gare.
Plus tard, la consommation
de tabac à fumer continue d'augmenter,
en particulier lors de la Première Guerre mondiale et la
Manufacture doit encore s'agrandir dans les années 1930.
Derrière le bâtiment initial qui donne sur la rue
Clovis Hugues, les extensions prolongent le site dans la rue Guibal.
Enfin, le rachat de l'ancienne usine à sucre Saint-Louis
au début des années cinquante permet l'aménagement
de ce que nous appelons aujourd'hui l'îlot 3. Lors de la
fermeture en 1990, l'ensemble couvre 12 hectares.
La manufacture ouvre
ses portes en 1868, un an avant la mise en service du Canal de
Suez. La consommation du tabac à fumer,
on dit alors le scaferlati, augmente considérablement pendant
le Second Empire et supplante celle du tabac à priser. La
vocation portuaire de Marseille est amplifiée par le canal
de Suez et la manufacture est un entrepôt national des tabacs
importés. Les feuilles proviennent alors des Etats-Unis,
du Brésil, des Philippines, etc. Les produits fabriqués,
scaferlati et cigares, alimentent le marché colonial.
Avec
la Belle-de-Mai, l'administration des tabacs réalise
une rationalisation économique, mais il s'agit aussi de
mettre le site marseillais aux normes de conditions de travail
améliorées qu'elle généralise dans
ses établissements. L'Etat veut donner l'exemple en matière
de politique sanitaire et sociale face au patronat privé qui
développe des pratiques de « paternage » par
conviction et par nécessité de retenir la main d'œuvre
très fluctuante.
L'organisation du travail est très tôt codifiée.
La fabrication repose sur l'emploi de machines à vapeur,
en particulier pour la torréfaction des feuilles. Les différents
métiers sont classés par « sections ».
Les tabacs arrivent en balles ou en tonneaux (boucauts). Les feuilles
sont mouillées, séchées et préparées (5).
La cinquième section est celle des cigares. « Les
cigarières sont installées à leurs tables
de chaque côté d'une longue salle qui est divisée
en trois nefs par des rangées de colonnes, l'allée
centrale étant réservée à la circulation
des matières et des contremaîtres. Seule la lumière
du jour est concevable pour éclairer le travail. Les deux
murs latéraux sont donc percés de par de multiples
fenêtres, qui assurent en même temps l'aération.
La largeur de ces salles, d'environ treize mètres, est commandée
par ce besoin d'éclairage naturel, et correspond également à la
portée limitée des colonnes. Les ateliers fonctionnent
comme autant de petites fabriques indépendantes, mais ils
communiquent à l'étage et sont superposés
sur trois niveaux. Ceci permet, en outre, d'utiliser la gravité dans
le transport interne des tabacs » (6).
Dès 1875, sont introduites les premières machines à fabriquer
les cigarettes.
Les conditions et de l'atmosphère du travail étaient
ambivalentes : d'une part il règne une discipline en
principe plus stricte que dans les autres industries. D'autre part,
les salariés disposent d'avantages sociaux supérieurs à la
norme (7).
La discipline était
longtemps plus qu'oppressante selon un document publié par
la SEITA. « Chefs et sous chefs sont souvent
d'ex-officiers qui croient affermir leur autorité en traitant les ouvrières
comme les hommes à la caserne… Le soir quand elles quittent
l'atelier au son de la cloche, elles doivent avant de franchir
le portail se soumettre à la fouille effectuée successivement
par deux fouilleurs, celui du corps et celui des sabots et des
chaussures. A leur tour, les fouilleurs seront fouillés
par le concierge » (8).
Le taux d'encadrement est élevé : en 1894 un « préposé » pour
19 ouvrières et ouvriers ; un pour 15 en 1914. Les
protestations contre les fouilles sont nombreuses dans le journal
syndical : « cette façon brutale de
violer le droit des gens, sous le couvert d'un règlement
administratif » (9). De
plus, la direction entend surveiller l'ordre moral en dehors
de l'établissement. L'Instruction de 1862 précise : « Quiconque
aura fait preuve d'une mauvaise conduite notoire à l'extérieur,
surtout lorsqu'elle est signalée par les autorités
locales, devra être rayé ». Les
maladies du travail ne sont pas reconnues avant 1919 et la besogne
quotidienne dans la nicotine pouvait avoir des conséquences sanitaires.
Un enquêteur peut écrire à propos du teint
des ouvrières. « Ce n'est pas une décoloration
simple, une pâleur ordinaire ; c'est un aspect gris,
avec quelque chose de terne, une nuance mixte qui tient de la chlorose
et de certaines cachexies » (10) .
D'autre
part, le statut de travailleurs d'Etat procure aux salariés
des avantages notables (11).
En particulier à Marseille où les salaires sont faibles,
le travail à la Manufacture est bien payé. Le salaire
moyen des ouvrières de l'industrie en France s'établit à 2,
75 F. par jour en 1901 alors qu'il est de 3, 59 F. dans les manufactures.
De plus, comme partout en France, mais de façon plus accentuée,
la tendance est à la hausse des salaires au début
du siècle. Une écabocheuse gagne 4, 76 F par jour
en 1890 et 7, 41 F. en 1914 (+ 55%). A la confection des cigares,
le salaire passe de 3,43 F à 7,02 F (+ 104%). Ceci étant,
les écarts entre les salaires féminins et les salaires
masculins demeurent importants, y compris à la Manufacture.
De plus, le montant final des salaires est très individualisé et
peu présenter des variations non négligeables. Ceci étant,
l'importance du travail féminin n'a pas d'équivalent à Marseille
et en Provence.
Un établissement de femmes ; un syndicalisme d'intégration
La
main d'œuvre était pendant longtemps essentiellement
féminine, jusqu'à 90% avant la Première Guerre
mondiale. Cette proportion est allé en décroissant
ensuite. C'est une originalité majeure de la manufacture
des tabacs dans l'histoire industrielle de Marseille. L'effectif
fluctue autour de 1000 personnes avant la Première Guerre
mondiale (12).
Comme dans l'ensemble des manufactures, il tend à diminuer du fait de la mécanisation
croissante. Entre 1895 et 1905, l'effectif salarié pour
l'ensemble des manufactures en France passe de 14 154 à 13
564 (moins 4,2%), celui de Marseille décroît de 1004 à 881
(moins 12,3%) (13).
On a dit que
les ouvrières sont généralement
jeunes, qu'elles travaillent jusqu'à leur mariage « et
y gagnent leur trousseau en roulant pendant neuf heures en hiver
et dix heures en été cigares et cigarettes » (14).
Pourtant, l'analyse détaillé du registre du personnel
d'une manufacture parisienne révèle une réalité un
peu différente (15).
Sur la période 1890-1914, la moyenne d'âge à l'entrée
dans la Manufacture est de 24 ans pour les femmes et de 29 ans
pour les hommes. Il ne s'agirait donc pas de jeunes filles, mais
de jeunes femmes (16).
Dès
l'origine, le taux de rotation des salariées semble exceptionnellement
faible. Sur 1519 employées connues pendant cette période,
34% sont restées de 31 à 40 ans, 17,7% de 41 à 50
ans. Une très grande majorité a plus de vingt ans
de maison en 1900. Pour autant que l'on sache, ces chiffres sont
exceptionnels dans l'industrie française en générale
et dans l'industrie provençale en particulier (17).
De plus, des exemples convergents montrent que la direction des
manufactures favorisent le recrutement familial de mères
en filles, afin de fidéliser la main-d'œuvre. Au total,
la Belle-de-Mai représente un pôle d'emploi industriel
stable tout à fait original dans le paysage marseillais.
Il semblerait, hypothèse à confirmer par des recherches
détaillées, que la Manufacture ait été un
lieu d'intégration rapide des immigrés par naturalisation
ou par mariage. En effet, un rapport daté 1894, indique « le
personnel s'élevant alors à 1 100 ouvrières
comprend 60 italiennes, 3 espagnoles, 1 Autrichienne ».
Il précise, « Il n'y a pas d'animosité contre
les ouvrières italiennes et leurs camarades françaises
ont les premières à réclamer leur maintien » (18).
Dans ce quartier-village de Marseille, profondément imprégné par
la culture de l'immigration italienne (19),
l'organisation et l'expression des salariés ont été précoces,
et tout particulièrement pour l'histoire du syndicalisme
féminin (20).
Clovis Hugues, le premier député socialiste en France, est élu
de la Belle de Mai en 1881 (21).
Le
Parlement débat pendant dix années pour décider
si la loi de 1884, autorisant la liberté syndicale, est
valable ou pas pour les établissements publics. C'est dans
ce contexte qu'éclate la grève de janvier 1887 à Marseille.
Cette grève pour l'amélioration des conditions de
travail et des salaires, contre l'autoritarisme d'un chef est victorieuse
et débouche sur la constitution du premier syndicat des
ouvriers et ouvrières du tabac à la manufacture de
Marseille. Cette fondation est suivie en 1891 par celle de la Fédération
nationale des ouvriers et des ouvrières des manufactures
des tabacs en France. Cette fédération est puissante,
selon Mannheim, 75% du personnel est syndiqué en 1901. Avec
60% de syndiquées féminines ce syndicat détonne
dans ce pays où les salariées sont en général
syndiquées pour moins de 10% en 1908. Dès le premier
congrès de la fédération, la moitié des
délégués étaient des femmes. Toutefois,
Marseille se présente comme une exception car le syndicat
de base n'est pas mixte : deux organisations se côtoient,
l'une d'elle exclusivement féminine (22).
Cette histoire des femmes, le rôle du mouvement syndical
dans la ville et la région, et d'une façon générale
l'histoire des 122 années de la Belle-de-Mai reste à écrire
au-delà des quelques bribes que nous avons réunies.

Archive de Marseille © Photographe
Denis Prisset
De
la fin du tabac à l'avenir
La fermeture
s'inscrit dans le contexte général
de l'industrie du tabac et comporte des traits particuliers au
site de Marseille. Le contexte général est celui
d'une mécanisation de la fabrication qui permet des gains
vertigineux de la productivité du travail. Les machines à cigarette
dont la technologie connaît un grand essor à partir
des années soixante accomplissent le travail de dizaine,
sinon de centaine de salariés. L'entreprise cherche à regrouper
ses sites de production. En 1988, la Manufacture de la Belle de
Mai n'avait plus que 250 emplois contre un millier au début
du siècle. L'ouverture du marché place le monopole
public en situation de concurrence croissante. Par ailleurs et
surtout, les goûts des consommateurs changent. Le succès
des cigarettes blondes est croissant en France comme ailleurs et
la SEITA (Société nationale d'exploitation industrielle
des tabacs et allumettes depuis 1980) n'a pas bien anticipé ce
changement. Sa production de cigarettes brunes ne correspond plus
aux débouchés du marché. Or, l'établissement
de Marseille est précisément spécialisé dans
les cigarettes brunes. En 1988, la distribution est délocalisée à Vitrolles
et en novembre 1989, la fermeture de la Belle-de-Mai est annoncée,
elle est effective à la fin de l'année 1990.
La
suite de cette histoire est celle d'une réutilisation
de ce site industriel. Heureusement, le temps n'est plus où l'on
détruisait sans réfléchir les anciens bâtiments
industriels. L'hypothèse de la protection (inscription ou
classement des monuments historiques entre autres formes de la
législation patrimoniale) n'a pas disparue, tant s'en faut.
Elle demeure indispensable pour les sites dont la réutilisation
est impossible. Mais la période récente est marquée
par la mise en œuvre de dynamiques nouvelles autour de la réutilisation
du patrimoine industriel. A Marseille, les Docks de la Joliette
sont une réussite exemplaire, unanimement reconnue comme
telle. Réutiliser un bâtiment industriel c'est bien
car fondamentalement cela créé une continuité dans
l'histoire des hommes. Quand une usine ferme, des hommes perdent
leur emploi. Si, en plus, cette usine est rasée, c'est,
pour ceux qui travaillaient là, pour leurs ascendants et
leurs descendants, pour le quartier et le territoire urbain, une
double négation ; une seconde mise à mort. Outre
sa contribution à la gestion de l'espace urbain et architectural,
la conservation ou la réutilisation d'un bâtiment
industriel crée du lien social. Il construit de l'identité dans
une ville et une région où l'industrie était
et demeure puissante. Mais il est des réutilisations qui
ne permettent plus de percevoir la relation avec le passé.
On cite en contre exemple une rotonde à locomotives de l'Est
de la France devenue une grande surface commerciale. Rien ne permet,
ni de près ni de loin, aux visiteurs d'imaginer que des
locomotives circulaient dans cet endroit. C'est une réutilisation
sans intérêt pour la mémoire.
Il en va bien différemment de ce qui se passe à la
Belle-de-Mai. Le bâtiment des Archives municipales en particulier,
inauguré en février 2001, outre le respect du cadre
bâti, il exprime de multiples façons la mémoire
des lieux : « des allusions à l'ancienne
activité industrielle de la manufacture ont été multipliées
dans les parties publiques : moquette imprimée de feuilles
de tabac, mur du hall d'accueil tapissé de feuilles de Viriginie,
poutres IPN encadrant les tables de travail en teck massif dans
la salle de lecture » (23).
C'est là une incontestable réussite et une première
continuité de sens : la manufacture d'Etat est devenue
une institution culturelle portée par les collectivités
territoriales qui sont le prolongement moderne de l'Etat décentralisé.
L'essor culturel du quartier est un processus en cours et il comporte
encore des aspects contradictoires (24).
Quelle
sera la place des autres héritages des lieux, les
femmes et l'intégration dans la dynamique à venir
de la réhabilitation qui sera nécessairement plus
complexe car coexisteront des institutions multiples, publiques
et privées ?
Philippe Mioche
Président de MIP - Provence
- (1)Cahier
C'est à dire ,
SEITA, 1994 – 1995, « Histoires de notre histoire ».
- (2) Archives municipales de
Marseille, 10, rue bleue. Histoire et reconversion d'une manufacture
des tabacs , Marseille, Editions Parenthèses, 2003,
124 p. in quarto.
- (3)Daumalin
(Xavier), « La
fondation de la gare Saint-Charles : logique entrepreneuriale
ou stratégie urbaine ? », in Actes de la
première table ronde organisée par la Chambre de
Commerce et d'Industrie Marseille-Provence et l'Association Mémoire-Industrie-
Le patrimoine industriel des Bouches du Rhône, Patrimoine
en Provence, Marseille, Chambre de Commerce et d'Industrie Marseille-Provence,
2000, pp. 35- 47.
- (4) Mioche
(Philippe), « La
Manufacture de tabac de la Belle-de-Mai », in Marseille
La manufacture des tabacs de la Belle-de-Mai . D'un destin
l'autre , Ville de Marseille, Images en Manœuvres Editions,
2001, pp. 86 et suiv.
- (5) Piettre (Jean-Hugues), Smith
(Paul), Architecture de manufactures. Tabac et allumettes,
1726 – 1939 , Paris, galerie du SEITA, 1980, 39 p.
- (6) Piettre (Jean-Hugues), Smith
(Paul), op. Cit , 1980.
- (7) Ils
ont fait l'objet d'une étude
maintes fois citée de Charles Mannheim : De la
condition des ouvriers dans les manufactures de l'Etat (tabacs-allumettes), Paris,
V. Giard et E. Bière, 1902, 504 p.
- (8)Cahier
C'est à dire ,
SEITA, 1994 – 1995, « Histoires de notre histoire ».
- (9)L'Echo
de 1912 cité par
Godeau ( Eric ), Op. cit. , 1997, p. 120.
- (10) Cottereau
(Alain), « Les
maladies professionnelles dans les « Annales d'hygiène
publique et de médecine légale », ou une
première approche de l'usure au travail », Le
Mouvement social, n°124, juillet septembre 1983, p. 65.
- (11) Masson (Paul), op.cit. ,
dresse une liste des avantages sociaux en 1913, page 465, tome
8.
- (12) Masson (Paul) (Dir.),
Encyclopédie départementale des Bouches du Rhône,
16 volumes, 1913-1937. Il existait en outre une manufacture d'allumettes
rue Guibal qui employait environ 500 personnes.
- (13) Godeau ( Eric ), Op.
cit. , 1997, p. 14.
- (14) Divers auteurs, Marseille
au XIX, rêves et triomphes. Musée de Marseille
et Réunion des Musées nationaux, Marseille, 1991,
p. 108.
- (15) Godeau ( Eric ), Op.
cit. , 1997, p. 24.
- (16) En
attendant des études
précises sur la Belle-de-Mai, ces remarques sont extrapolées
de celle de Paris.
- (17) Sur
l'importance du turn-over, voir Galloro (Piero-Dominique), La Main
d'oeuvre des usines sidérurgiques
lorraines. 1880 -1939. Etude des flux.(l'exemple des Forges de
Joeuf), Thèse de l'Université de Metz, 1996. et pour
un exemple en Provence : Mioche (Philippe), L'alumine à Gardanne
de 1893 à nos jours. Une traversée industrielle en
Provence. Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble, 1994.
- (18) Rapport
d'inspection de 1894, cité par Claudine Roubaud in Archives
municipales de Marseille, 10, rue bleue. Histoire et reconversion d'une
manufacture des tabacs , Marseille, Editions Parenthèses,
2003, p.61.
- (19) Lopez
(R.), Témime
(E.), Migrance. Histoire des migrations à Marseille, Aix-en-Provence,
Edisud, 1990. tome 2, L'expansion marseillaise et "l'invasion
italienne", 1830-1918.
- (20) Zylberberg-Hocquard
(Marie-Hélène), Féminisme
et Syndicalisme en France , Paris, Anthropos, 1978.
- (21) Izzo (Jean-Claude), Clovis
Huges. Un Rouge du Midi , Marseille, J. Laffitte, 1978.
- (22) Godeau ( Eric ), Op.
cit. , 1997, p. 104.
- (23) Langlade (Isabelle) in
Archives municipales de Marseille, 10, rue bleue. Histoire
et reconversion d'une manufacture des tabacs , Marseille,
Editions Parenthèses, 2003, p.106.
- (24) Bénit (Claire),
Grésillon (Boris), « Des tabacs à l'art
contemporain. La réhabilitation de la Manufacture de la
Belle de Mai et ses conséquences sur le quartier », Industries
en Provence. Dynamiques d'hier et d'aujourd'hui, n°10,
mars 2002.
MIP-Provence © 2003
|