L'Innovation ouverte casse les dogmes de la création

Mercredi, 16 Mars 2011
Il faut laisser respirer les idées.
Un message qui s’adresse aussi à la création.


« Il y a d’autres moteurs pour l’innovation que la seule imagination du chef d’entreprise », est convaincu Christian Rey, directeur de Marseille Innovation. Pour appuyer le processus de création, il a ouvert en grand les vannes des nouveaux flux de matières grises : design en résidence, reverse engineering, start-up week-end, pépinière virtuelle et open source figurent désormais dans la panoplie du « couteau suisse » de la création.

« L’innovation s’ouvre au monde, et le monde le lui rend bien », apprécie-t-on dans les couloirs des sites de Château Gombert et de la Belle de Mai dopés par ce nouveau rapport au monde. « Le partage du savoir est une composante essentielle des progrès technologiques », est persuadé Jean-Marie Micallef, co-fondateur de Phidias et intégrateur du logiciel libre Openbravo dont il vient d’être élu partenaire européen pour être devenu son 4ème contributeur mondial. « Nos clients en France bénéficient de l'expertise sectorielle de la communauté mondiale de développeurs avec lesquels nous collaborons », poursuit-il. Parmi ses clients figurent par exemple Autogrill, International Export Agency et… Marseille Innovation.

Concevoir en analysant les failles ou marchés oubliés d’autres produits figure également dans la besace des nouveaux créateurs. Thierry Bagnol et Frédéric Bernert d’IDMed viennent d’en faire l’éclatante démonstration en trouvant avec leur pupillomètre une nouvelle application de leur savoir-faire dans l’observation de l’œil. « Le reverse engineering nous a permis d’ouvrir d’autres univers aux technologies que nous avions l’habitude de manipuler », expliquent-il. Pour faire de cette démarche un standard de l’innovation ouverte, Marseille Innovation a entre autre passé un partenariat avec Autodesk, le leader mondial de logiciels CAO pour la conception, le Design, la simulation et la visualisation 3D dans les domaines de l’industrie, la construction et de l’animation. Ce qui intéresse la pépinière, c’est son Clean Tech Program par lequel l’industriel s’engage à aider les jeunes sociétés impliquées dans les technologies propres en leur fournissant le support de plusieurs logiciels de Digital Prototyping pour leur permettre de développer des innovations plus rapidement.
Et pourquoi ne pas créer une entreprise en 48 heures se demandent les organisateurs des strat-up week-end dont la première édition marseillaise a été accueilli à la pépinière de la Belle de Mai?
Le pari est osé : réunir des inconnus pour créer le prototype d’un produit, voire une véritable start-up, en tout juste deux jours. Et ça marche ! Après Foodspotting née du jus de crane de ces Start-up Week-end à San Francisco, la France dévoile ses propres pépites dont BookingBrick à Marseille qui a conçu un système de réservation d’hôtel mobile totalement inédit. "L'expérience de l'innovation ouverte offre de bien belles façons de conquérir le nouveau monde des technologies", apprécie Christian Rey. Quel espace encore vierge de l'imaginaire résistera aux assauts mêlés de l'art, du design et des nuits blanches?

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