Start-up week-end : le marathon entrepreneurial

Mardi, 19 Avril 2011
Monter sa boite en 54 heures ? Déjà 27.000 entrepreneurs ont essayé. Après Marseille il y a quelques semaines, Paris s'y colle ce week-end

Vous ne savez pas quoi faire de votre prochain week-end ? Créer donc une start-up ! Né du courant de l’innovation ouverte aux Etats-Unis, le concept fait aujourd’hui fureur en France avec un principe surprenant : enfermer ensemble des inconnus pour créer le prototype d’un produit, voire une véritable entreprise, en tout juste 54 heures.

« Et ça marche », exulte Clément Cazalot qui organise le prochain rendez-vous à Paris ce samedi. Depuis 2007, pas moins de 325 start-up week-end, le nom donné à ces rencontres entrepreneuriales, ont été tenus avec un rythme de croissance de 100% par an. Près de 27.000 entrepreneurs en herbe s’y sont rencontrés et un total de 503 entreprises a été créé dans 25 pays parmi lesquels le Pakistan, l’Inde, le Chili, et même la Tunisie. « La grande force des startup week-end est de confronter des idées et de rassembler des compétences pour les mettre en œuvre », décrit Clément Cazalot.

Tout commence par un « business speed dating » le vendredi soir chez un partenaire du réseau (incubateur, pépinière, centre d’affaires…). Une vingtaine de porteurs de projets ont quelques minutes chacun pour défendre leur idée, présenter le marché visé, les défis techniques posés et les besoins nécessaires. Puis l’assemblée vote et se répartis au grès de ses affinités. Commence alors un marathon de deux jours non stop pour donner du corps aux projets : développement logiciel express, test de consommateur, business plan… A la fin du week-end, les yeux remplis d’espoir et de fatigue, ceux qui ont résisté à ce régime sont notés par un jury composé d’entrepreneurs et d’investisseurs, un pass pour de futures levées de fonds.

Des concepts étonnants naissent de ces brainstormings. Super Marmite, un réseau social géolocalisé permet aux particuliers de commercialiser des petits plats faits maison. L’application SubMate, offre à ses membres de découvrir sur leur smartphone des gens et des choses à faire en fonction de ses trajets en Métro, RER ou Tram. Né il y a un an, le site s’est implanté à Paris, Londres, New-York et Hong Kong.

Autres surprises des start-up week-end : Beansight propose de noter des flux de prédictions pour qualifier les rumeurs qui circulent sur le web. La communauté (un millier de membres à ce jour) a par exemple dévoilé et évalué avant la presse spécialisée les caractéristiques du nouvel iPad2.

A Toulouse, c’est un opticien qui a remporté les votes du jury avec un concept novateur qui a trouvé des fonds : « Le Buy One Give One propose d’offrir une paire à sa vue à une personne dans le besoin pour chaque paire achetée sur notre site », explique Antonin Chartier que sa petite amie a inscrit contre son grès à la session. L’entreprise créée dans la foulée a levé des fonds et emploie cinq personnes pour la mise en ligne du site prévu à la fin du mois.

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