Gilles Borsoni et Alexis Kudryashov, l’alliance franco-russe

Les deux hommes ont créé AKA Optics pour donner une nouvelle impulsion à l’optique adaptative.

En d’autres temps, Alexis Kudryashov aurait pu être condamné pour transfuge. Passé à l’ouest pendant la perestroïka pour mettre ses talents de physicien au service de l’US Air Force puis de l’Impérial College de Londres, ce chercheur surdoué de l’université moscovite de Lomonosov a finalement gagné le pardon de sa patrie après y avoir créé en 1999 la startup Active Optics NightN devenu en quelques années le leader mondial de l’optique adaptative pour les lasers de puissance. Une décennie après ce retour, l’enfant prodige foule à nouveau le monde sans frontière de la recherche. Il y a un an, il s’est installé à Marseille pour attaquer plus intensément le marché européen. « Avec cette implantation, ses travaux vont trouver de nouveaux échos sur un marché mondial de 50 millions d’euros », explique Gilles Borsoni, directeur de l’entreprise AKA Optics installée par le chercheur russe à l’hôtel Technoptic.

Les deux hommes ont été présentés par Provence Promotion, l’agence de développement économique du département, et leurs atomes ont accroché. Le Français est lui même un spécialiste de la physique des particules formé à la microélectronique, serial entrepreneur (X-ion, Qplus), et spécialiste de l’optique adaptative et des lasers depuis son passage comme directeur de la business unit Couches Minces chez Cilas (groupe EADS). « A Marseille, AKA Optics (pour Alexis Kudryashov Adaptive Optics) a trouvé les meilleurs acteurs de l’optique et de la photonique pour ouvrir de nouveaux champs d’application aux miroirs de correction des fronts d’onde », explique Gilles Borsoni.

Il prévoit l’embauche d’une vingtaine de personnes en cinq ans pour transférer et adapter certaines des technologies de NightN et développer ses propres travaux pour concevoir des produits destinés au diagnostic thérapeutique (observation des cellules du fond de l’oeil), à la transmission sécurisée de données à très haut débit par faisceau laser (entre drone et sol par exemple), ou encore à l’observation astronomique. « Dans ces secteurs stratégiques où opère une petite quinzaine de sociétés à l’échelle mondiale, l’écosystème marseillais est un label qui rassure », estime le patron. Le Laboratoire d’Astrophysique de Marseille, voisin d’AKA Optics, est par exemple engagé dans le futur European Extremely Large Telecope… inaccessible aux pme russes.

www.akaoptics.com

Aka Optics

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